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	<title>leFaso.net</title>
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	<description>L'information en temps r&#233;el du Burkina, M&#233;dias, journaux, infos, direct, les derni&#232;res nouvelles, politiques.</description>
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		<title>leFaso.net</title>
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		<title>Protection des mineurs sur les r&#233;seaux sociaux, la justice am&#233;ricaine assimile la plateforme Meta (Facebook et autres) &#224; une usine de pollution</title>
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		<dc:creator>Manager 2</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Nous assistons &#224; une p&#233;riode charni&#232;re de la r&#233;gulation des plateformes pour une pr&#233;occupation majeure : la protection des mineurs sur les r&#233;seaux sociaux comme Facebook, TikTok, Instagram, WhatsApp, etc. Les cons&#233;quences n&#233;fastes de l'addiction aux r&#233;seaux sociaux pour les mineurs, et m&#234;me les adultes ne sont plus &#224; pr&#233;senter : paresse cognitive, perte d'attention, oisivet&#233;, anxi&#233;t&#233;, trouble de personnalit&#233;, fatigue visuelle, d&#233;ficit chronique du sommeil, isolement social, d&#233;pression, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lefaso.net/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L150xH94/5zgqelgii5cglhi3abvcclxfsy-691e1.jpg?1788962782' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous assistons &#224; une p&#233;riode charni&#232;re de la r&#233;gulation des plateformes pour une pr&#233;occupation majeure : la protection des mineurs sur les r&#233;seaux sociaux comme Facebook, TikTok, Instagram, WhatsApp, etc. Les cons&#233;quences n&#233;fastes de l'addiction aux r&#233;seaux sociaux pour les mineurs, et m&#234;me les adultes ne sont plus &#224; pr&#233;senter : paresse cognitive, perte d'attention, oisivet&#233;, anxi&#233;t&#233;, trouble de personnalit&#233;, fatigue visuelle, d&#233;ficit chronique du sommeil, isolement social, d&#233;pression, suicide, etc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En France, le l&#233;gislateur avait pris la ferme d&#233;cision d'imposer une mesure draconienne : l'interdiction des r&#233;seaux sociaux aux moins de 15 ans. Le Conseil constitutionnel a toutefois censur&#233; cette interdiction g&#233;n&#233;rale le 14 ao&#251;t, consid&#233;rant non seulement qu'elle ne garantissait pas la protection de la vie priv&#233;e des mineurs, mais surtout qu'elle portait une atteinte disproportionn&#233;e &#224; la libert&#233; d'expression et de communication des mineurs, (d&#233;cision n&#176; 2026-911 DC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, dans une affaire o&#249; Meta &#233;tait poursuivi &#224; la fois par des particuliers et des &#201;tats (au moins 47 &#201;tats), la voie suivie par la justice est tout autre et particuli&#232;rement audacieuse(State ex rel. Torrez v. Meta Platforms, Inc. n&#176; D-101-CV-2023-02838). Le juge Bryan Biedscheid, du First Judicial District Court de Santa Fe, a en effet, rendu le 6 ao&#251;t 2026 une d&#233;cision qui pourrait compter dans l'histoire de la responsabilit&#233; des plateformes. Cette d&#233;cision qui condamne le groupe Meta (Facebook, WhatsApp, Instagram) a le m&#233;rite d'&#234;tre inventive tant dans le raisonnement qui red&#233;finit la responsabilit&#233; de Meta (1) que dans la sanction formul&#233;e (2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. L'esprit ing&#233;nieux du juge dans la red&#233;finition de la responsabilit&#233; de Meta&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de d&#233;part du raisonnement du juge a &#233;t&#233; de s'appuyer sur les propres documents internes de Meta. En effet, les demandeurs ont d&#233;montr&#233; que des m&#233;mos de 2018 et 2019 prouvent que Meta a sciemment int&#233;gr&#233; des fonctionnalit&#233;s addictives (d&#233;filement infini, lecture automatique, notifications) et que son algorithme de recommandation a activement connect&#233; des pr&#233;dateurs &#224; des mineurs (26 % des recommandations li&#233;es aux &#171; pr&#233;dateurs s*x*els &#187; ciblaient des adolescents). Ces constatations ont permis au juge de retenir la violation de la loi sur les pratiques commerciales d&#233;loyales et le trouble &#224; l'ordre public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision s'est voulue n&#233;anmoins mesur&#233;e par le droit. En effet, le juge rejette tout d'abord l'obligation d'une v&#233;rification stricte de l'&#226;ge et refuse d'interdire le chiffrement de bout en bout sur WhatsApp (l'application n'&#233;tant pas jug&#233;e responsable du trouble).&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour condamner le groupe Meta au titre des accusations principales, le juge &#233;tablit une analogie novatrice en recourant &#224; la th&#233;orie du pollueur-payeur. Meta fut assimil&#233; &#224; une usine polluante. Dans cette configuration, la plateforme est pr&#233;sent&#233;e comme l'usine, la publicit&#233; et les contenus, ses productions, et les pr&#233;judices psychologiques, les atteintes &#224; la vie priv&#233;e, ainsi que l'exploitation sexuelle des enfants, la &#171; pollution &#187; que l'entreprise a caus&#233;e et doit donc r&#233;parer financi&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En retenant la responsabilit&#233; de Meta, cette d&#233;cision contrarie l'immunit&#233; de la Section 230. Ce texte l&#233;gendaire du droit am&#233;ricain (copi&#233; pratiquement dans le monde entier) garantissait l'irresponsabilit&#233; des plateformes avec le postulat qu'un r&#233;seau social ne peut &#234;tre tenu responsable de ce que publient ses utilisateurs. Le tribunal &#233;carte ce bouclier juridique au motif que la plainte ne vise pas le contenu publi&#233; par des tiers, mais bien l'impact du design et de l'architecture m&#234;me de la plateforme. Cette distinction, si elle fait jurisprudence, pourrait fragiliser la protection historique dont b&#233;n&#233;ficient toutes les plateformes. Elle a d'ailleurs permis au juge de faire montre d'un esprit cr&#233;atif dans la formulation de la sanction &#224; l'encontre de Meta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. L'&#339;uvre cr&#233;atrice du juge dans la formulation des sanctions impos&#233;es &#224; Meta&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ing&#233;niosit&#233; du juge se constate aussi bien dans la condamnation financi&#232;re que dans l'imposition des contraintes techniques &#224; Meta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant des condamnations financi&#232;res, ce qui retient l'attention se situe non seulement dans le montant colossal, mais &#233;galement dans la d&#233;finition des modalit&#233;s d'emploi des fonds : 567 millions$ auxquels s'ajoutent les 375 millions$ de p&#233;nalit&#233;s d&#233;j&#224; inflig&#233;es en mars. Afin que la condamnation puisse atteindre son but, le juge s'est &#233;vertu&#233; &#224; d&#233;cliner les modalit&#233;s d'emploi de ces fonds sur cinq ans. Ils serviront &#224; financer des programmes d&#233;di&#233; &#224; la sant&#233; mentale des jeunes face &#224; l'addiction aux r&#233;seaux sociaux, r&#233;partis tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment ainsi : le traitement, le d&#233;pistage, la pr&#233;vention, l'orientation, ainsi que la mise en &#339;uvre et l'&#233;valuation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#224; noter que suite &#224; l'appel interjet&#233; par Meta, un accord vient d'&#234;tre trouv&#233; au profit des &#201;tats d'un montant d'nviron 18 milliards de dollars (10 800 milliards de FCA), ce mercredi 26 ao&#251;t 2026. Une telle saign&#233;e financi&#232;re accept&#233;e par Meta s'explique par la crainte que l'affaire face encore plus de bruit et l'expose &#224; des condamnations financi&#232;res insupportables. Mais l'h&#233;morragie financi&#232;re est en r&#233;alit&#233; loin de s'arr&#234;ter, y compris aux &#201;tats-Unis. En effet, d'autres plaintes sont en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable innovation pour un juriste civiliste r&#233;side dans les contraintes en nature que le juge s'est autoris&#233; &#224; imposer &#224; Meta le 06 ao&#251;t 2026. Le juge enjoint &#224; Meta de modifier le fonctionnement de son r&#233;seau social en lui adressant des mesures techniques contraignantes en ce qui concerne les comptes des mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de : &lt;br class='autobr' /&gt;
La limitation du temps d'&#233;cran cumul&#233; &#224; 90 heures par mois (sur Facebook et Instagram).&lt;br class='autobr' /&gt;
Un couvre-feu des notifications entre 22h et 7h, ainsi que pendant les heures de classe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le masquage par d&#233;faut des compteurs de &#171; likes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'interdiction totale d'interactions IA &#224; caract&#232;re &#171; romantique ou sexualis&#233; &#187; impliquant des mineurs, ou pour les adultes utilisant des chatbots simulant des mineurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interdiction pour un adulte de contacter un mineur qui ne fait pas partie de ses contacts.&lt;br class='autobr' /&gt; L'examen humain sous 48h pour tout signalement li&#233; &#224; l'exploitation sexuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La suppression sous 30 jours des comptes suspect&#233;s d'appartenir &#224; des enfants de moins de 13 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette condamnation transforme juridiquement les plateformes. D'interm&#233;diaires intouchables, elles deviennent en effet des concepteurs responsables des dommages caus&#233;s par la fabrication de leur code.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;TANKOANO Gnoari &lt;/strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Docteur de l'Universit&#233; Thomas SANKARA &lt;br class='autobr' /&gt;
Enseignant-chercheur &#224; l'Universit&#233; Nazi Boni/&lt;br class='autobr' /&gt;
Centre universitaire de Banfora &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;bat national : Joseph Ou&#233;draogo soumet cinq propositions au gouvernement pour am&#233;liorer le quotidien des Burkinab&#232;</title>
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		<dc:date>2026-08-21T23:07:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Cyriaque</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans une contribution adress&#233;e aux &#171; ministres serviteurs du peuple &#187;, le citoyen Joseph Ou&#233;draogo formule cinq propositions qu'il estime susceptibles de contribuer au bien-&#234;tre des Burkinab&#232;. Encadrement des frais de scolarit&#233;, promotion d'une innovation locale en mati&#232;re de s&#233;curit&#233; routi&#232;re, lib&#233;ration des voies publiques, encouragement aux douaniers et structuration d'une veille citoyenne figurent parmi les pistes qu'il invite les autorit&#233;s &#224; examiner. &lt;br class='autobr' /&gt; A nos ministres serviteurs du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lefaso.net/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L150xH100/1004292879-fa72c.jpg?1788962782' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans une contribution adress&#233;e aux &#171; ministres serviteurs du peuple &#187;, le citoyen Joseph Ou&#233;draogo formule cinq propositions qu'il estime susceptibles de contribuer au bien-&#234;tre des Burkinab&#232;. Encadrement des frais de scolarit&#233;, promotion d'une innovation locale en mati&#232;re de s&#233;curit&#233; routi&#232;re, lib&#233;ration des voies publiques, encouragement aux douaniers et structuration d'une veille citoyenne figurent parmi les pistes qu'il invite les autorit&#233;s &#224; examiner.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A nos ministres serviteurs du peuple&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des propositions &#224; nos dirigeants afin d'am&#233;liorer et favoriser un bien &#234;tre des Burkinab&#232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1-	La r&#232;glementation des frais de scolarit&#233; est salutaire ; nous vous encourageons &#224; finaliser pour des co&#251;ts baissiers et encadr&#233;s pour le peuple. Les &#233;conomies enregistr&#233;es peuvent servir avec l'&#233;conomie de masse &#224; instaurer l'enseignement du code de la route dans nos &#233;coles, lyc&#233;es et universit&#233;s en accord avec les acteurs concern&#233;s (5000F maximum une seule fois par apprenant). Les parents, le gouvernement et les auto-&#233;coles pourront le planifier, cr&#233;er des emplois et &#233;viter des morts et bless&#233;s sur nos routes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2-	Un jeune burkinab&#232; a mis en &#339;uvre un casque reli&#233; &#224; la moto (la moto ne d&#233;marre que si vous avez port&#233; convenablement le casque). Cette id&#233;e ing&#233;nieuse doit &#234;tre retenue par nos autorit&#233;s. Elles doivent aider le concepteur &#224; breveter, &#224; structurer une entreprise ou l'&#201;tat peut &#234;tre dans le capital. Cela est porteur et cr&#233;era des emplois et entrainera une projection dans d'autre domaines (limitation de vitesse, antivol, &#233;vitement de collusion, etc.) avec un gros march&#233; potentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3-	F&#233;licitations &#224; la gendarmerie pour la lib&#233;ration de la voie allant &#224; l'h&#244;pital. Certaines institutions peuvent faire de m&#234;me en lib&#233;rant nos voies et pistes cyclables tout en d&#233;veloppant d'autres formes pour se s&#233;curiser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4-	F&#233;licitations aux douaniers avec &#224; leur t&#234;te le DG Yves Kafando, qui m&#232;nent un travail remarquable sur le terrain. Les douaniers qui &#233;taient le mouton noir du Faso sont en train de devenir le cheval de bataille de notre pays pour le d&#233;veloppement du Faso : critiquons quand il le faut et encourageons et f&#233;licitons quand c'est patent) ; nous sommes fiers de ce que vous faites !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5-	Les dirigeants de la r&#233;volution doivent organiser et structurer les organisations de veille pour qu'elles soient &#224; la pointe de la lutte contre la fraude, la sp&#233;culation et autres dans nos villes et villages. Cela en collaboration avec l'&#201;tat, les structures traditionnelles. A l'instar des CDR, (Comit&#233;s de D&#233;fense de la R&#233;volution), nous devons avoir une veille citoyenne organis&#233;e, structur&#233;e dans nos quartiers, villes et villages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joseph OUEDRAOGO, citoyen burkinab&#232;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Course au Secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral de l'ONU : &#171; Macky Sall se positionne comme le principal pr&#233;tendant du continent africain pour succ&#233;der &#224; Ant&#243;nio Guterres &#187;, foi de Dr Abass&#233; Ou&#233;draogo</title>
		<link>https://lefaso.net/spip.php?article148527</link>
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		<dc:date>2026-08-11T22:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans cette tribune parvenue &#224; notre r&#233;daction, l'ancien patron de la diplomatie burkinab&#232;, Dr Ablass&#233; Ou&#233;draogo, revient sur ce qu'il qualifie de derni&#232;re ligne droite pour la course au Secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral de l'ONU. Pour l'ancien Pr&#233;sident du Conseil des ministres de l'OUA, ancien haut fonctionnaire des Nations-Unies, le candidat Macky Sall demeure pleinement engag&#233; dans la course et conserve toutes ses chances. Tribune ! &lt;br class='autobr' /&gt; Lefaso.net &lt;br class='autobr' /&gt;
