Actualités :: 15 partis au barreau burkinabè : "Ne cassez pas la carrière de Me (...)

Dans la déclaration ci-après, quinze partis politiques de
l’opposition affichent leur opinion par rapport à la situation
nationale. "Ils interpellent (notamment) le Barreau du Burkina
afin qu’il ne se rende jamais, par passivité, par omission ou par
démission, complice d’un précédent grave visant la liquidation
programmé de la carrière d’un avocat pour des raisons
purement politiques". Ils estiment également que les poursuites
engagées contre le président du Front des forces sociales (FFS)
visent à "briser ses carrières professionnelle et politique".

Peuple du Burkina Faso,

Le 04 novembre 2003, plusieurs partis politiques de
l’opposition ont, dans un communiqué de presse commun,
salué l’esprit de solidarité et l’élan patriotique que l’opposition
burkinabè a su, dans son ensemble, développer suite à
l’arrestation de Monsieur Norbert Michel Tiendrébéogo,
président du FFS, dans le cadre d’un prétendu projet de coup
d’Etat.

Après analyse de la situation, les partis politiques de
l’opposition avaient alors réaffirmé leur attachement à la
démocratie, au respect de la Constitution et des lois de la
République par tous. Toutefois, ils appelaient leurs militants et
le peuple burkinabè à la vigilance pour parer à toute tentative de
règlement de comptes politiques, à l’approche des élections
présidentielles de 2005. Comme s’il s’agissait d’une
prémonition, cette prédiction de l’opposition se confirmera le 16
décembre 2003 avec l’inculpation de Maître Prosper Farama,
avocat de Norbert Michel Tiendrébéogo pour divulgation de
secret de l’instruction, en fournissant à Reporters sans
frontières (RSF) le procès-verbal d’audition d’un des inculpés, le
Sergent Babou Naon.

Le 18 décembre 2003, RSF démentait
formellement et catégoriquement que Maître Prosper Farama ait
pu lui fournir ledit procès-verbal, puisque son envoyée n’a
jamais rencontré l’intéressé ni communiqué avec lui lors de son
séjour à Ouagadougou.

Comme l’affirme du reste RSF, les poursuites engagées contre
Maître Prosper Farama sont sans fondement mais témoignent
de l’inquiétude des autorités à l’idée que la vérité puisse enfin
éclater dans l’affaire de l’assassinat de Norbert Zongo.

Peuple du Burkina Faso,

L’examen de la situation politique nationale montre à l’évidence
que les poursuites engagées dans l’arbitraire et en violation des
textes en vigueur contre Me Farama, notamment de la loi
16-2000 du 23 mai 2000 portant réglementation de la
profession d’avocat sont d’abord motivées par des
considérations d’ordre politique visant à affaiblir la défense de
Norbert Tiendrébéogo, président du Front des forces sociales
(FFS), parti d’opposition.

Elles visent ensuite à casser la carrière
professionnelle d’un jeune avocat qui a une pleine conscience
de sa fonction de défenseur des opprimés ainsi qu’à briser la
carrière professionnelle d’un leader politique. Elles viennent
enfin rappeler les limites des régimes des démocraties de
façade qui utilisent l’arsenal judiciaire et administratif pour régler
les comptes à leurs opposants quand ils ne peuvent pas
simplement les "faire taire". Au Burkina Faso, on se souviendra
toujours des procès menés contre Nongma Ernest Ouédraogo,
les dirigeants du Collectif et des journalistes.

Aujourd’hui ce
sont les auxiliaires de justice qui refusent la servilité qui sont
dans la ligne de mire ainsi que les journalistes auxquels on
dénie même le droit d’informer. Cette situation traduit donc la
ténacité de l’opposition politique et du peuple burkinabè à
résister aux multiples tentatives du pouvoir de réduire toute
opposition par tous les moyens.

En effet, tirant leçon de la richesse de ses luttes multiformes et
de ses expériences, l’opposition burkinabè a su, depuis le
scrutin législatif de mai 2002, se forger une crédibilité, en
travaillant avec sérénité à créer les conditions nécessaires
d’une unité d’action qui serait le gage de l’alternance
démocratique tant attendue par notre peuple qui porte de plus
en plus difficilement le fardeau d’un régime aux ressorts
fatigués.

C’est cela qui inquiète le pouvoir et c’est ce qui explique sa
hargne de voir publier à la face du monde les déclarations du
Sergent Babou Naon, ancien membre de la garde rapprochée
du chef de l’Etat. Ces déclarations confirment encore une fois
que les assassins du journaliste Norbert Zongo sont bel et bien
dans le sérail de Monsieur Blaise Compaoré.

En revanche l’inculpation hâtive et arbitraire de Maître Prosper
Farama, tout en mettant à nu la laideur du régime, interpelle les
démocrates et les patriotes de ce pays, comme en attestent les
déclarations d’organisations de la société civile et de partis
politiques déjà publiées dans la presse. C’est pourquoi les
partis politiques de l’opposition, signataires de la présente
déclaration, condamnent avec la dernière énergie les dérives
graves du pouvoir de la 4è République et exigent la libération
immédiate de Norbert Tiendrébéogo ainsi que l’annulation des
poursuites engagées de façon illégale à l’encontre de Maître
Prosper Farama.

Ils interpellent le Barreau du Burkina afin qu’il ne se rende
jamais, par passivité, par omission ou par démission, complice
d’un précédent grave visant la liquidation programmée de la
carrière d’un avocat pour des raisons purement politiques.
En tout état de cause, les partis politiques signataires de la
présente déclaration réaffirment leur attachement à la
démocratie et appellent le peuple burkinabè à se mobiliser
conséquemment pour faire triompher la vérité et la justice.

Ils
invitent particulièrement leurs militants à la vigilance et à se tenir
prêts pour répondre aux éventuels mots d’ordre qui viendraient à
être lancés.

Fait à Ouagadougou, le 26 décembre 2003

Ont signé :

CDS
Le Président, Valère SOME

FFS
Le Vice-Président, Brice YOGO

Opposition burkinabè unie
(OBU)
Emile PARE

PDP/PS
Le Président, Joseph KI-ZERBO

PNR/JV
Le Président, Christian T. KONE

UDPI
Le Président, Joseph M. SOMDA

FPC
Le Président, Tahirou ZON

PAI
Le Secrétaire Général, Philippe OUEDRAOGO

PDS
Le Président, Félix K. SOUBEIGA

UNDD
Le Président, Hermann YAMEOGO

CPS
Le Président, Ernest N. OUEDRAOGO

GDP
Le Secrétaire Général, Issa TIENDREBEOGO

PFID
Le Président, Kader NACRO

RDEB
Le Président, Ram OUEDRAOGO

UNIR/MS
Le Président, Bénéwendé S. SANKARA

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