Actualités :: Démission de Hervé Ouattara du MPS : Une position assumée, instructive que (...)

L’actualité politique de ces dernières heures reste teintée aussi par la démission d’une des grosses pointures du Mouvement patriotique pour le Salut (MPS), Hervé Ouattara. Jusque-là secrétaire national chargé de la jeunesse de ce parti créé en juillet 2019, Hervé Ouattara emboîte ainsi le pas à une autre grosse figure, démissionnaire en janvier 2021, à savoir le vice-président, Fousséni Ouédraogo.

Hervé Ouattara a choisi une formule consacrée, « convenance personnelle », pour motiver son départ du parti de l’ex-président du Faso et ex-Premier ministre, Yacouba Isaac Zida. Tout comme Fousséni Ouédraogo , il est considéré comme l’un des plus proches et inconditionnels du président d’honneur et candidat à la présidentielle du MPS, Yacouba Isaac Zida.

Qu’est-ce qui pourrait réellement expliquer le départ de ces ténors du parti, notamment Hervé Ouattara, ce visage qui s’est imposé depuis l’insurrection populaire et dont les témoignages laissent voir qu’il a incontestablement été un des baroudeurs de l’insurrection populaire et de la transition ?

Est-ce une stratégie pour pouvoir faire rebondir Yacouba Isaac Zida, après que le MPS, ayant échoué à le faire, a fini par se résigner à l’ombre de la majorité ?
En tous les cas, la démission de Hervé Ouattara se fait commenter dans des cercles, à l’allure de sa popularité et de tout ce que cette position implique. En attendant que les jours à venir situent davantage l’opinion sur son intention réelle et trouvent ainsi des réponses aux interrogations sus-soulevées, le cas Hervé Ouattara mérite bien un regard.

Pour la simple raison que parmi la jeunesse, ces huit dernières années, il a marqué de ses empreintes, la vie politique du Burkina. De son mouvement Collectif anti-référendum à ses sorties en duo avec Kémi Sebba sur le franc CFA en passant par son organisation Citoyen africain pour le renouveau. Il est aussi connu pour être celui-là qui a refusé toute manipulation et toute compromission, après la transition, de la part du pouvoir en place et de certains de ses bronzes.


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Evidemment, un tel caractère est ‘’énervant’’ et combattu par ceux qui croient que tous doivent se plier à leur volonté, à leur autorité, voire leur faire allégeance ! Un caractère que certains responsables du parti au pouvoir lui concèdent à l’ombre, avec dans bien des cas une charge d’ingratitude à leur égard. Mais, n’est-ce pas cette force de caractère et cet esprit de combat qui lui valent aujourd’hui ce départ d’un parti, dont il pourrait penser être en accointance incestueuse avec le pouvoir actuel, alors que ce pour quoi il a risqué sa vie n’est pas satisfait ?

A son lancement, le MPS manifestait et justifiait sa position dans l’opposition : « La faute politique la plus grave commise contre le Peuple et la Nation burkinabè est d’avoir éteint la flamme de l’espérance née de l’insurrection, d’avoir étouffé l’optimisme du Peuple burkinabè ; d’avoir étouffé sa voix dans l’exercice de sa propre souveraineté ; d’avoir développé une conception jouissive du pouvoir d’État à rebours d’un contexte post-insurrectionnel ».

Jusqu’au basculement du parti dans la majorité (mars 2021), ses responsables ont articulé toutes les sorties et analyses autour de cette perception qu’ils ont du pouvoir et de la gouvernance. Aujourd’hui, une partie des Burkinabè reste convaincue que ni la situation sécuritaire ni la gouvernance ne connaît une avancée dans le sens positif. Y compris le MPS, lui-même, au regard de ses sorties aux lendemains de l’élection du 22 novembre 2020.

Si tel est le cas, et pour ce qu’il a aussi joué comme rôle dans l’insurrection populaire et la transition, cet acte de M. Ouattara ne se présente-t-il pas comme une position assumée, instructive et logique, nonobstant la perception purement et péjorativement politique que certains tentent de lui attribuer ?

Dans des propos accordés au confrère de minute.bf sur sa démission, le concerné a laissé lire : « Je suis un homme de la rue. Aujourd’hui, je crois que je dois rejoindre la rue pour sauver la république. Parce que, sans ce pays-là, il n’y a pas de politique, il n’y a pas de député, il n’y a pas de ministre, il n’y a pas de président. Comme le pays est attaqué aujourd’hui, il est de mon devoir d’être dans la rue et de me battre aux côtés de ceux qui se battent aujourd’hui pour sauver ce pays-là ».

Visiblement, Hervé Ouattara exprime, là également, sa fidélité à un combat qu’il croit être juste et idéal pour son pays (référence faite à ses propos précédemment évoqués). Cette audace doit-elle être combattue ? Certainement pas souhaitable pour un pays qui cherche des repères et qui ne veut pas tomber dans une unité de façade.


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Fustiger donc la démarche de l’ex-coordonnateur des mouvements CAR, c’est laisser la proie pour poursuivre l’ombre. Il y a des gens qui, aujourd’hui, se retrouvent dans la majorité, après l’élection du 22 novembre 2021, mais n’ont rien de pertinent qui les unit au parti au pouvoir, si ce ne sont des explications qui sont loin de convaincre, même des militants de leur propre bord. Rien ne les unit, si ce ne sont les subsides du pouvoir.

Si fait qu’il faut entièrement donner raison au parti au pouvoir, lorsqu’il disait que les sorties de l’opposition politique sur la situation nationale sont teintées de mauvaise foi et d’égoïsme. Le peuple n’existe pour eux qu’à proportion qu’il leur sert d’instrument de marketing politique. Des mouvements vers la majorité, tellement incongrus, que le citoyen lambda est en droit de se demander si ceux qui défendent aujourd’hui au nom du peuple, en fustigeant le pouvoir, ne seront pas, demain, des crabes muets sur ses préoccupations, parce qu’étant passés du côté de la majorité gouvernante !

Oumar L. Ouédraogo
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