Actualités :: Maghreb : Africaniser la diplomatie algérienne

Le dernier remaniement ministériel opéré par la Présidence de la république a débouché sur la réduction du nombre de départements ministériels ramenés pour des raisons invoquées d’efficacité, à 34 ministères, à travers la fusion et la suppression de certains départements.

C’est un truisme de rappeler d’une part que toute diplomatie doit se doter des instruments nécessaires pour défendre les intérêts de l’Etat, et d’autre part toute diplomatie commence avec les pays voisins. Depuis sa création en février 2020, l’agence algérienne de coopération internationale pour la solidarité et le développement (ALDEC) a participé au remodelage de la politique étrangère du pays.

Ce remodelage a notamment débuté avec la fondation de l’Institut National d’Etudes de Stratégie Globale (INESG) en 1984. Placée sous tutelle de la Présidence de la République, l’INSEG est une institution de l’Etat algérien, et qui a pour principale mission de mener des activités d’analyses et d’études prospectives sur des questions stratégiques de la vie nationale et internationale.

Eu égard aux mutations politiques qu’ont connu les pays du voisinage de l’Algérie, les efforts de l’Etat en vue de consolider sa politique étrangère requièrent de redéfinir les champs d’intervention de l’INSEG et l’ALDEC. En outre, la contribution de la diplomatie au développement du continent passe par une révision de l’organigramme du ministère des affaires étrangères, de l’ALDEC et de l’INSEG pour davantage de synergie .D’autant plus qu’ils forment la clé de voûte pour l’action diplomatique qui consiste dans la promotion du panafricanisme.

De mon point de vue, l’idée de créer un secrétariat d’Etat aux affaires africaines s’inscrit en droite ligne avec les réformes institutionnelles de l’Union Africaine (UA) qui ont fait passer le nombre de commissariats de l’UA de huit à six, lors du 34e sommet ordinaire de l’UA tenu les 6 et 7 Février 2021, rendant nécessaire une coordination efficiente avec le nouveau commissariat chargé des affaires politiques, de la paix et de la sécurité, en vue de proposer des initiatives pour le règlement des crises qui secouent la région.

A cet effet, la création d’un secrétariat d’Etat aux affaires africaines permettra de traduire les engagements contenus dans l’agenda 2063 de l’UA. Document de référence, l’agenda 2063 plante la semence de la solidarité africaine pour réaliser l’unité politique.

Le secrétariat d’Etat sera également chargé d’orienter la conception et la mise en application des projets relatifs aux dossiers politiques, de sécurité et de paix pour établir une vision commune des perspectives d’avenir formulées par le rapport du fin de mandat 2017-2021 de la commission de l’UA, intitulé ‘’Bilan et perspectives d’avenir ‘’.

Parmi les enjeux primordiaux établis par la commission de l’UA figure ‘’ la question de la coordination et de la cohérence limitées des politiques et institutions clés, en particulier dans le domaine de la gouvernance et des droits de l’homme. ‘’ mentionné par le rapport du fin de mandat 2017-2021 de la commission de l’UA.

Il est souligné aussi dans ce même rapport que la présidence de la commission a réorganisé pour la première fois son administration. A cet égard, la commission a lancé des travaux sur la cohérence des politiques entre la CUA et les autres organes de l’UA, les dispositions de gouvernance dans certains organes de l’UA, analysant les questions et options pour chacun, et l’évaluation des relations entre les institutions spécialisées et la CUA.

Ainsi, le lancement du processus d’africanisation de la diplomatie est tributaire d’une réforme des institutions du pays, en mettant en exergue le soutien aux principes de l’Acte constitutif de l’UA. La cause panafricaniste, dont les ressources renouvelées par la gouvernance sous l’impulsion des valeurs, dessinera sa nouvelle voie au sein de l’UA.

Benteboula Mohamed-Salah
Analyste politique, auteur du livre ‘’La diplomatie algérienne à deux têtes ‘’ Editions Amazon
beyusek@hotmail.fr

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