Actualités :: Rénovation de l’action politique en Afrique : Fondements et dynamique

Le 7 février 2022, des générations entières d’Africains commémoreront le 36e anniversaire de la disparition de Cheikh Anta Diop. Pour Mamadou Diallo, ingénieur du génie rural résidant à Bobo Dioulasso, ce sera l’occasion d’honorer la mémoire de ce scientifique, historien, anthropologue, chimiste, homme politique sénégalais qui s’est battu toute sa vie pour démontrer l’apport de l’Afrique noire à la culture et à la civilisation mondiales. Il le fera à travers la publication d’un essai qui jette un regard vers l’antiquité égypto-nubienne et sur les problèmes politiques actuels de l’Afrique.

« A l’occasion du 36ème anniversaire de la disparition de l’IMMMENSE Cheikh Anta DIOP ce 7 février 2022, je voudrais annoncer à vos lecteurs, la parution très prochaine aux éditions « Harmattan international », d’un Essai qui jette un regard vers l’antiquité égypto-nubienne et sur les problèmes politiques actuels de l’Afrique. J’en avais pris l’engagement en 2020 et l’honore avec un peu de retard sur le délai d’une année que je m’étais donné.

L’actualité en Afrique ces dernières années et tout particulièrement au Sahel, interpelle assurément avec ses vraies fausses alternatives qui ont la faveur de l’action politique actuelle de nos élites et qui ont placé les états africains en situation d’implosion : démocratie parlementaire, djihadisme, militarisme populiste, révolution messiaque et j’en passe !

Alors, se pose une question incontournable :
« Comment l’Afrique peut-elle se réinventer aujourd’hui de façon autonome et créatrice » ?

Léonora Miano écrivaine camerounaise indique pour sa part : « En faisant la sourde oreille aux injonctions étrangères, en récusant les définitions imposées par d’autres, en refusant d’incorporer les doutes qui ne sont pas les siens, en pratiquant une désobéissance épistémologique ferme et assurée, en lisant l’Histoire et en la disant selon son propre point de vue. Une fois que nous aurons accompli cela, il sera possible de travailler sereinement à la mise en dialogue de nos expériences et cultures, de réactiver nos savoirs, de réactualiser nos archives. Il ne s’agit pas de minorer les mutations historiques, mais de pas craindre de n’avoir nulle part de modèle. C’est à partir de ce qu’ils sont que les subsahariens se réinventerons » (voir Le grand entretien ». (Voir L’Atlas des Afriques. Le Monde Afrique. Hors-série).

L’Essai s’est attelé, le plus modestement, à cette invite de Léonora Miano, claire, ardente et puissante qui, en une certaine manière, souligne l’actualité du combat de Cheikh Anta DIOP et la pertinence des pistes de réflexion et d’action qu’il nous a laissées en témoignage de sa confiance profonde dans le génie nègre et de son puissant espoir pour l’Afrique Noire.

Je voudrais souligner en avant-première, les principaux messages ainsi que les principales pistes de réflexion et d’action proposées.

1. La singularité de la présence au monde, de l’Afrique Noire, mise en lumière par Cheikh Anta DIOP doit être assumée.

C’est elle qui nous fournit les moyens d’une désobéissance épistémologique résolue, mais plus encore, les ressources noologiques pour vivre « l’Unité Culturelle de l’Afrique Noire », réactiver nos savoirs et réactualiser nos archives afin de fonder et de réussir la Renaissance Africaine ; c’est-à-dire, l’émergence « d’une nation nègre », fière, souveraine et puissante.

En conséquence de quoi, ce n’est pas vers les élites gouvernantes qu’il faut concentrer les efforts de ‘’transformation’’ ; elles qui, sous le joug des injonctions étrangères, ont ostracisé l’œuvre de Cheikh Anta DIOP et considèrent la civilisation occidentale comme la fin de l’Histoire.

2. Les sociétés villageoises africaines contemporaines, leur prolongement dans les quartiers populaires des agglomérations urbaines, les acteurs de l’économie sociale et solidaire, portés par la culture nègre du vivre-ensemble, de l’économique, du cosmopolitisme se révèlent être le moteur de la modernité africaine contemporaine.

3. La tâche historique urgente, c’est de faire en sorte que le fait majoritaire en Afrique Noire, à savoir les sociétés villageoises contemporaines et le secteur informel, se dote, dans chaque espace territorial des États africains, d’un État multinational délibératif et participatif qui s’engage dans la perspective de construction des États-Unis d’Afrique.

4. Les élites africaines qui font leur chemin dans la voie de l’autonomie intellectuelle et culturelle, qui aspirent profondément à la Renaissance Africaine, trouveront dans la plénitude culturelle des sociétés villageoises contemporaines, les ferments pour leur mutation féconde en élites organiques ; c’est-à-dire en élites innovantes au service des processus instituant autonomes qui feront advenir « une nation nègre », fière, souveraine et puissante.

Portée par de tels fondements et une telle dynamique, l’Afrique sera au rendez-vous à ce XXIe siècle ! Elle sera la jeunesse du monde et aura réussi sa Renaissance ; elle aura ainsi développé des ressources spirituelles et morales c’est-à-dire une nouvelle conscience morale de l’humanité ; autrement dit, elle aura montré que la Révolution culturelle dont l’humanité actuelle a besoin est possible et peut conjurer la perspective de destruction de la planète et de l’extinction de l’espèce humaine portée par la Globalisation. »

DIALLO Mamadou
Ingénieur du Génie Rural
01 BP 868 Bobo-Dioulasso 01

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