Le nouveau Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'Organisation des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lefaso.net/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L150xH114/whatsapp_image_2026-08-11_at_15.43_14-10616.jpg?1788962782' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='114' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans cette tribune parvenue &#224; notre r&#233;daction, l'ancien patron de la diplomatie burkinab&#232;, Dr Ablass&#233; Ou&#233;draogo, revient sur ce qu'il qualifie de derni&#232;re ligne droite pour la course au Secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral de l'ONU. Pour l'ancien Pr&#233;sident du Conseil des ministres de l'OUA, ancien haut fonctionnaire des Nations-Unies, le candidat Macky Sall demeure pleinement engag&#233; dans la course et conserve toutes ses chances. Tribune !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lefaso.net&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'Organisation des Nations-Unies (ONU), qui succ&#233;dera &#224; Ant&#243;nio Guterres, le 1er janvier 2027, sera officiellement nomm&#233; par la 81&#232; Assembl&#233;e g&#233;n&#233;rale des Nations-Unies qui ouvre ses travaux le 8 septembre 2026, au si&#232;ge de l'Organisation, &#224; New-York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Charte des Nations-Unies stipule que la d&#233;signation du Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral s'effectue sur recommandation du Conseil de s&#233;curit&#233;, n&#233;cessitant le vote favorable d'au moins neuf (9) de ses quinze membres, sans veto de l'un des cinq membres permanents (Chine, &#201;tats-Unis, France, Royaume-Uni et Russie). Les membres non permanents repr&#233;sentant actuellement l'Afrique au Conseil de s&#233;curit&#233; sont le Lib&#233;ria, la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo et la Somalie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pr&#233;lude &#224; cette d&#233;signation, un premier vote indicatif, ou &#171; straw poll &#187;, s'est tenu le 30 juillet 2026. D'autres consultations suivront avant le choix d&#233;finitif du Conseil de s&#233;curit&#233;. Le vote indicatif vise &#224; &#233;valuer le rapport de force entre les pr&#233;tendants. Exercice purement consultatif, il ne constitue ni une &#233;lection officielle ni une d&#233;cision irr&#233;vocable. Son r&#244;le essentiel est d'identifier et de lever les r&#233;ticences des puissances disposant du droit de veto, tout en permettant aux candidats et &#224; leurs partisans d'&#233;valuer le chemin restant &#224; parcourir. Le pr&#233;sident Macky Sall se positionne comme le principal pr&#233;tendant du continent africain pour succ&#233;der &#224; Ant&#243;nio Guterres &#224; la t&#234;te de l'ONU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;pit d'un premier vote indicatif peu favorable le 30 juillet dernier, le candidat Macky Sall demeure pleinement engag&#233; dans la course et conserve toutes ses chances. Le processus de d&#233;signation reposant traditionnellement sur la recherche d'un consensus, Macky Sall pr&#233;vaut d'un parcours diplomatique &#233;prouv&#233; au cours de ses douze ann&#233;es &#224; la t&#234;te du S&#233;n&#233;gal. Ce profil rassembleur appara&#238;t en mesure d'emporter l'adh&#233;sion tant des puissances occidentales que de la Chine et de la Russie. Fort d'une solide exp&#233;rience des n&#233;gociations internationales, il entretient d'excellentes relations avec l'ensemble des membres permanents du Conseil de s&#233;curit&#233; gr&#226;ce &#224; une diplomatie mesur&#233;e et pragmatique. Cette posture lui offre un acc&#232;s privil&#233;gi&#233; aupr&#232;s de tous les acteurs cl&#233;s ; toutefois, la d&#233;cision finale appartiendra souverainement au Conseil de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fait notable, le Pr&#233;sident s&#233;n&#233;galais Bassirou Diomaye Faye a officialis&#233;, le 21 juillet 2026, le soutien du S&#233;n&#233;gal &#224; la candidature de Macky Sall, mobilisant ainsi le r&#233;seau diplomatique de l'&#201;tat pour appuyer sa campagne. La capacit&#233; du candidat africain &#224; diriger l'ONU ne suscite aucun doute, au regard de son parcours d'exception. Ancien Pr&#233;sident de la R&#233;publique, Premier ministre, Pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e nationale du S&#233;n&#233;gal, ministre, ainsi qu'ancien pr&#233;sident de la CEDEAO et de l'Union africaine, Macky Sall poss&#232;de une ma&#238;trise approfondie de la gouvernance politique et institutionnelle. Ces qualit&#233;s s'av&#232;rent indispensables pour le futur Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, appel&#233; &#224; restaurer la confiance au sein d'une communaut&#233; internationale en pleine mutation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le contexte g&#233;opolitique actuel, Macky Sall a su convaincre lors des auditions consacr&#233;es &#224; sa vision des trois piliers des Nations Unies, &#224; savoir la paix et la s&#233;curit&#233;, les droits de l'homme, et le d&#233;veloppement. Ses propositions de r&#233;formes structurelles visant &#224; r&#233;sorber les crises de confiance et de financement de l'Organisation d&#233;montrent sa capacit&#233; &#224; r&#233;tablir le dialogue entre les grands acteurs mondiaux et &#224; revitaliser le multilat&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;marche strat&#233;gique de Macky Sall vise pr&#233;cis&#233;ment &#224; refonder la gouvernance mondiale autour de ce triptyque : paix, s&#233;curit&#233; et d&#233;veloppement durable. Lors des &#233;changes interactifs d'avril et de juillet 2026, il a plac&#233; sa candidature sous le signe d'un multilat&#233;ralisme r&#233;invent&#233;, destin&#233; &#224; redonner &#224; l'ONU toute sa capacit&#233; d'action au service des nations. L'&#233;ch&#233;ance d&#233;cisive interviendra dans les toutes prochaines semaines. Il appartient d&#233;sormais &#224; Macky Sall et &#224; ses appuis de redoubler d'efforts pour concr&#233;tiser cette ambition, afin de restaurer la confiance, la coh&#233;rence et l'&#233;quit&#233; dans les relations entre le Nord et le Sud. N'en d&#233;plaise aux courants afro-pessimistes qui invoquent le principe de rotation r&#233;gionale (r&#232;gle informelle qui ne figure nulle part dans la Charte), la dynamique engag&#233;e par le candidat Macky Sall demeure solide et prometteuse pour l'issue du processus de s&#233;lection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons enfin que l'autorit&#233; et les responsabilit&#233;s rel&#232;vent, en dernier ressort, de la volont&#233; du Tout-Puissant. Que Dieu exauce nos v&#339;ux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ouagadougou, le 10 ao&#251;t 2026&lt;br class='autobr' /&gt;
Dr Ablass&#233; OU&#201;DRAOGO&lt;br class='autobr' /&gt;
Ancien Ministre des Affaires &#233;trang&#232;res du Burkina Faso&lt;br class='autobr' /&gt;
Ancien Pr&#233;sident du Conseil des Ministres de l'Organisation de l'Unit&#233; Africaine (OUA)&lt;br class='autobr' /&gt;
Ancien Directeur g&#233;n&#233;ral adjoint de l'Organisation mondiale du commerce (OMC)&lt;br class='autobr' /&gt;
Ancien Haut fonctionnaire des Nations-Unies&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Lire aussi &lt;/strong&gt; &lt;a href=&#034;https://lefaso.net/spip.php?article145675&#034;&gt;Candidature au poste de SG de l'ONU : &#171; Macky Sall, l'espoir d'un nouvel &#233;quilibre mondial &#187;, selon Dr Ablass&#233; Ou&#233;draogo&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'identit&#233; dioula : Entre cat&#233;gorie sociale marchande, pratiques linguistiques et construction historique</title>
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		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



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&lt;p&gt;Souvent r&#233;duit &#224; une simple activit&#233; commerciale ou &#224; une cat&#233;gorie socioprofessionnelle, le terme &#171; dioula &#187; fait pourtant l'objet d'une identit&#233; historique, culturelle et linguistique plus complexe. Dans cette tribune, Rodrigue Arnaud Tagnan revient sur les controverses autour de l'origine et de la signification de cette appellation. &#192; travers l'histoire, la g&#233;ographie, les dynamiques d'assimilation et la sociolinguistique, il d&#233;fend l'id&#233;e d'une identit&#233; dioula constitu&#233;e comme une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L150xH84/people_posing_in_traditional_attire_202608101524-c2596.jpg?1788962782' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Souvent r&#233;duit &#224; une simple activit&#233; commerciale ou &#224; une cat&#233;gorie socioprofessionnelle, le terme &#171; dioula &#187; fait pourtant l'objet d'une identit&#233; historique, culturelle et linguistique plus complexe. Dans cette tribune, Rodrigue Arnaud Tagnan revient sur les controverses autour de l'origine et de la signification de cette appellation. &#192; travers l'histoire, la g&#233;ographie, les dynamiques d'assimilation et la sociolinguistique, il d&#233;fend l'id&#233;e d'une identit&#233; dioula constitu&#233;e comme une v&#233;ritable communaut&#233; socioculturelle, particuli&#232;rement &#224; l'est de la Bago&#233; et du Bandama.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'identit&#233; des Dioula (parfois orthographi&#233; Diula, Dyoula, Dyula ou Jula) a toujours suscit&#233; de vifs d&#233;bats, aussi bien au sein de la communaut&#233; scientifique qu'aupr&#232;s du grand public. Pour certains, ce terme ne saurait d&#233;signer une v&#233;ritable ethnie, mais renverrait exclusivement &#224; une profession marchande. Avec l'av&#232;nement des r&#233;seaux sociaux, cette pol&#233;mique a pris une ampleur in&#233;dite, particuli&#232;rement en C&#244;te d'Ivoire o&#249; certains auteurs, &#224; l'instar de Ren&#233; Allou Kouam&#233;, historien sp&#233;cialiste des peuples akan, contestent depuis quelques ann&#233;es la validit&#233; de ce mot comme ethnonyme et nient la r&#233;alit&#233; identitaire de ceux qui se r&#233;clament de ce groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que l'id&#233;e de r&#233;duire le Dioula &#224; sa seule fonction historique de colporteur ou de commer&#231;ant de grande communication ne soit pas nouvelle, elle s'est singuli&#232;rement renforc&#233;e dans le sillage de la crise ivoirienne de 2002 et des dynamiques politiques sous-jacentes qu'elle a entra&#238;n&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, une question fondamentale se pose : le terme &#171; dioula &#187; se limite-t-il &#224; une simple cat&#233;gorie socio-professionnelle h&#233;rit&#233;e du commerce pr&#233;colonial, ou d&#233;signe-t-il, au contraire, une conscience ethnique &#224; part enti&#232;re, forg&#233;e par des dynamiques historiques, spatiales et culturelles sp&#233;cifiques ? Pour r&#233;pondre &#224; cette interrogation et d&#233;passer les passions identitaires, le pr&#233;sent article propose une relecture critique de l'historiographie et de l'anthropologie ouest-africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, nous examinerons les controverses li&#233;es &#224; l'&#233;tymologie du mot et &#224; l'ascendance historique de ce groupe. Ensuite, nous mettrons l'identit&#233; dioula &#224; l'&#233;preuve des crit&#232;res scientifiques de l'ethnicit&#233;, en insistant sur la ligne de fracture g&#233;ographique qui d&#233;termine sa cristallisation identitaire. Enfin, l'&#233;tude du processus d'assimilation politique au sein du royaume de Kong, conjugu&#233;e &#224; l'&#233;clairage de la sociolinguistique contemporaine, nous permettra de comprendre comment et pourquoi ce r&#233;seau marchand historique s'est mu&#233; en une communaut&#233; socioculturelle autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;tymologie du mot dioula&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de l'origine du mot dioula suscite en elle-m&#234;me des controverses scientifiques. Dans la terminologie classique mandingue, ce substantif peut &#234;tre synonyme de chasseur, d'itin&#233;rant, de colporteur ou de n&#233;gociant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Youssouf Tata Ciss&#233; (MENSAH, 2000 ; CISS&#201;, 2004), le terme est li&#233; &#224; l'histoire du d&#242;nsot&#242;n, la confr&#233;rie des chasseurs traditionnels mandingues. Il serait une d&#233;formation de diaru, qui renvoyait aux chasseurs itin&#233;rants du Wagadu (empire du Ghana), avant de d&#233;signer, plus tard, les colporteurs wangara. Certains traditionalistes mandingue, comme Bourama Soumano (MOUNA MDC, 2011), abondent dans ce sens, liant le nom &#224; l'activit&#233; cyn&#233;g&#233;tique : le groupe &#171; dioula &#187; (chasseurs) s'opposant au groupe &#171; samogo &#187; (agriculteurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s les auteurs du prestigieux Tarikh el-Fettach, une des deux (avec le Tarikh es-Soudan) principales chroniques de l'histoire m&#233;di&#233;vale de l'Afrique de l'Ouest, cit&#233;s par Georges Niamkey Kodjo (1986, p.182 ; 2006, p.26), &#171; Si vous demandez quelle diff&#233;rence il y a entre Malink&#233; et Wangara, sachez que les Wangara et Malink&#233; sont de m&#234;me origine, mais que Malink&#233; s'emploie pour d&#233;signer les guerriers parmi eux, tandis que Wangara sert &#224; d&#233;signer les n&#233;gociants qui font le colportage de pays en pays &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'historien ivoirien estime que cette d&#233;finition recoupe parfaitement celle issue des sources orales : &#171; Toutes les enqu&#234;tes que nous avons r&#233;alis&#233;es montrent tr&#232;s clairement que le terme d&#233;signait avant tout l'individu musulman qui exer&#231;ait une activit&#233; commerciale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, l'auteur du Tadzkiret en Nisian, chronique historique arabe de l'empire songha&#239; et de Tombouctou, n'h&#233;sitait pas &#224; qualifier de &#171; Wangara &#187; le fr&#232;re de S&#233;kou Watara (Ouattara), fondateur du royaume de Kong, au moment o&#249; celui-ci menait ses conqu&#234;tes militaires (KODJO, 1986).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, le sociolinguiste burkinab&#232; Mamadou Lamine Sanogo (2024) d&#233;passe cette fronti&#232;re sociale pour sugg&#233;rer une &#233;tymologie arabe li&#233;e au commerce transsaharien. Selon lui, tout commence par la domestication du riz africain (Oryza glaberrima) par les Proto-Mand&#233; il y a 5 000 ans, point de d&#233;part de leur influence &#233;conomique. L'utilisation du fer et de l'or du Bour&#233; va ensuite propulser le commerce &#224; longue distance. Les marchands saisonniers devinrent alors une classe sp&#233;cialis&#233;e dans l'itin&#233;rance (a ta j&#603;hul) sur les march&#233;s hebdomadaires, d&#233;sign&#233;e d'apr&#232;s l'expression arabe suq al j&#603;hula (le march&#233; de l'itin&#233;rance), expression qui aurait par la suite donn&#233; jula ou dioula.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette th&#232;se d'un simple nom de m&#233;tier est &#233;galement d&#233;velopp&#233;e par Yves Person (1969), &#224; la diff&#233;rence que ce dernier le relie &#224; la racine dyo (p&#233;riodicit&#233; r&#233;guli&#232;re), le dioula &#233;tant &#171; celui qui fr&#233;quente r&#233;guli&#232;rement les march&#233;s &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; ces diff&#233;rentes explications s'oppose celle de Maurice Delafosse (1912) qui r&#233;fute l'id&#233;e d'un nom de m&#233;tier. Se fondant sur les d&#233;clarations de certains Dioula, il estime que le nom provient de la racine diou signifiant &#171; du fond, de la souche &#187;, c'est-&#224;-dire &#171; ceux qui sont de noble origine, qui n'ont pas &#233;t&#233; alt&#233;r&#233;s par des immixtions de sang &#233;tranger &#187; (p.125).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ce d&#233;bat s&#233;mantique, Yves Person (1969, p.97) conclut que, quel que soit son &#233;tymologie, dioula a un sens ethnique &#224; l'est de la ligne Bago&#233;-Bandama et un sens professionnel &#224; l'ouest : &#171; Des sp&#233;cialistes ont pol&#233;miqu&#233; pour savoir s'il s'agissait d'un nom ethnique ou d'un terme professionnel. Cette querelle est sans objet, car les deux camps ont raison, ou tort, selon la r&#233;gion consid&#233;r&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une ascendance sonink&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, s'il est un point sur lequel de nombreux historiens se rejoignent, c'est celui de l'origine de ce groupe. D'apr&#232;s Delafosse (1912, p.279), ils &#171; proviennent assur&#233;ment de la m&#234;me souche que les Sonink&#233;, mais s'en sont s&#233;par&#233;s avant que ces derniers n'aient &#233;t&#233; modifi&#233;s, dans le nord du Sahel, par leurs contacts avec les Jud&#233;o-Syriens et les Maures, et c'est pour cela qu'ils ont mieux conserv&#233; le type mand&#233; primitif et que leur langue ne se diff&#233;rencie que tr&#232;s peu de celle des Malink&#233; et est en tout cas beaucoup plus voisine des dialectes mand&#233; du centre qu'elle ne l'est du sonink&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En se livrant &#224; leur mission de diffuseurs du commerce, les Sonink&#233;-Marka se sont profond&#233;ment modifi&#233;s, selon Yves Person (1963, p.133) : &#171; Tout abord ils ont perdu l'usage de leur langue au profit d'un dialecte du malink&#233;-bambara qui allait, apr&#232;s divers avatars, donner naissance au dafi&#331; (dafing) de Haute-Volta et au dyoula de la boucle du Niger. Cette r&#233;volution linguistique s'est certainement op&#233;r&#233;e aux XIIe et XIIIe si&#232;cles &#224; la faveur de l'h&#233;g&#233;monie militaire des Malink&#233; qui co&#239;ncidait avec la r&#233;gression des vieilles routes du Sahel vers Ghana au profit de celle de Tombouctou et entra&#238;nait en cons&#233;quence, la pr&#233;dominance absolue de l'axe fluvial. En tout cas, quand les Dyoula, dont notre Sud-Masina a fourni la plus grande part, ont quitt&#233;, depuis le XIVe si&#232;cle, les rives famili&#232;res de leur fleuve pour s'enfoncer vers la for&#234;t, ils ne parlaient plus sonink&#233; &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi pour Kodjo (2006) et Assi (2024), les Mand&#233;-Dioula forment un vaste ensemble de peuples d'ascendance sonink&#233;, malink&#233; et bambara.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une ethnicit&#233; &#224; l'&#233;preuve de crit&#232;res scientifiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;tablir la r&#233;alit&#233; scientifique de l'ethnie dioula, il convient d'appliquer, comme le propose Sanogo (2024), les quatre param&#232;tres fondamentaux de l'ethnicit&#233; th&#233;oris&#233;s par Cheikh Anta Diop (1986) : l'histoire et la l&#233;gende communes, la g&#233;ographie (le territoire d'implantation), la psychologie collective (le sentiment d'appartenance) et la linguistique (la langue partag&#233;e). Il se trouve que ceux qui se r&#233;clament dioula valident chacun de ces crit&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, l'histoire et la l&#233;gende. L'ethnie dioula partage la m&#233;moire collective d'un pass&#233; glorieux li&#233; &#224; la fondation et au rayonnement d'&#201;tats prestigieux tels que le B&#233;gho, le Gondja, le royaume de Kong et le Gwiriko .&lt;br class='autobr' /&gt;
Deuxi&#232;mement, la g&#233;ographie. Le groupe dispose d'un ancrage territorial et de zones d'implantation pr&#233;cises au sud-ouest du Burkina Faso (avec les r&#233;gions du Gwiriko, des Tannouyan et du Dj&#244;r&#244;), au sud-est du Mali (avec la r&#233;gion de Sikasso), au nord-est de la C&#244;te d'Ivoire (notamment les districts des Savanes et du Zanzan) et au nord et centre du Ghana (avec la Savannah Region et la Bono East Region) o&#249; il est &#233;galement connu sous le nom de Wangara.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, la psychologie collective. Les Dioula partagent des us, des coutumes, des croyances, des pratiques religieuses et la conscience d'un destin commun.&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, la linguistique. Ils s'expriment &#224; travers une langue propre, un parler vernaculaire distinct du dioula v&#233;hiculaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'analyse d'Yves Person introduit une distinction g&#233;ographique cruciale, mat&#233;rialis&#233;e par la ligne de fracture de la rivi&#232;re Bago&#233; et du fleuve Bandama. L'islam et le commerce &#233;tant intrins&#232;quement li&#233;s, le terme dioula conserve, &#224; l'ouest de cette ligne, une valeur strictement socio-professionnelle : aucune fronti&#232;re culturelle n'isole le marchand de son milieu mandingue animiste. &#192; l'est, en revanche, la configuration change : les Dioula forment des noyaux enkyst&#233;s au sein d'un monde volta&#239;que dont la langue les isole. Pour maintenir leur identit&#233;, ils opposent &#224; leur environnement une culture mandingue originale, fond&#233;e sur le grand commerce et l'islam, et d&#233;veloppent un dialecte propre (le parler de Kong). C'est dans cet espace que l'identit&#233; dioula s'est pleinement cristallis&#233;e en une ethnie autonome.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, l'&#233;tymologie d'un mot ou l'origine d'un groupe ne suffisent pas, &#224; elles seules, &#224; d&#233;terminer si ce dernier peut &#234;tre qualifi&#233; d'ethnie sans prendre en compte le sentiment d'appartenance &#224; une histoire, une culture et une langue communes. Sans quoi de nombreuses communaut&#233;s ethniques ne verraient pas leur existence reconnue. &#192; titre d'exemple, l'ethnonyme Bamana (Bambara en fran&#231;ais) fait r&#233;f&#233;rence, historiquement, au &#171; refus de l'islamisation &#187;, et donc &#224; une posture religieuse ancestrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on appliquait aux Bamana la m&#234;me logique r&#233;ductrice que celle impos&#233;e aux Dioula, ils ne devraient pas non plus &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme une ethnie, mais comme de simples insoumis religieux. C'est d'ailleurs par ce terme que les Mandingues d&#233;signent g&#233;n&#233;ralement les populations animistes, &#224; l'instar des S&#233;noufo ou parfois de leurs propres parents non islamis&#233;s . Pourtant, personne ne songerait aujourd'hui &#224; nier l'existence de l'ethnie bambara, dot&#233;e d'une culture propre tout en partageant un socle commun avec les autres populations mandingues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En histoire, il n'existe pas de &#171; nation pure &#187;. Comme le dit l'adage, &#171; S&#237;ya b&#603;&#769; b&#596;&#769; s&#237;ya la &#187; : les peuples se forment par des mutations internes, des migrations (s&#237;gif&#603;), des alliances sociales (lam&#596;g&#596;ya) et des assimilations mutuelles (ku&#768;nun). Ainsi, selon les traditions ancestrales, le Mand&#233; lui-m&#234;me est n&#233; d'une dynamique kakolo (kagoro) enrichie d'apports sonink&#233;. Les Mossi trouvent leurs racines chez les Dagomba, et les Baoul&#233; chez les Ashanti. &#192; Kong, historiquement situ&#233;e en zone s&#233;noufo, les dynasties mandingues (les Traor&#233; d&#232;s le XIVe si&#232;cle, puis S&#233;kou Watara, originaire de Kangaba) ont fa&#231;onn&#233; une r&#233;alit&#233; politique et sociologique in&#233;dite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kong et l'ethnogen&#232;se dioula&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;tropole de Kong, dont le d&#233;veloppement d&#233;bute entre la fin du XIVe et le XVe si&#232;cle sous la domination des Traor&#233; , constitue le parfait creuset de l'ethnogen&#232;se dioula. &lt;br class='autobr' /&gt;
Venus par petites vagues successives, les Dioula, hommes d'affaires tr&#232;s actifs, s'&#233;tablissent d'abord dans des quartiers s&#233;par&#233;s (KODJO, 1986). Le tournant historique se produit au d&#233;but du XVIIIe si&#232;cle (vers 1710) sous le r&#232;gne de S&#233;kou Watara, qui s'empare du pouvoir politique et impose le dioula comme langue nationale et administrative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette h&#233;g&#233;monie va d&#233;clencher un m&#233;canisme de &#171; dioula&#239;sation &#187;. &#192; travers ce processus d'assimilation culturelle de long terme, les populations autochtones (Falafala, Myoro, Gb&#232;n, Nab&#233;) ont &#233;t&#233;, selon Kodjo, litt&#233;ralement &#171; aval&#233;es &#187; (ku&#768;nun) par les Dioula. Fascin&#233;es par le prestige des nouveaux ma&#238;tres de la cit&#233;, ces populations ont adopt&#233; la langue, la religion islamique, le costume, l'habitat et les noms de clans dioula (dyamu), perdant progressivement leurs caract&#232;res distinctifs pour se fondre dans une conscience nationale commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une dualit&#233; socioculturelle interne &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre un groupe monolithique, l'ethnie dioula pr&#233;sente une structure interne complexe, caract&#233;ris&#233;e par une dualit&#233; socioculturelle majeure entre les &#171; Dioula proprement dits &#187; (les &#233;rudits) et les Sonangui ou Sohondyi (les guerriers) (KODJO, 1986).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les premiers forment l'aristocratie marchande et lettr&#233;e, rigoriste en mati&#232;re de foi musulmane et tourn&#233;e vers le grand n&#233;goce et l'instruction coranique, les seconds constituent l'aristocratie militaire. Historiquement issus de populations autochtones dioula&#239;s&#233;es ou de guerriers animistes, les Sonangui vivaient en milieu rural. Souvent per&#231;us comme de &#171; mauvais musulmans &#187; en raison de leur consommation de dolo (bi&#232;re de mil), ils restaient attach&#233;s aux soci&#233;t&#233;s de masques traditionnelles (comme le Lo ou le Do) et aux scarifications faciales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette organisation duelle t&#233;moigne de l'ach&#232;vement de la structure ethnique : les Sonangui assuraient par la force des armes la s&#233;curit&#233; des routes commerciales, tandis que les Dioula veillaient &#224; la prosp&#233;rit&#233; &#233;conomique et religieuse de la cit&#233; (TAUXIER, 2003).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un parler ethnique contre un parler v&#233;hiculaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre l'incompr&#233;hension du grand public face &#224; l'ethnie dioula, il faut se pencher sur la distinction sociolinguistique &#233;tablie par Mamadou Lamine Sanogo (2024) entre le dioula ethnique et le dioula v&#233;hiculaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le dioula ethnique, historiquement appel&#233; kang&#603; (langue claire), est une ko&#239;n&#233; pandialectale utilis&#233;e par les membres de ce groupe dans leurs relations intrafamiliales. Cette communaut&#233; revendique son identit&#233; propre au m&#234;me titre que les autres ethnies du Burkina Faso, de la C&#244;te d'Ivoire, du Mali et du Ghana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dioula v&#233;hiculaire, en revanche, est un parler composite et simplifi&#233;. Il constitue un outil de grande communication urbaine n&#233; de l'activit&#233; commerciale dans des carrefours ouest-africains comme Bobo-Dioulasso, Bouak&#233; ou Bamako, et se trouve de fait d&#233;nu&#233; d'ancrage ethnique exclusif. En C&#244;te d'Ivoire, il est consid&#233;r&#233; comme la premi&#232;re langue v&#233;hiculaire, n&#233; de la rencontre des diff&#233;rents parlers mandingues du nord du pays, tels que le malink&#233; d'Odienn&#233;, le mahou (mandingue parl&#233; &#224; Touba), le koyaga (mandingue parl&#233; dans le Mankono), le mandingue du Worodougou et le kpongan (dioula de Kong), ainsi que des parlers mandingues des pays voisins (Burkina Faso, Guin&#233;e, Mali).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Yaya Konat&#233; (2016), la plupart des Mandingues, qu'ils soient ivoiriens ou immigr&#233;s maliens, burkinab&#232; et guin&#233;ens, consid&#232;rent le dioula v&#233;hiculaire comme une langue d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e. Pour eux, c'est la &#171; langue publique commune &#187; (forobakan), donc lexicalement pauvre, contrairement aux autres parlers mandingues qu'ils qualifient de langues pures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait qu'un parler v&#233;hiculaire commercial se soit ainsi superpos&#233; &#224; la langue d'origine explique pourquoi il est si fr&#233;quent d'assimiler abusivement le mot dioula &#224; la profession de commer&#231;ant. Cette confusion, renforc&#233;e par l'habitude qu'ont les populations du Sud ivoirien de d&#233;signer leurs compatriotes du Nord comme des Dioula, pousse les observateurs non avertis &#224; conclure que ce terme ne renvoie &#224; aucune ethnie particuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, l'identit&#233; dioula est une construction historique et sociale tangible, particuli&#232;rement vivace &#224; l'est de la Bago&#233; et du Bandama. Loin d'&#234;tre une simple &#233;tiquette professionnelle, elle r&#233;unit l'ensemble des crit&#232;res scientifiques de l'ethnicit&#233; : la m&#233;moire d'un anc&#234;tre commun, un ancrage territorial, une psychologie collective et un dialecte propre. Par le biais du m&#233;tissage et du processus d'assimilation de la &#171; dioula&#239;sation &#187;, s'est constitu&#233; un v&#233;ritable peuple dioula, gardien d'un patrimoine m&#233;moriel et culturel exceptionnel en Afrique de l'Ouest. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; S&#242; l&#596;&#769;n, j&#237;ri l&#596;&#769;n, m&#596;&#768;&#596; k'&#237; y&#603;&#768;r&#603;&#770; l&#596;&#769;n, &#242; l&#232; &#626;&#596;&#769;&#596;n t&#603;&#769; [Rien ne vaut pour un Homme la connaissance de soi-m&#234;me], dit un vieil adage mandingue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rodrigue Arnaud TAGNAN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note bibliographique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ASSI, Amon Jean-Paul, 2024. Les Mand&#233;-Dioula et l'islamisation de la C&#244;te d'Ivoire m&#233;ridionale (fin XIXe si&#232;cle-1970). Zigl&#244;bitha, Revue des Arts, Linguistique, Litt&#233;rature &amp; Civilisations. Vol. 2, n&#176; 11, p. 403-418.&lt;br class='autobr' /&gt;
BERNUS, Edmond, 1960. Kong et sa r&#233;gion. &#201;tudes &#201;burn&#233;ennes. Abidjan. Vol. VIII, p. 239-324.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CAMARA, Laye, 1978. Le Ma&#238;tre de la parole. Kouma Laf&#244;l&#244; Kouma. Paris : Plon. 314 p.&lt;br class='autobr' /&gt;
CISS&#201;, Youssouf Tata, 2004 [1994]. La Confr&#233;rie des chasseurs malink&#233; et bambara : mythes, rites et r&#233;cits initiatiques. Paris : Nouvelles du Sud / ARSAN. 392 p.&lt;br class='autobr' /&gt;
