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« Je n’ai jamais demandé à qui que ce soit de bloquer quoi que ce soit », Dr Smaïla Ouedraogo, ministre de la Santé à propos du compte trésor bloqué de la CAMEG

18 octobre 2016, 19:59, par Sidpawalemdé Sebgo

Après avoir revu le passage du ministre devant l’assemblée et relu cette interview, je comprend mieux pourquoi il évitait la presse, surement sur l’insistance de ses conseillers avisés. La somme des énormités qui ont été dites est telle qu’on se demande comment cela se passe quand il prend la parole pour nous représenter à l’international. Quelques morceaux choisis :

1°) Les accusations gratuites de mauvaise gestion sans aucune preuve présentée.

2°) La remise en cause d’un statut obtenu par consensus, encore confirmé par tous les partenaires en 2015, au profit d’une société d’état dont l’essai a été infructueux avec la SONAPHARM, sans aucune justification de ce choix.

3°) L’intrusion directe dans les décisions de gestion opérationnelle d’une structure autonome. En quoi une centrale, qui reçoit ses médicaments souvent depuis les ports, les achemine dans les 45 provinces, ne devrait-elle pas acquérir des véhicules au motif que l’état n’en achète pas cette année ? En quoi le fait de réclamer son du à l’état pour améliorer sa trésorerie empêche-telle de s’équiper pour remplir sa mission première, l’approvisionnement en médicaments de tout le territoire, quand ont fait plusieurs centaines de milliards de chiffre d’affaire ? Même si on prend la durée de vie du véhicule à 5 ans seulement, les 500millions représentent 100millions par an soit 0,03% du chiffre d’affaire ! Et cela est présenté comme une preuve de "mauvaise gestion" ! Voila ce qui risque de se passer si c’est une société d’état, un ministre qui bloque arbitrairement l’acquisition de véhicules et les médicaments qui pourrissent dans les ports ou les magasins centraux pendant qu’ils manquent dans les dépôts et pharmacies.

4°) La vison "caporaliste" et anti-démocratique, qui voudrait priver un délégué de la CAMEG de sa liberté de penser et de s’exprimer sur son entreprise. Au motif qu’un responsable de centrale pense que la société d’état est la meilleure forme, les délégués, qui y travaillent et connaissent mieux la maison, son histoire et ont déjà participé aux assemblées qui ont discuté de son avenir, devraient suivre comme des moutons parce que c’est aussi la vision du ministre ? C’est lui qui risque de se retrouver au chômage quand les vautours auront pillé la société d’état, pas le SG de la centrale !

5°) Il dit ne rien savoir du blocage du compte trésor de la CAMEG mais s’étonne du montant qui s’y trouve (et qu’il connait donc en détail). Comme si après ses décrets de limogeage et l’appel aux CRS pour installer un DG le principe de précaution n’allait pas guider les autres.

6°) Il fait semblant d’ignorer que le problème n’est pas le licenciement mais de savoir s’il y a eu licenciement. Si celui qui a prononcé le licenciement n’en a pas le pouvoir, celui ci n’existe pas. De la même manière que l’intérim décrété par le ministre n’avait aucun effet, si M. Konfé n’est pas confirmé par la justice (en déboutant donc Dr Kouyaté), sa décision de licenciement n’a pas non plus d’effet. De même, si Konfé n’est pas reconnu comme PCA à quel titre le DG devrait-il lui obéir, objet de la "faute lourde" ? De tout cela donc il fallait laisser finir la procédure ?

7°) Il dit à tout le peuple qu’il n’a aucun souci des millions de dommages et intérêts qu’il faudrait payer à l’ancien DG et l’encourage même à les réclamer, pourvu qu’il puisse s’en débarrasser. Cela donne une idée des priorités...

8°) Il lance une autre polémique contre les pharmaciens (qu’il n’aime décidément pas beaucoup) en opposant dépôts et pharmacies. Or, tout ce qui est évoqué ne vient pas des pharmaciens mais bel et bien de l’état et de ses décrets. C’est l’état, devant l’incapacité d’avoir assez de pharmaciens même dans les centres de santé publics qui a crée une exception dans la loi qui réserve aux seuls pharmaciens la vente des médicaments. C’est le même état qui fixe les distances entre officines et entre dépôt et pharmacie. Si la loi est devenue inadaptée et qu’il faut changer, c’est à l’état de le faire (donc au ministre), pourquoi incriminer les pharmaciens qui demandent son application ? La règle, c’est que seul le pharmacien vende le médicament. L’exception, c’est le dépôt par manque de pharmaciens. Si avec l’argument des emplois on veut les rendre pareil, les vendeurs de médicaments de la rue aussi créent leur emploi ? E cela est dit par le ministre de la santé !

Il semble donc que les conseillers doivent encore plus conseiller à leur patron de garder le silence, c’est mieux...

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