Actualités :: Lettre au président Déby : Une auréole ternie !

Le stratège. Le gendarme du G5 Sahel. L’homme craint. Le dictateur. L’homme qui installa le président Hissène Habré au pouvoir dans les années 1982. Avant de revenir pour devenir calife à la place du calife, dans les années 90. Tout ça relève désormais du passé. Que le temps passe, chère mort ! Que de glorioles dissoutes sous le poids du glaive de Dame nature.

Certes Déby, tu as fait la pluie et le beau temps, mais ta mort aujourd’hui dégage un parfum de cruel destin, d’autant plus qu’elle survient au lendemain de ton élection pour un 6e mandat au pouvoir.

Telle une pieuvre, tu étais devenu ce chat qui ne lâche pas le morceau de viande qu’il a dans sa gueule : malgré tes 31 ans au pouvoir, tu en voulais encore. Sur ce point, tu as trop déconné. Trop et encore trop. Il te fallait savoir lire les signes du temps. La récente campagne présidentielle dans ton pays a été marquée, comme l’ont dénoncé tes opposants, par une militarisation : opposants persécutés, contestation populaire réprimée, etc. À l’évidence, c’était un mandat de trop qui a légitimement révulsé et braqué tes challengers contre toi. Tu aurais dû tout simplement passer la main et tu serais encore en vie. Pourquoi pas en adoubant ton homme lige à travers qui tu continuerais à diriger le pays par procuration ? Hélas.

Sais-tu que quand on malmène les libertés individuelles de démocratie dans son pays, quand on a contre soi les opposants politiques et une partie du peuple, et quand on a souvent des sorties médiatiques de nature à égratigner la mère-France, on réunit les ingrédients pour creuser notre propre tombe ? Car, l’argument devient facile à trouver : on fait savoir à l’opinion que tu étais allé au front et que tes détracteurs armés y t’ont tué. Cette pilule est d’autant plus facile à faire avaler par l’opinion que toi-même avais construit auprès de celle-ci ta réputation d’un président pas comme les autres, celui qui préfère aller himself au front plutôt que de rester emmitouflé dans les apparats présidentiels et vissé à son douillet fauteuil présidentiel.

Il n’est jamais bon d’occuper de façon discontinue la scène médiatique internationale à travers l’image d’un dictateur indécrottable qui dirige de main de fer son pays. Le revers de la médaille est toujours implacable. Aujourd’hui, ta mort qui a les allures d’un coup d’État "parfait", sonne dans les oreilles d’une bonne partie de l’opinion comme la rançon de ta témérité d’aller toujours au charbon, nonobstant ta fonction présidentielle.

Folie des grandeurs éteinte

Toute chose a une fin et tu l’auras appris à tes dépens. Maintenant dans l’outre-tombe. Le protectorat de la France dont celle de Sarkozy qui a sauvé in extremis ton régime en 2008 lorsque la rébellion était à la porte de la capitale N’Djamena, ne pouvait malheureusement pas durer indéfiniment. La disparition, dans la foulée en 2008, de ton opposant Mahamat Saleh, restera à jamais l’éternelle tâche noire indélébile de ton régime. Saura-t-on encore un jour la vérité sur cette sombre affaire après ton voyage sans retour ? Difficile d’y répondre. Ton titre de maréchal président dont tu t’étais affublé n’est pas sans rappeler ceux du guide lybien et de l’empereur Bokassa. Et procédait ainsi de ta folie des grandeurs éteinte par la grande faucheuse.

Bref, ton auréole de président libérateur (en 1990) de ton peuple des affres de la dictature Habré, a été ternie par le plat de la même dictature auquel tu as goûté et en raffolais finalement. Véritable bémol qui abrège les flétrissures de ton image : tu as su te tailler une stature d’homme de défenseur de la sécurité dans le G5 Sahel en proie au terrorisme. Dors bien en paix monsieur le casseur de terroristes qui n’a pas compris qu’il y a une autre vie après la

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