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Etudiants burkinabè en France : Les diplômés en sciences exactes peu enclins à rentrer au pays

23 mai, 00:41, par Hess

Félicitations aux auteurs de l’étude. C’est très utile et que cet exemple inspire d’autres études de la sorte.

Cette étude pose quand même la question de la pertinence d’aller étudier à l’étranger et surtout avec de l’argent public. Est-ce la meilleure façon de rendre service à ces jeunes et à la nation que d’organiser sans trop de discernement ce qui s’avère finalement comme leur exil ?

Celui qui va à l’étranger par ses propres moyens ou ceux de ses parents a moins d’obligation éthique de revenir que celui qui part avec des ressources publiques. La première chose pour montrer que l’investissement de l’Etat a eu un minimum d’effet positif, est de revenir et d’insérer dans le tissu économique sans demander encore que le même Etat qui a tout financé vous trouve la solution de votre intégration. Ces diplômés sont sensés avoir une plus-value par rapport à ceux qui ont été formés localement ! La qualité de la formation est d’ailleurs la principale raison qui justifie cette expatriation. Dans ce cas serait-il juste de demander encore à l’Etat de discriminer une seconde fois en faveur des mêmes ? L’Etat peut-il s’occuper des diplômés qu’il a envoyé se former à l’étranger ? Oui, mais pas de tous et surtout pas dans la forme actuelle du choix des boursiers. Il faut réduire au minimum le nombre de bourses et les réserver à des créneaux précis qui attendent d’être comblés ou renforcer par des compétences précises. Les ressources doivent être injectées plutôt dans les universités du pays pour qu’elles forment les jeunes sur les besoins de développement du pays. La science, les techniques, les technologies qui sont universelles mais appliquées sur des réalités nationales. Sinon c’est une perte d’argent et de temps pour certains diplômés et pour l’Etat. L’intégration professionnelle qui restent après les études est rarement à la hauteur de ce qu’ils auraient pu avoir chez eux si l’octroi de la bourse avait répondu à certains besoins et encadré par une politique publique mûrement réfléchis... Je connais au moins un pays dont les services des ambassades rencontrent régulièrement leurs étudiants boursiers ou non "pour leur apporter assistance et stimuler leur volonté de servir leur pays". Avez-vous jamais entendu qu’un étudiant burkinabè ou africain a été arrêté pour espionnage quelque part ? Eh ben, le transfert de technologie est aussi un objectif de l’envoi des étudiants à l’étranger par les Etats qui ont des stratégies de développement. Bref, ...

Un autre sujet d’étude pourrait porter sur la mesure du niveau d’intégration sociale des diplômés dans leur société d’accueil, et le leur niveau de connaissance de cette société et leur capacité à s’inspirer de ses valeurs essentielles sans un copier/coller. Car en plus de la qualité de la formation, on espère que les jeunes apprennent des us et coutumes de la société d’accueil pour que les rapports avec cette société puissent bénéficier de ces connaissances et être justes pour le pays. Là aussi, je suis sceptique, mais n’anticipons pas sur les résultats de l’éventuelle étude.

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