DELAFOSSE, Maurice, 1912. Haut-S&#233;n&#233;gal-Niger (Soudan fran&#231;ais), t. I : Le Pays, les Peuples, les Langues. Paris : &#201;mile Larose. 428 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;KODJO, Niamkey Georges, 1986. Le Royaume de Kong, des origines &#224; 1897. Th&#232;se de doctorat d'&#201;tat en histoire. Aix-en-Provence : Universit&#233; d'Aix-Marseille I. 4 vol., 1 531 p.&lt;br class='autobr' /&gt;
KODJO, Niamkey Georges, 2006. Le royaume de Kong (C&#244;te d'Ivoire), des origines &#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle. Paris : L'Harmattan. 377 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MENSAH, Alexandre, 2000. La confr&#233;rie des chasseurs de l'Ouest-Africain, une histoire plus que mill&#233;naire [entretien avec Youssouf Tata Ciss&#233;]. Africultures [en ligne]. 30 novembre 2000. [Consult&#233; le 10 ao&#251;t 2026]. Disponible &#224; l'adresse : &lt;a href=&#034;https://africultures.com/la-confrerie-des-chasseurs-de-louest-africain-une-histoire-plus-que-millenaire-1620/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://africultures.com/la-confrerie-des-chasseurs-de-louest-africain-une-histoire-plus-que-millenaire-1620/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MOUNA MDC, 2011. HISTORINE SOUMANO I BRAHIM part 2.mp4 [vid&#233;o en ligne]. Avec Bourama SOUMANO. YouTube. 10 mars 2011. [Consult&#233; le 15 juillet 2019]. Disponible &#224; l'adresse : &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=XizBTSEfUFU&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=XizBTSEfUFU&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
PERSON, Yves, 1963. Les anc&#234;tres de Samori. Cahiers d'&#201;tudes Africaines. Vol. 4, n&#176; 13, p. 125-156.&lt;br class='autobr' /&gt;
PERSON, Yves, 1969. Samori. Une r&#233;volution dyula. Th&#232;se de doctorat d'&#201;tat. Paris : Facult&#233; des lettres et sciences humaines de Paris. 2 vol., 1 281 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SANOGO, Mamadou Lamine, 2024. Le Dioula : Langue et ethnie ?. leFaso.net [en ligne]. 28 mars 2024. [Consult&#233; le 10 ao&#251;t 2026]. Disponible &#224; l'adresse : &lt;a href=&#034;https://lefaso.net/spip.php?article129052&#034; class=&#034;spip_url auto&#034; rel=&#034;nofollow&#034;&gt;https://lefaso.net/spip.php?article129052&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
TRAOR&#201;, Dominique, 1937. Notes sur le royaume mandingue de Bobo. L'&#201;ducation africaine, 26&#232;me ann&#233;e, n&#176; 96, janv.-juin, p. 58-77&lt;br class='autobr' /&gt;
TAUXIER, Louis, 2003. Les &#201;tats de Kong (C&#244;te d'Ivoire). Introduction et postface d'Edmond Bernus. Paris : &#201;ditions Karthala. 252 p.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; &#192; chacun son dioula ? &#187; : Quand l'histoire, la langue et la politique se disputent un nom</title>
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		<dc:date>2026-08-09T22:10:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le d&#233;bat sur l'existence d'une &#171; ethnie dioula &#187; en C&#244;te d'Ivoire d&#233;passe largement la seule question de la d&#233;finition d'un mot. Entre son sens historique li&#233; au commerce, son usage comme ethnonyme, son extension comme langue v&#233;hiculaire et ses multiples appropriations sociales et politiques, le terme &#171; Dioula &#187; recouvre des r&#233;alit&#233;s diff&#233;rentes. Dans cette tribune, Mamadou Lamine Sanogo, Directeur de recherches en sociolinguistique, invite &#224; d&#233;passer les lectures simplistes et les querelles (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lefaso.net/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L134xH150/1001544494-d04b5.png?1788197128' class='spip_logo spip_logo_right' width='134' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;bat sur l'existence d'une &#171; ethnie dioula &#187; en C&#244;te d'Ivoire d&#233;passe largement la seule question de la d&#233;finition d'un mot. Entre son sens historique li&#233; au commerce, son usage comme ethnonyme, son extension comme langue v&#233;hiculaire et ses multiples appropriations sociales et politiques, le terme &#171; Dioula &#187; recouvre des r&#233;alit&#233;s diff&#233;rentes. Dans cette tribune, Mamadou Lamine Sanogo, Directeur de recherches en sociolinguistique, invite &#224; d&#233;passer les lectures simplistes et les querelles identitaires pour interroger, &#224; la lumi&#232;re de l'histoire et de la linguistique, une question essentielle : qui appelle qui &#171; Dioula &#187;, dans quel contexte et avec quelle signification ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;bat qui agite actuellement les r&#233;seaux sociaux ivoiriens autour de l'existence ou non d'une &#171; ethnie dioula &#187; m&#233;rite mieux que les invectives auxquelles il donne parfois lieu. Une prise de position du professeur Ren&#233; Allou Kouam&#233;, historien, rappelant notamment le sens historiquement associ&#233; &#224; jula/dyula, &#171; commer&#231;ant &#187;, et contestant l'existence d'une ethnie dioula au sens o&#249; cette expression est couramment comprise, a suscit&#233; de nombreuses r&#233;actions. La controverse aurait m&#234;me donn&#233; lieu &#224; des menaces contre certains protagonistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc commencer par l'essentiel : on ne r&#233;pond pas &#224; une th&#232;se scientifique par une menace. On lui oppose des sources, des faits, une m&#233;thode et des arguments. Le professeur Allou Kouam&#233; a le droit de d&#233;fendre sa lecture historique. Ses contradicteurs ont tout autant le droit d'en discuter les fondements et les conclusions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment dans cet esprit que je voudrais apporter une contribution de linguiste.&lt;br class='autobr' /&gt;
La question qui me para&#238;t fondamentale est la suivante : peut-on partir du sens ancien d'un mot pour d&#233;cider d&#233;finitivement de tout ce qu'il peut ou ne peut pas d&#233;signer plusieurs si&#232;cles plus tard ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mon sens, la linguistique oblige &#224; r&#233;pondre par la n&#233;gative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mot n'est pas condamn&#233; &#224; son premier sens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que jula/dyula ait historiquement &#233;t&#233; associ&#233; au commerce est suffisamment document&#233; pour qu'il soit inutile de le nier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais savoir ce qu'un mot signifiait &#224; une p&#233;riode donn&#233;e ne suffit pas &#224; d&#233;terminer ce qu'il est devenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mots ont une histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils naissent, circulent, changent de sens, connaissent des extensions et des restrictions s&#233;mantiques. Ils peuvent perdre certaines acceptions et en acqu&#233;rir d'autres. Ils passent parfois d'une langue &#224; une autre, &#233;ventuellement par l'interm&#233;diaire de ce que l'on pourrait appeler une langue filtre. Leur forme, leur prononciation et leur sens peuvent alors se transformer profond&#233;ment.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;tymologie est donc fondamentale, mais elle constitue un point de d&#233;part de l'enqu&#234;te et non n&#233;cessairement son point d'arriv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un terme d&#233;signe d'abord une profession, rien n'interdit qu'il finisse par d&#233;signer ceux qui l'exercent, puis certains r&#233;seaux familiaux et sociaux associ&#233;s &#224; cette activit&#233;, et enfin des communaut&#233;s historiquement constitu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire des soci&#233;t&#233;s est pleine de transformations de cette nature.&lt;br class='autobr' /&gt;
Louis-Jean Calvet a justement insist&#233; sur la n&#233;cessit&#233; de consid&#233;rer l'histoire des langues comme l'un des versants de l'histoire des soci&#233;t&#233;s. Les mots changent parce que les soci&#233;t&#233;s qui les emploient changent elles-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commer&#231;ant, la communaut&#233; et la langue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La controverse contemporaine donne parfois l'impression qu'il faudrait choisir entre deux affirmations : &#171; Dioula signifie commer&#231;ant &#187; ou &#171; Dioula d&#233;signe une communaut&#233; &#187;. Or les travaux scientifiques ont depuis longtemps montr&#233; que ces r&#233;alit&#233;s ne sont pas n&#233;cessairement incompatibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1974, B. Marie Perinbam, dans ses travaux sur les origines et la nomenclature dyula, distinguait plusieurs niveaux : le dyula comme commer&#231;ant professionnel ou semi-professionnel, les Dyula comme ensemble ethnosociologique li&#233; notamment aux migrations mandingues, et le dyula comme cat&#233;gorie linguistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette distinction m&#233;rite d'&#234;tre m&#233;dit&#233;e. Elle signifie que la pluralit&#233; des r&#233;f&#233;rents du mot n'a pas &#233;t&#233; invent&#233;e aujourd'hui pour r&#233;pondre &#224; une pol&#233;mique ivoirienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Robert Launay apporte une d&#233;monstration encore plus directement li&#233;e &#224; la C&#244;te d'Ivoire. Son ouvrage publi&#233; en 1982 porte un titre particuli&#232;rement suggestif : Traders Without Trade, litt&#233;ralement &#171; des commer&#231;ants sans commerce &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Launay &#233;tudie des communaut&#233;s Dyula du nord ivoirien dont les membres ne vivent plus tous du commerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une question devient alors in&#233;vitable : si Dyula n'&#233;tait rien d'autre que le nom du m&#233;tier de commer&#231;ant, que devient un Dyula qui cesse de commercer ? Dispara&#238;t-il comme Dyula ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'observation anthropologique montre &#233;videmment une r&#233;alit&#233; plus complexe. Les r&#233;seaux commerciaux ont pu produire des quartiers, des alliances matrimoniales, des solidarit&#233;s, des structures familiales, des institutions religieuses et une m&#233;moire collective. Ces structures peuvent survivre &#224; la transformation de l'activit&#233; &#233;conomique.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pr&#233;cis&#233;ment ce que permet de penser la notion d'ethnogen&#232;se. Une communaut&#233; peut se former historiquement. Dire qu'une identit&#233; a une histoire ne revient donc nullement &#224; nier son existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tous ceux qu'on appelle Dioula ne forment pas une seule ethnie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut imm&#233;diatement ajouter la pr&#233;caution inverse.&lt;br class='autobr' /&gt;
Reconna&#238;tre que des communaut&#233;s ont historiquement &#233;t&#233; d&#233;crites et se sont identifi&#233;es comme Dyula ne permet pas d'affirmer que tous ceux que l'on appelle Dioula en C&#244;te d'Ivoire constituent une m&#234;me ethnie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que la situation ivoirienne devient particuli&#232;rement int&#233;ressante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le terme a connu une extension consid&#233;rable. Un S&#233;noufo peut &#234;tre appel&#233; Dioula. Un musulman peut &#234;tre appel&#233; Dioula. Un ressortissant du Nord peut &#234;tre appel&#233; Dioula. Pendant certaines p&#233;riodes de crise politique, l'appellation a m&#234;me pu &#234;tre associ&#233;e &#224; l'id&#233;e d'une origine malienne, burkinab&#232; ou guin&#233;enne.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; ce stade, nous ne sommes &#233;videmment plus dans une classification ethnographique rigoureuse. Nous sommes devant une macro-cat&#233;gorie sociale.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_223458 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L386xH518/img_20260808_124310-233c2.png?1788197128' width='386' height='518' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quand un S&#233;noufo est appel&#233; Dioula&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons une situation tr&#232;s simple.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un homme affirme : &#171; Je suis S&#233;noufo. &#187; Un interlocuteur lui r&#233;pond : &#171; Mais vous &#234;tes Dioula. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
La premi&#232;re tentation serait de demander lequel des deux a raison. Or ils ne parlent probablement pas de la m&#234;me chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier &#233;voque son identit&#233; ethnolinguistique. Le second utilise peut-&#234;tre Dioula comme grande cat&#233;gorie englobant Nordiste, musulman ou locuteur du dioula.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mot nous renseigne alors autant sur la personne qui l'emploie que sur celle qu'il pr&#233;tend d&#233;signer.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; qu'intervient une question sociolinguistique fondamentale : Qui appelle qui Dioula ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut imm&#233;diatement lui adjoindre d'autres interrogations : Qui se dit lui-m&#234;me Dioula ? Qui accepte l'appellation ? Qui la refuse ? Dans quelle situation ? Avec quel interlocuteur ? Et &#224; quelle &#233;poque ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; des questions beaucoup plus f&#233;condes que la simple distribution de certificats d'ethnicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler dioula ne suffit pas &#224; &#234;tre Dioula&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre confusion vient de la langue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le dioula est une importante langue v&#233;hiculaire. Des personnes appartenant &#224; de tr&#232;s nombreuses communaut&#233;s le parlent quotidiennement dans les march&#233;s, les transports, les villes et les &#233;changes intercommunautaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un S&#233;noufo peut parfaitement parler dioula. Un Baoul&#233; peut parler dioula. Au Burkina Faso, des personnes appartenant &#224; de nombreuses communaut&#233;s utilisent &#233;galement le dioula sans se consid&#233;rer comme appartenant &#224; une ethnie dioula.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faut donc distinguer l'ethnonyme, qui nomme une communaut&#233;, et le glossonyme, qui nomme une langue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les deux peuvent partager une histoire sans conserver les m&#234;mes fronti&#232;res. Le caract&#232;re v&#233;hiculaire du dioula rend cette distinction indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dioula et Bousmani : quand deux mots partageaient presque le pays&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Ivoiriens connaissent &#233;galement une autre vieille opposition : Dioula/Bousmani.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'un c&#244;t&#233;, les Dioula. De l'autre, les Bousmani.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais qui trouvait-on sous l'appellation Bousmani ? Des Baoul&#233;, Agni, B&#233;t&#233;, Dida, Gouro et bien d'autres populations pourtant diff&#233;rentes. Et sous Dioula ? Des populations du Nord tout aussi diverses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette opposition ne constituait donc pas une classification ethnographique. Elle correspondait davantage &#224; une grande repr&#233;sentation relationnelle de l'espace social ivoirien.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le probl&#232;me appara&#238;t lorsque l'on attache &#224; de telles cat&#233;gories des cons&#233;quences en mati&#232;re de nationalit&#233;, d'autochtonie, de droits politiques ou d'acc&#232;s &#224; la citoyennet&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; partir de ce moment, le mot cesse d'&#234;tre seulement une approximation famili&#232;re. Il devient politiquement charg&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand &#171; Dioula &#187; devient Nordiste, musulman et parfois &#233;tranger&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les recherches consacr&#233;es aux crises ivoiriennes ont pr&#233;cis&#233;ment montr&#233; cette transformation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Katja Werthmann a soulign&#233; combien &#171; Dioula &#187; avait pu devenir, dans certains discours, pratiquement synonyme de Nordiste et de musulman, avec le soup&#231;on suppl&#233;mentaire d'une origine &#233;trang&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes ici tr&#232;s loin du seul commer&#231;ant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un m&#234;me mot a donc pu parcourir une trajectoire &#233;tonnante : commer&#231;ant &#8594; communaut&#233; &#8594; langue &#8594; Nordiste &#8594; musulman &#8594; cat&#233;gorie politiquement suspecte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Que toutes ces valeurs aient exist&#233; ne signifie &#233;videmment pas qu'elles soient l&#233;gitimes ou scientifiquement &#233;quivalentes. Cela montre simplement combien il serait dangereux de pr&#233;tendre qu'un seul sens suffit &#224; expliquer toute l'histoire du mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Malink&#233; n'est pas une nouvelle identit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre question m&#233;rite aujourd'hui d'&#234;tre examin&#233;e : celle de l'identit&#233; malink&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il serait historiquement faux de consid&#233;rer Malink&#233; comme une nouvelle identit&#233; qui appara&#238;trait seulement &#224; la faveur des controverses actuelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ahmadou Kourouma suffit &#224; rappeler le contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans Les Soleils des ind&#233;pendances, l'univers de Fama Doumbouya est profond&#233;ment malink&#233;. La g&#233;n&#233;alogie, la culture, le rapport au pouvoir, la langue et l'imaginaire du personnage s'inscrivent dans cet univers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jean Derive a d'ailleurs parl&#233; de la &#171; posture malink&#233; &#187; de l'&#339;uvre de Kourouma.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'identit&#233; malink&#233; &#233;tait donc parfaitement disponible et fortement affirm&#233;e d&#232;s les premi&#232;res d&#233;cennies de l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La vraie question contemporaine est diff&#233;rente : certaines populations pr&#233;f&#233;reraient-elles aujourd'hui se pr&#233;senter comme Malink&#233; plut&#244;t que Dioula ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La question m&#233;rite d'&#234;tre pos&#233;e, mais elle ne doit pas &#234;tre transform&#233;e pr&#233;matur&#233;ment en certitude.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faudrait mener une enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut n&#233;anmoins formuler l'hypoth&#232;se que Malink&#233; soit per&#231;u, dans certains contextes, comme une identit&#233; plus pr&#233;cise et plus clairement inscrite dans la nomenclature ethnoculturelle ivoirienne, tandis que Dioula reste charg&#233; de son extension au Nord, &#224; l'islam et, dans les p&#233;riodes de crise, &#224; l'&#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand le S&#233;noufo veut simplement &#234;tre S&#233;noufo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me prudence s'impose pour les autres populations du Nord.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les initiatives contemporaines de valorisation de la culture s&#233;noufo t&#233;moignent d'une forte volont&#233; de mettre en avant une langue, un patrimoine, une histoire et des pratiques particuli&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il serait abusif de soutenir que ce r&#233;veil culturel se fait contre les Dioula. L'identit&#233; s&#233;noufo poss&#232;de &#233;videmment sa propre histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sa mise en visibilit&#233; produit n&#233;cessairement un effet : plus les S&#233;noufo affirment eux-m&#234;mes publiquement leur identit&#233;, moins il devient pertinent pour un observateur ext&#233;rieur de les englober indistinctement sous le terme Dioula.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#234;me raisonnement pourrait &#234;tre propos&#233; pour les Koyaka, les Mahou et d'autres communaut&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous passerions alors progressivement d'un r&#233;gime dans lequel l'identit&#233; est principalement attribu&#233;e &#8212; &#171; Vous &#234;tes du Nord, vous &#234;tes donc Dioula &#187; &#8212; &#224; un r&#233;gime dans lequel les acteurs prennent davantage la parole sur leur propre nomination : &#171; Je suis S&#233;noufo &#187;, &#171; Je suis Malink&#233; &#187;, &#171; Je suis Koyaka &#187;, &#171; Je suis Mahou &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ancienne grande cat&#233;gorie pourrait ainsi perdre une partie de sa capacit&#233; &#224; absorber toutes les identit&#233;s du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jago, jagok&#603;la et Dioula&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un petit fait linguistique m&#233;rite d'&#234;tre signal&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le dioula contemporain, jago d&#233;signe le commerce et jagok&#603;la le commer&#231;ant, autrement dit celui qui exerce le commerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette observation ne doit surtout pas &#234;tre utilis&#233;e pour pr&#233;tendre que jula n'a jamais signifi&#233; commer&#231;ant. Ce serait reproduire l'erreur consistant &#224; opposer brutalement les diff&#233;rents &#233;tats historiques d'une langue.&lt;br class='autobr' /&gt;
En revanche, elle nous renseigne sur le syst&#232;me actuel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, le locuteur peut nommer explicitement jago, le commerce, et jagok&#603;la, celui qui exerce le commerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela permet de distinguer synchroniquement le m&#233;tier du vaste ensemble de significations d&#233;sormais associ&#233; &#224; Dioula.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autrement dit, le commer&#231;ant d'aujourd'hui peut &#234;tre nomm&#233; sans qu'il soit n&#233;cessaire de lui attribuer une identit&#233; ethnique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancienne opposition Dioula/Bousmani est-elle en train de s'effacer ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette question m&#233;rite d&#233;sormais d'&#234;tre pos&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; mesure que les populations mettent davantage en avant leurs identit&#233;s sp&#233;cifiques, les anciennes macro-cat&#233;gories pourraient devenir moins efficaces.&lt;br class='autobr' /&gt;
La soci&#233;t&#233; ivoirienne ne serait plus seulement symboliquement divis&#233;e entre Dioula et Bousmani. Elle ferait davantage appara&#238;tre les identit&#233;s particuli&#232;res qui avaient toujours exist&#233; derri&#232;re ces deux grandes &#233;tiquettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela peut &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme une reconnaissance plus pr&#233;cise de la diversit&#233; ivoirienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais la transformation m&#233;rite aussi d'&#234;tre observ&#233;e politiquement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ethnie et politique : ne pas tomber d'un exc&#232;s dans l'autre&lt;br class='autobr' /&gt;
Les appartenances ethniques jouent, sous nos tropiques comme ailleurs, un r&#244;le possible dans la comp&#233;tition politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais deux erreurs doivent &#234;tre &#233;vit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re serait de penser que tout r&#233;veil culturel cache une strat&#233;gie &#233;lectorale. Un festival s&#233;noufo n'est pas une campagne politique. Une association malink&#233; n'est pas n&#233;cessairement un instrument de conqu&#234;te du pouvoir. Une initiative culturelle koyaka n'est pas un parti politique clandestin.&lt;br class='autobr' /&gt;
La seconde erreur serait de croire qu'une identit&#233; culturelle ne peut jamais &#234;tre transform&#233;e en ressource politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travaux de John McCauley, notamment en C&#244;te d'Ivoire et au Ghana, montrent que la mise en saillance des appartenances ethniques ou religieuses peut influer sur les pr&#233;f&#233;rences politiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
La formulation la plus prudente est donc la suivante : une identit&#233; culturelle n'est pas n&#233;cessairement politique, mais elle peut devenir politiquement mobilisable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'ancienne bipolarit&#233; Dioula/Bousmani perd de son efficacit&#233;, de nouvelles formes de coalition identitaire pourraient appara&#238;tre. Il faut les observer. Il serait pr&#233;matur&#233; de les annoncer comme un fait accompli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, existe-t-il une ethnie dioula ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous pouvons maintenant revenir &#224; la question initiale.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;ponse scientifique exige plusieurs propositions simultan&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Non, toutes les personnes appel&#233;es Dioula en C&#244;te d'Ivoire ne constituent pas une seule ethnie. Un S&#233;noufo ne devient pas ethniquement Dioula parce qu'un autre Ivoirien le classe ainsi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, la litt&#233;rature historique et anthropologique documente des communaut&#233;s Dyula historiquement constitu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, le terme poss&#232;de une histoire &#233;troitement li&#233;e au commerce.&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, il a &#233;galement donn&#233; son nom &#224; une langue dont l'extension v&#233;hiculaire d&#233;passe consid&#233;rablement toute communaut&#233; ethnique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui enfin, la C&#244;te d'Ivoire a produit des usages sociaux et politiques du mot qui d&#233;passent largement les communaut&#233;s historiques concern&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toutes ces propositions peuvent &#234;tre vraies simultan&#233;ment. Le probl&#232;me vient de leur confusion.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; chacun son Dioula ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Bazin avait intitul&#233; l'une de ses &#233;tudes devenues classiques : &#171; &#192; chacun son Bambara &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La formule m&#233;rite peut-&#234;tre d'&#234;tre transpos&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car il existe le Dioula de l'histoire du commerce ; le Dioula de l'anthropologue ; le Dioula du linguiste ; le Dioula comme langue v&#233;hiculaire ; le Dioula-Nordiste ; le Dioula-musulman ; le Dioula assign&#233; par l'autre ; et le Dioula qui revendique lui-m&#234;me cette identit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La science ne doit pas choisir arbitrairement l'un d'eux et supprimer tous les autres. Elle doit pr&#233;ciser de quel Dioula elle parle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi la meilleure question n'est peut-&#234;tre plus : &#171; L'ethnie dioula existe-t-elle ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle serait plut&#244;t : Qui appelle qui Dioula ? Qui s'est appel&#233; Dioula ? Qui se dit encore Dioula ? Qui refuse aujourd'hui cette appellation ? Dans quel espace ? Depuis quand ? Et pourquoi ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Voil&#224; un programme de recherche plus f&#233;cond que la distribution de brevets d'ethnicit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et surtout, voil&#224; un d&#233;bat qui peut parfaitement &#234;tre men&#233; sans menace, sans insulte et sans transformer une controverse scientifique en proc&#232;s en ivoirit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; chacun son Dioula, peut-&#234;tre. Mais &#224; la science revient la responsabilit&#233; de dire pr&#233;cis&#233;ment de quel Dioula chacun parle.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Lire aussi :&lt;/strong&gt; &lt;a href=&#034;https://lefaso.net/spip.php?article129052&#034;&gt;Le Dioula : Langue et ethnie ?&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Rep&#232;res bibliographiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AMSELLE, Jean-Loup et M'BOKOLO, Elikia (dir.), 1985, Au c&#339;ur de l'ethnie. Ethnies, tribalisme et &#201;tat en Afrique, Paris, La D&#233;couverte.&lt;br class='autobr' /&gt;
BAZIN, Jean, 1985, &#171; &#192; chacun son Bambara &#187;, dans Jean-Loup Amselle et Elikia M'Bokolo (dir.), Au c&#339;ur de l'ethnie. Ethnies, tribalisme et &#201;tat en Afrique, Paris, La D&#233;couverte, p. 87-127.&lt;br class='autobr' /&gt;
CALVET, Louis-Jean, 1987, La guerre des langues et les politiques linguistiques, Paris, Payot.&lt;br class='autobr' /&gt;
CAPO, Hounkpatin B. C., 1983, &#171; Le Gbe est une langue unique &#187;, Africa : Journal of the International African Institute, vol. 53, no 2, p. 47-57.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DERIVE, Jean, 2013, &#171; Le jeu du dedans et du dehors : les ruses de la posture malink&#233; dans Les Soleils des ind&#233;pendances &#187;, Textuel, no 70, p. 63-78.&lt;br class='autobr' /&gt;
KOUROUMA, Ahmadou, 1968, Les Soleils des ind&#233;pendances, Montr&#233;al, Presses de l'Universit&#233; de Montr&#233;al ; &#233;dition parisienne, Paris, Seuil, 1970.&lt;br class='autobr' /&gt;
LAFAGE, Suzanne, 1991, &#171; L'argot des jeunes Ivoiriens, marque d'appropriation du fran&#231;ais ? &#187;, Langue fran&#231;aise, no 90, p. 95-105.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LAUNAY, Robert, 1982, Traders Without Trade : Responses to Change in Two Dyula Communities, Cambridge, Cambridge University Press.&lt;br class='autobr' /&gt;
LAUNAY, Robert et MIRAN, Marie, 2000, &#171; Beyond Mande &#8220;mory&#8221; : Islam and Ethnicity in C&#244;te d'Ivoire &#187;, Paideuma, vol. 46, p. 63-84.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;McCAULEY, John F., 2014, &#171; The Political Mobilization of Ethnic and Religious Identities in Africa &#187;, American Political Science Review, vol. 108, no 4, p. 801-816.&lt;br class='autobr' /&gt;
MIMPONGO, Mpoke, 2025, &#171; L'origine et la signification du glossonyme lingala &#187;, Afrikanistik-Aegyptologie-Online. DOI : 10.18716/ojs/aaeo/2025_11566.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PERINBAM, B. Marie, 1974, &#171; Notes on Dyula Origins and Nomenclature &#187;, Bulletin de l'Institut Fondamental d'Afrique Noire, S&#233;rie B : Sciences humaines, vol. 36, no 4, p. 676-690.&lt;br class='autobr' /&gt;
PERSON, Yves, 1968-1975, Samori. Une r&#233;volution dyula, Dakar, IFAN, M&#233;moire no 80, 3 vol.&lt;br class='autobr' /&gt;
