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Visite inopinée du ministre de la Santé : « SOS Sang » invite Charlemagne Ouédraogo à secouer le cocotier

22 juillet, 08:55, par nekrenoma

J’ai lu avec intérêt cette intervention de "SOS-SANG" sur la sortie inopinée du ministre de la santé. Il en tire une appréciation : c’est une bonne chose selon lui. Il fait une analyse positive en faveur du ministre de la santé et formule des critiques vis à vis de tout le système. Rien à dire, sauf que dans de pareilles cas, on se demande s’il ne fait pas fausse route. En tant qu’un élément du système de santé, oeuvrant pour le bien du système, une neutralité positive aurait été plus à propos, afin de concilier les parties. Dans cette histoire de visite inopinée, il convient d’analyser la dynamique sur tous les plans : management, forme de l’intervention etc. 1) S’il est vrai qu’une visite inopinée fait partie des outils disponibles pour diagnostiquer, suivre et contrôler un système, il convient, pour ce qui concerne le service public et pour un ministre venant de prendre fonction et connaissant le système au regard de sa position antérieure dans le système, l’utiliser avec précaution afin de bien s’assurer que le contexte est conforme à sa vision en vue de solutions consensuelles de redressement 2) Lors de la visite, il a constaté des manquements. Il aurait pu constater, noter, et demander des explications. Non ! Sur le terrain, l’émotion l’a emportée face au professionnalisme. Il s’est permis de proférer des paroles désobligeantes, en contradiction avec la déontologie du milieu médical 3) Sa réponse après visite, a utilisé comme support, les réseaux sociaux 4) Ce qui a offert le flanc au chef de services médicaux d’user de ce même support pour répondre. 5) La suite, on la connait : une fracture avec le relèvement du chef de service. A l’analyse, Oui, une visite inopinée , pourquoi pas ! Mais, dans les conditions de prise en gestion en vue de trouver des solutions aux maux qui minent le système médical, ce n’est pas la meilleure des méthodes. Une rencontre avec le service, en vue d’avoir un diagnostic, une liste des solutions possibles, puis une mise en oeuvre après information de toutes les parties concernées aurait été perçue comme un processus mieux réfléchi et visant des solutions durables. Ici, cette visite peut être analysée comme une mission commando chargée de détruire un ennemi. Cela est dommage. Les maux du système hospitalier burkinabé sont connus : insuffisance du personnel, insuffisance de la gestion du personnel, plateau technique insuffisant et mal exploité avec des pannes qui en limite les performances, personnel démotivé, comme d’ailleurs dans toute la fonction publique, médecins en conflit d’intérêt permanent avec construction de cliniques privées et prestation plausible dans le scliniques privées pendant ou hors des services. On attend du ministre de la santé : 1) Un bon diagnostic avec confirmation des maux essentiels 2) Mise en place d’un plan de mise à niveau 3) Elaboration et mise en place d’une stratégie durable du service médical burkinabé. Dans cette attente, l’événement qui vient de se passer est un épiphénomène qui ne l’honore pas en tant que gestionnaire et manager. Il peut et doit remettre balle à terre rapidement, afin de créer un environnement serein et propice à l’instauration d’une varie politique de mise à niveau. Il n’est pas bon de démarrer avec la bagarre. Cela ne donnera rien.

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