Actualités :: Gouvernement Dabiré II : Zeph refuse de parler, Me Bénéwendé joue le (...)

Au lendemain de sa nomination, le nouveau gouvernement du Premier ministre Christophe Dabiré a été convoqué pour son premier Conseil des ministres, le lundi 11 janvier 2021 dans la salle polyvalente de Kosyam. Il y avait ceux qui connaissaient déjà la maison et des novices. Ambiance d’une prise de contact historique.

C‘est une matinée assez particulière au palais présidentiel de Kosyam. Le nouveau gouvernement du Premier ministre Christophe Dabiré a une prise de contact avec le président du Faso, Roch Kaboré. En tout cas, c’est le seul menu officiel de ce premier Conseil des ministres de l’année 2021 avec cette nouvelle équipe gouvernementale.


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Au sein de cette équipe, il y a des nouveaux ministres qui, dès leur premier jour, ont brillé par leur ponctualité. Maxime Koné, le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur, chargé de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur, était le premier à fouler le tapis rouge de la salle polyvalente de Kosyam. Dans son costume noir, chemise rouge et cravate noire, il confie ses sentiments de joie qui sont aussitôt « tempérés » par la charge qui lui a été confiée par les premières autorités. « C’est avec beaucoup d’humilité que nous allons servir notre pays à ce niveau », affirme-t-il.

Maxime Koné, le ministre délégué auprès du ministre des Affaires étrangères, de la Coopération, de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur, chargé de l’Intégration africaine et des Burkinabè de l’extérieur.

Dans sa tenue traditionnelle (Faso danfani), le Pr Charlemagne Ouédraogo, le nouveau ministre de la Santé, a fait son apparition dans son style habituel : la barbe rasée et quelques cheveux à peine visibles sur la tête. Nommé ministre, il mesure déjà les défis de son département. Pour la crise sanitaire liée au Covid-19, il joue balle à terre. Dès que l’occasion se présente, le Burkina doit avoir un vaccin efficace, se résume-t-il. Aux organisations syndicales, il fait une promesse : « Ce sera des relations en faveur de la promotion de la santé et du développement institutionnel ».

« Je ne parle pas aujourd’hui »

La grande surprise de ce gouvernement est sans doute la nomination de l’opposant Zéphirin Diabré au poste de ministre d’Etat, ministre auprès du président du Faso, chargé de la Réconciliation nationale et de la Cohésion sociale. Il était très attendu par les hommes de médias.

Comme d’habitude, c’est un Zeph tout serein qui fait son apparition. Accueilli par le protocole de la présidence auprès de qui il a reçu les félicitations ordinaires, il passe ensuite pour sa séance photo comme les autres. Contrairement aux autres ministres qui répondent aux questions des journalistes, Zéphirin Diabré fonce tranquillement dans la salle. Aucun mot. Va-t-il parler à sa sortie ? Voilà une question à laquelle la presse aimerait avoir une réponse affirmative.

Les ministres d’Etat Zéphirin Diabré (à gauche) et Clément Sawadogo (à droite) en train d’échanger après la photo de famille.

Après la traditionnelle photo de famille avec le chef de l’Etat, le Premier ministre, him-self, a pris la parole pour situer le contexte et donner la substance de ce Conseil des ministres qui a duré moins d’une heure. Les caméras et les dictaphones en grand nombre se dirigent vers l’ancien chef de file de l’opposition politique, Zéphirin Diabré. Cette fois-ci, il parle. Enfin ! Mais qu’a-t-il dit ? « Non ! Pas aujourd’hui ! Je ne parle pas aujourd’hui. Demain à 15h, il y a la cérémonie des vœux au siège du parti [UPC] », déclare-t-il. Rendez-vous avorté, il va se prononcer au cours de la rencontre de sa famille politique.

« C’est une très lourde responsabilité »

Me Bénéwendé Stanislas Sankara est aussi l’un des nouveaux ministres très attendus. Le président de l’Union pour la renaissance/Parti sankariste (UNIR/PS) avait décliné plusieurs propositions ministérielles durant le régime de l’ancien chef de l’Etat Blaise Compaoré. Aujourd’hui, il est le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de la Ville. Pour lui, « c’est une très lourde responsabilité » dont il mesure l’ampleur.