SANOGO, Mamadou Lamine, 2024, &#171; Le Dioula : langue et ethnie ? &#187;, LeFaso.net, 28 mars 2024.&lt;br class='autobr' /&gt;
WERTHMANN, Katja, 2005, &#171; Wer sind die Dyula ? Ethnizit&#228;t und B&#252;rgerkrieg in der C&#244;te d'Ivoire &#187;, Afrika Spectrum, vol. 40, no 2, p. 221-240.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Travaux sur la Route nationale n&#176;2 : Le parcours du combattant en attendant la fin des travaux</title>
		<link>https://lefaso.net/spip.php?article148379</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lefaso.net/spip.php?article148379</guid>
		<dc:date>2026-08-04T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;&#171; Ouf ! Enfin &#224; la maison, sain et sauf avec mon v&#233;hicule intact. &#187; Pour de nombreux usagers de la Route nationale n&#176;2 (RN2), cette phrase est devenue un v&#233;ritable soulagement apr&#232;s chaque trajet. Car, aujourd'hui, emprunter cette route de Tampouy jusqu'&#224; Bassinko rel&#232;ve parfois du parcours du combattant. Entre les d&#233;viations d&#233;grad&#233;es, la poussi&#232;re, la boue, l'absence d'&#233;clairage et les comportements dangereux de certains conducteurs, la circulation sur cette route en travaux est source (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lefaso.net/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L150xH113/1004204589-c6903.jpg?1788197128' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Ouf ! Enfin &#224; la maison, sain et sauf avec mon v&#233;hicule intact. &#187; Pour de nombreux usagers de la Route nationale n&#176;2 (RN2), cette phrase est devenue un v&#233;ritable soulagement apr&#232;s chaque trajet. Car, aujourd'hui, emprunter cette route de Tampouy jusqu'&#224; Bassinko rel&#232;ve parfois du parcours du combattant. Entre les d&#233;viations d&#233;grad&#233;es, la poussi&#232;re, la boue, l'absence d'&#233;clairage et les comportements dangereux de certains conducteurs, la circulation sur cette route en travaux est source d'inqui&#233;tude quotidienne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les travaux d'&#233;largissement de la RN2 sont salutaires car nous esp&#233;rons une route plus moderne et plus fluide. Mais sur le terrain, il faut noter que les conditions de circulation sont dangereuses. &#192; certains endroits, les voies provisoires longent des excavations profondes et des caniveaux &#224; ciel ouvert. Le d&#233;nivel&#233; entre la chauss&#233;e et les zones en travaux peut atteindre un m&#232;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Dans ces conditions, un simple &#233;cart de conduite ou une tentative de d&#233;passement peut rapidement tourner au drame. Dieu sait combien les usagers de la RN2 sont friands de d&#233;passement maladroits. Il suffit qu'un conducteur soit press&#233; ou qu'un v&#233;hicule se d&#233;porte l&#233;g&#232;rement pour que l'accident arrive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La nuit, le danger est encore plus grand&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque la nuit tombe, la situation devient pr&#233;occupante avec l'absence d'&#233;clairage sur les sections en chantier. Sans lumi&#232;re suffisante, les foss&#233;s et les changements de voie deviennent difficiles &#224; distinguer. Les conducteurs d&#233;couvrent parfois les obstacles au dernier moment, avec toutes les cons&#233;quences que cela peut entra&#238;ner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le manque de panneaux et de dispositifs r&#233;fl&#233;chissants pour guider les usagers. Esther &#224; noter aussi. Les zones dangereuses ne sont pas suffisamment signal&#233;es, surtout la nuit. Certains v&#233;hicules se retrouvent donc coinc&#233;s ou finissent leur course dans les caniveaux bordant la route.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le dernier accident signal&#233; par des t&#233;moins se serait produit le lundi 3 ao&#251;t 2026 aux environs de 19 h 30, pr&#232;s de la pharmacie &#201;lite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'incivisme aggrave les risques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les conditions du chantier posent probl&#232;me, les comportements de certains usagers contribuent &#233;galement &#224; l'ins&#233;curit&#233;. D&#233;passements dangereux, circulation &#224; contresens, vitesse excessive et non-respect des indications compliquent davantage la situation. Les tensions sont fr&#233;quentes entre conducteurs et les injures remplacent parfois le dialogue lorsqu'un usager tente de d&#233;noncer un comportement dangereux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Personne ne conteste l'utilit&#233; de l'&#233;largissement de la RN2. Une fois achev&#233;s, ces travaux devraient am&#233;liorer la mobilit&#233; des personnes et des marchandises et soutenir le d&#233;veloppement &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous lan&#231;ons un appel aux entreprises en charge du chantier pour plus d'&#233;clairage, une meilleure signalisation et des mesures de protection autour des zones les plus dangereuses. Ce sont des vies humaines qui empruntent chaque jour cette route. Et aucun chantier, aussi important soit-il, ne devrait transformer un simple trajet en pari sur sa propre vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CANA &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Starlink comme une arme en Afrique de l'Ouest : SpaceX n'en est pas consciente ou ne veux pas l'&#234;tre ? </title>
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		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



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&lt;p&gt;De nos jours le monde &#233;volue &#224; une vitesse incroyable. Alors, une soci&#233;t&#233; moderne requiert des instuments modernes. Cela concerne, entre autres, des groupes arm&#233;s en Afrique de l'Ouest. Plusieurs sources, &#224; savoir l'ONG internationale Human Rights Watch et le grand m&#233;dia fran&#231;ais Le Monde, confirment l'emploi des kits Starlink par des groupes djihadistes afin de mener des hostilit&#233;s coordon&#233;es sur le territoire africain. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agit notamment du JNIM qui, selon Le Monde, utilise Internet par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lefaso.net/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L150xH83/1-1001-64475.jpg?1788962782' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='83' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De nos jours le monde &#233;volue &#224; une vitesse incroyable. Alors, une soci&#233;t&#233; moderne requiert des instuments modernes. Cela concerne, entre autres, des groupes arm&#233;s en Afrique de l'Ouest. Plusieurs sources, &#224; savoir l'ONG internationale &lt;a href=&#034;https://www.hrw.org/report/2026/04/02/none-can-run-away/war-crimes-and-crimes-against-humanity-in-burkina-faso-by-all&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Human Rights Watch&lt;/a&gt; et le grand m&#233;dia fran&#231;ais &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/en/international/article/2025/07/05/starlink-the-newest-asset-for-rebel-and-jihadist-groups-in-west-africa_6743055_4.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Monde&lt;/a&gt;, confirment l'emploi des kits Starlink par des groupes djihadistes afin de mener des hostilit&#233;s coordon&#233;es sur le territoire africain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il s'agit notamment du JNIM qui, selon Le Monde, utilise Internet par satellite Starlink pour coordonner les attaques et maintenir la communication dans des zones &#233;loign&#233;es, ainsi que l'utilisation de drones pour la reconnaissance et les frappes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de noter que l'antenne parabolique caract&#233;ristique a &#233;t&#233; enregistr&#233;e sur une vid&#233;o de JNIM publi&#233;e en 2024 lors d'une des op&#233;rations au Mali. De plus, les forces arm&#233;es nationales ont d&#233;tect&#233; des kits Starlink au Mali, Niger et Tchad. L'Initiative mondiale contre la criminalit&#233; transnationale organis&#233;e (GI-TOC) a de m&#234;me confirm&#233; que des groupes tels que JNIM et ISWAP (Islamic State West Africa Province) &#171; exploitent l'acc&#232;s &#224; Internet &#224; haut d&#233;bit de Starlink pour am&#233;liorer leurs op&#233;rations &#187; au lieu de la t&#233;l&#233;phonie par satellite co&#251;teuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2026 SpaceX couvre la quasi-totalit&#233; du continent africain sans distinguer ses utilisateurs. Il s'av&#232;re que Starlink fournit l'ensemble des mouvements terroristes, y compris JNIM, ISWAP et Boko Haram.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant une question plus d&#233;licate se pose. Starlink n'a lanc&#233; ses travaux au Niger qu'en 2025 mais ses kits &#233;taient auparavant pr&#233;sents dans le pays. &#201;videmment, une grande partie de l'&#233;quipement est entr&#233;e ill&#233;galement dans la r&#233;gion par le Nigeria o&#249; la soci&#233;t&#233; foncionnait d&#233;j&#224;. Compte tenu d'une taille relativement compacte du kit (antenne, routeur et c&#226;bles) et des fronti&#232;res nationales quasiment transparentes, le transfert ne repr&#233;sente pas de grandes difficult&#233;s. Alors, apr&#232;s le lancement officiel de Starlink au Mali, Niger et Tchad cette affaire est devenue plus facile &#224; r&#233;aliser. Maintenant, des kits achet&#233;s aurait &#233;t&#233; revendus, franchis les fronti&#232;res ou vol&#233;s. De ce fait, il est trop difficile de trouver des origines du d&#233;sordre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, SpaceX, est-elle consciente d'un tel emploi de Starlink ? Il semble que la r&#233;ponse soit affirmative. En fait, la soci&#233;t&#233; est en mesure de bloquer le service de certains appareils ou comptes en cas de l'utilisation non autoris&#233;e. En outre, il existe des restrictions territoriales : le kit doit &#234;tre enregistr&#233; dans le pays concern&#233; et son utilisation dans un autre &#201;tat est limit&#233;e par les conditions de service. Il suffit de se rappeler &#224; titre d'exemple la Russie qui est d&#233;sormais blacklist&#233;e aux fins de l'emp&#234;cher d'employer Internet par satellite Starlink lors des op&#233;rations men&#233;es en Ukraine. Alors, pourquoi SpaceX ne prend pas de telles mesures en Afrique de l'Ouest ? La r&#233;gion, o&#249; la situation de s&#233;curit&#233; reste toujours pr&#233;occupante et les reseaux sont mis en service il n'y a pas si longtemps, serait sous contr&#244;le strict mais SpaceX la laisse au hasard et &#224; la destruction des groupes arm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, tandis que les attaques terroristes bien coordoon&#233;es gr&#226;ce aux kits Starlink prennent des milliers de vies des civiles en Afrique de l'Ouest, SpaceX continue &#224; gagner sur la r&#233;gion. Pour une telle soci&#233;t&#233; puissante il suffirait de couper les canaux de communication modernes aux terroristes afin de cesser ou au moins d'att&#233;nuer les conflits. Pourtant, peut-&#234;tre SpaceX, parrain&#233;e par le gouvernement am&#233;ricain, n'en voit pas le besoin ? De toute fa&#231;on, une image douteuse s'appara&#238;t dans la r&#233;gion &#8211; d'une part, le terrorisme qui fait reculer l'&#233;conomie de plusieurs d&#233;cennies en arri&#232;re et, d'autre part, des technologie innovantes dans les mains des terroristes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Immersion patriotique au Burkina Faso : Le d&#233;cryptage de Jonas Hien</title>
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		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



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&lt;p&gt;Alors que l'immersion patriotique a r&#233;uni sa deuxi&#232;me cohorte cette ann&#233;e 2026, l'acteur de la soci&#233;t&#233; civile burkinab&#232; Jonas Hien nous a fait parvenir sa lecture de cette initiative nationale. Tribune ! &lt;br class='autobr' /&gt; Depuis plusieurs ann&#233;es, le Burkina Faso traverse une p&#233;riode particuli&#232;rement &#233;prouvante de son histoire. Aux d&#233;fis s&#233;curitaires s'ajoutent des enjeux &#233;conomiques, sociaux et politiques qui interrogent profond&#233;ment l'avenir de la Nation. Face &#224; cette r&#233;alit&#233;, les autorit&#233;s, au plus haut (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lefaso.net/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L150xH104/img_2778_2_1_-a3544_2_-5f249-5318b-90d12-d31de.jpg?1788197128' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que l'immersion patriotique a r&#233;uni sa deuxi&#232;me cohorte cette ann&#233;e 2026, l'acteur de la soci&#233;t&#233; civile burkinab&#232; Jonas Hien nous a fait parvenir sa lecture de cette initiative nationale. Tribune !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis plusieurs ann&#233;es, le Burkina Faso traverse une p&#233;riode particuli&#232;rement &#233;prouvante de son histoire. Aux d&#233;fis s&#233;curitaires s'ajoutent des enjeux &#233;conomiques, sociaux et politiques qui interrogent profond&#233;ment l'avenir de la Nation. Face &#224; cette r&#233;alit&#233;, les autorit&#233;s, au plus haut sommet de l'Etat, ont fait le choix d'accorder une place centrale &#224; la formation civique et patriotique de la jeunesse. C'est dans cette dynamique qu'a &#233;t&#233; institu&#233;e l'immersion patriotique obligatoire pour les nouveaux bacheliers, chaque ann&#233;e, avec l'ambition affich&#233;e de former une g&#233;n&#233;ration davantage consciente de ses responsabilit&#233;s envers la patrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; premi&#232;re vue, certains pourraient consid&#233;rer cette immersion comme une simple activit&#233; organis&#233;e apr&#232;s l'obtention du baccalaur&#233;at. Pourtant, le sens m&#234;me du mot &#171; immersion &#187; invite &#224; une compr&#233;hension beaucoup plus profonde. &#202;tre en immersion, c'est &#234;tre plong&#233; dans un environnement afin de le d&#233;couvrir de l'int&#233;rieur, de le comprendre, de le vivre et d'en saisir toutes les r&#233;alit&#233;s et toute la port&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle d'immersion linguistique lorsqu'une personne s&#233;journe dans un pays ou dans un milieu pour apprendre une langue, ou d'immersion professionnelle lorsqu'un &#233;tudiant d&#233;couvre concr&#232;tement son futur m&#233;tier. De la m&#234;me mani&#232;re, l'immersion patriotique consiste &#224; placer les jeunes au c&#339;ur d'une exp&#233;rience destin&#233;e &#224; renforcer leur connaissance du Burkina Faso, de son histoire, de ses valeurs et des responsabilit&#233;s qui accompagnent la citoyennet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette initiative repose sur une id&#233;e simple : on prot&#232;ge mieux ce que l'on conna&#238;t. Un jeune qui ignore l'histoire de son pays, les sacrifices consentis par les g&#233;n&#233;rations qui l'ont pr&#233;c&#233;d&#233; ou les fondements de son identit&#233; nationale risque de percevoir son appartenance &#224; la Nation comme une simple formalit&#233; administrative. En revanche, celui qui comprend les longues luttes men&#233;es par ses anc&#234;tres pour pr&#233;server leur libert&#233;, d&#233;fendre leurs terres, maintenir leurs traditions et assurer la survie de leurs communaut&#233;s, d&#233;veloppe plus facilement un sentiment d'attachement et de responsabilit&#233; envers son pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les orientations pr&#233;sent&#233;es par les autorit&#233;s burkinab&#232;, cette immersion s'inscrit dans une vision plus large port&#233;e par le Pr&#233;sident du Faso, le Capitaine Ibrahim Traor&#233; : celle de construire un &#171; citoyen nouveau &#187;. Selon cette vision, il ne suffit pas de former des dipl&#244;m&#233;s comp&#233;tents ; il est &#233;galement n&#233;cessaire de former des citoyens capables de comprendre leur environnement historique, culturel et g&#233;opolitique afin de participer activement au d&#233;veloppement et &#224; la d&#233;fense de leur pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conna&#238;tre son histoire ne revient pas uniquement &#224; m&#233;moriser des dates ou des noms historiques. C'est comprendre comment vivaient les populations avant la colonisation, pendant la colonisation, comment les diff&#233;rentes communaut&#233;s ont organis&#233; leur coexistence, quelles formes de gouvernances traditionnelles existaient, comment les conflits &#233;taient r&#233;solus, quelles valeurs guidaient les relations sociales et comment les peuples ont r&#233;sist&#233; aux diff&#233;rentes &#233;preuves de leur temps. Cette connaissance permet &#233;galement de mesurer les transformations intervenues au fil des si&#232;cles sous l'effet des influences ext&#233;rieures, des &#233;volutions politiques, des changements &#233;conomiques et des mutations culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les autorit&#233;s, cette compr&#233;hension historique constitue &#233;galement une cl&#233; de lecture du pr&#233;sent. Elles estiment qu'un jeune qui conna&#238;t les grandes &#233;tapes de l'histoire de son pays est mieux pr&#233;par&#233; &#224; comprendre les d&#233;fis contemporains, notamment les questions li&#233;es &#224; la souverainet&#233;, &#224; la s&#233;curit&#233;, &#224; la gouvernance des ressources naturelles et aux rapports entre les &#201;tats. Dans cette perspective, l'immersion patriotique vise aussi &#224; pr&#233;senter la lecture officielle que les autorit&#233;s font du contexte actuel, de la guerre que conna&#238;t le Burkina Faso, des enjeux g&#233;opolitiques qui y sont associ&#233;s et des raisons qui, selon elles, rendaient n&#233;cessaire la R&#233;volution engag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif poursuivi est de permettre aux jeunes de mieux comprendre les choix politiques op&#233;r&#233;s par les autorit&#233;s afin qu'ils puissent situer leur propre r&#244;le dans la protection et la d&#233;fense de la R&#233;volution et dans la construction de l'avenir du pays. Il ne s'agit donc pas seulement d'informer, mais aussi de susciter une r&#233;flexion sur la place que chaque citoyen peut occuper dans le d&#233;veloppement du Burkina Faso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patriotisme auquel les jeunes sont appel&#233;s d&#233;passe largement les symboles nationaux. Aimer son pays ne consiste pas uniquement &#224; brandir un drapeau ou &#224; chanter l'hymne national. Le patriotisme s'exprime d'abord par des comportements quotidiens : respecter les lois, pr&#233;server les biens publics et priv&#233;s, travailler avec int&#233;grit&#233;, prot&#233;ger l'environnement, refuser la corruption, promouvoir la coh&#233;sion sociale et contribuer, rejeter la trahison contre sa patrie et &#339;uvrer, chacun &#224; son niveau, au progr&#232;s collectif. La grandeur d'une nation repose moins sur les discours que sur les actes de ses citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette responsabilit&#233; est particuli&#232;rement importante pour la jeunesse, qui repr&#233;sente aujourd'hui la principale force d&#233;mographique du Burkina Faso. Les jeunes d'aujourd'hui seront demain les enseignants, les ing&#233;nieurs, les m&#233;decins, les agriculteurs, les chercheurs, les militaires, les magistrats, les entrepreneurs, les dirigeants et responsables publics appel&#233;s &#224; conduire le destin du pays. Les valeurs qu'ils acqui&#232;rent aujourd'hui influenceront la mani&#232;re dont ils exerceront ces responsabilit&#233;s demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'immersion patriotique invite ainsi les nouveaux bacheliers &#224; regarder le Burkina Faso non seulement comme le pays o&#249; ils sont n&#233;s, mais aussi comme un h&#233;ritage re&#231;u des g&#233;n&#233;rations pr&#233;c&#233;dentes et qu'ils auront la responsabilit&#233; de transmettre aux g&#233;n&#233;rations futures. Cet h&#233;ritage ne se limite pas au territoire national. Il comprend &#233;galement les ressources naturelles, les richesses culturelles, les langues nationales, les traditions, les cultures, les us et coutumes, les institutions, les valeurs d'unit&#233;, de solidarit&#233; et les aspirations &#224; la paix, &#224; la justice et au d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte o&#249; les ressources naturelles suscitent de fortes convoitises &#224; l'&#233;chelle internationale, ce qui nous vaut une guerre de recolonisation, les autorit&#233;s du pays soulignent &#233;galement la n&#233;cessit&#233; de d&#233;velopper chez les jeunes une conscience accrue de leur importance strat&#233;gique. L'objectif affich&#233; est donc de former des citoyens capables de contribuer &#224; une gestion responsable de ces ressources dans l'int&#233;r&#234;t du Burkina Faso et de ses populations, tout en pr&#233;servant la souverainet&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, l'immersion patriotique rappelle une v&#233;rit&#233; : l'avenir d'un pays ne d&#233;pend pas uniquement de ses dirigeants. Il d&#233;pend aussi, et surtout de la qualit&#233; des citoyens qui le composent. Un &#201;tat peut adopter les meilleures politiques publiques ; elles produiront peu d'effets si les citoyens ne s'en approprient pas les valeurs et les objectifs. &#192; l'inverse, une jeunesse disciplin&#233;e, instruite, int&#232;gre, patriote, solidaire et profond&#233;ment attach&#233;e &#224; son pays, constitue un levier puissant de transformation nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'immersion patriotique se pr&#233;sente ainsi comme une invitation &#224; apprendre avant d'agir, &#224; comprendre avant de juger et &#224; servir avant de revendiquer. Elle rappelle que l'amour de la patrie ne se d&#233;cr&#232;te pas : il se construit progressivement par la connaissance de son histoire, la compr&#233;hension des d&#233;fis de son &#233;poque et la volont&#233; de contribuer, chaque jour, au bien commun. C'est dans cet esprit que cette initiative entend pr&#233;parer une g&#233;n&#233;ration de Burkinab&#232; appel&#233;e &#224; relever les d&#233;fis de son temps avec lucidit&#233;, responsabilit&#233; et engagement patriotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jonas Hien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Message du Pr&#233;sident du Faso &#224; Ouahigouya : &#171; La foi ne doit pas &#234;tre une arme contre la Nation &#187; (Jonas Hien)</title>
		<link>https://lefaso.net/spip.php?article147992</link>
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		<dc:date>2026-07-20T21:33:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans la tribune ci-apr&#232;s, Jonas Hien nous propose sa lecture de la rencontre du pr&#233;sident du Faso avec les forces vives du Yaadga le 16 juillet 2026. Sa conviction est faite que &#171; Le Burkina Faso a toujours puis&#233; sa force dans l'unit&#233; de son peuple. Pr&#233;servons cet h&#233;ritage. Construisons un pays o&#249; chaque religion est respect&#233;e, o&#249; chaque citoyen est prot&#233;g&#233; et o&#249; les richesses nationales profitent &#224; l'ensemble de la population dans un climat de paix, de s&#233;curit&#233; et de fraternit&#233;, o&#249; les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lefaso.net/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L150xH104/img_2778_2_1_-a3544_2_-5f249-5318b-f1d70.jpg?1788197128' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans la tribune ci-apr&#232;s, Jonas Hien nous propose sa lecture de la rencontre du pr&#233;sident du Faso avec les forces vives du Yaadga le 16 juillet 2026. Sa conviction est faite que &#171; Le Burkina Faso a toujours puis&#233; sa force dans l'unit&#233; de son peuple. Pr&#233;servons cet h&#233;ritage. Construisons un pays o&#249; chaque religion est respect&#233;e, o&#249; chaque citoyen est prot&#233;g&#233; et o&#249; les richesses nationales profitent &#224; l'ensemble de la population dans un climat de paix, de s&#233;curit&#233; et de fraternit&#233;, o&#249; les a&#238;n&#233;s, les vieux, les sages sont des rep&#232;res s&#251;rs pour leurs enfants. &#187; Tribune !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 16 juillet 2026, le Pr&#233;sident du Faso, le Camarade Capitaine Ibrahim Traor&#233;, a eu une rencontre avec les forces vives de la r&#233;gion du Yaagda, &#224; Ouahigouya. Il a livr&#233; un message fort ! Il a parl&#233;. Je l'ai &#233;cout&#233; personnellement. Il a parl&#233; &#224; nous tous ! J'ai red&#233;roul&#233; le film du message. Je l'ai &#233;cout&#233; pendant deux jours. J'ai lu le message entre les lignes. J'ai compris que m&#234;me si le Pr&#233;sident a parl&#233; dans sa franchise habituelle, il n'a pas tout dit ! Apr&#232;s ce message, si on n'est pas maudit, on doit changer. Mais je sais qu'on n'est pas maudit. Malheureusement, il y a des cas dont on est en droit de se demander s'ils ne sont pas maudits par la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, je dois dire la v&#233;rit&#233;. A chaque fois que le Pr&#233;sident du Faso livre un message tr&#232;s fort, je suis g&#234;n&#233;. J'ai honte ! Ce que je connais de l'Afrique, ce sont les a&#238;n&#233;s, les vieux, les sages qui montrent aux jeunes la voie &#224; suivre. On leur montre la bonne mati&#232;re, les interdits quand il s'agit de prot&#233;ger le village, le pays ! Quand un enfant se comporte bien et se pr&#233;sente comme une chance pour le village, on fait tout pour le prot&#233;ger, le maintenir dans le bon chemin, en l'emmenant &#224; &#233;viter des erreurs, peu importe le nom de son p&#232;re. Le message du Pr&#233;sident est tr&#232;s profond et il y a des choses qu'il n'a pas voulu dire pour le moment. Depuis l'arriv&#233;e de ces jeunes au pouvoir, en consid&#233;rant ce qu'ils peuvent avoir comme insuffisances, personne, pour peu qu'on soit honn&#234;te, ne peut dire que ces jeunes ne font pas tout pour construire un Burkina Faso digne au b&#233;n&#233;fice des g&#233;n&#233;rations actuelles et celles &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, depuis lors, on se retrouve en face de nos enfants, nos petits fr&#232;res de loin, les petits-fils pour certains, en train de nous montrer le caract&#232;re sacr&#233; de la protection de notre pays ! en train de dire, en filigrane que ce sont des vieux qui les combattent, qui poussent des jeunes, dans le domaine religieux ou pas &#224; d&#233;stabiliser le pouvoir ! Si vous n'avez pas compris tout le fond de son message, prenez le temps d'analyser encore. En dehors de ce qu'il a dit haut et fort, je sens qu'il est au courant d'autres choses qu'il ne nous pas dit, en tout cas pas pour le moment !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui ne marche pas chez nous les a&#238;n&#233;s, les vieux, les suppos&#233;s sages ! Je r&#233;p&#232;te. J'ai vraiment honte ! Il faut qu'on reprenne notre place d'a&#238;n&#233;s, de sages pour voir ce qui est bien pour ce pays, sans regarder &#8216;'c'est l'enfant de qui, qui est au pouvoir'' et accompagner ces jeunes par des b&#233;n&#233;dictions et de bons conseils afin qu'ils r&#233;ussissent leurs missions pour le bonheur des g&#233;n&#233;rations actuelles et futures. C'est ce que je connais de r&#244;les de vieux, de sages, en Afrique ! On peut critiquer, gronder m&#234;me, mais c'est pour emmener &#224; bien faire ! J'ose donc croire que le message de Ouahigouya a touch&#233; nos consciences pour revenir &#224; l'Afrique. Une fois encore, j'ai honte de cette situation de voir nos enfants qui pensent que leurs papas sont en train de les combattre pour la simple raison qu'ils se sont engag&#233;s, au prix de leurs vies, &#224; sauver ce pays, pour honorer ces m&#234;mes papas dont les anc&#234;tres ont &#233;t&#233; hier martyris&#233;s. On devrait &#234;tre fiers de tels enfants, les suivre et les critiquer &#224; temps pour les emmener toujours sur le bon chemin !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre dans laquelle tout le pays s'est engag&#233; est une guerre existentielle. Depuis plusieurs ann&#233;es, le terrorisme s&#232;me la mort, d&#233;truit des infrastructures, vide des villages, prive des milliers d'enfants d'&#233;cole et compromet les efforts de d&#233;veloppement. Dans cette guerre, les armes sont indispensables, mais elles ne suffisent pas. Le v&#233;ritable rempart contre l'extr&#233;misme violent se construit aussi dans les esprits, dans les familles, dans les &#233;coles et dans les lieux de culte. Les religions occupent une place importante dans la vie des Burkinab&#232;, la sagesse aussi. Elles enseignent l'amour du prochain, le respect de la vie, la solidarit&#233;, la justice et le pardon. La sagesse enseigne cela aussi. Les religions sont des facteurs de paix et de stabilit&#233;. La sagesse aussi. Lorsqu'elles restent fid&#232;les &#224; ces valeurs, elles constituent l'une des plus grandes forces de la Nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, nul ne peut ignorer qu'&#224; travers le monde, certains groupes violents cherchent &#224; d&#233;tourner les textes religieux pour justifier des actes qui n'ont rien de religieux. Ils recrutent, ils manipulent les consciences, ils diffusent des discours de haine et ils tentent de convaincre des jeunes que tuer des innocents serait un devoir qui donne droit au paradis. Cette instrumentalisation de la religion est l'une des armes les plus dangereuses du terrorisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi toute soci&#233;t&#233; responsable doit encourager les discours qui favorisent la paix, la coh&#233;sion, la solidarit&#233;, l'unit&#233; et rester vigilante face aux appels &#224; la violence, &#224; la radicalisation, &#224; la d&#233;sunion, &#224; la trahison, quelle que soit leur provenance. Cette vigilance vise aussi &#224; prot&#233;ger toutes les religions contre ceux qui cherchent &#224; les d&#233;naturer. Au Burkina Faso, les musulmans vivent depuis toujours en parfaite intelligence avec les chr&#233;tiens et les adeptes des religions traditionnelles. Dans de nombreuses familles, plusieurs confessions coexistent harmonieusement. Cette r&#233;alit&#233; constitue l'une des plus grandes richesses de notre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Imams qui enseignent la paix, la tol&#233;rance, le respect de la dignit&#233; humaine et l'amour de la patrie rendent un immense service &#224; la Nation. Leur engagement contribue &#224; prot&#233;ger les jeunes contre les discours de manipulation et &#224; renforcer la coh&#233;sion nationale. De la m&#234;me mani&#232;re, les pr&#234;tres, les pasteurs, les cat&#233;chistes, les responsables coutumiers et les guides des religions traditionnelles participent, chacun &#224; sa mani&#232;re, &#224; la construction d'une soci&#233;t&#233; plus apais&#233;e. Les a&#238;n&#233;s, les vieux, les sages, qui appellent les enfants du pays &#224; l'union, &#224; l'unit&#233;, &#224; la solidarit&#233;, &#224; l'engagement, &#224; bannir la trahison, rendent aussi un service immense &#224; la Nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc essentiel de ne pas confondre une religion avec les individus qui utilisent le nom du Bon-Dieu pour commettre des crimes. Les terroristes ne repr&#233;sentent pas les croyants. Ils repr&#233;sentent leur propre projet de violence. La v&#233;ritable question n'est donc pas de savoir quelle religion est utile. La v&#233;ritable question est de savoir comment emp&#234;cher les discours qui poussent des citoyens &#224; se retourner contre leur propre pays. Aucun Burkinab&#232; ne devrait accepter que l'argent, la manipulation ou les promesses d'un groupe arm&#233; l'am&#232;nent &#224; trahir la terre qui l'a vu na&#238;tre. Aucun int&#233;r&#234;t personnel ne peut justifier que l'on contribue, directement ou indirectement, &#224; la destruction du pays pour des consid&#233;rations d&#233;pass&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui livre des informations &#224; des groupes arm&#233;s terroristes, qui facilite leurs d&#233;placements ou qui accepte de collaborer avec eux pour quelques billets d'argent, ne fait pas seulement du tort &#224; l'&#201;tat. Il met en danger ses voisins, ses parents, ses enfants et les g&#233;n&#233;rations futures. L'argent re&#231;u dispara&#238;tra rapidement, mais les cons&#233;quences de cette trahison dureront des centenaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patriotisme n'est pas un slogan. C'est un comportement quotidien. Il ne va pas ensemble avec la trahison. Il consiste &#224; prot&#233;ger son pays, &#224; respecter les lois, &#224; refuser les discours de haine, &#224; d&#233;noncer les appels &#224; la violence et &#224; participer &#224; la construction de la paix, de l'unit&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un religieux et toute personne &#224; qui Dieu a accord&#233; un certain &#226;ge, doit s'inscrire dans cette dynamique. Notre diversit&#233; religieuse est une richesse. Le Burkina Faso n'appartient ni aux musulmans seuls, ni aux chr&#233;tiens seuls, ni aux adeptes des religions traditionnelles seuls. Chacun a le droit de pratiquer librement sa foi mais dans le respect des lois de la R&#233;publique et des droits des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui plus que jamais, notre pays a besoin de paroles qui rassemblent plut&#244;t que de discours qui divisent, des conseils qui unissent plut&#244;t que des conseils qui divisent les Burkinab&#232;. Les responsables religieux, les autorit&#233;s publiques, les chefs coutumiers, traditionnels, les sages, les enseignants, les m&#233;dias, les organisations de la soci&#233;t&#233; civile et chaque citoyen ont un r&#244;le &#224; jouer dans cette mission de sauver notre pays et d'honorer nos anc&#234;tres. La victoire contre le terrorisme ne sera pas uniquement militaire. Elle sera aussi morale, civique et spirituelle. Elle na&#238;tra de notre capacit&#233; collective &#224; pr&#233;server l'unit&#233; nationale, &#224; prot&#233;ger notre jeunesse contre toutes les formes d'extr&#233;misme violent et &#224; faire vivre les valeurs qui ont toujours caract&#233;ris&#233; l'Afrique et le peuple burkinab&#232; : la solidarit&#233;, la tol&#233;rance, le courage et l'amour de la patrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construire un Burkina Faso en paix et de paix est une responsabilit&#233; partag&#233;e. Cette &#339;uvre exige des convictions, le dialogue, le respect mutuel et une vigilance permanente contre toute id&#233;ologie qui cherche &#224; opposer les enfants d'une m&#234;me Nation, contre tout &#8216;'conseil'' qui cherche &#224; diviser les enfants d'un m&#234;me pays, par la trahison. Car lorsqu'une Nation reste unie malgr&#233; ses diff&#233;rences, aucune force ne peut durablement la vaincre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les armes peuvent reconqu&#233;rir un territoire mais elles ne suffisent pas &#224; gagner une Nation. Une Nation se gagne d'abord dans les consciences. Elle se construit lorsque chaque citoyen choisit la v&#233;rit&#233; plut&#244;t que la manipulation, l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral plut&#244;t que le profit personnel, la fraternit&#233; plut&#244;t que la haine. Le Burkina Faso n'est pas seulement un espace g&#233;ographique. Il est une communaut&#233; de destin. Cette communaut&#233; ne demande pas &#224; chacun d'avoir la m&#234;me religion, la m&#234;me ethnie ou les m&#234;mes opinions. Elle demande une seule chose : aimer suffisamment son pays pour ne jamais participer &#224; sa destruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiconque transforme la religion en instrument de violence trahit d'abord les valeurs de cette religion. Quiconque accepte de servir les int&#233;r&#234;ts de ceux qui attaquent son propre peuple compromet l'avenir de toute une Nation et de ses propres enfants. En revanche, celui qui pr&#234;che la paix, prot&#232;ge la vie humaine, renforce le dialogue et refuse la haine devient un artisan de l'esp&#233;rance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terrorisme ne sera d&#233;finitivement vaincu que lorsque les armes de la R&#233;publique seront soutenues par les consciences de tous les Burkinab&#232;. C'est dans cette union entre la force de la loi, la sagesse des responsables religieux, des sages tout court, l'engagement des citoyens et l'amour de la patrie que se trouve le v&#233;ritable rempart contre l'extr&#233;misme violent. Au Burkina Faso, les religions ne sont pas des adversaires. Elles sont des alli&#233;es de la paix lorsqu'elles restent fid&#232;les &#224; leur vocation premi&#232;re : rapprocher les hommes de Dieu en les rapprochant les uns des autres. Pr&#233;servons cet h&#233;ritage. C'est ensemble que nous b&#226;tirons un Burkina Faso o&#249; la s&#233;curit&#233;, la justice, la prosp&#233;rit&#233; et la dignit&#233; profiteront &#224; tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les terroristes cherchent &#224; nous diviser. Notre r&#233;ponse doit &#234;tre l'unit&#233;. Les extr&#233;mistes cherchent &#224; opposer les religions. Notre r&#233;ponse doit &#234;tre le respect mutuel. Les ennemis de la Nation veulent acheter des consciences. Notre r&#233;ponse doit &#234;tre un patriotisme qui ne se vend pas. Tant que les Burkinab&#232; resteront unis, aucune id&#233;ologie de haine ne pourra vaincre ce pays. C'est dans ce sens que les propos du Pr&#233;sident du Faso, lors de la rencontre avec les forces vives la r&#233;gion de Yaadga, invitant les responsables religieux &#224; promouvoir des messages de paix m&#233;ritent une r&#233;flexion d&#233;passionn&#233;e. Son message ne doit pas &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme une remise en cause d'une religion en particulier. Il rappelle plut&#244;t qu'aucune croyance ne doit servir de pr&#233;texte pour justifier la haine, la violence ou la division contre son propre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc important de distinguer une religion de ceux qui utilisent son nom pour poursuivre des objectifs contraires &#224; ses enseignements. Les actes de quelques individus ne doivent jamais conduire &#224; stigmatiser une communaut&#233; enti&#232;re. Les millions de musulmans du Burkina Faso vivent leur foi dans le respect des lois de la R&#233;publique et contribuent chaque jour au d&#233;veloppement du pays. De nombreux Imams, par leurs pr&#234;ches, appellent constamment &#224; la paix, au dialogue et &#224; la fraternit&#233;. Leur engagement m&#233;rite d'&#234;tre reconnu et encourag&#233;, comme l'a dit le Pr&#233;sident du Faso. La m&#234;me reconnaissance doit &#234;tre accord&#233;e aux coutumiers, aux responsables des religions traditionnelles, aux pr&#234;tres, aux pasteurs, qui &#339;uvrent quotidiennement pour maintenir l'harmonie entre les populations. Le Burkina Faso s'est construit gr&#226;ce &#224; cette diversit&#233; religieuse, o&#249; les familles qui partagent plusieurs confessions vivent toujours en unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun doit rester vigilant face aux discours qui cherchent &#224; opposer les Burkinab&#232; les uns aux autres. Les id&#233;ologies extr&#233;mistes prosp&#232;rent lorsque la haine remplace le dialogue, lorsque les rumeurs prennent le dessus sur les faits et lorsque certains exploitent la foi &#224; des fins politiques ou criminelles. Les leaders religieux portent donc une responsabilit&#233; particuli&#232;re : &#233;clairer les consciences, d&#233;noncer la violence et rappeler que tuer des innocents ne peut jamais &#234;tre un acte de foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la responsabilit&#233; des pr&#233;dicateurs, chaque citoyen est &#233;galement interpell&#233;. Personne ne devrait accepter de trahir sa patrie pour de l'argent, des avantages mat&#233;riels ou des promesses illusoires, pour des consid&#233;rations ethniques ou religieuses. L'histoire montre que les conflits finissent toujours par toucher ceux qui pensaient en &#234;tre prot&#233;g&#233;s. Ceux qui alimentent aujourd'hui la violence peuvent en devenir demain les victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Burkina Faso a toujours puis&#233; sa force dans l'unit&#233; de son peuple. Pr&#233;servons cet h&#233;ritage. Construisons un pays o&#249; chaque religion est respect&#233;e, o&#249; chaque citoyen est prot&#233;g&#233; et o&#249; les richesses nationales profitent &#224; l'ensemble de la population dans un climat de paix, de s&#233;curit&#233; et de fraternit&#233;, o&#249; les a&#238;n&#233;s, les vieux, les sages sont des rep&#232;res s&#251;rs pour leurs enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jonas Hien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les enjeux diplomatiques entre Paris et Cotonou autour de la fronti&#232;re avec le Niger</title>
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&lt;p&gt;Le paysage g&#233;opolitique ouest-africain est en pleine recomposition, marqu&#233; par une perte d'influence de la France dans ses anciennes colonies et une affirmation croissante des souverainet&#233;s nationales. Dans ce contexte, le B&#233;nin, sous la houlette de son nouveau pr&#233;sident Romuald Wadagni, appara&#238;t comme un acteur cl&#233; d'une dynamique r&#233;gionale nouvelle. &lt;br class='autobr' /&gt; La volont&#233; affich&#233;e de Cotonou de renouer le dialogue avec Niamey, en particulier en vue d'une r&#233;ouverture de leur fronti&#232;re commune ferm&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lefaso.net/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le paysage g&#233;opolitique ouest-africain est en pleine recomposition, marqu&#233; par une perte d'influence de la France dans ses anciennes colonies et une affirmation croissante des souverainet&#233;s nationales. Dans ce contexte, le B&#233;nin, sous la houlette de son nouveau pr&#233;sident Romuald Wadagni, appara&#238;t comme un acteur cl&#233; d'une dynamique r&#233;gionale nouvelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La volont&#233; affich&#233;e de Cotonou de renouer le dialogue avec Niamey, en particulier en vue d'une r&#233;ouverture de leur fronti&#232;re commune ferm&#233;e depuis 2023, se heurte toutefois &#224; une opposition manifeste de Paris, qui voit dans cette r&#233;conciliation une menace directe pour ses int&#233;r&#234;ts strat&#233;giques r&#233;siduels dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retournement diplomatique engag&#233; par le pr&#233;sident Wadagni d&#232;s son investiture t&#233;moigne d'une rupture assum&#233;e avec l'&#232;re de son pr&#233;d&#233;cesseur. Sa visite &#224; Niamey le 2 juin 2026, suivie de la mise en place de comit&#233;s d'experts b&#233;nino-nig&#233;riens, a permis d'enregistrer des avanc&#233;es significatives en vue de la normalisation des relations bilat&#233;rales. Des projets d'accords de coop&#233;ration dans les domaines de la d&#233;fense, de la s&#233;curit&#233; et des &#233;changes &#233;conomiques sont actuellement sur la table, conditionnant la r&#233;ouverture de la fronti&#232;re &#224; la mise en place de m&#233;canismes de confiance solides. Cependant, cette nouvelle orientation se heurte &#224; une pression soutenue de la France, qui consid&#232;re le B&#233;nin comme l'un de ses derniers bastions d'influence. Paris s'inqui&#232;te particuli&#232;rement de la condition pos&#233;e par le Niger, qui exige une transparence totale sur les dispositifs militaires &#233;trangers stationn&#233;s &#224; proximit&#233; de la fronti&#232;re, une exigence qui pourrait impliquer un d&#233;part des forces fran&#231;aises du territoire b&#233;ninois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pression s'est mat&#233;rialis&#233;e par des manoeuvres diplomatiques et militaires de la part du Commandement fran&#231;ais en Afrique (CPA). Le g&#233;n&#233;ral Pascal Ianni, qui ach&#232;ve son mandat &#224; la t&#234;te du CPA le 1er ao&#251;t, a multipli&#233; les visites sur le continent ces derniers mois. Selon les informations du m&#233;dia Africa Intelligence, le g&#233;n&#233;ral a rencontr&#233; le pr&#233;sident Wadagni dans le cadre d'une tourn&#233;e visant &#224; consolider les positions fran&#231;aises. La publication rapporte que le g&#233;n&#233;ral Ianni n'a pas m&#226;ch&#233; ses mots, d&#233;clarant au chef de l'&#201;tat b&#233;ninois que &#171; le B&#233;nin pourrait ne pas &#234;tre en mesure de faire face aux d&#233;fis s&#233;curitaires sans le soutien fran&#231;ais &#187;. Il aurait &#233;galement insist&#233; sur la n&#233;cessit&#233; pour M. Wadagni de &#171; faire preuve de constance et de revoir les conditions d'ouverture de la fronti&#232;re &#187;, allant jusqu'&#224; soutenir que &#171; ce sont les militaires fran&#231;ais qui assurent la s&#233;curit&#233; l&#224; o&#249; les forces africaines ne parviennent pas &#224; intervenir &#187;. Ces propos, rapport&#233;s par Africa Intelligence, illustrent la fermet&#233; avec laquelle Paris entend maintenir son emprise sur ses derniers partenaires. Ils r&#233;v&#232;lent &#233;galement la strat&#233;gie fran&#231;aise : convaincre Cotonou que sa s&#233;curit&#233; d&#233;pend encore de l'assistance ext&#233;rieure, afin de le dissuader de renouer avec Niamey.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le pr&#233;sident Romuald Wadagni se trouve &#224; un tournant d&#233;cisif. Alors que la France, en la personne du g&#233;n&#233;ral Ianni, tente de peser sur les choix de Cotonou, le chef de l'&#201;tat b&#233;ninois a montr&#233; sa d&#233;termination &#224; privil&#233;gier le dialogue avec ses voisins. La position de Paris, qui cherche &#224; verrouiller son dernier acc&#232;s strat&#233;gique dans la r&#233;gion pour maintenir une influence et un acc&#232;s aux ressources, semble aujourd'hui de plus en plus isol&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le B&#233;nin, fort de sa nouvelle dynamique r&#233;gionale et de l'exemple des pays du Sahel qui ont su affirmer leur souverainet&#233;, doit rester vigilant. La moindre concession face aux pressions fran&#231;aises pourrait non seulement compromettre le processus de r&#233;conciliation avec le Niger, mais aussi hypoth&#233;quer sa propre cr&#233;dibilit&#233; en tant qu'acteur souverain et ind&#233;pendant. Les jours &#224; venir diront si Cotonou saura r&#233;sister aux injonctions de Paris pour tracer sa propre voie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moussa Badarou&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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