<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://lefaso.net/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>leFaso.net</title>
	<link>https://lefaso.net/</link>
	<description>L'information en temps r&#233;el du Burkina, M&#233;dias, journaux, infos, direct, les derni&#232;res nouvelles, politiques.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://lefaso.net/spip.php?id_rubrique=411&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>leFaso.net</title>
		<url>https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L144xH43/siteon0-94382.jpg?1790155125</url>
		<link>https://lefaso.net/</link>
		<height>43</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Dynamiques organisationnelles et interactions des acteurs de la fili&#232;re b&#233;tail-viande au Burkina Faso</title>
		<link>https://lefaso.net/spip.php?article149344</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lefaso.net/spip.php?article149344</guid>
		<dc:date>2026-09-19T14:09:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
La fili&#232;re b&#233;tail-viande, sous l'angle de l'analyse sociologique appara&#238;t comme un monde o&#249; foisonnent une diversit&#233; d'acteurs, o&#249; se font et se d&#233;font des partenariats au gr&#233; des jeux d'int&#233;r&#234;ts et d'interd&#233;pendances. La composition, la structure organisationnelle et les interactions de ce corps d'acteurs, constituent l'objet de la pr&#233;sente &#233;tude qui vise &#224; identifier les acteurs, &#224; en cerner l'&#233;tat organisationnel et la typologie des liens qui les unit. La d&#233;marche m&#233;thodologique (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://lefaso.net/spip.php?rubrique411" rel="directory"&gt;Recherches et innovations&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L150xH94/capture_d_ecran_2026-09-19_105725-2-2-0560b.png?1790155252' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sum&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fili&#232;re b&#233;tail-viande, sous l'angle de l'analyse sociologique appara&#238;t comme un monde o&#249; foisonnent une diversit&#233; d'acteurs, o&#249; se font et se d&#233;font des partenariats au gr&#233; des jeux d'int&#233;r&#234;ts et d'interd&#233;pendances. La composition, la structure organisationnelle et les interactions de ce corps d'acteurs, constituent l'objet de la pr&#233;sente &#233;tude qui vise &#224; identifier les acteurs, &#224; en cerner l'&#233;tat organisationnel et la typologie des liens qui les unit. La d&#233;marche m&#233;thodologique adopt&#233;e a repos&#233; sur l'organisation d'un atelier r&#233;unissant l'ensemble des acteurs, compl&#233;t&#233;e par une enqu&#234;te de terrain men&#233;e aupr&#232;s des diff&#233;rentes cat&#233;gories d'acteurs de la fili&#232;re dans huit communes b&#233;n&#233;ficiaires du projet FAPROVIAQ.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Introduction&lt;br class='autobr' /&gt; Les pays sah&#233;liens constituent un r&#233;servoir de production et de commercialisation de produits animaux, et le cas de la fili&#232;re b&#233;tail-viande en est une illustration particuli&#232;rement irr&#233;cusable. En effet, selon une &#233;tude de la SNV en 2019, le cheptel b&#233;tail ouest africain est majoritairement constitu&#233; de celui du Mali, du Niger et du Burkina Faso (SNV, 2019, p. 2). Selon cette m&#234;me &#233;tude, le cheptel b&#233;tail burkinab&#233; &#224; lui seul concentre un effectif estim&#233; en 2016 &#224; 35 millions de ruminants. Cette estimation place d'embl&#233;e le Burkina Faso en 3&#232;me rang apr&#232;s ses voisins sah&#233;liens. Or, avec la croissance d&#233;mographique et le ph&#233;nom&#232;ne de l'urbanisation, la demande en viande ne fait que s'accro&#238;tre aussi bien dans les pays sah&#233;liens de forte production que dans les pays c&#244;tiers de consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation met &#224; nu la capacit&#233; des pays comme le Burkina Faso &#224; r&#233;pondre &#224; cette demande comme un v&#233;ritable d&#233;fi. Un tel d&#233;fi requiert une refondation structurelle pr&#233;alable du paysage des acteurs qui animent la fili&#232;re. La pr&#233;sente &#233;tude vise &#224; r&#233;pondre &#224; la question centrale suivante : la configuration et l'&#233;tat de fonctionnement actuel des diff&#233;rents maillons de la fili&#232;re permettent-ils de relever les nouveaux d&#233;fis de la demande croissante en viande tant &#224; l'int&#233;rieur du Burkina Faso que chez ses voisins c&#244;tiers ? L'&#233;tude poursuit l'objectif suivant : analyser la cartographie des acteurs qui interagissent dans la fili&#232;re au niveau de la r&#233;gion du Guiriko, au Burkina Faso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;thodologie&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;tude a &#233;t&#233; conduite dans la r&#233;gion du Guiriko, situ&#233;e &#224; l'Ouest du Burkina Faso. Elle explore la fili&#232;re b&#233;tail-viande &#224; travers une analyse de la typologie des acteurs qui l'animent, de leur structure organisationnelle ainsi que les liens qu'ils entretiennent entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi une approche de type relationnelle a &#233;t&#233; privil&#233;gi&#233;e en mobilisant plusieurs th&#233;ories compl&#233;mentaires telles que la th&#233;orie de l'interactionnisme symbolique avec Herbert Blumer (Blumer, 1969), la m&#233;thode d'analyse des r&#233;seaux d&#233;velopp&#233;e par Merkl&#233; (Merkl&#233;, 2007), et la mh&#233;tode Net-mapping utilis&#233;e dans des contextes similaires par des auteurs comme Shiffer, Hauck, Affognon, Dabir&#233; et Fayama, Shiffer (2007) ; Affognon &amp; al. (2009) ; Shiffer &amp; Hauck (2010) ; Dabir&#233; &amp; al. (2016) ; Fayama &amp; al. (2023). Les m&#233;thodes qualitatives ont &#233;t&#233; privil&#233;gi&#233;es car elles ont davantage vocation &#224; comprendre, &#224; d&#233;tecter des comportements, des processus ou des mod&#232;les th&#233;oriques qu'&#224; d&#233;crire syst&#233;matiquement, mesurer ou &#224; comparer (Kaufmann, 2011).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huit communes ont fait l'objet de l'&#233;tude et ont &#233;t&#233; s&#233;lectionn&#233;es pour leur statut de commune de transit du b&#233;tail et pour le dynamisme remarquable de leurs acteurs dans la fili&#232;re, constat&#233; lors de l'atelier de diagnostic. Au total, un &#233;chantillon de 151 acteurs a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; dont 68 producteurs par voix de questionnaire. Les 83 autres, compos&#233;s de 34 marchands de b&#233;tail, 34 transformateurs et 15 fournisseurs d'intrants, de services divers et personnes ressources ont &#233;t&#233; entendus par voix d'entretiens semi-directifs individuels ou de groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un atelier initial a &#233;t&#233; organis&#233; en amont de la phase de terrain, l'objectif &#233;tant de faire un diagnostic initial en pr&#233;sence des leaders locaux de la fili&#232;re. Les caract&#233;ristiques socio-&#233;conomiques, la connaissance de l'architecture organisationnelle actuelle de la fili&#232;re, l'appartenance &#224; une organisation professionnelle, les organes de gouvernance de l'organisation professionnelle et ses d&#233;fis et enfin les types de partenariats et les objectifs &#224; moyen et long terme ont &#233;t&#233; entre autres les axes cl&#233;s du questionnaire et des guides d'entretiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultats et Discussion&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; la raret&#233; d'&#233;tudes portant sp&#233;cifiquement sur le monde des acteurs des fili&#232;res agro-pastorales au Burkina Faso et en Afrique de l'Ouest, les r&#233;sultats engrang&#233;s dans cette &#233;tude trouvent un &#233;cho concordant avec le peu de documentation existante. En effet, la r&#233;alit&#233; du monde des acteurs refl&#232;te celle qui a d&#233;coul&#233;e de l'&#233;tude de la sous fili&#232;re des petits ruminants dans le village de Bama situ&#233; dans notre r&#233;gion d'&#233;tude (Lamien, 2016). Des probl&#232;mes d'ordre structurel tels que l'insuffisance ou l'inadaptation des infrastructures de base et des services sont selon cet auteur ce qui entrave le fonctionnement optimal des diff&#233;rents maillons de la cha&#238;ne de valeur des petits ruminants dans la zone &#233;tudi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la production &#224; la consommation, la pr&#233;carit&#233; des voies de communication, et surtout le faible engouement des politiques publiques constituent les entraves structurelles pour la fili&#232;re b&#233;tail-viande &#224; tous les niveaux. Ce que r&#233;v&#232;le cette &#233;tude n'est que la concr&#233;tisation d'une pr&#233;diction scientifique faite depuis 2008 par les conclusions d'une &#233;tude d'envergure r&#233;gionale intitul&#233;e : &#171; Elevage et march&#233; r&#233;gional au Sahel et en Afrique de l'Ouest : Potentialit&#233;s et d&#233;fis &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La configuration du r&#233;seau des acteurs traduit un jeu d'interd&#233;pendances, d&#233;termin&#233; par des pouvoirs symboliques en fonction des produits et services mat&#233;riels et immat&#233;riels d&#233;tenus par chaque sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur cette sc&#232;ne d'interactions permanentes qu'est la fili&#232;re b&#233;tail-viande, les influences des uns sur les autres d&#233;pendent du caract&#232;re strat&#233;gique de son positionnement dans la cha&#238;ne de circulation des flux dans la fili&#232;re (Dabir&#233; &amp; al., 2017, p. 37). De m&#234;me, certains indicateurs statistiques (proportion des producteurs affili&#233;s &#224; des SCOOPS) permettent de conclure une certaine affluence des acteurs vers des organisations professionnelles. Cependant, bien que les acteurs du maillon production soient omnipr&#233;sents dans les zones rurales et urbaines, leur pouvoir d'influence reste relativement faible. Les quelques SCOOPS qui existent reposent sur des bases fragiles dans la mesure o&#249; pour la plupart, elles sont n&#233;es dans des circonstances ponctuelles avec pour seul but de capter des opportunit&#233;s de financements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans de telles conditions, il convient de noter que l'&#233;mergence des organisations formalis&#233;es r&#233;pond plus &#224; une logique &#233;conomique qu'&#224; des facteurs sociaux comme l'instinct de solidarit&#233; et de co-innovation face aux d&#233;fis pr&#233;tendument &#233;voqu&#233;s par les acteurs lors des interviews. Les flux entre acteurs sont pour l'instant marqu&#233;s par des relations informelles qui reposent sur la confiance mutuelle. Le mouvement du b&#233;tail vif allant du Burkina Faso vers ses voisins du Golfe de Guin&#233;e a construit au fils des ann&#233;es des rapports de confiance inalt&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La place des logeurs officieux est d&#233;terminante et est &#224; l'origine de solides r&#233;seaux d'acteurs qui se dupliquent dans le temps et dans l'espace (Karambiri &amp; al., 2025, p. 7). Le mod&#232;le d'analyse des r&#233;seaux d&#233;ploy&#233; par Karambiri &amp; al. pour analyser les dynamiques migratoires des Burkinab&#232; de la C&#244;te-d'Ivoire vers le Lib&#233;ria nous semble &#233;galement pertinent pour comprendre et repenser les relations d'affaires entre les marchands exportateurs de b&#233;tail et leurs logeurs ivoiriens, ghan&#233;ens ou nig&#233;rians (Karambiri &amp; al. 2025, p. 31).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En passant la fili&#232;re en revue, maillon par maillon, le diagnostic pose toujours de grands enjeux, dans la mesure o&#249; les structures organisationnelles des diff&#233;rents maillons connaissent un faible niveau de fonctionnement. En effet, ces organisations professionnelles foisonnantes n'impactent pas significativement la cr&#233;ation d'alliances productives entre les acteurs de la fili&#232;re, qui du reste sont sans formations cons&#233;quentes. Cependant, la faiblesse du niveau de fonctionnement demeure peu perceptible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or les donn&#233;es issues de l'&#233;tude des experts r&#233;alis&#233;e en 2008 sur les potentialit&#233;s et des d&#233;fis du march&#233; r&#233;gional de la fili&#232;re, ainsi que celle de l'analyse de la cha&#238;ne de valeur des petits ruminants &#224; Bama dans le Houet men&#233;e par Lamien en 2015 sont assez &#233;loquentes en la mati&#232;re : l'organisation des acteurs s'impose comme un pr&#233;alable &#224; la transformation structurelle du secteur de l'&#233;levage en g&#233;n&#233;ral, et dans le cas d'esp&#232;ce, de la fili&#232;re b&#233;tail-viande. Malgr&#233; une tendance g&#233;n&#233;rale &#224; la professionnalisation du secteur de l'&#233;levage (Zoundi et Hitimana, 2008, p.42) par un renforcement des organisations paysannes dans les diff&#233;rents pays de l'espace ouest africain, le cas des acteurs de la r&#233;gion du Guiriko devrait encore &#233;voluer significativement. La matrice des relations entre les acteurs de la fili&#232;re r&#233;v&#232;le une imbrication tr&#232;s complexe des flux. Cette donne permet de cerner l'importance de chaque intervenant, m&#234;me les moins visibles dans la cha&#238;ne de valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la matrice de la typologie des liens entre les acteurs, on peut tirer les &#233;l&#233;ments suivants : une influence remarquable des interm&#233;diaires ; une omnipr&#233;sence des liens entre les accompagnants et tous les acteurs des autres maillons ; une centralit&#233; des transformateurs et des marchands dans la matrice g&#233;n&#233;rale des interactions et un r&#233;seau de consommateurs en plein essor (Zoundi et Hitimana, 2008, p.51). Ces constats nous permettent de conclure que les marchands et les transformateurs jouent un r&#244;le central dans la cha&#238;ne de valeur, tandis que les consommateurs et les producteurs semblent plus d&#233;pendants d'eux. En effet, le producteur fournit des efforts &#233;normes pour rendre disponible la mati&#232;re premi&#232;re, mais sa marge de man&#339;uvre sur les prix demeure faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux consommateurs, ils subissent les fluctuations des prix des intrants &#224; travers la flamb&#233;e des prix du produit fini. L'apport majeur de cette &#233;tude est qu'elle vient combler un manque criard dans le corpus des connaissances sur la fili&#232;re b&#233;tail-viande. En effet, les &#233;tudes qui foisonnent sur la fili&#232;re abondent sur les questions li&#233;es &#224; la rentabilit&#233; financi&#232;re de la fili&#232;re. C'est pourquoi le maillon commercialisation constitue le point focal des &#233;tudes pr&#233;c&#233;dentes de la fili&#232;re. Or, le pr&#233;sent travail se veut comme une v&#233;ritable arch&#233;ologie de la fili&#232;re dans le sens sp&#233;cifique des acteurs qui y interagissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un aspect d'une importance capitale mais longtemps occult&#233; ou marginalis&#233;. Cette approche participative a le m&#233;rite de comprendre les acteurs ainsi que les liens qu'ils entretiennent &#224; l'int&#233;rieur de chaque maillon et entre les diff&#233;rents maillons. Le renforcement des alliances productives entre les divers acteurs de la fili&#232;re repr&#233;sente un enjeu important &#224; inscrire au c&#339;ur de la politique gouvernementale d'accompagnement (Nyunkuru, 2018).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conditions climatiques et la position strat&#233;gique de la r&#233;gion des Guiriko font d'elle un foyer important pour les acteurs de la fili&#232;re b&#233;tail viande. L'existence de l'abattoir frigorifique de Bobo-Dioulasso et son ouverture directe aux pays du Golfe de Guin&#233;e, centres de consommation de viande par excellence constituent de grands atouts pour l'ensemble des acteurs de la fili&#232;re. L'analyse de la carte de la fili&#232;re b&#233;tail-viande a r&#233;v&#233;l&#233; une fili&#232;re globalement harmonieuse et potentiellement &#224; la hauteur des d&#233;fis actuels qui se pr&#233;sentent &#224; elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, cette carte des acteurs pr&#233;sente un certain nombre de goulots d'&#233;tranglement qui &#233;maillent l'ensemble de la fili&#232;re. Les producteurs manquent encore de professionnalisme et des investissements structurants sont n&#233;cessaires pour accro&#238;tre d'une part la productivit&#233; et d'autre part la performance des ruminants en mati&#232;re de boucherie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une sous-fili&#232;re marchande encore fortement tributaire de partenariats marchands tr&#232;s instables, r&#233;duisant les &#233;changes marchands internes de la fili&#232;re &#224; de simples relations conjoncturelles. Un faible pouvoir de transformation avec des m&#233;canismes encore rudimentaires et une cha&#238;ne d'accompagnement insuffisante et peu qualifi&#233;e pour une professionnalisation optimale de la fili&#232;re. Tels sont les points saillants du diagnostic de la fili&#232;re b&#233;tail-viande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Guetbsom Hermane SALO, Universit&#233; Joseph-KI-ZERBO, Burkina Faso&lt;br class='autobr' /&gt;
Tiony&#233;l&#233; FAYAMA, Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique/CNRST, Burkina Faso&lt;br class='autobr' /&gt;
Der DABIRE, Centre International de Recherche D&#233;veloppement sur l'Elevage en zone Subhumide, Burkina Faso&lt;br class='autobr' /&gt;
Souleymane SANOGO, Centre International de Recherche D&#233;veloppement sur l'Elevage en zone Subhumide, Burkina Faso&lt;br class='autobr' /&gt;
Fanta Reine Sheirita TIETIAMBOU, Centre Universitaire de Gaoua, Universit&#233; Nazi Boni, Burkina Faso&lt;br class='autobr' /&gt;
Adja Ferdinand VANGA, Universit&#233; P&#233;l&#233;foro Gon Coulibaly de Korogho, Cote d'Ivoire&lt;br class='autobr' /&gt;
Boko Michel OROUNLADJI, Centre International de Recherche D&#233;veloppement sur l'Elevage en zone Subhumide, Burkina Faso &lt;br class='autobr' /&gt;
Ollo SIB, Centre de coop&#233;ration International en Recherche Agronomique pour le D&#233;veloppement, Burkina Faso&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;f&#233;rences bibliographiques&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Affognon, H., Coulibaly M., Diall, O., Grace, D., Randolph, T. &amp;Waibel, H. (2009). Gestion de la chimior&#233;sistance dans le cadre de la lutte int&#233;gr&#233;e contre la trypanosomose dans la zone cotonni&#232;re de l'Afrique de l'Ouest. ILRI (International Livestock Research Institute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dabir&#233;, D., Andrieu, N., Djamen, P., Coulibaly, K., Posthumus, H., Diallo, A. M., Karambiri, M., Douzet, J. M., Triomphe, B. (2016). Operationalizing and innovation platform approach for community-based participatory research on conservation agriculture in Burkina Faso. Cambridge University press. &lt;a href=&#034;https://www.cambridge.org/core&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cambridge.org/core&lt;/a&gt; (consult&#233; le 12 octobre 2025).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fayama, T., Dabir&#233;, D., Bastide, B., Som&#233;, J. W., Seghieri, J., Brouwers, J. (2023). Caract&#233;risation des acteurs de l'agroforesterie pour une conception de plateforme d'innovation suivant le transect Koumbia Gu&#233;gu&#233;r&#233; Dano au Burkina Faso. Biotechnol. Agron. Soc. Environ. 27 (3). &lt;a href=&#034;https://creativecommons.org/licences/by4.0/deed.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://creativecommons.org/licences/by4.0/deed.fr&lt;/a&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Karambiri, S., Zongo, M., Siri, Y. (2025). Des plantations ivoiriennes aux forets lib&#233;riennes : dynamiques migratoires des Burkinab&#232;, entre itin&#233;raires, acteurs et r&#233;seaux. Hybrides. Num. Sp&#233;cial (2) &lt;a href=&#034;https://revuehybrides.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://revuehybrides.org/&lt;/a&gt; T&#233;l&#233;charg&#233; le 05 septembre 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lamien, F. (2016). Analyse de la chaine de valeur des petits ruminants au Burkina Faso : cas de la commune rurale de Bama (province du Houet). (M&#233;moire de Master non publi&#233;), Institut du d&#233;veloppement rural, Universit&#233; Nazi BONI, Bobo Dioulasso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merkl&#233;, P. (2007). Sociologie des r&#233;seaux sociaux. Editions La d&#233;couverte, Collection Rep&#232;res. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nyunkuru, D. (2018). Pour la dignit&#233; paysanne. Editions GRIP. &lt;br class='autobr' /&gt;
Schiffer, E. &amp; Hauck, J. (2010). Net-Map : collecting social network data and facilitating network learning through participatory influence network mapping. Sage. &lt;a href=&#034;http://fm.sagepub.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://fm.sagepub.com&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Zoundi, J. S. &amp; Hitimana, L. (2008). Elevage et march&#233; r&#233;gional au Sahel et en Afrique de l'Ouest : Potentialit&#233;s et d&#233;fis. Ressources. &lt;a href=&#034;http://www.oecd.org/dataoecd/37/51/40279092.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.oecd.org/dataoecd/37/51/40279092.pdf&lt;/a&gt; (fr).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce papier de vulgarisation est tir&#233; de l'article scientifique suivants : Salo H. G., Fayama T., Dabir&#233; D., Sanogo S., Tietiambou F. R. S., Vanga A. F., Orounladji B. M. et Sib O., 2025. Dynamiques organisationnelles et interactions des acteurs de la fili&#232;re b&#233;tail-viande au Burkina Faso. Revue Hybrides (RALSH), Num&#233;ro sp&#233;cial 003, 155-170&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment s'adapter aux effets des changements climatiques dans la commune rurale de Koumbia au Burkina Faso</title>
		<link>https://lefaso.net/spip.php?article149339</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lefaso.net/spip.php?article149339</guid>
