Actualités :: Rencontre entre Zéphirin Diabré et Blaise Compaoré : Premier acte de (...)

C’est un pas important que vient de poser le ministre Zéphirin Diabré dans le cadre de sa charge gouvernementale. Au chapitre de la réconciliation nationale, l’actualité au Burkina est marquée par la visite du ministre d’Etat Zéphirin Diabré en terre ivoirienne. Cette mission officielle inaugure une nouvelle phase du processus de rapatriement de l’ancien président Blaise Compaoré dans le cadre de la réconciliation nationale.

5 mai 2021. Une date déjà historique dans le processus de la nouvelle réconciliation au Burkina Faso ? Ce jour-là, le ministre d’Etat en charge de la réconciliation nationale a rencontré l’ancien président Blaise Compaoré depuis sa terre d’exil en Côte d’Ivoire. Bien qu’aucune communication officielle n’a été faite à ce sujet au niveau du Burkina, il n’est plus à prouver que cette mission du réconciliateur national en Côte d’Ivoire a bel bien eu lieu puisque la presse ivoirienne en a rendu compte. Du moins, nos confrères de la RTI ont fait écho de ce qui est de la partie officielle de la visite. 

On a pu voir en images le ministre Diabré reçu par le Président Alassane Ouattara à qui il a remis un message sous pli fermé. C’est en émissaire du Président Kaboré auprès de son homologue ivoirien que Zéphirin Diabré a effectué cette visite officielle en Côte d’Ivoire. Il est difficile de penser que ce voyage et la lettre confidentielle qui va avec soient en dehors de la mission de réconciliation nationale dont le ministre d’Etat Diabré a en charge. 

Si le contenu de la lettre n’a pas été dévoilée, au moins les autres actes posés par le ministre d’Etat permettent d’établir un lien net entre ce voyage et l’agenda de la réconciliation nationale. C’est notamment la rencontre plus ou moins secrète que le ministre Diabré a eu avec l’ancien président du Faso, Blaise Compaoré. Une première pour un membre du gouvernement burkinabè dans le cadre ou en marge d’une mission officielle.

Depuis son exil en 2014, les liens semblaient très distendus entre l’ancien président Blaise Compaoré et les nouveaux dirigeants du pays. Mais ce contact devrait arriver tôt ou tard. Si ce n’est pas tard, ce n’est pas tôt non plus vu que le retour du Président Compaoré figure parmi les priorités du dernier quinquennat présidentiel de Roch Marc Christian Kaboré.

Même s’il n’est qu’un « diaspo » de la 24ème heure, établi en Côte d’Ivoire seulement depuis 2014, Blaise Compaoré est -en titre-le premier des Burkinabè en Côte d’Ivoire. Il coiffe tous les « paweto » établis depuis des décennies dans les champs ou les grandes villes ivoiriennes. Bien qu’il soit seul, son rapatriement ne sera pas moins aisé que l’opération « bayiri » déjà réalisée dans les années 2000 et qui a permis le retour au pays natal de centaines de Burkinabè qui fuyaient des exactions en Côte d’Ivoire. La « qualité » ici vaut le nombre et l’exercice s’annonce difficile pour le rapatriement d’un super pawego.

Zéph doit se hâter lentement

Zéphrin Diabré pourrait faire mentir le Président Kaboré dans sa volonté de ramener Blaise Compaoré au plus tard le 30 juin au Burkina. Le dossier de la réconciliation nationale va à un rythme articulé de tortue-caméléon. Depuis la formation du gouvernement en janvier 2021, cinq mois se sont écoulés maintenant mais toujours pas grand-chose à se mettre sous la dent dans ce dossier brulant de la réconciliation nationale. Les conseils des ministres s’enchainent et régulièrement, c’est RAS. Rien à signaler au chapitre de la réconciliation nationale.

