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Ouagadougou : Des commerçants déguerpis demandent à l’Etat de faire preuve d’humanisme

22 juin, 10:30, par Ka

L’internaute ’’’’jan jan’’’’ dit ceux-ci. @Rasmane, bien répondu, le piéton n’a même plus de trottoir pour marcher. Comme dit Simon, " tout le monde ne peut pas vivre à Ouaga.

Et ’’’2NA’’’’ conclu en disant : On ne peut pas faire des omelettes sans casser des œufs. Je sais que c’est difficile pour ces déguerpis mais occupée les voies publiques n’est jamais l’option à laisser faire.

Ce qui m’interpelle a apporté quelques précisions en connaissant le sujet : Et surtout confirmer avec certitude qu’on ne peut pas faire aucune omelette dans ce bas monde sans casser des œufs ; ni tout le monde ne peut venir vivre a la capitale.

Le constat d’une urbanisation galopante n’est plus à démontrer dans les villes africaines : d’après les prévisions des Nations Unies et de l’OCDE, en 2050, environ 60 % des Africains devraient vivre dans des villes. Les villes s’urbanisent à outrance, car elles sont perçues comme des lieux d’opportunités économiques et sociales, comme des eldorados qui offrent des conditions de vie meilleures aux populations modestes, provenant principalement des zones rurales (plus de 50 % des ruraux migrent vers les villes : exode rural). Cette forte urbanisation massive qui prend forme depuis 1960 - date à laquelle plusieurs pays africains sont devenus indépendants - n’est pas proportionnelle au niveau de développement économique des villes concernées. Ainsi se pose le problème de l’occupation anarchique, informelle des espaces périurbains.

Et s’il y avait de la rigueur à éviter ces emplacements publics occupés anarchiquement dans les villes du Burkina comme l’a voulu l’ex maire hors pair qui était Simon Compaoré qui levait à 4 heures du matin pour tout contrôler, beaucoup comprendront la situation. Malheureusement depuis qu’il n’est plus maire, nous constatons que c’est toujours la même chose au Burkina. ’’On annonce des mesures qui ne sont pas applicables /ou mal appliquées, et qui, en tout état de cause, n’ont qu’un seul effet et un seul motif véritable : taxer un peu plus les gens. C’est vraiment dissuasif, et ce n’est pas avec ce genre de comportements qu’on va faire comprendre ces débrouillards aux bords des routes qui ne vivent que par ce système. Et ce qui ne regarde que moi, ce qui arrive est de l’entière responsabilité des remplaçants de Simon Compaoré qui donnent des agréments avec des compensations que les commerçants qui veulent occuper anarchiquement les trottoirs. Ceci dit, je pense qu’il faut attaquer le mal à la racine : toute demande de permis d’installation dans la ville doit être accompagnée outre les documents habituels, d’une convention avec la mairie et par une personne agréé qui garantit que l’emplacement ne gene personne ou ne risque d’accident.

Conclusion : Il est temps que nos responsables des villes sachent que la majorité des grandes villes a une configuration spatiale duale - voire marxiste - avec d’une part, un pôle urbain qui abrite les principaux services publics, privés et les quartiers résidentiels aux alentours pour les riches et d’autre part une périphérie qui s’étale horizontalement, animée par des habitations éparpillées d’une couche de population modeste. La prise en compte de cette configuration spatiale - appelée autrement centre-périphérie - est particulièrement intéressante pour comprendre le processus de fabrication des villes africaines. En effet, si des plans d’urbanisme et d’aménagement existent depuis les indépendances dans la plupart des villes, leur application est défaillante, car des dysfonctionnements sont constatés dans l’espace vécu. Les documents d’urbanisme existants sont appliqués dans les différentes politiques urbaines - cela renvoie à la dimension formelle de la planification des villes - cependant, les villes africaines sont également fabriquées foncièrement par l’informel qui facilite des occupations anarchiques.

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