		<dc:date>2026-09-19T09:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; Cet article propose une typologie conceptuelle du jeu d'acteurs de la gouvernance des ressources naturelles &#224; vocation pastorale dans la commune rurale de Koumbia. Elle est bas&#233;e sur une d&#233;marche socio-anthropologique mixte &#224; partir d'enqu&#234;te par questionnaire aupr&#232;s de 55 personnes et d'entretiens semi-structur&#233; aupr&#232;s de 30 personnes de mai-juin 2021 dans les villages de Koumbia, Dougoumato 2 et S&#233;b&#233;dougou. Les r&#233;sultats ont montr&#233; que les acteurs clef impliqu&#233;es dans la gestion (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://lefaso.net/spip.php?rubrique411" rel="directory"&gt;Recherches et innovations&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L150xH94/capture_d_ecran_2026-09-19_105725-2-637b8.png?1790155252' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet article propose une typologie conceptuelle du jeu d'acteurs de la gouvernance des ressources naturelles &#224; vocation pastorale dans la commune rurale de Koumbia. Elle est bas&#233;e sur une d&#233;marche socio-anthropologique mixte &#224; partir d'enqu&#234;te par questionnaire aupr&#232;s de 55 personnes et d'entretiens semi-structur&#233; aupr&#232;s de 30 personnes de mai-juin 2021 dans les villages de Koumbia, Dougoumato 2 et S&#233;b&#233;dougou. Les r&#233;sultats ont montr&#233; que les acteurs clef impliqu&#233;es dans la gestion des ressources pastorales dans la commune rurale de Koumbia sont la municipalit&#233;, les services &#233;tatiques d&#233;concentr&#233;s, les autorit&#233;s traditionnelles et les organisations de la population locale aves l'accompagnement des intervenants ext&#233;rieurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mots cl&#233;s : pastoralisme, p&#226;turages, eau, acteurs, Burkina Faso&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Introduction &lt;br class='autobr' /&gt;
Le probl&#232;me des changements climatiques est un ph&#233;nom&#232;ne mondial de perturbation du climat li&#233;e aux &#233;missions et &#224; la forte concentration de Gaz &#224; effets de Serre (GES) dans l'atmosph&#232;re ayant pour cons&#233;quence un r&#233;chauffement de la terre. Selon les conclusions du rapport sp&#233;cial du Grouped'experts intergouvernemental sur l'&#233;volution du climat (GIEC) sur les changements climatiques et les terres &#233;merg&#233;e, l'Afrique demeure le continent le plus touch&#233; par les effets de ces &#233;missions de GES bien qu'il ne soit pas le continent le plus &#233;metteur GES (GIEC, 2019).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Afrique de l'Ouest, on assiste ces derni&#232;res d&#233;cennies &#224; une d&#233;gradation acc&#233;l&#233;r&#233;e de ses ressources naturelles (N Brou, 2011 ; M Ou&#233;draogo ; 2012. S Ki&#233;ma et al.,2015a). Au Burkina Faso, les changements climatiques se manifestent par une amplification des ph&#233;nom&#232;nes m&#233;t&#233;orologiques extr&#234;mes &#224;savoir : s&#233;cheresses et inondations r&#233;currentes ; &#233;rosion hydrique et &#233;olienne ; hausse des temp&#233;ratures et pollution de l'air.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces facteurs menacent le secteur agricole qui est de plus en plus confront&#233; &#224; la r&#233;duction des ressources en eau, et &#224; la baisse de la productivit&#233; des cultures vivri&#232;res et fourrag&#232;res ainsi que des parcours ( F Kanao, 2012 ; N Zampal&#233;gr&#233; et al., 2013 ; N Kabore et al., 2019 ; FAO, 2019). Mais, l'&#233;levage a une position complexe dans le ph&#233;nom&#232;ne climatique car il est aussi bien victime des effets des changements climatiques par la r&#233;duction des p&#226;turages naturels et des eaux de surface disponibles ; acteur de ces changements climatiques &#224; travers les &#233;missions de GES et solution par ce qu'il contribue &#224; la s&#233;questration du carbone dans les sols &#224; travers les effluents (d&#233;jections et urines) (GIEC, 2019).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire face aux effets des changements climatiques, les acteurs ont d&#233;velopp&#233; des pratiques visant &#224; maintenir la production agricole tout en optimisant les ressources disponibles. Les pratiques d'adaptation sont le produit d'un m&#233;lange entre les connaissances autochtones et allochtones, entre savoirs ancestraux et innovations scientifiques (N Zampal&#233;gr&#233; et al., 2013 ; N Yegbemey, 2014 ; S Ki&#233;ma et al.,2015b ; Y Idrissou et al., 2019 ; Y Idrissou et al., 2021). Mais il s'agit en majorit&#233; de pratiques individuelles alors que la r&#233;ponse &#224; la question de l'adaptation aux changements climatiques ne d&#233;pend pas seulement de la volont&#233; d'un individu mais aussi de la soci&#233;t&#233; enti&#232;re. En cela implique de d&#233;velopper de nouveaux modes et de nouvelles r&#232;gles usage des ressources naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249;, nous postulons que la r&#233;ponse &#224; la question de l'adaptation aux changements climatiques doit s'int&#233;grer dans un dispositif de gestion des ressources naturelles &#224; l'&#233;chelle territoriale, afin de d&#233;passer les objectifs de chaque individu. Pourtant, &#224; l'&#233;chelle territoriale, la gestion des ressources pastorales implique divers acteurs aux profils socio&#233;conomiques vari&#233;s, aux perceptions et mode d'utilisation des ressources diff&#233;rents (M Blanchard et al., 2005 ; MA Diallo, 2009 ; M Koutou, 2010). De ce fait, &#224; chaque niveau d'implication d'un acteur dans la gestion des ressources naturelles correspond des rapports sp&#233;cifiques avec d'autres acteurs qui influencent l'ensemble du syst&#232;me de production agropastorale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au regard du contexte actuel de d&#233;centralisation, il est important de d&#233;finir les organisations territoriales &#224; finalit&#233; socio-&#233;conomique et environnementale qui coordonnent et prennent en charge la gestion des ressources pastorales. Cette d&#233;finition rev&#234;t davantage d'int&#233;r&#234;t lorsque que l'on se positionne sous l'angle des pratiques pastorales climato intelligentes. En effet, une bonne caract&#233;risation des acteurs impliqu&#233;s dans la gestion des ressources agropastorales et des interactions entre ces acteurs facilite l'identification, l'explicitation et l'exploration des pratiques agropastorales et socio-environnementales susceptibles d'att&#233;nuer les effets et les causes des changements climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette contribution &#224; l'identification des pratiques permettant d'att&#233;nuer les effets et les causes des changements climatiques dans le secteur pastoral est le fil rouge de cette &#233;tude. En effet, il est question de savoir quel syst&#232;me de gestion des ressources pastorales peut-on mettre en place dans le contexte des changements climatiques ? De fa&#231;on sp&#233;cifique (i) qui sont les principaux acteurs devant jouer un r&#244;le d&#233;cisif dans la gestion des ressources pastorales du territoire ? (ii) quelles sont les interactions en jeu dans la gestion des ressources pastorales &#224; l'&#233;chelle du territoire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;thodologique&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette recherche a &#233;t&#233; men&#233;e dans trois villages de la commune rurale de Koumbia. Il s'agit de Koumbia village, Kongolikan et S&#233;b&#233;dougou. La production des donn&#233;es a &#233;t&#233; faite &#224; travers la recherche documentaire qui a permis de dresser un &#233;tat des lieux des &#233;tudes ant&#233;rieures ; suivie par des entretiens semi-structur&#233;es et des enqu&#234;tes par questionnaires pour caract&#233;riser les acteurs et leurs interactions dans la gestion de ces ressources. Tous les acteurs impliqu&#233;s directement ou indirectement dans la gestion des ressources pastorales ont &#233;t&#233; interrog&#233;s dans chaque village. Dans cet ordre d'id&#233;es, 85 personnes dont 55 par questionnaire et 30 par entretiens semi-structur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultats&lt;br class='autobr' /&gt;
Typologie fonctionnelle des acteurs impliqu&#233;s dans la gouvernance des ressources pastorales &lt;br class='autobr' /&gt;
Quatre (04) entit&#233;s sont impliqu&#233;es dans la gestion des ressources pastorales &#224; Koumbia : les collectivit&#233;s territoriales, les services &#233;tatiques d&#233;concentr&#233;s, les autorit&#233;s traditionnelles et les organisations de la population villageoise avec l'accompagnement des intervenants ext&#233;rieurs (Centres de recherche et ONG). Ces acteurs jouent bien distincts allant de la d&#233;cision, de la coordination et de l'application des r&#232;gles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Typologie des interactions en jeu dans la gouvernance des ressources pastorales &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la commune de Koumbia, les ressources pastorales identifi&#233;es sont compos&#233;es des paturages dans les for&#234;ts, des p&#226;turages sur les collines et dans les champs et les point d'eau (bouli, barrage, cours d'eau et forages pastoraux). La gestion de ces diff&#233;rentes met en jeu une diversit&#233; d'acteur regroup&#233;e en 4 cat&#233;gories sus-pr&#233;sent&#233;e. Les interactions entre ces acteurs sont structur&#233;es autour de quatre (04) types de relations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit des relations de coop&#233;ration existantes entre les diff&#233;rents membres des groupements &#224; travers l'entraide mutuelle d'une part et entre les centres de recherches, ONG et les b&#233;n&#233;ficiaires &#224; travers des appuis techniques et financiers autour des projets de recherche d&#233;veloppement. Les relations commerciales : elles correspondent aux acteurs qui entretiennent les transactions commerciales &#224; travers le commerce des produits animaux. les relations administratives liant l'administration communale et les services rattach&#233;s, les services d&#233;concentr&#233;s. les relations de m&#233;diation &#224; travers les CVD qui jouent le r&#244;le d'interm&#233;diaire entre la mairie et la population et entre la population et les autorit&#233;s coutumi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, l'utilisation des ressources naturelles &#224; vocation pastorale montre des relations &#224; tendance conflictuelle entre &#233;leveurs-agriculteur-poste forestier-Mairie. A l'examen de ces relations, ce sont les &#233;leveurs qui sont d'abord en relations conflictuelles avec les agricultures &#224; cause des difficult&#233;s d'acc&#232;s aux p&#226;turages et aux points d'eau, occup&#233;s par les champs de culture en saison des pluies. Ensuite, ces &#233;leveurs sont en relation conflictuelle avec les services forestiers &#224; cause des interdits d'acc&#232;s aux p&#226;turages dans les for&#234;ts class&#233;es, qui demeurent les seuls refuges des &#233;leveurs en toute saison. Enfin, ces &#233;leveurs sont en relation conflictuelle avec la mairie qui garde les troupeaux saisis en fourri&#232;re payante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Discussion&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la commune rurale de Koumbia, le syst&#232;me de gestion des ressources naturelles &#224; vocation pastorales est compos&#233; d'acteurs &#233;tatiques, municipaux, coutumiers et organisation de la population qui interagissent autour de l'acc&#232;s aux for&#234;ts class&#233;es, aux collines, aux champs et aux points d'eau n&#233;cessaires &#224; l'adaptation des &#233;leveurs aux effets des changements climatiques. Mais dans la majorit&#233; des cas, les interactions sont &#224; tendance conflictuelle entre &#233;leveurs-agriculteurs ; &#233;leveurs-forestiers et &#233;leveurs-Mairie. Si, les conflits &#233;leveurs-agriculteurs sont largement connus et document&#233;s dans la litt&#233;rature depuis longtemps, les &#233;leveurs-forestiers autour l'acc&#232;s aux for&#234;ts et &#233;leveurs-Mairie autour de la gestion de la fourri&#232;re sont r&#233;cent et peu document&#233;s dans la litt&#233;rature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, il faut noter que les &#233;leveurs sont impliqu&#233;s dans les trois types de conflits. Mais chaque conflit dispose de sa propre politique publique de gestion. En effet, les conflits &#233;leveurs agriculteurs r&#233;sultant des d&#233;g&#226;ts de culture sont g&#233;r&#233;s &#224; la Pr&#233;fecture avec le concours des leaders traditionnels et &#224; l'amiable en contrepartie d'une compensation financi&#232;re d&#233;cid&#233;e de concert avec les deux parties en conflit dans la majorit&#233; des cas. Par contre, la gestion des &#233;leveurs-forestiers et &#233;leveurs-Mairie est soumise au paiement d'une amende obligatoire de 1000 F CFA/t&#234;te de b&#233;tail et de 500 F CFA/ T&#234;te de b&#233;tail, fix&#233;e respectivement par le code de l'environnement et le conseil municipal de Koumbia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, il faut souligner que les conflits d'usage des ressources naturelles sont pris en charge par des structures publiques institu&#233;es par la loi O34 portant sur le foncier rural au Burkina Faso. Ce sont la Commission Fonci&#232;re Villageoise (CFV) et la Commission de Conciliation Fonci&#232;re Villageoise (CCFV) qui ont &#233;t&#233; mises en place par la mairie, autorit&#233; municipale de gestion des ressources naturelles. Mais la CFV et la CCFV ne sont pas fonctionnelles &#224; Koumbia, bien que les bureaux aient &#233;t&#233; install&#233;s par conflit de leadership entre le chef du village et le chef de terre. A ces deux structures d&#233;di&#233;es, il faut ajouter le Conseil villageois de d&#233;veloppement (CVD) qui s'occupe des questions la mobilisation de la population pour le d&#233;veloppement communal et servant de relais d'information entre la population et le conseil municipal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, les membres du CVD &#233;voquent une asym&#233;trie d'information au niveau de la Mairie qui ne les implique pas pleinement dans la gestion des conflits. Par exemple, le CVD est sens&#233; d&#233;tenir la cl&#233; de la fourri&#232;re afin qu'au terme d'un r&#232;glement amiable d'un conflit agriculteur-&#233;leveur par le CCFV, ils puissent aviser la mairie et proc&#233;der &#224; la lib&#233;ration des animaux enferm&#233;s. Mais ce n'est pas cas car ils ne sont impliqu&#233;s que lorsque le conflit n'arrive pas &#224; &#234;tre solutionn&#233; &#224; la mairie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les plaignants s'adressent alors au CVD qui &#224; son tour porte l'affaire aupr&#232;s du Chef du village. Parfois les plaignants s'adressent directement au chef de Terre qui porte cela aupr&#232;s du chef du village. Ce n'est que pour le r&#232;glement que le CVD est convi&#233;. Un autre dysfonctionnement est au sein m&#234;me du bureau CVD. Les membres se plaignent de la non appropriation pleine de leurs charges afin d'&#234;tre plus efficaces dans leur contribution au d&#233;veloppement du village.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Enfin, faut observer que les relations de coop&#233;rations peuvent devenir conflictuelles, de m&#234;me que les rapports administratifs. Par exemple durant les constats de d&#233;g&#226;ts li&#233;s &#224; la transhumance des animaux ou &#224; l'acc&#232;s aux berges, les repr&#233;sentants des services d&#233;concentr&#233;s peuvent subir des dommages corporels. C'est la raison pour laquelle aucun constat ne se fait avant obtention d'une r&#233;quisition de la pr&#233;fecture qui conditionne l'escorte sur les lieux du conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, la commune de Koumbia dispose d'une charte fonci&#232;re (S M Karambiri, 2018) qui a &#233;t&#233; &#233;labor&#233;e de mani&#232;re participative. Mais les agriculteurs comme les &#233;leveurs se plaignent de la non prise en compte des textes de la charte d'o&#251;t le non-respect de cette charte dont le bilan est mitig&#233;. En effet, cette charte peine &#224; &#234;tre efficace car les acteurs qui utilisent ces ressources d'utilisation commune n'ont pas la gestion de ces ressources comme principal objectif mais plut&#244;t leurs int&#233;r&#234;ts personnels. Cette divergence d'objectifs est d'ailleurs &#224; l'origine de la reprise des terres autrefois allou&#233;es par leurs propri&#233;taires &#224; des fins pastorales ou encore de la r&#233;duction drastique des pistes &#224; b&#233;tail jadis d&#233;limit&#233;es gr&#226;ce &#224; ladite charte (S M Karambiri, 2018).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, une diversit&#233; d'acteurs sont compose le syst&#232;me de gestion des ressources naturelles &#224; vocation pastorales dans la commune rurale de Koumbia. Ce sont des acteurs &#233;tatiques, municipaux, coutumiers et des organisations de la population qui interagissent autour de l'acc&#232;s aux for&#234;ts class&#233;es, aux collines, aux champs et aux points d'eau n&#233;cessaires &#224; l'adaptation des &#233;leveurs aux effets des changements climatiques. Mais dans la majorit&#233; des cas, les interactions sont &#224; tendance conflictuelle entre &#233;leveurs-agriculteurs ; &#233;leveurs-forestiers et &#233;leveurs-Mairie. Si, les conflits &#233;leveurs-agriculteurs sont connus et document&#233;s depuis belle lurette, notre &#233;tude met en exergue des &#233;leveurs-forestiers autour l'acc&#232;s aux for&#234;ts et &#233;leveurs-Mairie autour de la gestion de la fourri&#232;re sont r&#233;cent et peu document&#233;s dans la litt&#233;rature. Bien que l'&#233;leveur soit impliqu&#233; dans tous ces conflits, il faut noter que chaque conflit dispose de sa propre politique publique de gestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, si la loi donne aux collectivit&#233;s territoriales les pr&#233;rogatives pour g&#233;rer les ressources de leur territoire, nous notons qu'&#224; Koumbia, les r&#232;gles de la municipalit&#233; relatives &#224; la gestion des ressources pastorales demeurent inop&#233;rantes. En cons&#233;quence, les conflits sont davantage g&#233;r&#233;s par les chefs coutumiers, en particulier les chefs de terres. Afin de r&#233;duire les conflits li&#233;s &#224; l'usage des ressources naturelles nous sugg&#233;rons, il est imp&#233;ratif pour le conseil municipal de vulgariser et appliquer les dispositions de la charte fonci&#232;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dabir&#233; Der (USPAE/CIRDES), Fayama Tiony&#233;l&#233; (CNRST/INERA), Ouiminga Idrissa (UTS/CEDRES), Sond&#233; T. Larissa (UTS/CEDRES), Berre David (CIRAD), To&#233; Patrice (UNB)/IDR/ LERE-DES)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;f&#233;rences bibliographiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Blanchard, M., Vall, E., &amp; C&#233;sar, J. (2005). Diagnostic agropastoral de Koumbia (p. 53). CIRAD. &lt;br class='autobr' /&gt;
Brou, N. (2011). Approches strat&#233;giques de gestion durable des ressources foresti&#232;res : La place de la transdisciplinarit&#233;. 11. &lt;br class='autobr' /&gt;
Diallo, M. A. (2009). Rapport g&#233;n&#233;ral des Diagnostics sur la gestion des ressources agro sylvo-pastorales de la commune de KOUMBIA [CIRDES/URPAN].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FAO. (2019). L'action de la FAO face au changement climatique | Enhanced Reader. Conf&#233;rence des Nations Unies sur le changement climatique. moz-extension ://4b66a232-5adf 48ae-abb3-a4e801049a42/enhanced reader.html ?openApp&amp;pdf, Le rapport sp&#233;cial du GIEC sur le changement climatique et les terres &#233;merg&#233;es : Quels impacts pour l'Afrique ? 40.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Idrissou, Y. (2021). Approches de mod&#233;lisation des strat&#233;gies d'adaptation des pasteurs et agro-pasteurs face au changement climatique. 12&lt;br class='autobr' /&gt;
Idrissou, Y., Assani, A. S., Toukourou, Y., Worogo, H. S. S., Assogba, B. G. C., Azalou, M., Adjassin, J. S., Alabi, C. D. A., &amp; Yabi, J. A. (2019). Syst&#232;mes d'&#233;levage pastoraux et changement climatique en Afrique de l'Ouest : Etat des lieux et perspectives. 21.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kabore, P. N., Barbier, B., Ouoba, P., Kiema, A., Some, L., &amp; Ouedraogo, A. (2019). Perceptions du changement climatique, impacts environnementaux et strat&#233;gies endog&#232;nes d'adaptation par les producteurs du Centre-nord du Burkina Faso. VertigO, Volume 19 Num&#233;ro 1. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/vertigo.24637&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/vertigo.24637&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Kanao, F. (2012). Typologie des strat&#233;gies d'adaptation des pasteurs et agro-pasteurs face aux changements climatiques en fonction des zones agro-&#233;cologiques : Cas de Ouangolodougou, Tengrela, P&#233;ni et Koumbia au Burkina Faso, (p. 68).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Karambiri, S. (2018). La gouvernance territoriale par les chartes fonci&#232;res locales dans la r&#233;gion des hauts bassins / burkina faso. Universit&#233; Paul Val&#233;ry- Montpellier III. &lt;br class='autobr' /&gt;
Kiema, A., Tontibomma, G. B., &amp; Zampaligr&#233;, N. (2015). Transhumance et gestion des ressources naturelles au Sahel : Contraintes et perspectives face aux mutations des syst&#232;mes de productions pastorales. VertigO, Volume 14 Num&#233;ro 3. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4000/vertigo.15404&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4000/vertigo.15404&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Kima, S. A., Zampaligre, N., Kiema, A., &amp; Sule, L. (2015). Adapting to the impacts of climate change in the sub-humid zone of Burkina Faso, West Africa : Perceptions of agro-pastoralists.&lt;br class='autobr' /&gt; Koutou, M., &amp; Vall, E. (2010). IMPLICATION DES ACTEURS LOCAUX DANS LA CONCEPTION D'INNOVATIONS : LE CAS DES SYSTEMES AGROPASTORAUX DU TUY(BURKINA-FASO). Burkina Faso, 13.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ouedraogo, M. (2012). Impact des changements climatiques sur les revenus agricoles au Burkina Faso. Journal of Agriculture and Environment for International Development, 106 (1). &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.12895/jaeid.20121.43&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.12895/jaeid.20121.43&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yegbemey, R. N., Yabi, J. A., Boris, G., &amp; Para&#239;so, A. (2014). Simultaneous modelling of the perception of and adaptation to climate change : The case of the maize producers in northern Benin. Cahiers Agricultures, 23(3), 177 187. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1684/agr.2014.0697&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1684/agr.2014.0697&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Zampaligre, N., Dossa, L. H., &amp; Schlecht, E. (2013). Climate Change and Variability : Perception and Adaptation Strategies of Pastoralists and Agro-pastoralists across different Zones of Burkina Faso.&#8221; Regional Environmental Change&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce document de vulgarisation est tir&#233; de l'article suivant : Dabir&#233; Der, Fayama Tiony&#233;l&#233;, Ouiminga Idrissa, Sond&#233; T Larissa, Berre David, To&#233; Patrice typologie des interactions enjeu dans la gouvernance des ressources pastorales pour s'adapter aux effets des changements climatiques dans la commune rurale de Koumbia au Burkina Faso :entre hi&#233;rarchie, m&#233;diation, coop&#233;ration et conflit. Revue Internationale DAMBE | ISSN : 1987-1996 | Volume 2, Num&#233;ro 2 | Juin 2026 p. 264-273&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Perceptions et strat&#233;gies d'adaptation des agropasteurs du changement climatique au Burkina Faso</title>