Après un long passage à vide marqué seulement par des audiences tous azimuts avec des personnalités et des personnages dont la qualité et les intentions laissent souvent à désirer, la réconciliation nationale a fait une brève apparition dans le compte rendu du conseil des ministres du 21 avril 2021. Il était question de l’adoption par le Conseil, d’« un rapport relatif au processus de réconciliation nationale », lequel rapport fait le point de la réflexion sur la question « suite aux concertations menées avec les différents acteurs concernés et propose la feuille de route devant conduire au Forum national de réconciliation ». Le conseil a alors « instruit le ministre chargé du dossier de poursuivre l’élaboration de la stratégie nationale de réconciliation qui proposera des solutions aux différents problèmes identifiés ». C’est dire donc que Zéphirin Diabré est toujours au stade de l’élaboration de sa stratégie de réconciliation presque six mois après le début du second mandat du président. Et pourtant six mois, c’est bien le délai que le Président Kaboré s’était donné pour faire revenir son ancien patron au pays.

Dans une interview accordée à France 24 et RFI et diffusée le 15 octobre 2020, le Président Kaboré déclarait à quelques jours de l’ouverture de la campagne présidentielle de 2020, « Nous allons régler la question dès le premier semestre 2021 » en parlant du retour de Blaise Compaoré au pays. La relance du journaliste avait permis au candidat-président d’être plus précis en insistant qu’il réaliserait cette promesse au plus tard le 30 juin 2021. Une vraie gageure que le président Kaboré se doit de tenir maintenant.

Si le retour de Blaise Compaoré semble être inévitable, il reste que le respect du timing que s’était imposé le Président Kaboré va être difficilement tenable. L’agenda tel qu’il se déroule a de fortes probabilités de faire mentir le Président Kaboré. Au moins, il peut avoir le mérite d’avoir entamé des démarches concrètes de ce retour avant l’échéance de juin 2021 et c’est dans cela qu’il faut inscrire la récente mission en Côte d’Ivoire du ministre d’Etat auprès du Président du Faso. La rencontre qui a eu lieu en présence de l’hôte et médiateur Alassane Ouattara a tout l’air d’une première prise de contact. D’autres signaux plus forts vont certainement suivre et avec une course contre la montre.

La justice burkinabè recherche Blaise Compaoré pour affaire le concernant. Un mandat d’arrêt court contre lui depuis 2015 dans l’affaire Thomas Sankara. Entre ceux qui démarchent Blaise Compaoré pour le forum de réconciliation national et ceux qui le recherchent pour le présenter à la barre, il y a un piège et un dilemme. Il faudra trouver l´erreur...

Abdoul-Aziz Wally
Lefaso.net

Compte rendu du conseil des ministres du mercredi 19 (...)
Enquête parlementaire : une occasion ratée
Processus électoraux : la CENI reprend ses enseignements
CDP : première session du Bureau politique national
Xe Assemblée mondiale d’Emmaüs International : le défi (...)
Razel sur le tronçon Boromo-Bobo : mise au point
Cour des comptes du Burkina : l’ambassadeur de France (...)
Romano Prodi au Burkina Faso:la crise ivoirienne au (...)
Présumés putschistes : 7 suggestions pour de meilleures (...)
Visite de Romano Prodi à Ziga : l’espoir à travers l’eau (...)
Me Barthélémy Kéré, bâtonnier de l’ordre des avocats : "Les (...)
Tronçon Boromo - Bobo-Dioulasso : RAZEL fait du (...)
Tentative de putsch : déclaration conjointe d’associations de
Les Burkinabé, à bon droit, ont appris à être circonspects"
Education au BUrkina : les revendications du (...)
"Au Burkina, on fait bien avec peu",Francis Blondet, (...)
Tentative présumée de coup d’Etat : sommes-nous encore ces (...)
"Le lieutenant Minoungou présentait le même tableau (...)
On murmure
"Le juge militaire m’a surpris positivement"
CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL : de Juliette Bonkoungou à (...)

Pages : 0 | ... | 11067 | 11088 | 11109 | 11130 | 11151 | 11172 | 11193 | 11214 | 11235 | 11256



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2021 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés