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Journée internationale de la femme rurale : Vers l’abandon de la houe manuelle au profit de la mécanisation de l’agriculture

17 octobre, 17:37, par Sidpassata Veritas

Mais vous rigolez, vous les africains ! Vous vous contentez de constater ce qui vous ennuie et vous vous mettez à rêver de ce que vous souhaiter ; alors vous vous mettez à croire que vous pouvez sauter par-dessus n’importe quel abîme pour parvenir à vos aspirations sans devoir suivre le chemin de labeur et de rigueur qui y conduit. Vous êtes tellement obnubilés par ce que vous voulez avoir que vous vous mettez à ignorer d’où vous venez et dans quel monde vous êtes ; ce faisant, vous finissez par ne même plus vous intéresser de savoir qui vous êtes, vous les africains. Et comme vous n’avez pas une conscience claire de qui vous êtes vous finissez par croire que n’importe quel programme qui va des le sens de votre instinct de survie est un programme de développement.
Revenons à notre histoire de mécanisation de l’agriculture.
- Pourquoi nos paysans (et pas seulement les femmes, puisque ce n’est pas une affaire de sexe mais de technique...) burkinabè en sont ils encore à la houe manuelle, alors que les machines existent depuis belle lurette ? Pourquoi ils ne s’équipent pas en moyens modernes ? Pourquoi faut-il que ce soit l’Etat ou des ONG qui s’activent pour ques ces paysans producteurs puissent avoir des machines à la place des houes ? Sont-ils incapables de comprendre la nécessité de cette modernisation ? Mais alors pourquoi ne s’équipent-ils pas comme il faut ? La réponse toute faite est connue de tous : ils sont pauvres. Mais pourquoi sont-ils pauvres ? Sont-ils paresseux, handicapés physiques ou idiots au point être incapables d’un travail rémunérateur ? Là aussi, la réponse est évidente : ce sont d’intrépides travailleurs qui arrivent à nourrir tout le pays qui se fait même des devises importantes dans l’exportation du coton, du sésame, des fruits et légumes de toutes sortes. Il nous reste alors une ultime question.
- Pourquoi ceux qui travail pour produire sont-ils les plus pauvres de notre organisation sociale et économique ? C’est cette question qui se pose fondamentalement et qu’il faut résoudre. L’État, la SOFITEX, les Banques, les entreprises de transformation de produits agroalimentaires, les commerçants et tous les acteurs secondaire de l’agriculture au Burkina ne se font-ils pas trop de bénéfices au détriment du producteur ? Avons-nous perpétué ou modifié le modèle prédateur que l’État moderne a hérité de la colonisation pour en faire un outil d’assujettissement et de domination du plus pauvre ou de développement de tout la nation ? Savons nous vraiment qui nous sommes (prédateur ou patriote) et ce que nous voulons (mimétisme ou vrai développement) ?
- Quant à la méthode, il nous faut accepter un principe banal et incontournable : "le travailleur mérite son salaire". Le systhème dans lequel nous nous complaisons où les plus gros travailleurs restent toujours pauvres au point qu’il faille les aider par des programme spécifique, n’impulsera jamais le développement. Tant que, systématiquement, celui qui travaille ne peut pas récolter la plus grosse part du bénéfice de son travail, le developpement ne sera pas possible. Bien au contraire, beaucoup de gens ne voudront plus travailler tout en espérant s’inserer dans ce système d’exploitation du pauvre. Conséquence, la corruption gagne du terrain, l’État ne parvient plus à jouer son rôle régalien et providentiel, les maquis et bars ne désemplissent pas...
- Si le travail permet de s’enrichir, nul besoin des aides de l’Etat et des ONG. Le travailleur paysan gagnera assez pour payer les taxes et impôts en digne citoyen. Il achètera lui-même les machines qui feront son affaire, parce qu’il sait très bien ce qu’il lui faut et il inventera lui-même des solutions pour sa famille et pour conquérir le monde. Mais pour cela, il faut éviter de piller la plus grosse part du fruit de son labeur, comme c’est le cas dans le système actuel. Nos populations pauvres ont besoin plus de JUSTICE que d’AIDE assujettissantes.
- La grande entreprise industrielle de la chaussure BATA est partie d’une famille de cordonnier en Europe de l’Est. La firme internationale de voiture TATA porte elle aussi le nom de la famille qui la créé modestement. Pouvons nous rêver que quelques artisans intrépides travailleurs pourrons un jour donner leur nom à de grandes multinationales issues des ateliers et des productions de leurs villages. Encore faudra-t-il échapper à la férocité du système prédateur qui nous tient dans sa gueule infernale.

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