		<link>https://lefaso.net/spip.php?article149338</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lefaso.net/spip.php?article149338</guid>
		<dc:date>2026-09-19T09:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; Ces derni&#232;res d&#233;cennies, le Burkina Faso conna&#238;t une intensification du changement climatique, marqu&#233;e par la hausse des temp&#233;ratures, la baisse de la pluviom&#233;trie et la multiplication des &#233;pisodes de s&#233;cheresse. Ces transformations perturbent profond&#233;ment les syst&#232;mes agropastoraux, notamment dans les milieux ruraux. Cette &#233;tude vise &#224; analyser les perceptions du changement climatique et les strat&#233;gies d'adaptation &#233;labor&#233;es par les agropasteurs de Koumbia et de Nagr&#233;ongo face &#224; ces (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://lefaso.net/spip.php?rubrique411" rel="directory"&gt;Recherches et innovations&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L150xH94/capture_d_ecran_2026-09-19_105725-33336.png?1790155252' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces derni&#232;res d&#233;cennies, le Burkina Faso conna&#238;t une intensification du changement climatique, marqu&#233;e par la hausse des temp&#233;ratures, la baisse de la pluviom&#233;trie et la multiplication des &#233;pisodes de s&#233;cheresse. Ces transformations perturbent profond&#233;ment les syst&#232;mes agropastoraux, notamment dans les milieux ruraux. Cette &#233;tude vise &#224; analyser les perceptions du changement climatique et les strat&#233;gies d'adaptation &#233;labor&#233;es par les agropasteurs de Koumbia et de Nagr&#233;ongo face &#224; ces bouleversements. La recherche repose sur une d&#233;marche qualitative mobilisant des ateliers participatifs, des observations et des entretiens semi-directifs. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mots-cl&#233;s : agropastoralisme, perceptions, r&#233;silience, strat&#233;gies d'acteurs, Burkina Faso.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Introduction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte de pression accrue sur les ressources naturelles et de mobilit&#233; croissante des pasteurs, l'agropastoralisme s'est progressivement impos&#233; comme un mode de production central dans les zones sah&#233;liennes et soudaniennes du pays. En associant agriculture et &#233;levage dans un m&#234;me espace (Kima et al., 2015), il a longtemps permis aux &#233;leveurs de r&#233;pondre aux variations climatiques, de diversifier leurs activit&#233;s et de s&#233;curiser leurs moyens d'existence, que ce soit dans leurs zones d'origine ou dans les lieux d'accueil o&#249; ils se d&#233;placent &#224; la recherche de p&#226;turages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'expansion des surfaces cultiv&#233;es, la croissance d&#233;mographique et l'augmentation des troupeaux exercent aujourd'hui de fortes pressions sur ces syst&#232;mes. L'acc&#232;s &#224; la terre, &#224; l'eau, aux p&#226;turages, aux jach&#232;res et aux ressources foresti&#232;res devient de plus en plus difficile, g&#233;n&#233;rant des tensions entre acteurs et compliquant la gestion concert&#233;e des ressources. Ces contraintes sont renforc&#233;es par les effets du changement climatique et par les transformations socio&#233;conomiques et politiques qui affectent durablement les communaut&#233;s pastorales de la zone soudanienne (Vall et al., 2006).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les al&#233;as climatiques influencent directement les pratiques d'&#233;levage : ils orientent les choix de races, la composition des troupeaux et les strat&#233;gies d'achat, de vente ou de mobilit&#233;. C'est dans ce contexte que s'inscrit la pr&#233;sente &#233;tude dont les objectifs sont d'analyser les perceptions des agropasteurs concernant les manifestations et les effets du changement climatique dans les deux communes, d'&#233;valuer les impacts de ces changements sur leurs pratiques et sur les syst&#232;mes de production agropastoraux et de caract&#233;riser les strat&#233;gies d'adaptation mises en &#339;uvre par les agropasteurs et examiner le r&#244;le des dispositifs techniques dans leur consolidation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;thodologie &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;tude s'est d&#233;roul&#233;e dans les communes rurales de Koumnia (province du Houet) et de Nagreongo (province d'Oubritenga). L'approche quantitative a &#233;t&#233; adopt&#233;e dans le cadre de cette &#233;tude et des entretiens semi-directifs ont &#233;t&#233; men&#233;s aupr&#232;s d'agropasteurs, de personnes-ressources (enseignants-chercheurs) et d'agents techniques des services agricoles, de l'&#233;levage et de l'environnement. L'&#233;chantillon comprend cinquante-quatre participants, dont six femmes et quarante-huit hommes, s&#233;lectionn&#233;s pour repr&#233;senter une diversit&#233; de situations. L'analyse de contenu, entendue comme l'&#233;tude de l'implicite et du non-dit au sein des discours (Quivy et Van Campenhoudt, 2006), a permis d'examiner l'&#233;cart entre ce que les enqu&#234;t&#233;s expriment explicitement et ce qui transpara&#238;t en filigrane dans leurs propos. Le cadre th&#233;orique de l'&#233;tude mobilise l'individualisme m&#233;thodologique, qui consid&#232;re que les ph&#233;nom&#232;nes sociaux r&#233;sultent d'actions individuelles orient&#233;es par des motivations, des int&#233;r&#234;ts ou des valeurs (Assogba, 1999).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultats &lt;br class='autobr' /&gt;
Perceptions des effets du changement climatique &lt;br class='autobr' /&gt;
La perception des crises environnementales joue un r&#244;le crucial dans la compr&#233;hension des perspectives et des exp&#233;riences des acteurs locaux, dans l'&#233;laboration des politiques et des processus d&#233;cisionnels, et dans le d&#233;veloppement de mesures d'adaptation cibl&#233;es pour renforcer la r&#233;silience des syst&#232;mes agropastoraux. &#201;galement, durant ces derni&#232;res d&#233;cennies, les agropasteurs de la zone de Koumbia et de Nagr&#233;ongo ont per&#231;u la r&#233;alit&#233; des changements climatiques &#224; travers des variations pluviom&#233;triques, des fortes temp&#233;ratures, des vents violents et des inondations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leurs t&#233;moignages ont permis de tirer des indications pr&#233;cieuses sur l'impact des crises environnementales sur leurs activit&#233;s quotidiennes. Ces t&#233;moignages mettent en &#233;vidence les d&#233;fis auxquels sont confront&#233;es les communaut&#233;s agropastorales pour s'adapter &#224; ces changements et soulignent la n&#233;cessit&#233; d'&#233;laborer des strat&#233;gies efficaces pour en att&#233;nuer les effets n&#233;gatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois param&#232;tres climatiques (la pluviom&#233;trie, la temp&#233;rature et les vents violents) ont &#233;t&#233; cit&#233;s comme &#233;tant les param&#232;tres climatiques les plus d&#233;terminants. Cette perception des producteurs s'explique par le fait que ces trois variables climatiques ont une influence directe sur la production agricole et d&#233;terminent la bonne ou mauvaise saison agricole. Ils paraissent alors plus palpables et visibles par les agropasteurs que les autres param&#232;tres climatiques tels que l'&#233;vapotranspiration, l'insolation, l'humidit&#233; relative, etc. qui sont souvent identifi&#233;s au moyen des appareils sp&#233;cifiques ou par des calculs sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la perception des crises environnementales par les agropasteurs part du fait que ceux-ci constatent des changements de l'environnement au fil des saisons. A ce sujet, Wezel A. et Haigris J. (2000) soutiennent que &#171; la d&#233;gradation continue du couvert v&#233;g&#233;tal ouest africain est en partie due &#224; la croissance d&#233;mographique et aux facteurs climatiques &#187;. Cette affirmation rejoint les r&#233;sultats de nos entretiens et les points de vue d'acteurs comme Thiombiano A. (2005) pour qui &#171; cette d&#233;gradation des &#233;cosyst&#232;mes et de la richesse en esp&#232;ces est une cons&#233;quence de l'aridit&#233; du climat qui est devenue un ph&#233;nom&#232;ne r&#233;el en zone soudanienne &#187;. La fragilit&#233; du milieu soudanien est d'autant plus perceptible lorsque les facteurs anthropiques comme les feux de brousse et le surp&#226;turage s'ajoutent aux facteurs climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque les pluies sont insuffisantes, les cons&#233;quences se refl&#232;tent sur les cultures aux travers de leur mauvais d&#233;veloppement, le fl&#233;trissement des feuilles, la br&#251;lure des cultures suite &#224; l'augmentation de la temp&#233;rature, le manque d'eau pour des besoins domestiques, le manque de fourrage naturel pour le b&#233;tail. Bambara et al. (2013) ont relev&#233; des perceptions paysannes similaires dans les r&#233;ponses &#224; un sondage conduit, respectivement, en zone cotonni&#232;re du Nord du B&#233;nin et au Burkina Faso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les agropasteurs ont &#233;galement recours &#224; des strat&#233;gies de mobilit&#233;, telles que la transhumance ou la migration saisonni&#232;re, pour acc&#233;der &#224; des zones de p&#226;turage moins touch&#233;es par la s&#233;cheresse ou pour rechercher d'autres p&#226;turages pendant les p&#233;riodes de p&#233;nurie. (BODE S., 2012). En outre, les agropasteurs participent activement aux organisations communautaires pour partager des informations, des ressources et un soutien mutuel en temps de crise. Cette approche collaborative renforce leur r&#233;silience et leur permet de relever collectivement les d&#233;fis li&#233;s &#224; la variabilit&#233; du climat et aux risques environnementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travaux de Ou&#233;draogo et al. (2010), relatifs aux perceptions et strat&#233;gies d'adaptation aux changements des pr&#233;cipitations conduites dans les zones sah&#233;liennes, soudano sah&#233;lienne et soudanienne du Burkina Faso, ont relev&#233; les indicateurs tels que la baisse des pluies, le d&#233;r&#232;glement de la saison, l'irr&#233;gularit&#233; des pluies, les poches de s&#233;cheresse, les fortes pluies et les inondations. Le raccourcissement de la dur&#233;e de la saison pluvieuse entrave le d&#233;veloppement normal des cultures. Dans ce contexte, certaines cultures n'arrivent plus &#224; achever leur cycle v&#233;g&#233;tatif. Les r&#233;sultats des &#233;tudes men&#233;es dans la zone sah&#233;lienne africaine et relative aux perceptions paysannes des indicateurs de changements pluviom&#233;triques, sont corrobor&#233;s par les observations faites dans cette &#233;tude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Strat&#233;gies de pr&#233;vention et de r&#233;solution des effets du changement climatiques mises en place par les agropasteurs &lt;br class='autobr' /&gt;
A l'examen des r&#233;sultats de nos entretiens, on constate que les motivations d'adoption des strat&#233;gies de r&#233;solution des crises environnementales dans les communes de Koumbia et de Nagr&#233;ongo sont multiples, indissociables et interd&#233;pendantes. Toutefois, elles rel&#232;vent de diff&#233;rents facteurs notamment, climatiques, socioculturels et &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, selon l'analyse des strat&#233;gies d'acteurs, les relations humaines sont b&#226;ties autour de deux principes fondamentaux qui gouvernent la vie en communaut&#233; et encadrent les interactions individuelles. D'abord, le facteur climatique joue un r&#244;le crucial dans l'&#233;laboration des strat&#233;gies adopt&#233;es par les agropasteurs. L'&#233;volution des conditions m&#233;t&#233;orologiques, les pr&#233;cipitations irr&#233;guli&#232;res et les s&#233;cheresses prolong&#233;es les ont contraints &#224; rechercher des solutions innovantes pour faire face &#224; l'incertitude des activit&#233;s agricoles et &#224; la disponibilit&#233; de l'eau et du fourrage pour leur b&#233;tail. Ces d&#233;fis li&#233;s au climat les ont incit&#233;s &#224; mettre en &#339;uvre des mesures proactives pour adapter leurs pratiques agricoles et leurs techniques de gestion du b&#233;tail aux conditions environnementales existantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En g&#233;n&#233;ral, les principales strat&#233;gies d'adaptation aux changements des pr&#233;cipitations mises en &#339;uvre par les agropasteurs &#224; Koumbia et &#224; Nagr&#233;ongo s'int&#232;grent dans les options d'adaptation rencontr&#233;es dans la litt&#233;rature par les paysans burkinab&#232;. En zone soudano- sah&#233;lienne, les bas-fonds connaissent, ces derni&#232;res d&#233;cennies, une exploitation agricole intense en raison de la fertilit&#233; de leurs sols et de leur caract&#232;re hydromorphe. Ce constat fait par Ilboudo et al (2020) qui pr&#233;sente l'exploitation des bas-fonds comme strat&#233;gie d'adaptation aux effets de la variabilit&#233; pluviom&#233;trique et des d&#233;gradations des terres est aussi fait par des &#233;tudes men&#233;es au Burkina Faso. En effet, les agropasteurs ont adopt&#233; cette strat&#233;gie permettant d'exploiter des unit&#233;s g&#233;omorphologiques de bonne fertilit&#233; telles que les bas-fonds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cet auteur, l'exploitation des bas-fonds permet de r&#233;soudre les probl&#232;mes d'appauvrissement des terres et de baisse de la productivit&#233; rencontr&#233;s par les agropasteurs dans le contexte g&#233;n&#233;ral des changements climatiques. Alors, la mise en valeur des bas-fonds par leur exploitation constitue une alternative de gestion rationnelle des ressources hydriques dans un contexte de pluviosit&#233; difficile ou contraignante. Leur utilisation procure de substantiels revenus aux exploitants car cela leur permet de diversifier non seulement les cultures mais aussi leurs sources de revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association des cultures est une pratique observ&#233;e chez nos enqu&#234;t&#233;(e)s, &#224; cause du manque de terres cultivables, d&#251; aux for&#234;ts class&#233;es et collines dans certaines zones et surtout de l'explosion d&#233;mographique. Cette pratique de la technique d'association des cultures a &#233;t&#233; aussi constat&#233;e au Togo par Sanou et al, (2018), les producteurs togolais ont adopt&#233; cette technique &#224; cause du manque de terres cultivables. Chez eux, la technique d'association porte souvent sur deux, trois voire quatre cultures (sorgho-ni&#233;b&#233;, ma&#239;s-riz igname, ma&#239;s-gombo-igname-riz). Selon certains paysans au Benin, l'association des cultures permettrait de mieux conserver l'humidit&#233; du sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, les facteurs socioculturels influencent &#233;galement de mani&#232;re significative les strat&#233;gies employ&#233;es par les communaut&#233;s. Les traditions, les connaissances et les coutumes locales ont un impact profond sur les processus de prise de d&#233;cision et sur la mani&#232;re dont les individus interagissent les uns avec les autres. Les relations sociales et les syst&#232;mes de soutien communautaire jouent un r&#244;le essentiel dans le partage des informations, des ressources et des strat&#233;gies d'adaptation pendant les crises environnementales. Les communaut&#233;s s'appuient sur leur sagesse et leur exp&#233;rience collectives, transmises de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration, pour traverser les p&#233;riodes difficiles (Bode, 2012). L'&#233;tude a montr&#233; que les agropasteurs ainsi que leurs troupeaux &#233;voluent dans un environnement instable, marqu&#233; d'incertitude et de risques r&#233;currents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire face &#224; l'insuffisance des pr&#233;cipitations et des ressources en p&#226;turages, les agropasteurs ont mis en &#339;uvre des mesures pr&#233;ventives. Ils ont notamment diversifi&#233; leurs pratiques agricoles et leurs activit&#233;s de subsistance afin de r&#233;duire leur d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de l'agriculture pluviale (Sanou et al., 2018). Ils ont &#233;galement explor&#233; d'autres sources d'eau, comme le creusement de puits ou la construction de structures de r&#233;tention d'eau et des forages, afin de garantir la disponibilit&#233; de l'eau pendant les p&#233;riodes de p&#233;nurie. En outre, ils ont adopt&#233; des techniques am&#233;lior&#233;es de gestion des terres, telles que la conservation des sols et les m&#233;thodes de collecte de l'eau, afin d'accro&#238;tre la r&#233;silience de leurs syst&#232;mes agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour att&#233;nuer les effets des d&#233;fis environnementaux, les agropasteurs ont recours &#224; diverses strat&#233;gies. Ils s'engagent dans des pratiques de gestion des troupeaux, telles que l'&#233;levage s&#233;lectif et l'abattage, afin de maintenir un cheptel fort et productif. Cela leur permet de s'adapter aux changements dans la disponibilit&#233; des fourrages et d'optimiser l'utilisation de ressources limit&#233;es. Face au probl&#232;me de fourrage, le ramassage et l'utilisation des r&#233;sidus de cultures est une pratique courante chez nos enqu&#234;t&#233;(e)s qui s'adonnent de plus en plus &#224; la culture de certaines vari&#233;t&#233;s &#224; double usage telle que le ni&#233;b&#233; et le sorgho fourrag&#233;. Les r&#233;sidus de cultures les plus appr&#233;ci&#233;s ont &#233;t&#233; les fanes des l&#233;gumineuses. Elles ont &#233;t&#233; essentiellement utilis&#233;es pour nourrir les animaux au vu de leurs teneurs &#233;lev&#233;es en azote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Ilboudo et al. (2020), les fanes de ni&#233;b&#233; ont &#233;t&#233; les r&#233;sidus de cultures les plus utilis&#233;s. Elles sont suivies par les fanes d'arachide. Enfin, les consid&#233;rations &#233;conomiques font partie int&#233;grante des motivations qui sous tendent les strat&#233;gies de r&#233;solution des crises. Les moyens de subsistance des agropasteurs sont intimement li&#233;s &#224; leurs activit&#233;s agricoles et d'&#233;levage (FAO, 2018). La stabilit&#233; et la subsistance &#233;conomiques d&#233;pendent fortement d'une gestion efficace de l'environnement. Par cons&#233;quent, des strat&#233;gies sont &#233;labor&#233;es pour optimiser l'utilisation des ressources, minimiser les pertes et am&#233;liorer la productivit&#233;, afin de garantir la viabilit&#233; &#224; long terme de leurs pratiques agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, certains agropasteurs adoptent une pratique consistant &#224; parquer leurs animaux dans les champs en jach&#232;re afin de b&#233;n&#233;ficier de leurs d&#233;jections. Cette approche permet d'utiliser les d&#233;jections des animaux comme source de nutriments pour les cultures, contribuant ainsi &#224; am&#233;liorer la fertilit&#233; des sols. Les d&#233;jections animales, riches en mati&#232;re organique, en azote et en autres &#233;l&#233;ments nutritifs, agissent comme un engrais naturel, favorisant la croissance des plantes et augmentant les rendements agricoles. Sans ces fertilisants, il est difficile pour les agropasteurs d'atteindre un rendement optimum (Sanou et al.2018).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette strat&#233;gie pr&#233;sente plusieurs avantages. Elle permet d'une part de r&#233;duire les co&#251;ts li&#233;s &#224; l'achat de fertilisants chimiques (Boma et al., 2017), ce qui est particuli&#232;rement avantageux pour les agropasteurs confront&#233;s &#224; des contraintes &#233;conomiques. D'autre part, l'utilisation de la fumure organique contribue &#224; la gestion durable des ressources naturelles en favorisant la recyclabilit&#233; des nutriments et en r&#233;duisant la d&#233;pendance aux intrants externes vus le prix de l'engrais tr&#232;s variable et que d&#233;pendre d'eux n'est pas tr&#232;s r&#233;silient pour les agropasteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il convient de souligner que l'utilisation de la fumure organique n&#233;cessite une gestion appropri&#233;e pour &#233;viter les probl&#232;mes li&#233;s &#224; une surcharge en nutriments ou &#224; la propagation de maladies (Lindeque, 2011). Les agropasteurs doivent donc prendre des mesures pour contr&#244;ler la quantit&#233; et la r&#233;partition des d&#233;jections animales, tout en respectant les bonnes pratiques agricoles et les normes environnementales. Finalement, l'adoption de strat&#233;gies pour faire face aux crises environnementales dans les communes de Koumbia et de Nagr&#233;ongo est un processus complexe r&#233;gi par des facteurs multiples et interconnect&#233;s. L'interaction des aspects climatiques, socioculturels et &#233;conomiques souligne l'importance d'une approche holistique pour comprendre et relever les d&#233;fis environnementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En reconnaissant et en exploitant les deux principes fondamentaux de la vie communautaire et des interactions individuelles, ces communaut&#233;s peuvent mieux naviguer dans les incertitudes pos&#233;es par les changements environnementaux et pr&#233;server leurs moyens de subsistance pour l'avenir. En effet, pour rendre compte des strat&#233;gies des acteurs, il faut avant tout rechercher la r&#233;gularit&#233; des comportements et ensuite les r&#233;interpr&#233;ter dans le cadre du mod&#232;le de l'acteur qui adapte des strat&#233;gies &#224; son avantage dans une situation tout &#224; fait particuli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;ponse &#224; la variabilit&#233; et au changement du climat, les agropasteurs ont d&#233;velopp&#233; des pratiques agricoles qui r&#233;duisent la d&#233;gradation des terres et augmentent la fertilit&#233; des sols. L'utilisation des techniques de conservation des eaux et des sols augmente avec la vuln&#233;rabilit&#233; du milieu et d&#233;pend aussi des caract&#233;ristiques du paysage. A ce sujet, Sanou et al (2018) affirment que : &#171; les cordons pierreux peuvent induire respectivement une augmentation des rendements de 25% et 60% par rapport &#224; une parcelle sans am&#233;nagement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pratique des demi-lunes contribue &#224; l'adaptation au changement climatique &#224; travers l'am&#233;lioration de l'infiltration de l'eau et partant la r&#233;duction des effets de la variabilit&#233; pluviom&#233;trique. En conclusion, l'utilisation de la fumure organique est une strat&#233;gie adopt&#233;e par les agropasteurs pour am&#233;liorer la productivit&#233; de leurs terres. En tirant parti des d&#233;jections animales comme source de nutriments, ils peuvent accro&#238;tre la fertilit&#233; des sols et atteindre des rendements agricoles optimaux. Cependant, une gestion ad&#233;quate et responsable est n&#233;cessaire pour maximiser les avantages de cette pratique et minimiser les risques potentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude comporte certaines limites, li&#233;es notamment &#224; la focalisation sur deux communes, &#224; la d&#233;marche qualitative reposant sur des d&#233;clarations subjectives et &#224; l'absence de confrontation syst&#233;matique avec des donn&#233;es climatiques instrumentales. Malgr&#233; cela, elle apporte une contribution substantielle par l'&#233;clairage des logiques d'acteurs qu'elle documente, met en &#233;vidence les d&#233;terminants socio-environnementaux de l'adaptation et identifie des strat&#233;gies reproductibles susceptibles de renforcer la r&#233;silience, qu'il s'agisse de s&#233;curisation fonci&#232;re, d'hydraulique pastorale ou de promotion des cultures fourrag&#232;res. Ces r&#233;sultats constituent une base solide pour des recherches mixtes et pour la formulation de politiques publiques mieux adapt&#233;es aux r&#233;alit&#233;s locales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;tude montre que les agropasteurs de Koumbia et de Nagr&#233;ongo appr&#233;hendent les changements climatiques &#224; partir de transformations tangibles de leur environnement, et qu'ils y r&#233;pondent par des strat&#233;gies d'adaptation articulant savoirs locaux, contraintes structurelles et choix rationnels. Le recours &#224; l'individualisme m&#233;thodologique et &#224; la sociologie compr&#233;hensive permet d'&#233;clairer ces logiques d'action, en r&#233;v&#233;lant comment les acteurs ajustent leurs pratiques pour pr&#233;server la viabilit&#233; de leurs syst&#232;mes de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats soulignent toutefois que l'efficacit&#233; des strat&#233;gies observ&#233;es d&#233;pend fortement de conditions structurelles telles que la s&#233;curisation fonci&#232;re, l'acc&#232;s &#224; l'eau, aux intrants et aux dispositifs d'accompagnement technique. L'adaptation ne peut ainsi &#234;tre envisag&#233;e sans un appui institutionnel renforc&#233;, capable de soutenir les innovations locales et de r&#233;duire les in&#233;galit&#233;s d'acc&#232;s aux ressources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tiony&#233;l&#233; FAYAMA (CNRST), Judith DAGBE(UCAO/UUB), Der DABIRE (CIRDES), Alkassoum MAIGA (UJKZ)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;f&#233;rences bibliographiques &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ASSOGBA Y. (1999) La sociologie de Raymond Boudon. Essai de synth&#232;se et application de l'individualisme m&#233;thodologique. Sainte Foy, Les Presses de l'Universit&#233; de Laval et Paris, L'Harmattan 350 p. &lt;br class='autobr' /&gt;
BAMBARA D et al., (2013) &#171; Perceptions paysannes des changements climatiques et leurs cons&#233;quences socio &#224; Tougou et Donsin, climats sah&#233;lien et sah&#233;lo soudanien du Burkina Faso. &#187; Bulletin de la Recherche Agronomique du B&#233;nin (BRAB), Num&#233;ro 74.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BOMA S. et al., (2017) &#171; Contribution de l'&#233;levage du bovin local &#224; la r&#233;duction de la pauvret&#233; mon&#233;taire dans la r&#233;gion centrale au Togo &#187;. Journal de la Recherche Scientifique de l'Universit&#233; de Lom&#233;, Vol. 19 No. 3. CROZIER M., FRIEDBERG E., (1977), L'acteur et le syst&#232;me, &#233;ditions Points, Paris, 498p. &lt;br class='autobr' /&gt;
ILBOUDO D. et al., (2020) La recherche scientifique et progression de la culture du Ni&#233;b&#233; au Burkina Faso, Paris, L'Harmattan, 230p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;KIMA S et al., (2015) Adapting to the Impacts of Climate Change in the Sub-Humid Zone of Burkina Faso, West Africa : Perceptions of Agro-Pastoralists. Pastoralism : Research, Policy and Practice 5:16(1) : 14p. &lt;br class='autobr' /&gt;
LINDEQUE L., (2011) Pastoralisme et gestion des parcours, la pratique de la gestion durable de la terre, 168p. &lt;br class='autobr' /&gt;
OLIVIER DE SARDAN J-P (1995), Anthropologie et d&#233;veloppement. Essai en socio anthropologie du changement social, Marseille : APAD ; Paris, Karthala, Collection : Hommes et soci&#233;t&#233;s, 221 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;QUIVY R. et VAN CAMPENHOUDT L. (2002), Manuel de recherche en sciences sociales, Paris, DUNOD, 287 p. &lt;br class='autobr' /&gt;
SANOU K. et al., (2018) Perceptions et strat&#233;gies d'adaptation des producteurs agricoles aux changements climatiques au Nord-Ouest de la r&#233;gion des Savanes du Togo, Agronomie Africaine, Vol 30, pp 87-97 &lt;br class='autobr' /&gt;
THIOMBIANO A., (2005), Les Combretaceae du Burkina Faso : taxonomie, &#233;cologie, dynamique et r&#233;g&#233;n&#233;ration des esp&#232;ces. Th&#232;se de Doctorat d'Etat Universit&#233; de Ouagadougou, 290 p. VALL E. et al., (2006), Le tissage des relations Agriculture-&#233;levage au fil du coton. Cahiers Agricultures, Vol 15 No 1.pp 72-79.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;VALL E. et al., (2017), Chemin d'intensification et durabilit&#233; des exploitations de polyculture &#233;levage en Afrique Subsaharienne : contribution de l'association agriculture-&#233;levage, Cahiers Agricultures, 25006 (26 :12).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce document de vulgarisation est tir&#233; de l'article suivant : Tiony&#233;l&#233; FAYAMA, Judith DAGBE, Der DABIRE, Alkassoum MAIGA, Agropastoralisme et changements climatiques : perceptions et strat&#233;gies d'adaptation des acteurs de Koumbia et de Nagr&#233;ongo au Burkina Faso, pp :132-144. Actes du colloque international sur les Mutations Climatiques, Crises du Monde Rural et Avenir de l'Agriculture en Afrique, Editeur : D&#233;partement de Sociologie-Anthropologie, FLASH-Adjarra &#8211; UAC (B&#233;nin). D&#233;cembre 2025&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> Mise &#224; &#233;chelle des pratiques agroforesti&#232;res et foresti&#232;res : cas de l'Association pour la Promotion de l'Agroforesterie et de la Foresterie (APAF Burkina)</title>
		<link>https://lefaso.net/spip.php?article149319</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lefaso.net/spip.php?article149319</guid>
		<dc:date>2026-09-18T14:10:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; Face au d&#233;fi de produire suffisamment de nourriture pour r&#233;pondre aux besoins alimentaires sans cesse croissants des populations, tout en pr&#233;servant la qualit&#233; des sols, l'agroforesterie s'impose comme un recours pertinent. Cependant, il se pose le probl&#232;me de son adoption dont les facteurs sont multiples. Cette &#233;tude men&#233;e aupr&#232;s de l'Association pour la Promotion de l'Agroforesterie et de la Foresterie au Burkina Faso (APAF Burkina) et de 60 informateurs de sa zone d'intervention (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://lefaso.net/spip.php?rubrique411" rel="directory"&gt;Recherches et innovations&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L150xH82/gemini_generated_image_8zs6138zs6138zs6-602c2.jpg?1790155252' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sum&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Face au d&#233;fi de produire suffisamment de nourriture pour r&#233;pondre aux besoins alimentaires sans cesse croissants des populations, tout en pr&#233;servant la qualit&#233; des sols, l'agroforesterie s'impose comme un recours pertinent. Cependant, il se pose le probl&#232;me de son adoption dont les facteurs sont multiples. Cette &#233;tude men&#233;e aupr&#232;s de l'Association pour la Promotion de l'Agroforesterie et de la Foresterie au Burkina Faso (APAF Burkina) et de 60 informateurs de sa zone d'intervention questionne l'efficacit&#233; des approches de transfert et de mise &#224; l'&#233;chelle dans l'adoption des pratiques agroforesti&#232;res &#224; travers une analyse critique de l'approche de l'association.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mots cl&#233;s adoption, technique, agroforesterie, mise &#224; &#233;chelle, Burkina Faso&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Introduction&lt;br class='autobr' /&gt;
La terre constitue le capital principal n&#233;cessaire pour la production agricole et fournit des moyens d'existence &#224; environ 80% de la population burkinab&#232; (Koudougou et al., 2017). Malgr&#233; la place importante qu'occupe le secteur agricole dans l'&#233;conomie du Burkina Faso, il est confront&#233; &#224; des d&#233;fis &#233;normes dont le plus r&#233;current est la d&#233;gradation des sols. La FAO (2021) d&#233;finit la d&#233;gradation du sol comme un changement dans l'&#233;tat de sant&#233; du sol qui entraine une diminution de la capacit&#233; de l'&#233;cosyst&#232;me &#224; fournir des biens et services pour ses b&#233;n&#233;ficiaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agroforesterie constitue un syst&#232;me de gestion durable des terres qui suscite de plus en plus d'engouement pour r&#233;pondre au d&#233;fi de produire suffisamment de nourriture pour r&#233;pondre aux besoins d'une population en pleine croissance tout en pr&#233;servant la sant&#233; des sols (FAO, 2015). Malgr&#233; les avantages de cette pratique, elle est le plus souvent peu adopt&#233;e par les populations. Le r&#244;le des approches de transfert et des strat&#233;gies de mise &#224; l'&#233;chelle pouvant &#234;tre d&#233;terminant dans l'adoption des pratiques agroforesti&#232;res, cette &#233;tude analyse l'approche de l'APAF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;thodologie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude repose sur une enqu&#234;te conduite aupr&#232;s de l'APAF ainsi que de 60 informateurs ressortissants de la commune rurale de Cassou, zone d'intervention de l'association. L'&#233;chantillon de 60 informateurs a &#233;t&#233; constitu&#233; &#224; travers une stratification bas&#233;e sur l'appartenance &#224; l'association et le statut de propri&#233;t&#233; de l'exploitation. Ainsi, la moiti&#233; des informateurs &#233;taient membres de l'association et propri&#233;taires de leur exploitation et l'autre moiti&#233; non membres et non propri&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'association promeut la plantation d'arbres fertilitaires. Selon Lefort (1987), dans le domaine de l'agriculture, l'adoption implique l'int&#233;gration effective de la pratique dans les habitudes d'exploitation du paysan. Dans le cadre de cette &#233;tude, les enqu&#234;t&#233;s ayant plant&#233; les arbres fertilitaires dans leur exploitation ont &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;s comme les adoptants. L'association a &#233;t&#233; interrog&#233;e sur son syst&#232;me de transfert et de mise &#224; l'&#233;chelle et les r&#233;pondants b&#233;n&#233;ficiaires sur essentiellement leur connaissance de la pratique promue, les difficult&#233;s li&#233;es &#224; la pratique, l'adoption ou la non adoption de la pratique et les raisons d'adoption ou de non adoption. Les donn&#233;es collect&#233;es pendant l'enqu&#234;te ont &#233;t&#233; enrichies par des observations de terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultats et Discussion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me de mise &#224; l'&#233;chelle de l'association repose sur les r&#233;sultats obtenus dans les champs de producteurs pilotes. L'association a responsabilis&#233; le tout premier producteur initi&#233; &#224; la pratique que nous avons qualifi&#233; de &#034;producteur mod&#232;le&#034; &#224; la production de plants d'esp&#232;ces fertilitaires en p&#233;pini&#232;re pour de potentiels adoptants. Les champs de ce dernier servent &#233;galement de parcelles de d&#233;monstration. Pour l'association, plus les effets de la pratique sont visibles, plus elle suscite l'int&#233;r&#234;t d'autres producteurs qui sont tent&#233;s de la reproduire dans leurs exploitations. L'association apporte aussi un accompagnement mat&#233;riel et technique aux nouveaux producteurs dispos&#233;s &#224; impl&#233;menter la pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de la moiti&#233; des informateurs (63,3%) pratiquent la technique. 65,8% des adoptants ont d&#233;couvert la pratique dans le champ du premier producteur mod&#232;le. L'assistance de l'association aupr&#232;s des populations b&#233;n&#233;ficiaires, de la plantation jusqu'&#224; l'entretien, est permanente et elle continue de financer la production des plants pour les producteurs. Ce qui &#233;pargne aux producteurs la charge du co&#251;t des plants. Il faut rappeler aussi que les plantations du producteur mod&#232;le, choisi au sein de la population, dont les champs servent de parcelles de d&#233;monstrations datent de plus de 10 ans. Les esp&#232;ces promues &#233;tant &#224; croissance rapide, les r&#233;sultats sur la fertilit&#233; des sols assez perceptibles ont convaincu d'autres producteurs qui sont dans la m&#234;me dynamique d'adoption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assistance permanente de l'association permet aux producteurs de voir par eux-m&#234;mes les avantages de la pratique et de l'adopter d&#233;finitivement. Ainsi, l'observabilit&#233; des r&#233;sultats est importante dans l'adoption et la mise &#224; l'&#233;chelle des techniques agroforesti&#232;res promues, mais le temps de mise en &#339;uvre doit &#234;tre &#233;galement suffisamment long afin d'accompagner les b&#233;n&#233;ficiaires jusqu'&#224; une adoption d&#233;finitive. Cependant, une question demeure quant &#224; la p&#233;rennisation de la pratique quand l'association aura cess&#233; toute assistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la proportion importante d'informateurs qui pratique la technique est li&#233;e essentiellement au fait que la charge du co&#251;t des plants, jusque-l&#224;, est support&#233;e par l'association. Les paysans ne perdent rien donc &#224; essayer la technique quitte &#224; l'abandonner si elle ne produit pas les r&#233;sultats escompt&#233;s. Si ces charges retombaient sur les producteurs, ceux qui ne disposent pas des capacit&#233;s de mise en &#339;uvre pourraient ne plus manifester le m&#234;me engouement. M&#234;me apr&#232;s l'adoption effective sur la base des effets observ&#233;s, la poursuite de l'activit&#233; prendra un coup si les producteurs ne sont pas en mesure de supporter les co&#251;ts des plants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des auteurs comme Valdivia et al. (2012) et Koudougou et al. (2017) ont montr&#233; que le co&#251;t li&#233; aux plants ainsi que leur entretien &#233;taient des obstacles &#224; l'adoption de l'agroforesterie. Pour ce dernier cas d'apr&#232;s les informateurs, il s'agit essentiellement de l'arrosage en saison s&#232;che pour &#233;pargner aux plants le dess&#232;chement, et de la protection contre les animaux du fait que la quasi-totalit&#233; des esp&#232;ces promues sont appr&#233;ci&#233;es et app&#233;t&#233;es par ces derniers. Le creusage des trous dont la p&#233;nibilit&#233; est relev&#233;e syst&#233;matiquement, ainsi que les feux dont les cons&#233;quences sont d&#233;sastreuses sur les plants, surtout au stade juv&#233;nile, sont &#233;galement des contraintes relev&#233;es par les informateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;tude a analys&#233; l'approche de mise &#224; l'&#233;chelle de la plantation d'arbres fertilitaires promue par l'APAF. L'association met en avant l'observabilit&#233; des r&#233;sultats pour une diffusion &#224; grande &#233;chelle et l'accompagnement permanent des producteurs qui ont &#233;t&#233; des &#233;l&#233;ments d&#233;terminants dans l'adoption. Cette approche de l'association qui produit des r&#233;sultats assez int&#233;ressants traduit la n&#233;cessit&#233; pour les projets de promotion d'agroforesterie d'aller vers des interventions de dur&#233;e plus longue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ZERBO Guess&#232;ma L&#233;onard, Universit&#233; Nazi Boni (UNB), B.P 1091 Bobo-Dioulasso&lt;br class='autobr' /&gt;
BASTIDE Brigitte, Institut de l'Environnement et de Recherches Agricoles, 01 B.P 910 Bobo-Dioulasso &lt;br class='autobr' /&gt;
FAYAMA Tiony&#233;l&#233;, Institut de l'Environnement et de Recherches Agricoles 01 B.P 910 Bobo-Dioulasso &lt;br class='autobr' /&gt;
HIEN Agnasseom&#234; Firmin, Association pour la Promotion de l'Agroforesterie et de la Foresterie au Burkina Faso (APAF Burkina)&lt;br class='autobr' /&gt;
HIEN Mipro, Universit&#233; Nazi Boni (UNB), B.P 1091 Bobo-Dioulasso&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;f&#233;rences bibliographiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FAO, 2015. Pratiquer l'agroforesterie pour enrayer la d&#233;gradation des sols et atteindre la s&#233;curit&#233; alimentaire. (&lt;a href=&#034;https://www.fao.org/soils-2015/news/news-detail/fr/c/318100/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.fao.org/soils-2015/news/news-detail/fr/c/318100/&lt;/a&gt;, consult&#233; le 18 novembre 2024).&lt;br class='autobr' /&gt;
FAO, 2021. D&#233;gradation des sols. (&lt;a href=&#034;https://www.fao.org/soils-portal/soil-degradation-restoration/en/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.fao.org/soils-portal/soil-degradation-restoration/en/&lt;/a&gt;, consult&#233; le 7 janvier 2025)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Koudougou S., Stiem L., Kleene P., Taminy D. D., Guiguemd&#233; O., Zango O. et Kabor&#233; G., 2017. La Gestion Durable des Terres au Burkina Faso : Une analyse d'exp&#233;riences de projets dans le Houet, le Tuy et le Ioba. Rapport de synth&#232;se, Institute for Advanced Sustainability Studies (IASS), 31 p.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lefort J., 1987. Innovation technique et exp&#233;rimentation en milieu paysan. Les Cahiers de la Recherche D&#233;veloppement, 10 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Valdivia C., Barbieri C. et Gold M. A., 2012. Between forestry and farming : policy and environmental implications of the barriers to agroforestry adoption. Canadian journal of agricultural economics, 60 : 155&#8209;175.&lt;br class='autobr' /&gt;
Zerbo G. L., Bastide B., Fayama T., Hien A. F. et Hien M., 2026. Scaling up agroforestry and forestry practices in Burkina Faso : an analysis of the experience of the Association for the Promotion of Agroforestry and Forestry (APAF Burkina). [version 1 ; peer review : awaiting peer review], Open Research Africa 2026, 9:70.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce papier de vulgarisation est tir&#233; de l'article scientifique suivant : ZERBO G. L., BASTIDE B., FAYAMA T., HIEN A. F. et HIEN M., 2026. Scaling up agroforestry and forestry practices in Burkina Faso : an analysis of the experience of the Association for the Promotion of Agroforestry and Forestry (APAF Burkina). [version 1 ; peer review : awaiting peer review], Open Research Africa 2026, 9:70&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quels acteurs pour quels r&#244;les dans la plateforme d'innovation ? </title>
		<link>https://lefaso.net/spip.php?article149284</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lefaso.net/spip.php?article149284</guid>
		<dc:date>2026-09-17T14:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; En Afrique de l'Ouest, en particulier au Burkina Faso, l'intensification des parcs arbor&#233;s est de plus en plus pr&#233;conis&#233;e dans les interventions d'accompagnement des populations rurales confront&#233;es &#224; la diminution progressive des arbres dans leurs syst&#232;mes de production agricole et pastorale. Cependant, la mise en &#339;uvre de ces interventions se heurte &#224; un contexte social domin&#233; par une diversit&#233; d'acteurs aux int&#233;r&#234;ts souvent antagonistes. Cette &#233;tude vise &#224; identifier les acteurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://lefaso.net/spip.php?rubrique411" rel="directory"&gt;Recherches et innovations&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L150xH71/capture_d_ecran_2026-09-17_140342-bb0a8.png?1790155252' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='71' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sum&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
En Afrique de l'Ouest, en particulier au Burkina Faso, l'intensification des parcs arbor&#233;s est de plus en plus pr&#233;conis&#233;e dans les interventions d'accompagnement des populations rurales confront&#233;es &#224; la diminution progressive des arbres dans leurs syst&#232;mes de production agricole et pastorale. Cependant, la mise en &#339;uvre de ces interventions se heurte &#224; un contexte social domin&#233; par une diversit&#233; d'acteurs aux int&#233;r&#234;ts souvent antagonistes. Cette &#233;tude vise &#224; identifier les acteurs pertinents &#224; inclure dans un processus de r&#233;flexion pour co-construire des sc&#233;narii d'intensification des parcs arbor&#233;s. Pour ce faire, une d&#233;marche purement qualitative a &#233;t&#233; mobilis&#233;e en combinant une revue de litt&#233;rature, des ateliers de cartographie des acteurs et des entretiens semi-directifs dans les communes de Koumbia, Gu&#233;gu&#233;r&#233; et Dano.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;sultats montrent que dans les communes de Koumbia et Dano, la gestion et l'usage des arbres sont r&#233;alis&#233;s par une diversit&#233; d'acteurs ayant des int&#233;r&#234;ts convergents pour l'intensification des parcs arbor&#233;s et interreli&#233;s par des &#233;changes commerciaux, d'informations et de connaissances et des relations de pouvoir. Cette &#233;tude a permis de d&#233;finir collectivement les contours d'une plateforme d'innovation incluant tous les acteurs dans chaque village, avec une gouvernance centrale au niveau de la commune en vue de co-construire des sc&#233;narii d'intensification des parcs arbor&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mots-cl&#233;s. R&#233;seau de recherche, intensification, r&#233;serve naturelle, Vitellaria paradoxa&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Introduction&lt;br class='autobr' /&gt;
En Afrique de l'Ouest, en particulier au Burkina Faso, l'agroforesterie est un &#233;l&#233;ment clef des syst&#232;mes agro forestiers et pastoraux. Des pratiques agroforesti&#232;res mill&#233;naires sont mises en &#339;uvre par les producteurs &#224; travers la conservation des arbres dans les champs. L'agroforesterie offre des avantages agronomiques, environnementaux, &#233;conomiques et sociaux locaux qui peuvent contribuer &#224; am&#233;liorer la s&#233;curit&#233; alimentaire, nutritionnelle et &#233;conomique. Cependant, les pratiques agroforesti&#232;res sont actuellement confront&#233;es &#224; de multiples menaces, observables &#224; travers une d&#233;gradation progressive de la plupart des parcs arbor&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les causes sont complexes, multifactorielles et contextuelles et mettent &#224; l'&#233;preuve la capacit&#233; des syst&#232;mes agroforestiers &#224; r&#233;pondre aux besoins actuels d'augmentation de la production alimentaire pour nourrir une population croissante et vuln&#233;rable. Inverser cette tendance demande donc des innovations techniques &#224; l'&#233;chelle locale (Albergel et al., 2018). Pour favoriser la recrudescence des parcs en valorisant les processus associ&#233;s aux arbres dans le cadre d'une intensification agro&#233;cologique, une approche syst&#233;mique et multi-&#233;chelle est n&#233;cessaire. Il s'agit de susciter un regain d'int&#233;r&#234;t pour les produits des arbres et leurs contributions environnementales conform&#233;ment aux priorit&#233;s &#233;conomiques et sociales actuelles. Or, il existe peu d'informations d&#233;taill&#233;es sur les diff&#233;rents acteurs et les r&#232;gles qui r&#233;gissent leurs interactions autour de la gestion et de l'usage des arbres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui sont les acteurs int&#233;ress&#233;s ou influenc&#233;s par la gestion et l'usage des arbres ? Quelles sont les r&#232;gles qui r&#233;gissent leurs interactions ? Comment mobiliser ces acteurs et les mettre en interaction pour co-concevoir des sc&#233;narii d'intensification des pratiques agroforesti&#232;res ? Cette &#233;tude a &#233;t&#233; initi&#233;e en vue de caract&#233;riser les r&#233;seaux d'acteurs impliqu&#233;s dans la gestion et l'usage des arbres dans les villages situ&#233;s le long du transect Koumbia-Dano. Dans ce sens, nous entendons par acteur toute personne, tout groupe d'individus ou toute organisation qui peut &#234;tre positivement ou n&#233;gativement affect&#233; par, ou bien qui peut influencer positivement ou n&#233;gativement l'intensification des pratiques agroforesti&#232;res. Cela peut inclure de nouveaux acteurs qui sont actuellement peu impliqu&#233;s dans le syst&#232;me agroforestier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;thodologie &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;tude s'est d&#233;roul&#233;e dans les communes de Koumbia, Dano et Gu&#233;gu&#233;r&#233;. Dans la commune de Koumbia, elle a concern&#233; les villages de B&#233;na, Djui&#233; et Gomb&#233;l&#233;dougou. Dans la commune de Dano, seul le village de Lofing a &#233;t&#233; concern&#233; par ce travail de caract&#233;risation. Pour la commune de Gu&#233;gu&#233;r&#233;, le village de Gu&#233;gu&#233;r&#233; a &#233;t&#233; pris en compte. Cette &#233;tude s'inspire de la m&#233;thode de l'analyse des r&#233;seaux sociaux (Merckl&#233;, 2007 ; Affognon et al., 2009 ; Dabir&#233; et al., 2017) en suivant la m&#233;thode Net-Map (Schiffer, 2007 ; Affognon et al., 2009 ; Schiffer &amp; Hauck, 2017) et le guide des partenaires multipartistes (Brouwer et al., 2016). Elle a &#233;t&#233; mise en &#339;uvre en combinant une revue de litt&#233;rature, des ateliers de cartographie participative des acteurs et des entretiens semis-directifs. Une revue documentaire a tout d'abord &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e sur les travaux ant&#233;rieurs avec pour objectif de disposer d'informations sur les types d'interventions d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233;es concernant l'accompagnement de l'intensification de l'agroforesterie, les th&#233;matiques abord&#233;es ainsi que les approches et m&#233;thodes ayant &#233;t&#233; d&#233;j&#224; exp&#233;riment&#233;es par le pass&#233; dans ces villages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, des ateliers multi-acteurs ont &#233;t&#233; organis&#233;s chronologiquement dans les villages de Djui&#233;, B&#233;na, Gomb&#233;l&#232;dougou (commune de Koumbia), Gu&#233;gu&#233;r&#233; (commune de Gu&#233;gu&#233;r&#233;) et Lofing (commune de Dano) constituant les sites d'intervention et zones de couverture du projet RAMSES II du 2 au 10 juillet 2021 et r&#233;unissant environ 20 participants repr&#233;sentants des diff&#233;rents acteurs de la production agroforesti&#232;re, gestion et usage des arbres. . L'op&#233;rationnalisation de ce travail est inscrite sous l'approche &#171; plateforme d'innovation &#187; qui a permis une mise en relation efficace des diff&#233;rents groupes d'acteurs des maillons de la chaine de valeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces plateformes ont pour r&#244;le de garantir la durabilit&#233; et la p&#233;rennisation des acquis du projet et des actions des acteurs de l'agroforesterie dans la commune. Ces ateliers ont &#233;t&#233; conduits par une &#233;quipe pluridisciplinaire dans l'objectif d'identifier tous les arbres pr&#233;sents dans parcs agroforestiers et leurs usages, de caract&#233;riser les diff&#233;rents acteurs impliqu&#233;s dans la gestion et l'usage de ces arbres, d'identifier les liens entre les acteurs impliqu&#233;s, de mesurer la relation de pouvoir des diff&#233;rents groupes d'acteurs et d'identifier les potentiels collaborateurs autour de l'agroforesterie afin de proposer un mod&#232;le de plateforme d'intensification.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, des entretiens semis-directifs ont &#233;t&#233; conduits &#224; Bobo-Dioulasso, Koumbia et Dano aupr&#232;s des principaux collecteurs-vendeurs-transformateurs des amandes de karit&#233; (R&#233;seau des Productrices de Beurre de karit&#233; des Hauts-Bassins et des Cascades [RPBHC] &#224; Bobo-Dioulasso et F&#233;d&#233;ration des Associations pour le D&#233;veloppement et l'&#201;panouissement de la Femme du Sud-Ouest [FADEFSO] &#224; Dano, le groupe OLVEA Burkina Faso) et des services techniques de l'&#201;tat. Les personnes rencontr&#233;es &#233;taient les responsables dont deux &#224; OLVEA, cinq au RPBHC, sept &#224; la FADEFSO et neuf agents publics (&#201;levage-Environnement Agriculture).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;tude, r&#233;alis&#233;e en pr&#233;lude &#224; l'installation de la plateforme d'innovation en agroforesterie par l'&#233;quipe support d'innovation, a permis d'identifier les diff&#233;rents acteurs des diff&#233;rents maillons de la chaine de valeur qui doivent composer la PI. Ils constituent un &#171; groupe d'agents qui vont contribuer volontairement par leurs connaissances et autres ressources (finances, &#233;quipements, terre, etc.) &#224; d&#233;velopper ou &#224; am&#233;liorer ensemble l'agroforesterie dans les trois communes, ce qui va du m&#234;me coup am&#233;liorer leurs moyens d'existence, leurs entreprises ou int&#233;r&#234;ts. Elle se compose d'acteurs qui coop&#232;rent, communiquent et partagent les t&#226;ches pour mener &#224; bien des activit&#233;s n&#233;cessaires &#224; l'&#233;mergence de l'innovation &#187; (Nederlof et al., 2011).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels acteurs pour quels r&#244;les dans la plateforme d'innovation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons qu'aucun instrument ne peut fonctionner sans l'implication d'acteurs cl&#233;s, comme il a &#233;t&#233; rappel&#233; par les informateurs. Par cons&#233;quent, la mise en place d'une plateforme d'innovation autour de l'agroforesterie n&#233;cessite l'implication de plusieurs acteurs depuis la phase de conception jusqu'&#224; son fonctionnement. La plateforme d'innovation est compos&#233;e de deux types d'acteurs. Il s'agit des acteurs directs et des acteurs indirects. Les acteurs directs regroupent ceux concern&#233;s directement par l'agroforesterie, autrement dit ceux qui en tirent profit directement. Ce sont les producteurs, les collecteurs/vendeurs et les acheteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette triade d'acteurs a &#233;t&#233; identifi&#233;e dans chaque village et constituera l'&#233;pine dorsale de la PI. Ces acteurs auront la charge de faire vivre la PI &#224; travers leurs activit&#233;s respectives de production/gestion des arbres ; collecte des produits forestiers non ligneux ; transformation/commercialisation de ces produits forestiers. En revanche, les acteurs indirects sont ceux dont l'action se justifie par le sens d'accompagnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les services techniques de l'&#201;tat, les centres de recherche, les universit&#233;s, les ONG, les leaders traditionnels, religieux et locaux qui ont &#233;t&#233; identifi&#233;s dans chaque village. Sur le principe de la compl&#233;mentarit&#233; et de l'entraide mutuelle (Agu&#233; &amp; Afouda, 2015), ces acteurs indirects auront la charge d'apporter les intrants n&#233;cessaires &#224; la production/gestion des arbres ainsi que la collecte, la transformation et la commercialisation des produits forestiers en fonction de leur domaine de sp&#233;cialit&#233; (Dabir&#233; &amp; Fayama, 2020).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels types d'&#233;changes entre acteurs dans les plateformes d'innovation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les acteurs membres de la plateforme d'innovation b&#226;tissent le fonctionnement du dispositif autour de l'interd&#233;pendance et des interactions entre acteurs. Dans le cadre de la plateforme autour de l'agroforesterie, des liens d'interd&#233;pendance expliquent le bien-fond&#233; de la mise en place effective de cette plateforme. Pour que les producteurs puissent produire, ils ont n&#233;cessairement besoin des fournisseurs de la mati&#232;re premi&#232;re et vice versa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le producteur &#233;galement &#224; son tour a besoin du collecteur, de l'acheteur, du vendeur et du transformateur pour continuer de produire. Il existe donc entre les diff&#233;rents acteurs des diff&#233;rents maillons de la chaine de valeur une interd&#233;pendance fonctionnelle de telle sorte que si un acteur manque dans la chaine, il y a dysfonctionnement du syst&#232;me. Chaque acteur d&#233;pend de l'autre acteur de la chaine et y restera tant qu'il aura un int&#233;r&#234;t dans le syst&#232;me. Ainsi donc, les principes de la compr&#233;hension mutuelle, de la mutualisation des moyens, de la collaboration gagnant-gagnant et de la synergie d'actions seront au fondement des interactions entre les acteurs de la PI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel jeu de pouvoir entre acteurs dans les plateformes d'innovation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le diagnostic a permis de d&#233;gager une relation de pouvoir entre les acteurs de la plateforme d'innovation. Il a permis de comprendre l'importance et le r&#244;le que doit jouer tel ou tel autre acteur. Il ressort de mani&#232;re consensuelle que le maillon production est celui qui a le plus d'influence et son absence peut modifier les r&#232;gles de fonctionnement du dispositif. Il faut noter que chaque acteur occupe une place sp&#233;cifique dans la soci&#233;t&#233; et dans la PI. Les microfinances paraissent peu influentes comme acteur parce qu'elles n'entretiennent pas des relations v&#233;ritables avec les populations et leur absence dans la PI serait sans effets majeurs. Il faut donc retenir que le maillon le plus fort ou influent reste celui de la production mais qu'il doit &#234;tre mis en compl&#233;mentarit&#233; avec les autres maillons pour donner vie au dispositif&lt;br class='autobr' /&gt;
Quels objectifs des plateformes d'innovation pour l'intensification des parcs agroforestiers dans les communes de Koumbia, Dano et Gu&#233;gu&#233;r&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le type ou mod&#232;le de PI qui convient au mieux pour l'intensification des parcs agroforestiers dans les communes de Koumbia, Dano et Gu&#233;gu&#233;r&#233; est celui orient&#233; march&#233; avec un accent particulier sur la r&#233;solution des probl&#232;mes qui emp&#234;chent l'intensification des parcs agroforestiers. Il s'agira pour tous les acteurs impliqu&#233;s de f&#233;d&#233;rer leurs connaissances et savoirs dans une approche interactive de chaine de valeur pour r&#233;pondre aux objectifs d'agroforesterie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au regard des discussions de terrain avec les acteurs, la plateforme d'innovation doit permettre le partage des connaissances, les co-apprentissages et le tissage des relations commerciales, comme recommand&#233; aux agents de vulgarisation dans le cadre de leur formation (Fayama &amp; Ido, 2020). Partant des r&#233;sultats du diagnostic, nous proposons de b&#226;tir les plateformes d'innovation pour l'intensification des parcs agroforestiers &#224; l'&#233;chelle communale avec une structuration en deux organes. Au total, deux plateformes dont une &#224; Koumbia (regroupant les villages de Djui&#233;, B&#233;na et Gomb&#233;l&#233;dougou) et une autre &#224; Dano (regroupant les villages de Lofing et de Gu&#233;gu&#233;r&#233;) ont &#233;t&#233; mises en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un groupe de concertation villageois (GCV), regroupant les acteurs de gestion et d'usage des arbres de chaque village (coop&#233;ratives de producteurs, collecteurs/vendeurs, leaders traditionnels et municipaux). Cet organe aura pour mission l'organisation et le suivi-&#233;valuation des activit&#233;s et la r&#233;solution des probl&#232;mes. Et un groupe de concertation communal (GCC), compos&#233; de repr&#233;sentants de chaque GCV et d'acteurs ext&#233;rieurs aux villages (recherche, mairie, pr&#233;fecture, services techniques, entreprise agro-zootechnique et foresti&#232;re, entreprises de transformation-commercialisation des PFNL et la presse) aura pour mission la coordination et l'orientation des activit&#233;s des GCV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partant des propositions &#233;nonc&#233;es par les participants au diagnostic, les principales activit&#233;s des PI seront ax&#233;es sur les rencontres de concertation et de partage d'exp&#233;riences (r&#233;unions p&#233;riodiques des GCV et GCC) ; l'organisation de la formation sur les techniques agroforesti&#232;res ; la plantation d'arbres ; le montage de microprojets (agriculture, &#233;levage, transformation des PFNL) ; la recherche de financement et le suivi-&#233;valuation. Trois sources de financements sont &#224; privil&#233;gier : les cotisations des membres ; le d&#233;veloppement d'activit&#233;s g&#233;n&#233;ratrices de revenus et les subventions de l'&#201;tat, de la mairie, des projets et du priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, cette &#233;tude a permis de faire l'inventaire des acteurs et de leurs r&#244;les dans la gestion et l'usage des esp&#232;ces ligneuses ; la nature de leurs interactions (&#233;change et influence) et des propositions partag&#233;es sur le contour d'une plateforme pour l'intensification des parcs agroforestiers dans chaque village. En effet, il ressort que les villages de Djui&#233;, B&#233;na et Gu&#233;gu&#233;r&#233; sont assez bien organis&#233;s autour du karit&#233; avec le RPBHC pour les deux premiers villages et la FADEFSO et la soci&#233;t&#233; OLVEA pour le village de Gu&#233;gu&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux villages de Gomb&#233;l&#232;dougou et Lofing, on note une absence d'organisation autour d'une esp&#232;ce (ligneuse et non ligneuse), bien qu'il existe dans ces localit&#233;s des esp&#232;ces telles que le karit&#233;, le baobab, le n&#233;r&#233;, le moringa, le ca&#239;lc&#233;drat. Les diff&#233;rents acteurs sont ins&#233;r&#233;s dans quatre types de r&#233;seaux d'&#233;change structur&#233;s par des flux mon&#233;taires ; des flux de biens et services (semences, plants, p&#233;pini&#232;res, engrais, mat&#233;riel, main-d'&#339;uvre) ; des flux de connaissances et d'information ; des flux de produits forestiers non ligneux (amandes de karit&#233;) et des relations de pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les institutions de micro-cr&#233;dits sont mal cot&#233;es dans tous les villages du fait de leur faible implication dans l'accompagnement des producteurs et de leurs conditions d'octroi de cr&#233;dits le plus souvent tr&#232;s contraignantes pour les acteurs du monde rural. Par ailleurs, les plateformes sont une initiative bien accueillie par la population qui esp&#232;re tirer de cette innovation les multiples avantages socio&#233;conomiques et environnementaux qu'elle pourrait leur offrir. Ce qui se traduit par des propositions op&#233;rationnelles en termes de composition, organisation, fonctionnement, financement, facilitation et formalisation comme support &#224; la mise en place des plateformes d'innovation pour l'intensification des parcs agroforestiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Co-construction de plateformes d'innovation agroforesti&#232;re au Burkina Faso&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Tiony&#233;l&#233; Fayama (1), Der Dabir&#233; (2), Brigitte Bastide (1), Josiane Wingour&#233; Som&#233; (3), &lt;br class='autobr' /&gt;
Josiane Seghieri (3), Jan Brouwers (4)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Institut de l'Environnement et de Recherches Agricoles/Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique, Burkina Faso&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Centre International de Recherche-D&#233;veloppement sur l'&#201;levage en zone Subhumide, Unit&#233; Syst&#232;mes de Production Agropastoraux et Environnement (USPAE), Burkina Faso &lt;br class='autobr' /&gt;
(3) Universit&#233; Joseph Ki Zerbo de Ouagadougou, Burkina Faso&lt;br class='autobr' /&gt;
(4) Centre de l'Innovation pour le D&#233;veloppement de Wageningen, Wageningen University&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bibliographie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agu&#233; A.L. &amp; Afouda A., 2015. Analyse fr&#233;quentielle et nouvelle cartographie des maxima annuels de pluies journali&#232;res au B&#233;nin. Int. J. Biol. Chem. Sci., 9(1), 121 133, doi.org/10.4314/ijbcs.v9i1.12 &lt;br class='autobr' /&gt;
Affognon H., Dabir&#233; D., Sidib&#233; I. &amp; Randolph T., 2009. Do social networks influence livestock keepers's know how on aminal trypanosomosis and its control ? In : Paper presented at the 30th meeting of the International Scientific Council for Trypanosomosis Research and Control (ISCTRC), 21-25 September 2009, Kampala, Uganda. Nairobi : ILRI, 499-511.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Albergel J. et al., 2018. Modelling the growth of floodplain grasslands to explore the impact of changing hydrological conditions on vegetation productivity. Ecol. Modell., 387, 220-237, doi.org/10.1016/j.ecolmodel.2018.09.015 &lt;br class='autobr' /&gt;
Brouwer J., Jansen E. P.W.A., Hofman W.H.A. &amp; Flache A., 2016. The impact of social capital on self-efficacy and study success among first-year university. Learn. Individual Differ., 52, 109-118, doi.org/10.1016/j. lindif.2016.09.016&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dabir&#233; D. &amp; Fayama T., 2020. &#201;mergence et appropriation d'un dispositif innovant d'appui conseil au Burkina Faso : la plateforme d'innovation. In : Rouamba Ou&#233;draogo Rouamba V., Magnini S. &amp; Fayama T. Pratiques de d&#233;veloppement durable en Afrique : politiques, processus et innovations. Burkina Faso : &#201;ditions L'Harmattan, 121-134. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dabir&#233; D et al., 2017. Operationalizing an innovation platform approach for community-based participatory research on conservation agriculture in Burkina Faso. Exp. Agric., 53(3), 460-479, doi.org/10.1017/ S0014479716000636&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fayama T. et al. Biotechnol. Caract&#233;risation des acteurs de l'agroforesterie pour une co conception de plateformes d'innovation suivant le transect Koumbia Gu&#233;gu&#233;r&#233; Dano au Burkina Faso, Agron. Soc. Environ. 2023 27(S1), DOI : 10.25518/1780-4507.20407&lt;br class='autobr' /&gt;
Merckle P., 2007. Les r&#233;seaux sociaux, les origines de l'analyse des r&#233;seaux sociaux, https://belkhamsacours. files.wordpress.com/2013/02/reseaux_merckle_03_ origines.pdf, (19/06/2023).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nederlof S.E., Wongtschowski M. &amp; Lee F. V.D., 2011. Mettre les t&#234;tes ensemble : les plates formes d'innovation agricole en pratique. Amsterdam, Pays-Bas : &#201;diteurs KIT. Schiffer E., 2007. Network analysis case study : multistakeholder water governance in Ghana. In : Holde J. (ed.). Tool for understanding institutional, political and social analysis (TIPS) : a sourcebook for development practitioners. Washington, DC : World Bank Publications, 143-145&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schiffer E. &amp; Hauck J., 2010. Net-map : collecting social network data and facilitating network learning through participatory influence network mapping. Field Methods, 22(3), 231-249, doi.org/10.1177/1525822x10374798&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article de vulgarisation est tir&#233; de l'article scientifique suivant : Fayama T. et al. Biotechnol. Caract&#233;risation des acteurs de l'agroforesterie pour une co-conception de plateformes d'innovation suivant le transect Koumbia Gu&#233;gu&#233;r&#233; Dano au Burkina Faso, Agron. Soc. Environ. 2023 27(S1), DOI : 10.25518/1780-4507.20407&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Enseigner sous la menace : quand les enseignants burkinab&#232; doivent apprendre &#224; &#171; faire avec &#187; l'ins&#233;curit&#233; </title>
		<link>https://lefaso.net/spip.php?article149211</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lefaso.net/spip.php?article149211</guid>
		<dc:date>2026-09-14T22:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; Ce document de vulgarisation est tir&#233; de notre article scientifique intitul&#233; &#171; Le m&#233;tier de l'enseignant en contexte de crise s&#233;curitaire au Burkina Faso : un statut malmen&#233; par les politiques publiques &#187;. En effet, le Burkina Faso conna&#238;t depuis 2015 une crise s&#233;curitaire qui a entra&#238;n&#233; la fermeture de nombreuses &#233;coles et le d&#233;placement de milliers d'&#233;l&#232;ves et d'enseignants vers des zones plus s&#251;res. Ces enseignants, confront&#233;s &#224; l'ins&#233;curit&#233;, au d&#233;placement et &#224; de nouvelles (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://lefaso.net/spip.php?rubrique411" rel="directory"&gt;Recherches et innovations&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L150xH75/1-1029-8ea91.jpg?1790155252' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sum&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce document de vulgarisation est tir&#233; de notre article scientifique intitul&#233; &#171; Le m&#233;tier de l'enseignant en contexte de crise s&#233;curitaire au Burkina Faso : un statut malmen&#233; par les politiques publiques &#187;. En effet, le Burkina Faso conna&#238;t depuis 2015 une crise s&#233;curitaire qui a entra&#238;n&#233; la fermeture de nombreuses &#233;coles et le d&#233;placement de milliers d'&#233;l&#232;ves et d'enseignants vers des zones plus s&#251;res. Ces enseignants, confront&#233;s &#224; l'ins&#233;curit&#233;, au d&#233;placement et &#224; de nouvelles conditions d'exercice, doivent poursuivre leur mission malgr&#233; les difficult&#233;s v&#233;cues. Dans cette situation, il est pertinent d'interroger leur v&#233;cu pour mieux comprendre leurs conditions de travail, leur accompagnement et leur capacit&#233; &#224; faire face &#224; l'ins&#233;curit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mots-cl&#233;s : enseignants, crise s&#233;curitaire, accompagnement psychosocial, red&#233;ploiement, r&#233;silience.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Introduction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2015, le Burkina Faso fait face &#224; une crise s&#233;curitaire qui a profond&#233;ment boulevers&#233; la vie des populations et le fonctionnement de nombreux secteurs, notamment celui de l'&#233;ducation. Les attaques terroristes ont entra&#238;n&#233; le d&#233;placement de millions de personnes. En effet, au 31 mars 2023, le Conseil national de secours d'urgence et de r&#233;habilitation (CONASUR) recensait 297 301 m&#233;nages d&#233;plac&#233;s, soit 2 062 534 personnes. Parmi elles, les enfants et les adolescents de 0 &#224; 14 ans repr&#233;sentaient pr&#232;s de la moiti&#233; des personnes d&#233;plac&#233;es, faisant de la population scolaire l'une des principales cat&#233;gories touch&#233;es par cette crise.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais derri&#232;re les &#233;l&#232;ves d&#233;plac&#233;s, il y a aussi des enseignants d&#233;plac&#233;s, menac&#233;s et affect&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise s&#233;curitaire a en effet fortement perturb&#233; le fonctionnement des &#233;tablissements scolaires. Des &#233;coles ont &#233;t&#233; ferm&#233;es, obligeant les &#233;l&#232;ves et leurs enseignants &#224; quitter des localit&#233;s devenues trop dangereuses pour rejoindre des zones plus s&#233;cures. L'&#233;cole elle-m&#234;me est devenue une cible des groupes arm&#233;s, faisant de l'exercice du m&#233;tier d'enseignant une activit&#233; parfois marqu&#233;e par la peur et l'incertitude. Comme le soulignent B.C.V. Rouamba-Ou&#233;draogo et K. Bonkoungou (2020, p. 348), &#171; l'&#233;cole burkinab&#232; de nos jours est dans l'&#339;il du cyclone terroriste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette situation, l'&#201;tat burkinab&#232; a mis en place des politiques d'&#233;ducation en situation d'urgence afin de maintenir la continuit&#233; &#233;ducative malgr&#233; les d&#233;placements et les fermetures d'&#233;coles. Ces initiatives ont notamment permis aux &#233;l&#232;ves d&#233;plac&#233;s de poursuivre leur scolarit&#233; dans les zones d'accueil. Mais cette politique semble plus fonctionner en faveur d'une seule cat&#233;gorie d'acteurs &#224; savoir les apprenants. Ainsi, les constats laissent entrevoir que pendant que les &#233;l&#232;ves b&#233;n&#233;ficient d'une r&#233;inscription sans condition dans les &#233;tablissements d'enseignement publics et d'un soutien psychosocial, la situation des enseignants affect&#233;s par ces fermetures semblent moins syst&#233;matiquement prise en charge. Les questions que nous nous posons sont : Que devient un enseignant lorsqu'il doit quitter son poste pour sauver sa vie ? Comment vit-il son red&#233;ploiement dans une nouvelle localit&#233; ? Et comment peut-il continuer &#224; enseigner lorsqu'il est lui-m&#234;me confront&#233; aux effets de la crise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ces questions que s'int&#233;resse cette &#233;tude, en donnant la parole aux enseignants et aux responsables du syst&#232;me &#233;ducatif dans la commune de Fada N'Gourma. Elle met en &#233;vidence une r&#233;alit&#233; souvent moins visible : les enseignants ne sont pas uniquement des acteurs de la r&#233;ponse &#224; la crise ; ils en sont &#233;galement des victimes et des personnes affect&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.	M&#233;thodologie&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;tude s'inscrit dans une approche socio-anthropologique. Elle cherche &#224; comprendre la mani&#232;re dont les enseignants vivent et per&#231;oivent leur situation professionnelle dans un contexte marqu&#233; par l'ins&#233;curit&#233; et les d&#233;placements. Dans cette logique, la descente sur le terrain s'est op&#233;r&#233;e par la ville Fada N'Gourma et pr&#233;cis&#233;ment au secteur 1 de la ville consid&#233;r&#233;e comme le lieu o&#249; se concentrent plusieurs &#233;tablissements d&#233;localis&#233;s avec leurs enseignants ayant fui l'ins&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce secteur, du fait qu'il se trouve &#224; la lisi&#232;re de la ville accueille des personnes d&#233;plac&#233;es internes avec un habitat spontan&#233; tr&#232;s d&#233;velopp&#233;. C'est d'ailleurs dans ce secteur que les premi&#232;res personnes d&#233;plac&#233;es internes (PDI) de la r&#233;gion se sont install&#233;es majoritairement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour recueillir les informations, 20 entretiens individuels et 4 focus groups ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s aupr&#232;s des responsables coutumiers et religieux (notables de la cour royale du Numbado, pasteurs, imams et, cat&#233;chistes) de Fada N'Gourma, les Services techniques en charge de l'&#233;ducation (Direction r&#233;gionale en charge de l'enseignement de l'Est, Direction provinciale en charge de l'enseignement du Gourma, Circonscription d'&#233;ducation de base (CEB), Directeurs d'&#233;cole), les Services techniques en charge de l'action sociale, des Responsables d'ONG et associations, des enseignants d&#233;plac&#233;s ainsi que des parents d'&#233;l&#232;ves d&#233;plac&#233;s. Cette d&#233;marche a permis de confronter le v&#233;cu des enseignants aux perceptions des acteurs charg&#233;s de la mise en &#339;uvre des politiques &#233;ducatives.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;tude porte notamment sur la situation des enseignants confront&#233;s &#224; la fermeture des &#233;tablissements, &#224; leur d&#233;placement ou &#224; leur red&#233;ploiement vers des zones consid&#233;r&#233;es comme plus s&#251;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.	Pr&#233;sentation et discussion des r&#233;sultats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.1. Des enseignants eux-m&#234;mes pris dans la crise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise s&#233;curitaire ne touche pas uniquement les &#233;l&#232;ves. Les enseignants constituent eux aussi une cat&#233;gorie particuli&#232;rement expos&#233;e dans leur milieu professionnel. &#192; l'&#233;chelle nationale, les fermetures d'&#233;tablissements li&#233;es aux violences ont affect&#233; aussi bien les &#233;l&#232;ves que les enseignants. Dans la zone de Fada N'Gourma, cette situation prend une dimension particuli&#232;re avec l'accueil important d'&#233;l&#232;ves d&#233;plac&#233;s internes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certains enseignants, le d&#233;part de leur lieu d'affectation n'est pas un choix professionnel ordinaire. Il intervient dans un contexte o&#249; la priorit&#233; devient d'abord de pr&#233;server sa vie et celle de sa famille. Un enseignant red&#233;ploy&#233; &#224; Fada t&#233;moigne : &#171; on a quitt&#233; nos localit&#233;s sans rien prendre, tout est rest&#233; derri&#232;re nous parce qu'il fallait sauver sa peau d'abord &#187; (Fada, entretien du 11 novembre 2022). Le d&#233;placement peut ainsi signifier abandonner ses biens, ses rep&#232;res et une partie de sa stabilit&#233; professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les terroristes s'empennent &#224; eux du fait de la perception qu'ils ont de l'&#233;cole : un cadre de promotion de valeurs non conformes (valeurs occidentales) &#224; leurs id&#233;aux. Ils l'accusent ainsi d'&#234;tre un moyen de perversion de la soci&#233;t&#233;. Ce qui fait dire &#224; Z. Sor&#233; et al. (2021) que les groupes arm&#233;s terroristes s'en prennent &#224; l'&#233;cole accus&#233;e de v&#233;hiculer un savoir impropre, haram, ce qui signifie que l'&#233;ducation occidentale est un interdit religieux (M-A. Perousse de Montclos, 2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; c&#244;t&#233; de cette r&#233;alit&#233;, l'autre raison, qui fait de l'&#233;cole la cible des terroristes tient du fait que l'&#233;cole est per&#231;ue comme un symbole de l'&#201;tat (souvent le plus accessible) tout comme les forces de d&#233;fense et de s&#233;curit&#233; qui a aussi fait l'objet d'un ciblage particulier dans l'action des terroristes. Dans cette logique, en s'attaquant &#224; l'&#233;cole, les groupes terroristes portent atteinte &#224; un symbole fort de l'&#201;tat en tant que moyen de d&#233;veloppement de son capital humain. En outre, cela sape les efforts de l'&#201;tat dans la r&#233;alisation de son ambition de massification scolaire &#224; travers l'initiative de l'EPT (&#201;ducation pour tous) et entrave l'acc&#232;s au droit &#224; l'&#233;ducation reconnu pour tous les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, si l'&#233;cole est la cible des attaques terroristes du fait d'&#234;tre une institution de l'&#201;tat, il ressort des entretiens que les communaut&#233;s pour lesquelles les &#233;tablissements sont cr&#233;&#233;s consid&#232;rent que les enseignants sont source de probl&#232;mes dans ce contexte de ciblage de l'&#233;cole par les groupes terroristes. Ainsi, dans leur strat&#233;gie d'&#233;radication de l'&#233;cole du Blanc, la variable d'int&#233;r&#234;t c'est les enseignants. Ce serait donc leur pr&#233;sence qui consacre la continuit&#233; de l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propos de ce parent d'&#233;l&#232;ve d&#233;plac&#233; interne dans la ville de Fada alimentent une telle vision des choses et expliquent comment les communaut&#233;s peuvent s'organiser pour la fermeture de l'&#233;cole o&#249; leurs enfants sont accueillis : &#171; Au d&#233;but, quand ils sont arriv&#233;s, ils disaient que c'est l'&#233;cole qu'ils ne voulaient pas voir et donc avoir une salle de classe ouverte &#233;tait comme un danger pour nous &#187; (Fada, entretien du 09 octobre 2022). Cela s'inscrit aux antipodes de l'id&#233;e d&#233;velopp&#233;e par J. Ki-Zerbo (1990) selon laquelle l'&#233;cole doit &#234;tre l'affaire du village et le village l'affaire de l'&#233;cole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au regard de ces consid&#233;rations, il y a des risques d'&#234;tre avec un enseignant au village, car c'est s'exposer au danger terroriste. Les enseignants en ont fait l'amer exp&#233;rience dans leurs interactions quotidiennes avec leurs communaut&#233;s qui craignent de s'attirer la foudre terroriste du fait de leur simple pr&#233;sence. Ce t&#233;moignage issu d'un focus group avec les enseignants d&#233;plac&#233;s est illustratif de cette r&#233;alit&#233; : &#171; M&#234;me pour quitter le village, c'est p&#233;nible, c'est tr&#232;s difficile &#224; expliquer, m&#234;me pour avoir un Dina pour vous prendre, ce n'est pas possible. Si on a su que vous &#234;tes enseignant, malgr&#233; qu'il y a de la place, ils vous diront qu'il n'y en a pas &#187; (focus group enseignants d&#233;plac&#233;s de Natiabouani, r&#233;alis&#233; le 10 Novembre 2021).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce double contexte, l'enseignant se retrouve entre plusieurs difficult&#233;s notamment celle d'une &#233;cole rejet&#233;e par ses b&#233;n&#233;ficiaires et celle d'avoir quitter la localit&#233; sans rien apporter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, une fois arriv&#233;s dans leur nouvelle localit&#233;, les enseignants doivent rapidement reprendre leur r&#244;le : accueillir les &#233;l&#232;ves, assurer les cours et contribuer &#224; la continuit&#233; du service &#233;ducatif.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette situation cr&#233;e un paradoxe : l'enseignant est appel&#233; &#224; &#234;tre un acteur de r&#233;silience alors qu'il est lui-m&#234;me en situation de vuln&#233;rabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.2. Une r&#233;silience sans v&#233;ritable accompagnement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des constats les plus importants de l'&#233;tude concerne la dimension psychologique de cette exp&#233;rience.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les enseignants rencontr&#233;s &#233;voquent la peur, la psychose et les cons&#233;quences des &#233;v&#233;nements v&#233;cus. Pourtant, la prise en charge psychosociale dont ils b&#233;n&#233;ficient appara&#238;t limit&#233;e. Aucun des enseignants et responsables d'&#233;tablissements rencontr&#233;s dans le cadre de l'&#233;tude n'a d&#233;clar&#233; avoir b&#233;n&#233;fici&#233; d'une prise en charge psychologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette situation, une expression revient r&#233;guli&#232;rement dans les propos des enqu&#234;t&#233;s : &#171; faire avec &#187;. Avec l'ampleur des &#233;v&#232;nements v&#233;cus et du traumatisme qu'ils ont subi dans le cadre de l'exercice de leur profession, ils d&#233;clarent &#171; faire avec &#187;. C'est la substance que l'on peut retenir des propos de cette Directrice d'&#233;cole primaire au Secteur de Fada qui d&#233;clare : &#171; Pour vous dire vrai, on fait avec, on essaie de faire ce qu'on peut. Ce n'est pas du tout simple, on vie avec la psychose du terrorisme au quotidien et qui est l&#224; et qui fait peur vraiment. &#187; (Fada N'Gourma, entretien du 17 novembre 2022).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#171; faire avec &#187; qui s'impose aux acteurs sonne comme un slogan en &#233;cho &#224; l'appel &#224; la r&#233;silience, le maitre mot de la gouvernance en ce temps de crise s&#233;curitaire dans le pays o&#249; Dieu est r&#233;guli&#232;rement appel&#233; &#224; la rescousse, pour suppl&#233;er aux insuffisances des actions humaines. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais &#171; faire avec &#187; ne signifie pas n&#233;cessairement &#234;tre r&#233;silient au sens d'avoir b&#233;n&#233;fici&#233; des ressources n&#233;cessaires pour surmonter une &#233;preuve. Dans les propos recueillis, cette expression traduit plut&#244;t une capacit&#233; &#224; continuer malgr&#233; les difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une enseignante interrog&#233;e r&#233;sume ainsi cette situation en expliquant qu'elle n'a re&#231;u aucune formation particuli&#232;re sur la r&#233;silience et qu'il s'agit surtout, pour elle, de faire face &#224; une &#171; psychose g&#233;n&#233;rale &#187; et de continuer &#224; avancer :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; moi personnellement, je n'ai re&#231;u aucune formation. On me parle de r&#233;silience. Moi je sais simplement qu'ils veulent nous dire que la r&#233;silience c'est le fait d'essayer de voir le probl&#232;me en face et de faire avec. Sinon la r&#233;silience, ce n'est pas d'aller faire face au danger qui est permanent. La r&#233;silience c'est de voir le probl&#232;me qui est une psychose g&#233;n&#233;rale et de faire avec. Sinon, si le probl&#232;me vient, &#224; moins que Dieu ne nous sauve, je pense que ce sera la catastrophe &#187; (Fada N'Gourma, entretien du 17 novembre 2022).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation interroge donc la mani&#232;re dont la notion de r&#233;silience est mobilis&#233;e dans la gestion de la crise. Peut-on v&#233;ritablement parler de r&#233;silience lorsque les personnes concern&#233;es doivent essentiellement compter sur leurs propres ressources pour tenir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.3. Quand la nouvelle affectation se d&#233;cide sans l'enseignant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;placement vers une zone plus s&#233;curis&#233;e ne marque pas n&#233;cessairement la fin des difficult&#233;s. Il ouvre une nouvelle &#233;tape : celle du red&#233;ploiement ou de la d&#233;localisation professionnelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce processus, les enseignants rencontr&#233;s d&#233;plorent une insuffisance de concertation. Certains expliquent avoir inform&#233; leur hi&#233;rarchie des menaces auxquelles ils &#233;taient confront&#233;s sans avoir senti un soutien suffisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils auraient souhait&#233; que des solutions soient envisag&#233;es avec eux avant leur d&#233;part ou leur red&#233;ploiement : &#171; Nous enseignants, nous n'avons pas &#233;t&#233; consult&#233;s dans la d&#233;cision de la nouvelle affectation, donc c'est comme si nous, on nous force &#224; faire un travail et quand les r&#233;sultats ne sont pas bons, on est index&#233;, les enseignants n'ont pas fait un bon travail pourtant pour qu'il y'ait ces genres de d&#233;cisions, il faut nous consulter, c'est aussi de la consid&#233;ration pour nous, ils ne savent m&#234;me pas dans quel &#233;tat d'esprit nous sommes &#187; (Fada N'Gourma, Focus group du 10 novembre 2022).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains d&#233;peignent les moyens par lesquels ils sont souvent inform&#233;s de certaines d&#233;cisions : &#171; Comme on l'a dit, nous avons re&#231;u des coups de fil, on attendait un red&#233;ploiement mais on nous a fait savoir qu'on a eu des salles &#224; Fada et que le coll&#232;ge sera d&#233;localis&#233;. On est arriv&#233; effectivement, on a trouv&#233; qu'il y avait deux coll&#232;ges &#187; (Fada, Focus group, enseignants d&#233;plac&#233;s Fada).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette absence de concertation peut &#234;tre lourde de cons&#233;quences. Les enseignants arrivent dans de nouveaux environnements professionnels avec des conditions de vie parfois difficiles et avec le sentiment que les d&#233;cisions concernant leur avenir professionnel ont &#233;t&#233; prises sans eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.4. Une politique de continuit&#233; &#233;ducative qui doit aussi penser &#224; ceux qui enseignent&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Burkina Faso a mis en place des dispositifs d'&#233;ducation en situation d'urgence afin de maintenir l'acc&#232;s des enfants &#224; l'&#233;ducation dans les zones affect&#233;es par la crise. Ces politiques reconnaissent &#233;galement la n&#233;cessit&#233; de renforcer les capacit&#233;s des personnels &#233;ducatifs et de d&#233;velopper des actions de soutien psychosocial.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cependant, les r&#233;sultats de l'&#233;tude montrent que l'accompagnement des enseignants demeure insuffisant par rapport &#224; leurs besoins. Les politiques accordent une attention importante &#224; la continuit&#233; des apprentissages et &#224; la prise en charge des &#233;l&#232;ves, tandis que les enseignants semblent b&#233;n&#233;ficier d'une attention moindre sur le plan psychosocial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation invite &#224; repenser la r&#233;silience &#233;ducative. Une &#233;cole r&#233;siliente ne peut pas &#234;tre seulement une &#233;cole capable de maintenir les &#233;l&#232;ves en classe. Elle doit &#233;galement &#234;tre une &#233;cole capable de prot&#233;ger, soutenir et &#233;couter les enseignants qui rendent cette continuit&#233; possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise s&#233;curitaire a profond&#233;ment transform&#233; le m&#233;tier d'enseignant au Burkina Faso. &#192; Fada N'Gourma, les r&#233;sultats de cette &#233;tude montrent que les enseignants affect&#233;s ne sont pas de simples ex&#233;cutants des politiques de continuit&#233; &#233;ducative. Ils sont eux-m&#234;mes confront&#233;s &#224; la peur, au d&#233;placement, aux pertes, &#224; l'incertitude et &#224; la transformation de leur trajectoire professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, malgr&#233; ces difficult&#233;s, ils continuent &#224; enseigner et &#224; contribuer &#224; la scolarisation des enfants affect&#233;s par la crise. Cette capacit&#233; &#224; poursuivre leur mission t&#233;moigne d'une r&#233;elle force. Mais la r&#233;silience ne devrait pas &#234;tre synonyme de solitude face &#224; l'&#233;preuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu est donc de passer d'une logique o&#249; l'on demande aux enseignants de &#171; faire avec &#187; &#224; une logique o&#249; ils sont r&#233;ellement accompagn&#233;s pour faire face. Cela suppose notamment de renforcer leur accompagnement psychosocial, d'am&#233;liorer les conditions de leur red&#233;ploiement et surtout de les associer davantage aux d&#233;cisions qui concernent leur parcours professionnel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car si l'on veut que l'&#233;cole reste debout malgr&#233; la crise, il ne suffit pas de demander aux enseignants de tenir. Il faut aussi prendre soin de ceux qui tiennent l'&#233;cole debout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Auteurs :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Eza&#239; NANA, Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique/Institut des Sciences des Soci&#233;t&#233;s, nana_fils@yahoo.fr &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Paul-Marie MOYENGA, Universit&#233; Joseph Ki-Zerbo, moyenga_pm@yahoo.fr &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Alimata SAWADOGO, Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique/Institut des Sciences des Soci&#233;t&#233;s, alimatasawadogo88@gmail.com&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rences bibliographiques &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;INSD, 2022, Recensement g&#233;n&#233;ral de la population et de l'habitation (RGPH) de 2019 du Burkina Faso - R&#233;sultats d&#233;finitifs, Ouagadougou ;&lt;br class='autobr' /&gt;
KI-ZERBO Joseph, 1990, &#233;duquer ou p&#233;rir, Paris, L'Harmattan ;&lt;br class='autobr' /&gt;
NANA Eza&#239;, MOYENGA Paul-Marie et SAWADOGO Alimata (2025). Le m&#233;tier de de l'enseignant en contexte de crise s&#233;curitaire au Burkina Faso : un statut malmen&#233; par les politiques publiques. Les Editions CNRST, pp. 210 &#224; 229 ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;OU&#201;DRAOGO Noraogo Boureima, 2020, Sociologie des violences contre l'Etat au Burkina Faso. Question nationale et identit&#233;, L'Harmattan, Paris ;&lt;br class='autobr' /&gt;
PEROUSSE DE MONTCLOS Marc-Antoine, Boko Haram:Islamism,politics,security and the state in Nigeria ;&lt;br class='autobr' /&gt;
ROUAMBA-OUEDRAOGO Bowendsom Claudine Val&#233;rie et BONKOUNGOU Koug-Nongom, 2021, &#171; Les strat&#233;gies de r&#233;silience du syst&#232;me &#233;ducatif en contexte d'ins&#233;curit&#233; dans la province de l'Oudalan (Burkina Faso) &#187;, in ROUAMBA-OUEDRAGO Val&#233;rie (dir.), Crise s&#233;curitaire dans les pays du G5 Sahel ; Comprendre pour agir, Paris, L'Hamattan, p. 347-365 ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SORE Zakaria, ROUAMBA Lydia In&#233;s, MAIGA Alkassoum, 2021, &#171; sentiment d'ins&#233;curit&#233; et qualit&#233; de l'enseignement primaire dans la province du Soum &#187;, Cahier du CERLESH n&#176;68, tome XXXI, p.235-254 ;&lt;br class='autobr' /&gt;
UNICEF, 2023, Pour chaque enfant, Rapport annuel de l'UNICEF 2023, Direction de la communication mondiale et du plaidoyer, New York.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Analyse de l'impact de la crise s&#233;curitaire sur les d&#233;penses militaires du Burkina Faso</title>
		<link>https://lefaso.net/spip.php?article149066</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lefaso.net/spip.php?article149066</guid>
		<dc:date>2026-09-07T12:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; Depuis 2015, le Burkina Faso fait face &#224; une grave crise s&#233;curitaire marqu&#233;e par l'essor du terrorisme, de la criminalit&#233; organis&#233;e et des conflits communautaires. Cette situation a provoqu&#233; une d&#233;t&#233;rioration profonde de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure, une instabilit&#233; institutionnelle, et un ralentissement &#233;conomique. L'intensification des attaques terroristes a plac&#233; le pays parmi les plus affect&#233;s au monde. Ce travail analyse, &#224; travers des approches th&#233;oriques vari&#233;es analyse les causes de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://lefaso.net/spip.php?rubrique411" rel="directory"&gt;Recherches et innovations&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L150xH82/4-33-d61d0.jpg?1790155252' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sum&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis 2015, le Burkina Faso fait face &#224; une grave crise s&#233;curitaire marqu&#233;e par l'essor du terrorisme, de la criminalit&#233; organis&#233;e et des conflits communautaires. Cette situation a provoqu&#233; une d&#233;t&#233;rioration profonde de la s&#233;curit&#233; int&#233;rieure, une instabilit&#233; institutionnelle, et un ralentissement &#233;conomique. L'intensification des attaques terroristes a plac&#233; le pays parmi les plus affect&#233;s au monde. Ce travail analyse, &#224; travers des approches th&#233;oriques vari&#233;es analyse les causes de l'aggravation de la situation s&#233;curitaire et l'&#233;volution des d&#233;penses publiques de d&#233;fense. L'&#233;tude montre que la crise s&#233;curitaire notamment le terrorisme influence positivement les d&#233;penses militaires budg&#233;taires entre 2015 &#224; 2024 au Burkina Faso.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En effet pour faire face &#224; la d&#233;t&#233;rioration s&#233;curitaire, l'&#201;tat burkinab&#232; a consid&#233;rablement augment&#233; ses d&#233;penses militaires, mobilisant une part croissante de son budget national. Durant les dix derni&#232;res ann&#233;es, la part du budget d&#233;di&#233;e &#224; la d&#233;fense et &#224; la s&#233;curit&#233; est pass&#233;e de 6,3 % &#224; pr&#232;s de 30 %, traduisant une volont&#233; affirm&#233;e de renforcer les capacit&#233;s op&#233;rationnelles des forces arm&#233;es et d'int&#233;grer des dispositifs civilo-militaires tels que les Volontaires pour la D&#233;fense de la Patrie (VDP). Cette dynamique r&#233;v&#232;le &#233;galement une interd&#233;pendance entre s&#233;curit&#233;, stabilit&#233; politique et d&#233;veloppement, imposant une reconfiguration des priorit&#233;s nationales pour garantir la survie et la souverainet&#233; du Burkina Faso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://revuesciences-techniquesburkina.org/index.php/lettres_sciences_sociales_et_hum/article/view/1888&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En savoir plus ici&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Etienne COMPAORE&lt;br class='autobr' /&gt;
CEDRES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier NANA&lt;br class='autobr' /&gt;
Acad&#233;mie de police&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Du d&#233;chet &#224; la briquette : le charbon &#233;cologique comme levier d'autonomisation des femmes au Burkina Faso </title>
		<link>https://lefaso.net/spip.php?article149037</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lefaso.net/spip.php?article149037</guid>
		<dc:date>2026-09-05T11:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; La transition vers des sources d'&#233;nergie durables constitue un enjeu majeur au Burkina Faso, o&#249; le charbon de bois demeure le principal combustible domestique. La rar&#233;faction du bois-&#233;nergie, son co&#251;t croissant et les effets de son exploitation sur les ressources foresti&#232;res renforcent la n&#233;cessit&#233; de promouvoir des alternatives plus respectueuses de l'environnement. Dans ce contexte, le charbon &#233;cologique, produit &#224; partir de d&#233;chets v&#233;g&#233;taux et de r&#233;sidus organiques, appara&#238;t comme (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://lefaso.net/spip.php?rubrique411" rel="directory"&gt;Recherches et innovations&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L150xH70/7-3bb58.png?1790155252' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='70' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
La transition vers des sources d'&#233;nergie durables constitue un enjeu majeur au Burkina Faso, o&#249; le charbon de bois demeure le principal combustible domestique. La rar&#233;faction du bois-&#233;nergie, son co&#251;t croissant et les effets de son exploitation sur les ressources foresti&#232;res renforcent la n&#233;cessit&#233; de promouvoir des alternatives plus respectueuses de l'environnement. Dans ce contexte, le charbon &#233;cologique, produit &#224; partir de d&#233;chets v&#233;g&#233;taux et de r&#233;sidus organiques, appara&#238;t comme une solution contribuant &#224; la protection de l'environnement, &#224; la valorisation des d&#233;chets, &#224; la cr&#233;ation d'opportunit&#233;s &#233;conomiques et &#224; la valorisation personnelle des femmes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Introduction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acc&#232;s &#224; une &#233;nergie de cuisson durable demeure un d&#233;fi majeur en Afrique, notamment au Burkina Faso, o&#249; la forte d&#233;pendance au bois-&#233;nergie accentue la pression sur les ressources foresti&#232;res et acc&#233;l&#232;re la d&#233;forestation. Les m&#233;nages utilisent largement le charbon de bois pour la cuisson, favorisant l'exploitation intensive des ressources ligneuses et les coupes clandestines. Selon la FAO (2021, en ligne), si les tendances actuelles se poursuivent, plus de deux milliards de personnes, principalement en Afrique, d&#233;pendront encore de la biomasse traditionnelle pour cuisiner &#224; l'horizon 2030. Plusieurs initiatives visent &#224; r&#233;duire cette d&#233;pendance, notamment la diffusion de foyers am&#233;lior&#233;s permettant d'&#233;conomiser 30 &#224; 60 % de bois (B. Th&#233;au et R. Kinanga, 2021, p. 5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, leur co&#251;t demeure un frein pour de nombreux m&#233;nages &#224; faibles revenus. Dans ce contexte, le charbon &#233;cologique, fabriqu&#233; &#224; partir de r&#233;sidus v&#233;g&#233;taux et organiques, appara&#238;t comme une solution durable. Il contribue &#224; limiter la consommation de charbon de bois, &#224; r&#233;duire la pression sur les for&#234;ts et &#224; valoriser des d&#233;chets auparavant peu exploit&#233;s. Cette fili&#232;re offre &#233;galement des perspectives &#233;conomiques, notamment pour les femmes et les jeunes. Comme le soulignent M. Fall et P. Jacquemot (2023, p. 13), les femmes occupent une place centrale dans les activit&#233;s de transformation, de conservation et de commercialisation des produits agroalimentaires. Leur implication dans la production et la commercialisation du charbon &#233;cologique peut ainsi contribuer &#224; leur autonomie &#233;conomique et sociale tout en favorisant la transition &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.	Mat&#233;riels et m&#233;thodes&lt;br class='autobr' /&gt;
1.1 Site d'&#233;tude&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville Ouagadougou, chef-lieu de la r&#233;gion du Kadiogo, capitale politique et administrative du pays est une commune situ&#233;e au c&#339;ur du Burkina Faso. Elle a &#233;t&#233; l'objet d'un nouveau d&#233;coupage en 2012 par la loi 006-2009/AN du 22 d&#233;cembre 2009 portant d&#233;coupage des communes, s'&#233;tend sur une superficie de 317,822 km&#178; et compte d&#233;sormais douze (12) arrondissements d&#233;coup&#233;s en cinquante-cinq (55) secteurs. Kadiogo est l'une des 47 provinces du Burkina Faso et la seule province de la r&#233;gion de Kadiogo, ce qui en fait une r&#233;gion &#224; province unique depuis la r&#233;organisation administrative de juillet 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ville concentre la majorit&#233; des institutions, des infrastructures et des activit&#233;s &#233;conomiques et culturelles. La pr&#233;sente &#233;tude a touch&#233; des femmes productrices du charbon &#233;cologique issues des quartiers p&#233;riph&#233;riques (Bend&#233;go, Zongo, Marcousis et Wayalghin) et le Centre-ville de Ouagadougou (Zogona). La ville conna&#238;t un climat de type soudano-sah&#233;lien caract&#233;ris&#233; par l'alternance de deux saisons tr&#232;s contrast&#233;es, avec une saison des pluies qui s'&#233;tend de juin &#224; septembre et une saison s&#232;che tr&#232;s longue, d'octobre &#224; mai, avec des pr&#233;cipitations moyennes de 700 millim&#232;tres (Ouandaogo-Yameogo S., 2026, P. 173).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.2 Cadre th&#233;orique de l'&#233;tude&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travaux de Naila Kabeer (1999), sont parmi les plus mobilis&#233;s sur l'autonomisation &#233;conomique des femmes. Selon cet auteur, l'autonomisation correspond au processus par lequel les personnes priv&#233;es de la capacit&#233; de faire des choix acqui&#232;rent cette capacit&#233;. Elle distingue trois dimensions : les ressources (mati&#232;res premi&#232;res, &#233;quipements, financement, formations), l'agence, (cr&#233;ation d'entreprise, contr&#244;le des revenus, participation aux d&#233;cisions et les r&#233;alisations (revenus, reconnaissance sociale, am&#233;lioration des conditions de vie). Cette th&#233;orie montre que le d&#233;veloppement ne consiste pas seulement &#224; augmenter les revenus. Le d&#233;veloppement consiste surtout &#224; augmenter les libert&#233;s r&#233;elles. Le charbon &#233;cologique peut alors &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un moyen permettant aux femmes : d'acc&#233;der au revenu, de choisir leur activit&#233; &#233;conomique, d'am&#233;liorer leur sant&#233;, d'assurer la scolarisation des enfants, d'investir dans leur activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.3 Approche m&#233;thodologique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;tude a adopt&#233; une approche mixte combinant revue documentaire, enqu&#234;tes de terrain et observations directes. La revue documentaire a port&#233; sur les politiques publiques, rapports de projets, statistiques nationales et ressources relatives au charbon &#233;cologique. Elle a &#233;t&#233; compl&#233;t&#233;e par des investigations sur Facebook, TikTok et WhatsApp, ainsi que par des entretiens aupr&#232;s de sept personnes ressources : cinq de la DGEVCC et deux chercheurs de l'IRSAT et de l'INERA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enqu&#234;te de terrain a concern&#233; sept femmes productrices dans les quartiers p&#233;riph&#233;riques de Ouagadougou. Des entretiens semi-directifs ont document&#233; les mati&#232;res premi&#232;res, les proc&#233;d&#233;s de fabrication, la commercialisation, l'autonomisation, ainsi que les contraintes et opportunit&#233;s de la fili&#232;re. Les donn&#233;es, collect&#233;es du 3 au 12 mai 2026 aupr&#232;s de 14 participants, ont &#233;t&#233; compl&#233;t&#233;es par des observations non participantes sur cinq sites. Les donn&#233;es quantitatives ont &#233;t&#233; trait&#233;es sous Excel et les donn&#233;es qualitatives analys&#233;es par analyse de contenu (Bardin, 2013). Le consentement &#233;clair&#233; et la confidentialit&#233; ont &#233;t&#233; respect&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.	R&#233;sultats&lt;br class='autobr' /&gt;
2.1 Profils socio&#233;conomiques des femmes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sept productrices ont &#233;t&#233; suivies et sont des adultes dont l'&#226;ge moyen est de 42,6 ans (s'&#233;tendant de 33 &#224; 50 ans). Elles ont toutes b&#233;n&#233;fici&#233; d'au moins une formation sur la production du charbon vert et r&#233;sident dans la r&#233;gion du Kadiogo. Leur situation matrimoniale va du c&#233;libataire, mari&#233;e jusqu'&#224; veuve. Taux de scolarisation : 86 % (6 sur 7 productrices ont re&#231;u une &#233;ducation formelle). Le taux de scolarisation est de 86 % (6 sur 7 productrices ont re&#231;u une &#233;ducation formelle) avec diff&#233;rents niveaux de scolarisation : Master 2, Licence, baccalaur&#233;at et niveau primaire (CM2). Elles ont &#233;galement cr&#233;&#233; leur propre entreprise ou une Association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.2. Production du charbon &#233;cologique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diff&#233;rentes appellations de l'&#233;nergie verte existent, selon B. Th&#233;au et R. Kinanga, (2021, p.13), est appel&#233;, &#171; bio charbon &#187;, &#171; charbon biologique &#187; ou bien encore &#171; charbon v&#233;g&#233;tal &#187; et fabriqu&#233; avec des d&#233;chets v&#233;g&#233;taux ou des r&#233;sidus agricoles (balle de riz, coques d'arachides, tiges de mil, peaux de bananes, rafles de ma&#239;s, coques de noix de coco, de graines de coton, etc.). Les donn&#233;es collect&#233;es avec les femmes r&#233;v&#232;lent que diff&#233;rentes mati&#232;res rentrent dans la production du charbon &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.3	Processus de transformation : De la collecte &#224; la briquette&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fabrication du charbon &#233;cologique commence par la collecte des d&#233;chets dans les parcelles vides, quartiers urbains et p&#233;riph&#233;riques de Ouagadougou, espaces de d&#233;p&#244;ts d'ordures, zones agricoles et unit&#233;s de transformation des produits forestiers non ligneux (atti&#233;k&#233;, arachide et autres r&#233;sidus). Les d&#233;chets m&#233;nagers non &#233;vacu&#233;s sont &#233;galement r&#233;cup&#233;r&#233;s devant les domiciles et sur les march&#233;s. Un tri rigoureux permet d'&#233;liminer les impuret&#233;s (sachets, verre, m&#233;taux, pierres), puis les d&#233;chets sont class&#233;s selon leur nature et leur &#233;tat avant leur s&#233;chage au soleil. Selon les productrices, cette dur&#233;e varie de 5 &#224; 6 heures pour les r&#233;sidus l&#233;gers et de 2 &#224; 3 jours pour les d&#233;chets lourds ou humides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;chets secs sont ensuite soumis &#224; la carbonisation dans une barrique ou un four, &#224; une temp&#233;rature contr&#244;l&#233;e pour &#233;viter leur transformation en cendre. Le charbon obtenu est broy&#233; puis tamis&#233; afin d'&#233;liminer les impuret&#233;s. La poudre est ensuite m&#233;lang&#233;e &#224; des liants, notamment la poudre ou l'amidon de manioc, la gomme arabique ou la poudre de teinture des pagnes. Enfin, apr&#232;s malaxage, le m&#233;lange est press&#233;, compact&#233; et moul&#233; pour obtenir des briquettes de diff&#233;rentes formes (souvent circulaire, carr&#233;, ovale ou en tube) ou fa&#231;onn&#233;e en boules &#224; la main (voir photos1 &#224; 2).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_224929 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L500xH445/1-83-9e846.png?1790155252' width='500' height='445' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;2.3. Commercialisation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les quantit&#233;s de charbon produites varient d'une femme &#224; une autre. Ainsi, l'entreprise d'une association f&#233;minine au quartier Wayalghin regroupant des femmes d&#233;clare ceci : &#171; Le prix de vente du charbon &#233;cologique est fix&#233; &#224; 250 francs le kilogramme. En ce qui concerne les sacs, le groupe de huit (8) femmes produit quotidiennement des volumes compris entre 20 et 40 kg. Pour un sac de 20 kg, le prix de vente est de 5 000 francs &#187;, (E.B.M., Ouagadougou, mai, 2026).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'entreprise Burkina Ecoloth&#232;que, &#171; la production quotidienne est de 1 Tonne environ /jour, le kilogramme de charbon est vendu &#224; 200 francs CFA et le sac de 40 Kilogramme est vendu &#224; 5.000 francs CFA., la marge b&#233;n&#233;ficiaire est de 15 000 Francs CFA /jour sur chaque tonne de charbon vendu &#187; (S.K., Ouagadougou, mai, 2026).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, le sac de 50 Kg de charbon de bois est vendu &#224; 11.500 F &#224; Ouagadougou.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour atteindre ces cibles, les femmes utilisent les leviers num&#233;riques tels que TikTok, Facebook, WhatsApp, etc. pour rendre visible leur activit&#233;. Elles distribuent parfois des &#233;chantillons pour chercher la client&#232;le. Certaines productrices ont utilis&#233; ces r&#233;seaux sociaux avec succ&#232;s car elles ont attir&#233; une client&#232;le nombreuse, au point de ne plus pouvoir satisfaire la demande initiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.4. Impacts du charbon &#233;cologique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La production et la commercialisation du charbon &#233;cologique transforment la vie des femmes au Burkina Faso sur plusieurs plans majeurs dont, l'autonomie financi&#232;re et la prise en charge des besoins du m&#233;nage, le renforcement du leadership et du statut social, des mod&#232;les de r&#233;ussite et transmission, le pouvoir d&#233;cisionnel et la valorisation personnelle, l'am&#233;lioration de la sant&#233; et du cadre de vie. Malgr&#233; ces avantages, le d&#233;ploiement &#224; grande &#233;chelle rencontre encore des obstacles structurels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.5. Contraintes et solutions endog&#232;nes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les obstacles majeurs, qu'ils soient d'ordre technique et financier constituent des freins pour d&#233;velopper l'entreprise et professionnaliser la production. Il n'existe actuellement aucun soutien financier ou investissement pour l'achat de mati&#232;res premi&#232;res ou de mat&#233;riel plus performant. Durant la saison des pluies, le s&#233;chage est impossible, entra&#238;nant un ch&#244;mage technique au mois de juin jusqu'en octobre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour ce qui est des solutions endog&#232;nes, les femmes ont trouv&#233; une alternative &#224; la machine en utilisant une machine manuelle pour transformer la p&#226;te de charbon en briquettes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Certaines femmes font recours &#224; l'usage de la main-d'&#339;uvre familiale (leurs enfants, surtout les filles) durant les week-ends pour pallier le manque de personnel et augmenter la quantit&#233; de production du charbon afin de satisfaire la demande en charbon vert. Des alternatives pour r&#233;duire le ch&#244;mage technique durant la saison des pluies, une production intensive est r&#233;alis&#233;e durant la saison s&#232;che. La plupart des femmes ont ouvert un compte pour &#233;conomiser progressivement les b&#233;n&#233;fices issus de la vente du charbon afin d'acqu&#233;rir le mat&#233;riel n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles autofinancent la production du charbon en utilisation exclusive leurs revenus pour r&#233;investir et subvenir aux besoins de la famille. D'autres productrices ont mis en place une caisse de cotisation commune entre membres de la coop&#233;rative afin de pallier le manque de financements ext&#233;rieurs. D'autres encore, r&#233;solvent la faiblesse des moyens financiers par le recours au cr&#233;dit bancaire pour acqu&#233;rir des machines de qualit&#233; et des terrains &#224; la p&#233;riph&#233;rie de Ouagadougou. Des initiatives sont d&#233;velopp&#233;es pour r&#233;soudre la m&#233;vente du charbon &#233;cologique en le d&#233;posant aupr&#232;s des revendeurs de charbon de bois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.6 Perspectives et recommandations&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des perspectives ont &#233;t&#233; formul&#233;es il s'agit notamment, de :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	renforcer la formation technique des productrices ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	faciliter l'acc&#232;s aux &#233;quipements ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	d&#233;velopper des m&#233;canismes de financement adapt&#233;s ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	am&#233;liorer la visibilit&#233; et la commercialisation du produit ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	sensibiliser les consommateurs ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	accompagner la structuration de la fili&#232;re ; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	int&#233;grer davantage les femmes dans les politiques de transition &#233;nerg&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Discussion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le charbon &#233;cologique appara&#238;t comme une alternative durable au charbon de bois, car il est produit &#224; partir de r&#233;sidus v&#233;g&#233;taux et organiques. Il contribue ainsi &#224; r&#233;duire la pression sur les ressources foresti&#232;res, les &#233;missions polluantes et certains risques sanitaires. &#192; l'inverse, la production de charbon de bois demeure fortement consommatrice de biomasse : Mbuangi et Ntoto (2021, p. 55) estiment que : &#171; 1 tonne de charbon bois = 6,67 tonnes d'&#233;quivalent bois &#187;. Bekpa-Kinhou (2024, p. 458) souligne les d&#233;s&#233;quilibres &#233;cologiques li&#233;s &#224; cette exploitation, tandis que Th&#233;au et Kinanga (2021, pp. 18 et 20) indiquent que 5 &#224; 6 kg de bois sont n&#233;cessaires pour produire 1 kg de charbon de bois, contre 3 &#224; 6 kg de r&#233;sidus organiques pour 1 kg de charbon &#233;cologique. Ses avantages environnementaux, sociaux et &#233;conomiques sont &#233;galement soulign&#233;s par Laval et Lunel (2014, p. 4) et Dzokom (2025, p. 1), notamment en mati&#232;re de combustion, de r&#233;duction des &#233;missions et de cr&#233;ation de revenus. Les cendres peuvent en outre &#234;tre valoris&#233;es en agriculture (WEP-Burkina, 2026).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, son adoption demeure limit&#233;e par les habitudes de consommation, le co&#251;t, l'accessibilit&#233; et le manque de sensibilisation (Dzokom, 2025, p. 2). Au Burkina Faso, l'IRSAT travaille &#224; l'optimisation des formulations, tandis que la DGEVCC d&#233;veloppe un suivi des producteurs pour favoriser sa diffusion et renforcer la r&#233;silience climatique (Tour&#233;, 2025, en ligne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'initiative gouvernementale visant &#224; enseigner la fabrication de charbon &#233;cologique &#224; partir de divers r&#233;sidus organiques a connu un engouement aupr&#232;s des femmes et des jeunes. Bien que la formation ait attir&#233; de nombreux participants, notamment des femmes, le passage &#224; une production durable se heurte &#224; des obstacles financiers et techniques majeurs. En effet, ce combustible vert souffre d'un manque de notori&#233;t&#233; publique face &#224; la domination du charbon de bois traditionnel. Pour assurer la survie de cette fili&#232;re b&#233;n&#233;fique pour l'environnement, il est n&#233;cessaire d'instaurer des mesures fiscales dissuasives contre la d&#233;forestation. Le charbon &#233;cologique ne constitue pas seulement une alternative au charbon de bois, il peut &#233;galement devenir un instrument de transition &#233;cologique et d'autonomisation f&#233;minine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Auteur : IMA-OUOBA Sidonie Aristide, Anthropologie Sociale et Culturelle, Charg&#233; de Recherche, CNRST/INERA, Ouagadougou, Burkina Faso, e-mail : imasidonie@yahoo.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;f&#233;rences bibliographiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BARDIN Laurence, 2013. L'analyse de contenu, Presses Universitaires de France, Quadrige, 304 p.&lt;br class='autobr' /&gt;