Me Bénéwendé Stanislas Sankara, le sankariste qui doit faire face aux défis de l’Urbanisme du Burkina.

Il n’a pas dit mot sur son choix d’intégrer le gouvernement ni sur les défis de son ministère. A l’entame de son propos, il a tout simplement indiqué que « le président du Faso a mis l’accent sur la culture du résultat ».

Cette « culture du résultat » doit d’abord passer par la prise de connaissance des dossiers en cours, dira Ousseni Tamboura, le nouveau ministre de la Communication et des Relations avec le parlement, porte-parole du gouvernement. Cet ancien ministre sous Blaise Compaoré est attendu sur plusieurs chantiers dont le dossier des agents des médias publics.

Les grèves à répétition des agents de la RTB et des Editions Sidwaya vont-elles enfin prendre fin ? « Je n’ai pas encore pris les dossiers en charge, je n’ai pas assez d’éléments. Il faut attendre la passation de service, la prise en charge des dossiers et la maîtrise de l’information sur ces sujets », répond-il tout calmement.

« Nous allons ajouter quelque chose… »

Selon certains ministres, l’équipe actuelle de Christophe Dabiré a pris en compte le respect du quota-genre tant souhaité. « Sur les 33 ministres, nous avons neuf femmes ; donc les 30% sont atteints », se félicite Foniyama Elise Ilboudo, ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme.

L’objectif « zéro corvée d’eau », cette vision du Président Roch Kaboré, c’est Ousmane Nacro, ministre de l’Eau et de l’Assainissement, qui aura la lourde responsabilité de le concrétiser. « Des gros efforts ont été faits et c’est une quête permanente. Nous allons ajouter quelque chose à ce qui a été déjà réalisé. Nous pensons que d’ici la fin de ce deuxième mandat, cette volonté devrait être une réalité », confie-t-il.


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L’histoire retiendra que pour ses premiers pas à Kosyam en tant que ministre, Louise Anne Go, ministre déléguée auprès du ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, chargée de l’Artisanat, était la dernière personne à arriver à ce Conseil des ministres. Vincent Dabilgou (ministre des Transports, de la Mobilité urbaine et de la Sécurité routière) et Louise Anne Go se sont pointés après l’arrivée du chef de l’Etat. Malgré son retard, Louise Anne Go a affiché sa volonté « d’accompagner les artisans vers le développement ».

Louise Anne Go, ministre délégué auprès du ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, chargé de l’Artisanat.

« Je suis de retour »

Le nouveau gouvernement est composé de vingt anciens ministres. Contrairement aux nouveaux, les « vétérans » ont déjà la température des différents dossiers de leurs départements. Parmi ces anciens, il y a ceux qui se sont vu ajouter d’autres portefeuilles. C’est le cas de Dr Bachir Ismaël Ouédraogo, ancien ministre de l’Energie, qui est désormais ministre de l’Energie, des Mines et des Carrières. Il dit déjà mesurer les défis qui l’attendent, surtout pour son nouveau portefeuille. « Je sais que la tâche n’est pas facile. Je sais aussi qu’au niveau des mines, il y a des critiques mais il y a une feuille de route qui a été claire et déclinée par le Premier ministre », affirme-t-il.

Les défis du secteur minier attendent Dr Bachir Ismaël Ouédraogo.

Il y a aussi un ministre qui est « un nouveau-ancien ». Il s’agit de Clément Sawadogo. Il était ministre de la Sécurité au premier mandat du président Roch Kaboré. Il revient au Ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (MATD), qui était jumelé à la Sécurité. « Je suis de retour ! Je retrouve mes anciens amis avec le MATD où j’ai exercé pendant cinq années, de 2006 à 2011 », rappelle-t-il, avant d’insister que « c’est un ministère qui est transversal, qui est au cœur de la question de l’autorité de l’Etat ».


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Le premier gouvernement du second mandat du président Roch Kaboré doit mettre en œuvre les dix chantiers promis durant la campagne présidentielle. Pourra-t-il relever le défi ? Le peuple l’attend au pied du mur !

Cryspin Masneang Laoundiki
Lefaso.net

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