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Burkina : L’Opposition non-Affiliée rejette la CENI et le dialogue politique dans leur format actuel

15 juillet, 16:23, par Sidpawalemde Sebgo

C’est pas facile hein la démocratie...

En bref, je participe à des élections, je gagne 50 voix, mais je réclame d’avoir les mêmes prérogatives que les partis qui ont eu 50.000 ou 300.000 ou 500.000 voix...

Je suis constitutionnaliste, je crée une structure hors la loi, mais je réclame que l’état, la majorité et l’opposition entérinent ma structure. en d’autres termes, que tout le monde me suive hors la loi...

Quand à notre opposition, elle semble tellement surprise d’avoir perdu les élections malgré "la situation sécuritaire", leur supposée "arme fatale" qu’ils paraissent ne pas souhaiter attendre 5 ans.
Elle a visiblement opté pour la stratégie du pourrissement pour sortir de l’état de droit et des institutions et entrer dans un état d’exception et de désordre pour reconquérir le pouvoir sans passer par les urnes. Pour preuve, la suite des évènements

1°) La tentative de bloquer les résultats des élections de 2020 en retirant ses commissaires de la CENI en pleine délibération ;

2°) La tentative d’appeler ses militants à descendre dans les rues pour contester les résultats des élections de 2020 ;

3°) L’instrumentalisation de la situation sécuritaire pour bloquer la relecture du code électorale pour les élections municipales de 2022 ;

4°) Et maintenant, la tentative de blocage du renouvellement de la CENI, qui aurait pour conséquence le blocage de toute élection au Burkina.

L’objectif ultime semble d’empêcher des élections. Le problème avec ce genre de "passage en force", c’est que la politique de la chaise vide se retourne presque toujours contre ceux qui en usent, et les exemples sont légion dans les pays voisins.

La suite logique de ce bras de fer est prévisible :

1°) La suppression pure et simple de la CENI dans son format actuel, si le blocage s’éternise, pour lui substituer une administration électorale (CEN) à la composition moins multi-partisane. Le rapport de forces à l’assemblée le permet largement.

2°) Puis, le boycott des élections municipales par une partie de l’opposition.

3°) En conséquence donc, l’incapacité pour ces partis boycotteurs de réunir les parrainages pour présenter un candidat à la présidentielle dans 4 ans, puisqu’ils n’auront pas d’élus aux municipales et pas assez de députés.
S’ils boycottent aussi les législatives de 2025, ils se seront exclus de la vie politique du pays pour 5 à 10 ans ; sans "loi Chérif".

Ils auront ainsi fait reculer la démocratie au Faso et dilapidé les acquis de nombreuses années de lutte de leurs prédécesseurs. Et fait le lit d’une deuxième décennie de pouvoir MPP. Vladimir Poutine appelle cela se tirer une balle dans "un peu plus haut que le pied"...

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