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Ville de Ouagadougou : Propositions pour résorber de façon durable le phénomène de la congestion routière

20 septembre, 21:58, par Sidpawalemde Sebgo

Wahou ! Vous proposez donc 11 mesures coercitives sur 16 afin de "rendre la circulation fluide à Ouaga" !

En rappel, une seule mesure proposée, le contrôle effectif du port du casque, a failli emporter un gouvernement Compaoré il y a quelques années. Ensuite, ce fut la proposition du retour de la taxe sur les deux roues qui a failli ébranler le régime. Dans les deux cas la mesure fut rapidement rapportée. Plus loin de nous, la seule taxe carbone sur le carburant a créé les gilets jaunes, et Macron ne doit son salut qu’au coronavirus qui a permis d’interdire les manifestations.

Et vous, vous en proposez 11, dont 7 frappent directement au portefeuille dans un des pays les plus pauvres du monde ! Décidément vous voulez que Roch Kaboré et Armand Béouindé soient "remis à leurs parents" avant la fin de leurs mandats !

On analyse les besoins des hommes et de l’économie, pour proposer des solutions idoines. Vous, vous fixez un objectif théorique, et vous voulez forcer les hommes et l’économie à s’y adapter. C’est assez surprenant comme démarche. A quoi sert que la circulation soit plus "fluide" si les trois quarts des Ouagalais ne peuvent plus se déplacer parce que vous avez torpillé leur emploi et vidé leur portefeuille ?

Dans le détail, plusieurs de vos "mesures" existent déjà, même si certaines sont peu suivies. Il s’agit de la catégorisation des permis et du port du casque. Des horaires existent déjà pour les transports de marchandises même si les commerçants ne les respectent pas. Quand à "promouvoir le vélo" dans la capitale mondiale du deux roues, je me demande si vous ne confondez pas avec un autre pays ! Et pour "réduire le parc automobile de 2/3", je me demande sur quelles bases vous avez estimé les besoins des ouagalais, y compris sur le long terme, et comment vous comptez réaliser cela ?

Le prix du carburant décide de celui de TOUS les biens de consommation au Burkina. On ne s’amuse pas avec ce genre de choses si on ne veut pas déstabiliser l’économie et le panier de la ménagère, donc provoquer un soulèvement populaire ! Ce n’est pas pour rien que c’est un comité interministériel qui fixe les tarifs.

Pour ce qui est déjà en cours, quitte à renouveler le parc de bus, on aurait pu en profiter pour anticiper, en choisissant des bus au biogaz ou électriques aux émissions faibles ou nulles.

Mais surtout, vous avez complètement occulté plusieurs pistes importantes de la mobilité. Vous n’avez pas abordé l’élargissement des routes, ni le tracé de routes secondaires depuis les quartiers périphériques jusqu’à vos fameux "échangeurs", ou de routes de contournement pour ne pas passer forcément par le centre ville.

Vous n’avez rien dit de la nécessité de décentraliser les services du centre ville qui engendrent ce trafic, comme le palais de justice ou la direction des transports terrestres et maritimes, les grands lycées,etc.
La seule ouverture de bureaux décentralisés pour établir des casiers judiciaires, recevoir ou délivrer des permis ou des immatriculations changerait complètement la physionomie du centre ville et des routes aux heures ouvrables !

Au Burkina, n’importe quel quidam qui en a les moyens s’achète une moto et prend la route, sans connaissance des règles de la circulation, ce qui est source d’incivisme et d’accidents. Mais vous parlez à peine des deux roues ou du comportement humain pour vous concentrer sur les voitures et les taxes. Surprenant...

Pour terminer, vous avez fait l’impasse sur la prospective. La plupart des pays qui produisent des voitures ont annoncé l’interdiction de la fabrication et de la vente de voitures thermiques essence et diesel d’ici 2030 ou 2035 pour passer à l’électrique. Dans l’intervalle, les hybrides rechargeables sont recommandés. L’inde, premier producteur mondial de motos, a décidé de l’arrêt de la production de motos à moteur thermique dès 2025 (dans 4 ans !). Il est probable que la chine, premier producteur de motos électriques, va suivre.

Le rajeunissement du parc deux roues et quatre roues au Burkina et ailleurs va donc devoir s’accompagner de la disponibilité de stations de recharge électriques dans les villes, qui ne peuvent en aucun cas être gratuits vu la rareté et le coût de l’électricité au Burkina !

Rendre même seulement disponible cette électricité supplémentaire est une gageure vu l’incapacité actuelle à satisfaire la demande.
C’est un enjeu important et urgent sur lequel les autorités doivent se pencher dès maintenant, au lieu de chercher une insurrection inutile avec des mesures inacceptables.

Un conseil : La prochaine fois, maturez un peu plus votre publication et faites la relire et critiquer par des proches. Mal publier est pire que de ne pas publier du tout.
Cordialement

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