Actualités :: Fonction publique hospitalière : Les non-dits du système

Ceci est une tribune d’un citoyen relative à la fonction publique hospitalière. L’auteur y décrit les non-dits qui bloquent sa mise en œuvre effective.

La fonction publique hospitalière (FPH) est un système, une stratégie dont le bien-fondé n’est méconnu par personne. Elle est favorablement accueillie par tous les acteurs, y compris les agents qui y exercent. Cependant, lorsque son application n’est pas soutenue dans toute la rigueur politico administrative, il ne saurait manquer de polémiques inutiles.

L’application de la FPH rencontre d’énormes difficultés dont les plus fondamentales seraient dues au plan juridique et social du système. Au plan réglementaire, la FPH semble comporter un vide juridique. Quant à la responsabilité et attributions du fonctionner public hospitalier.

En effet, il est régi que la garde n’est pas cumulable aux horaires réglementaires de travail de 40h par semaine. Aussi, elle payable après son effectivité. Ce qui suppose que la garde est facultative et celui qui le souhaite pourrait s’en passer tout simplement, parce que soit il n’en pouvait pas, où il voudrait utiliser ce temps pour mieux s’exprimer ailleurs.

Or si la garde n’est payable que lorsqu’elle a été effective, n’est pas cumulable au temps réglementaire de travail et est obligatoire, elle tomberait tout simplement sous le régime d’horaires de travail supplémentaires. Mais s’il s’agit d’heures supplémentaires, en vaut-il la peine pour quelqu’un qui doit abandonner tout (famille et loisirs) et risquer pour santé (veille nocturne).

A ce sujet, rappelons que la garde qui est de14h (17h à 7h), est payée pour le plus fort taux à 1071,5 FCFA. Disons aussi que comparativement, une heure d’enseignement, la moins payée est autour de 3000 FCFA. Alors que ferait un agent de la FPH, s’il avait l’alternative d’enseigner, de vendre un maquis ou de s’occuper de son salon de coiffure ou de son restaurant.

En somme, la garde ne saurait être détachée des obligations d’un agent de santé en général et d’un agent de la FPH en particulier. Elle doit par contre constituer une motivation au compte d’une vocation, un serment que l’agent de santé s’est investi ; et pour lesquels il doit mettre sa vie au profit de l’autre.

Au sujet des 40h assujetties au travailleur de la FPH, il se dégage une exploitation sociale de ce dernier. Cette obligation qui occulte la raison sociale des jours non ouvrables et jours fériés pour le travailleur de la FPH.

En effet au nom de la vocation et du serment, l’agent de santé ne dispose d’aucun temps pour sa vie en société. Il est de service au moment où les autres fonctionnaires assujetties aux 40 h de travail, disposent du weekend et des jours fériés pour leur famille et leur loisir.

Donc là aussi, les obligations d’horaires de travail devraient être nuancées. Parce qu’une heure non ouvrable de travail ne saurait s’assimiler aux heures réglementaires de travail. Autrement, il faudrait que ces heures soient considérées comme exceptionnelles ; ou faudrait-il éviter d’assimiler l’agent de santé aux autres fonctionnaires en termes d’obligation.

En tout état de cause, nous pensons qu’un système aussi parfait soit-il, ne pourrait s’illuminer que lorsque l’intérêt (économique, social) de tous ses acteurs n’ait été pris en compte. C’est pourquoi il faudrait que nos ambitions politiques et nos décisions législatives soient entérinées par des égards légitimes qui savent faire des exceptions et des particularités.

En outre si rigueur il devrait y avoir à l’encontre des agents de la FPH, elle devrait aussi l’être au plan administratif pour que les actes administratifs et leurs incidences financières soient au RDV de l’heure. Autrement, ils seraient nombreux ces agents de la FPH qui ont quitté ce monde sans toucher un centime des retombées de leur carrière dans la FPH.

GNADA B. Wilfried, Infirmier
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