Actualités :: Réconciliation nationale : « Nous allons régler la question dès le premier (...)

Le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a accordé une interview à nos confrères français Radio France Internationale (RFI) et France 24, le jeudi 15 octobre 2020. Libération des otages au Mali contre rançon, la situation sécuritaire délétère au Burkina, réconciliation nationale et le dossier Thomas Sankara, sont les sujets entre autres abordés par le président du Faso, dans son interview. Retour sur quelques points saillants de cet exercice de questions réponses auquel s’est adonné le président Kaboré à son palais de Kosyam.

D’entrée de jeu, le président Kaboré a salué la libération des otages au Mali, dont le chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé. Sans vouloir juger cette décision de l’Etat malien, le président du Faso estime que la contrepartie a été payée trop chère. Est-ce une négociation pour une accalmie ou pour la libération des otages ? Le président burkinabè dit ne pas en savoir trop. Cependant, il constate avec le journaliste Boisbouvier, la recrudescence des attaques au cours des derniers jours.

Selon, le président Kaboré, le Burkina n’a pas été consulté, ni dans le processus de négociation, encore moins dans la décision de libérer environ 200 djihadistes, parmi lesquels, le cerveau de l’attaque contre l’hôtel splendide et Cappuccino, le 15 janvier 2016 et de l’attentat de Grand Bassam en Côte-d’Ivoire, le 13 mars 2016. « Nous avions suivi les évènements comme tout le monde suivant avec beaucoup d’impatience pour la libération des otages, mais la contrepartie nous n’étions pas là-bas, donc on considère que c’est le Mali qui a géré cette question de sorte à pouvoir libérer les otages » confie le président du Faso. En tout état de cause « Cela n’entache en rien notre détermination à lutter contre le terrorisme dans la sous-région et dans notre pays en particulier ».

Selon Roch Marc Christian Kaboré, la lutte contre le terrorisme doit être la première priorité pour tous les Etats du G5-Sahel, car dit-il « c’est une lutte de longue haleine parce que ce ne sont pas des personnes installées sur un territoire déterminé qui vous font la guerre ».

Sur la question selon laquelle, sans les forces françaises, les terroristes seraient à Ouagadougou, le président se veut, on ne peut plus précis. Pour l’instant, ce sont les forces burkinabè et les volontaires pour la défense de la patrie (VDP), qui assurent la sécurité à l’intérieur du territoire burkinabè. Il précise que la plus grande force de Barkhane est installée au Mali et que les opérations conjointes avec l’armée burkinabè sont des opérations ponctuelles.

Le rapport du 8 juillet 2020 de l’ONG Human rights Watch était aussi à l’ordre du jour de ce débat. Le président du Faso a battu en brèche l’idée selon laquelle il y a eu des exactions de la part de l’armée burkinabè et que plus de 180 personnes seraient enterrées dans une fosse commune. Il défie toute personne d’apporter la preuve du lieu où sont enterrées ces personnes. Par ailleurs « le Burkina, n’a pas de problème de stigmatisation » répond le président du Faso, à la question de savoir si la communauté peule n’est pas aujourd’hui victime de stigmatisation au Burkina. Pour le président du Faso, c’est une situation qui est arrivée dans une zone (le Nord du Burkina ndlr) à majorité peule. Elle pouvait galvaniser n’importe quelle ethnie. « Dans les villages qui ne sont pas dans ces zones, il y a toujours une communauté peulh qui vit en harmonie avec les autres communautés » renchérit le président Kaboré.

Sur le cas d’un possible retour de l’ex-président Blaise Compaoré, le président du Faso, est resté imprécis. Il promet cependant, régler la question de la réconciliation nationale, dès le premier semestre de 2021, si toute fois il est réélu au soir du 22 novembre 2020. Le dossier de l’assassinat du capitaine Thomas Sankara, n’était pas en reste dans les débats avec les médias français. Le président relève avec satisfaction que malgré, l’absence des dossiers que la France devrait déclassifier, le processus poursuit son cours avec la justice burkinabè.

Sur son mandat de 2016 à 2020, il considère qu’il est positif pour le peuple burkinabè. Il en veut pour preuve, l’indépendance de la Justice, le renforcement des libertés, les multiples réalisations infrastructurelles durant les cinq années de règne, la gratuité des soins pour enfants de moins de cinq ans et femmes enceintes, les avantages qu’ont bénéficié les travailleurs du public, etc. Il déclare, par ailleurs en tant que démocrate, qu’il accepterait le verdict des urnes au soir du 22 novembre 2020 et appelle ces challengers à s’inscrire dans le même ordre.

Synthèse faite par Etienne Lankoandé
Lefaso.net

L’interview sur RFI

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