BEKPA-KINHOU Ange Coffi Michel, 2024. &#171; Exploitation du bois &#233;nergie et du charbon de bois dans la commune de Zogbodomey au centre du B&#233;nin &#187;, International Journal of Progressive Sciences and Technologies (IJPSAT), Vol. 42 No. 2, pp. 458-466,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://ijpsat.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://ijpsat.org&lt;/a&gt; &#8250; index.php &#8250; ijpsat &#8250; article &#8250; view, consult&#233; le 1/07/2026&lt;br class='autobr' /&gt;
Dzokom Alexis, 2025. &#171; &#201;tude de l'Acceptabilit&#233; du Charbon &#201;cologique en Milieu Urbain dans l'Extr&#234;me-Nord du Cameroun &#187;. Sahel Nature Consulting Revue, Volume 11, Issue 02,&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://sites.google.com/view/sahel-nature-consulting/accueil&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://sites.google.com/view/sahel-nature-consulting/accueil&lt;/a&gt;, consult&#233; le 20/06/2026&lt;br class='autobr' /&gt;
International Energy Agency, 2023. World Energy, Outlook 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
FALL Marie et JACQUEMOT Pierre, 2023. &#171; L'autonomisation des femmes, une r&#233;ponse &#224; l'ins&#233;curit&#233; alimentaire en Afrique ? &#187;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://shs.cairn.info/revue-afrique-contemporaine-2023-1-page-9?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://shs.cairn.info/revue-afrique-contemporaine-2023-1-page-9?lang=fr&lt;/a&gt;, pp. 9-38, consult&#233; le 26/06/2026&lt;br class='autobr' /&gt;
Food and Agriculture Organization (FAO), 2021. &#171; Sous les feux de la rampe : comment rendre plus durable la d&#233;pendance de l'Afrique &#224; l'&#233;gard du charbon de bois et du bois de chauffe ? &#187;, &lt;a href=&#034;https://www.fao.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.fao.org&lt;/a&gt; &#8250; africa &#8250; news-stories &#8250; news..., consult&#233; le 1/07/2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;KABEER Naila, (1999). &#171; Resources, Agency, Achievements : Reflections on the Measurement of Women's Empowerment. Development and Change &#187;, 30(3), 435-464.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mbuangi Lusuadi Maurice et Ntoto M'vubu Alphonse Roger, 2021. &#171; La consommation du charbon de bois dans la ville de Boma (RD Congo) : enjeux socio&#233;conomiques et &#233;cologiques, Journal International Sciences et Technique de l'Eau et de l'Environnement &#187;, Vol.(vi), No.1, Avril 2021, pp. 52-61, Open Access &lt;a href=&#034;http://www.jiste.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.jiste.org&lt;/a&gt;, consult&#233;, le 27/06/2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LAVAL Mathilde et LUNEL M&#233;lanie, 2014. Le charbon vert, espoirs et r&#233;alit&#233;s d'une alternative &#233;nergique s&#233;duisante, Note de synth&#232;se de l'&#233;tude, Etude de l'Observatoire des microprojets, &lt;a href=&#034;http://www.agencemicroprojets.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.agencemicroprojets.org&lt;/a&gt;, consult&#233; le 7/07/2026&lt;br class='autobr' /&gt;
TH&#201;AU Beno&#238;t et KINANGA Ruphin, 2021. &#171; Guide de production du charbon vert, Initiatives Climat &#187;, 58 p. &lt;a href=&#034;http://www.initiativesclimat.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.initiativesclimat.org&lt;/a&gt;, consult&#233; le 20/06/2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;OUANDAOGO-YAMEOGO Suzanne, BLAVOUX Bernard, NIKIEMA Julien et SAVADOGO Alain Nindaoua, 2013. &#171; Caract&#233;risation du fonctionnement des aquif&#232;res de socle dans la r&#233;gion de Ouagadougou &#224; partir d'une &#233;tude de la qualit&#233; chimique des eaux &#187;, Revue des sciences de l'eau, Volume 26, Number 3, pp. 173&#8211;191, &lt;a href=&#034;https://apropos.erudit.org/en/users/policy-on-use&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://apropos.erudit.org/en/users/policy-on-use&lt;/a&gt;, consult&#233;, le 29/06/2026&lt;br class='autobr' /&gt;
TOUR&#201; Manthia, 2025. &#171; Le charbon &#233;cologique au Burkina Faso : Une alternative pour un avenir plus vert &#187;, &lt;a href=&#034;https://maliactu.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://maliactu.net&lt;/a&gt;, consult&#233; le 13/07/2026&lt;br class='autobr' /&gt;
Women Environmental Programme (WEP) Burkina, 2026. &#171; Formation de 60 jeunes filles et femmes h&#244;tes et d&#233;plac&#233;es internes sur le charbon vert et la cendre &#233;cologique &#187;, &lt;a href=&#034;https://www.wep-burkina.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.wep-burkina.org&lt;/a&gt;, consult&#233; le 13/07/2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce document de vulgarisation est tir&#233; de l'article scientifique : IMA-OUOBA S. A., 2026. &#171; Charbon &#233;cologique : strat&#233;gie d'adaptation environnementale et autonomisation des femmes au Burkina Faso &#187;, les Cahiers du (CARESFI), S&#233;rie Sciences Humaines et Sociales, 7 (3) : 77-100&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Titre : pluralit&#233; des repr&#233;sentations sociales des acteurs politiques et agropasteurs au Burkina Faso</title>
		<link>https://lefaso.net/spip.php?article149036</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lefaso.net/spip.php?article149036</guid>
		<dc:date>2026-09-05T09:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; Cet article analyse, &#224; partir de 160 entretiens, les repr&#233;sentations sociales des interactions entre pastoralisme et changements climatiques au Burkina Faso. Les agropasteurs les per&#231;oivent comme une amplification de la variabilit&#233; naturelle, tandis que les acteurs politiques y voient une rupture m&#233;t&#233;orologique nouvelle. Un consensus se d&#233;gage toutefois sur la vuln&#233;rabilit&#233; du secteur, marqu&#233;e par le d&#233;ficit fourrager, la baisse de productivit&#233; animale et les migrations forc&#233;es. La (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://lefaso.net/spip.php?rubrique411" rel="directory"&gt;Recherches et innovations&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L150xH83/capture_d_ecran_2026-09-05_112301-b7acd.png?1790155252' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='83' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sum&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet article analyse, &#224; partir de 160 entretiens, les repr&#233;sentations sociales des interactions entre pastoralisme et changements climatiques au Burkina Faso. Les agropasteurs les per&#231;oivent comme une amplification de la variabilit&#233; naturelle, tandis que les acteurs politiques y voient une rupture m&#233;t&#233;orologique nouvelle. Un consensus se d&#233;gage toutefois sur la vuln&#233;rabilit&#233; du secteur, marqu&#233;e par le d&#233;ficit fourrager, la baisse de productivit&#233; animale et les migrations forc&#233;es. La contribution du pastoralisme aux &#233;missions de gaz &#224; effet de serre est jug&#233;e faible, les d&#233;jections animales &#233;tant &#233;galement reconnues pour leur r&#244;le fertilisant. L'&#233;tude souligne enfin le d&#233;clin de la r&#233;silience pastorale et appelle &#224; renforcer la mobilit&#233;, les savoirs locaux et des politiques publiques adapt&#233;es au contexte sah&#233;lien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Introduction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Burkina Faso, le pastoralisme constitue le principal moyen d'existence de 30 % et le second de 80 % des populations rurales (MRAH et PNUD, 2012, cit&#233; par MRAH, 2019). Les travaux sp&#233;cialis&#233;s le pr&#233;sentent comme un syst&#232;me de production en co&#233;volution avec son environnement, soulignant la rationalit&#233; et les capacit&#233;s d'adaptation des populations pastorales face &#224; la variabilit&#233; des ressources naturelles (Bonnet et al., 2021 ; Scoones, 2022).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'inverse, certains &#233;crits globaux ont longtemps associ&#233; le pastoralisme &#224; la d&#233;gradation des ressources naturelles et &#224; la d&#233;sertification, en invoquant notamment le surp&#226;turage (Boutrais, 1992). Depuis le milieu des ann&#233;es 2000, l'&#233;levage est &#233;galement consid&#233;r&#233; comme une source importante de gaz &#224; effet de serre (GES), notamment de m&#233;thane et de protoxyde d'azote, tandis que les pasteurs sont reconnus comme particuli&#232;rement vuln&#233;rables aux changements climatiques en raison de leur d&#233;pendance aux ressources naturelles et de leurs capacit&#233;s limit&#233;es d'adaptation (Niang et al., 2014 ; Torquebiau, 2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces approches produisent ainsi une dichotomie entre &#233;levage &#233;metteur de GES, vuln&#233;rabilit&#233; et r&#233;silience. Toutefois, elles reposent largement sur des &#233;valuations techniques et des mod&#233;lisations, accordant peu de place aux perceptions des acteurs qui font vivre le pastoralisme. D&#232;s lors, comment les agropasteurs et leurs accompagnants technico-scientifiques et politiques con&#231;oivent-ils les interrelations entre pastoralisme et changements climatiques ? Cet article analyse les repr&#233;sentations de ces interrelations au Burkina Faso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.M&#233;thodologie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e dans les communes rurales de Koumbia (situ&#233;e &#224; 67 km &#224; l'Est de la ville de Bobo-Dioulasso &#224; l'Ouest du Burkina Faso et &#224; 35 km de la ville de Hound&#233;, le chef-lieu de la province du Tuy sur une superficie de 1 358 km2) et de Nagr&#233;ongo (situ&#233;e &#224; 38 km au Sud Est de la ville de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso et &#224; 18 km de Ziniar&#233;, le chef-lieu de province de l'Oubritenga et de la r&#233;gion du Oubri).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche socio-anthropologique par l'imbrication des logiques et des niveaux d'&#233;chelle a &#233;t&#233; mobilis&#233;e dans notre &#233;tude (Olivier de Sardan, 2007 ; Lavigne-Delville, 2011). Les donn&#233;es ont &#233;t&#233; produites aupr&#232;s de populations agropastorales, d'agents d&#233;concentr&#233;s et centraux de quatre minist&#232;res burkinab&#232;, ainsi que d'agents de la FAO et de ses partenaires strat&#233;giques (Banque mondiale et CIRAD). Au total, 160 entretiens individuels ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s de mars &#224; novembre 2022 selon la technique de boule de neige, &#224; partir d'une entr&#233;e institutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entretiens, conduits &#224; l'aide d'un guide semi-structur&#233;, portaient sur les trajectoires socioprofessionnelles, les r&#233;seaux de collaboration et les perceptions des interrelations entre pastoralisme et changements climatiques. Parmi eux, 143 ont &#233;t&#233; enregistr&#233;s au dictaphone et 17 consign&#233;s par prise de notes. Ain, les entretiens enregistr&#233;s ont &#233;t&#233; int&#233;gralement retranscrits, puis soumis &#224; une analyse de contenu th&#233;matique et comparative afin d'identifier les convergences et divergences des discours. Une grille d'analyse a permis de regrouper les perceptions autour de trois cat&#233;gories issues de la litt&#233;rature : source d'&#233;mission de GES, vuln&#233;rabilit&#233; et r&#233;silience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. R&#233;sultats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.1. Changements climatiques et pastoralisme : entre contrainte et amplification des difficult&#233;s socio-&#233;conomiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les repr&#233;sentations des effets des changements climatiques (CC) sur le pastoralisme s'articulent autour d'une perception largement partag&#233;e : les CC sont consid&#233;r&#233;s comme une contrainte majeure et un amplificateur des difficult&#233;s socio-&#233;conomiques existantes. Le d&#233;ficit fourrager et hydrique appara&#238;t comme leur principale cons&#233;quence. Comme le souligne un pasteur de Nagr&#233;ongo : &#171; s'il ne pleut pas assez, on ne peut avoir du fourrage. [&#8230;] pas d'eau pas de nourriture &#187; (ByNa, pasteur, Nagr&#233;ongo).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces d&#233;ficits entra&#238;nent, selon les enqu&#234;t&#233;s, une baisse des productions animales et agricoles, l'apparition de maladies, la mortalit&#233; du b&#233;tail, la diminution de la reproduction et les migrations. Un responsable d'organisation de producteurs r&#233;sume cette situation : &#171; C'est le d&#233;placement des animaux, la perte des animaux, la diminution de la reproduction, les maladies &#187; (TiBa, responsable d'OP, Bobo-Dioulasso).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les acteurs institutionnels et scientifiques insistent &#233;galement sur la vuln&#233;rabilit&#233; du pastoralisme. Un chercheur rel&#232;ve que &#171; les grandes s&#233;cheresses &#187; provoquent une forte mortalit&#233; animale, tandis que la baisse de productivit&#233; r&#233;duit les revenus et favorise les migrations. Enfin, les agents de la FAO d&#233;crivent explicitement les pasteurs comme des &#171; victimes du changement climatique &#187;, notamment sous l'effet de la baisse de la pluviom&#233;trie, de la hausse des temp&#233;ratures et de la s&#233;cheresse (OA, FAO).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.2. Des repr&#233;sentations sociales du pastoralisme entre observations locales et &#233;valuations environnementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse des entretiens r&#233;v&#232;le une repr&#233;sentation largement partag&#233;e d'un syst&#232;me d'&#233;levage pastoral dont les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre (GES) seraient minimes comparativement aux syst&#232;mes intensifs. La majorit&#233; des agropasteurs et des acteurs nationaux des politiques publiques d'&#233;levage fondent cette perception sur leurs observations de proximit&#233; avec le b&#233;tail. Un pasteur rencontr&#233; &#224; Bobo-Dioulasso affirme ainsi que &#171; l'impact des animaux sur les changements climatiques est minime &#187; (TiBo, homme, responsable de coop&#233;rative, pasteur de naissance). Un cadre du minist&#232;re des Ressources animales et halieutiques nuance cette perception : &#171; on n'est pas les premiers pollueurs, ce n'est pas trop significatif mais c'est quand m&#234;me un impact &#187; (TcBo, ing&#233;nieur d'&#233;levage).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette repr&#233;sentation dominante est toutefois nuanc&#233;e par trois enqu&#234;t&#233;s qui estiment que le pastoralisme peut &#234;tre fortement &#233;metteur de m&#233;thane lorsqu'on rapporte les &#233;missions &#224; la t&#234;te de b&#233;tail. Ils mettent en avant la taille des troupeaux et la faible productivit&#233; des syst&#232;mes pastoraux. Un &#233;conomiste de la FAO souligne notamment que &#171; l'&#233;levage est &#224; faible productivit&#233; [&#8230;] et finalement les &#233;missions par unit&#233; de t&#234;te de b&#233;tail est tr&#232;s &#233;lev&#233; &#187; (OA, homme, &#233;conomiste, FAO). Ainsi, les perceptions opposent une lecture fond&#233;e sur l'observation locale &#224; une approche reposant sur les m&#233;thodes de calcul des &#233;missions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.3 : R&#233;silience du pastoralisme face aux changements climatiques : entre doute, n&#233;cessit&#233; et exp&#233;rience&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'examen des discours des enqu&#234;t&#233;s, les repr&#233;sentations sur la r&#233;silience du pastoralisme aux effets des changements climatiques se structurent autour de la r&#233;duction des marges de mobilit&#233; du b&#233;tail, de la n&#233;cessit&#233; combin&#233;e &#224; la pratique et l'observation de proximit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des acteurs des politiques publiques, la r&#233;duction des ressources pastorales pour r&#233;pondre aux besoins d'un nombre &#233;lev&#233; de t&#234;tes d'animaux et l'insuffisance de ressources financi&#232;res allou&#233;es au d&#233;veloppement du pastoralisme est &#233;voqu&#233; dans les discours de tous les enqu&#234;t&#233;s. A cela s'ajoutent le manque d'espace de p&#226;turages, l'ins&#233;curit&#233; li&#233;es aux attaques terroristes, l'absence de politiques de soutien au pastoralisme et aux pasteurs, la migration des pasteurs et leurs troupeaux vers les pays c&#244;tiers o&#249; il existe des conditions favorables d'accueil et d'installation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une minorit&#233; d'enqu&#234;t&#233;s croient &#224; la r&#233;silience du pastoralisme aux effets des changements climatiques par observation de proximit&#233; et par n&#233;cessit&#233; combin&#233;e &#224; la pratique. Quant &#224; cette femme, administrateur civile, rencontr&#233;e &#224; Nagr&#233;ongo, a mis en avant l'organisation des pasteurs, voit un avenir radieux et souhaite un accompagnement des &#233;leveurs &#224; Nagr&#233;ongo. Du c&#244;t&#233; des agents de techniques, l'&#233;levage pastoral a un bon avenir. Ils justifient leur conviction par la capacit&#233; de r&#233;silience, la forte contribution &#224; la s&#233;curit&#233; alimentaire et nutritionnelle et au revenu, la facilit&#233; de mise en place de l'&#233;levage et le manque de terres cultivables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.4. Des repr&#233;sentations sociales de la contribution du pastoralisme &#224; la lutte contre les changements&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;climatiques, entre impacts positifs du b&#233;tail sur l'environnement et s&#233;questration du carbone dans les sols&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ensemble des enqu&#234;t&#233;s ont estim&#233; que les &#233;missions de GES provenant du pastoralisme peuvent &#234;tre compens&#233;es par la v&#233;g&#233;talisation de l'environnement et la fertilisation des sols par les d&#233;jections du b&#233;tail. Au niveau national, les acteurs des politiques publiques d'&#233;levage sont unanimes que les d&#233;jections du b&#233;tail des syst&#232;mes pastoraux repr&#233;sentent une source de s&#233;questration du carbone dans les sols cultiv&#233;s ou p&#226;tur&#233;s. Dans les politiques climatiques, ces d&#233;jections sont converties en cr&#233;dit carbone sur le march&#233; international du carbone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le m&#234;me son de cloche au niveau international car l'ensemble des enqu&#234;t&#233;s de la FAO ont estim&#233; que les syst&#232;mes d'&#233;levage pastoraux font partie des solutions pour la lutte contre les changements climatiques. Poursuivant dans la m&#234;me lanc&#233;e, un autre enqu&#234;t&#233; a mis en avant la capacit&#233; de recyclage des nutriments. Il y a aussi des pens&#233;es exprim&#233;es dans les discours &#224; travers les notions de durabilit&#233;, de services &#233;co syst&#233;mique, d'interaction mutuelle et r&#233;ciproque, et de co-b&#233;n&#233;fice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Discussion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les changements climatiques constituent une repr&#233;sentation scientifique et politique d'un ph&#233;nom&#232;ne difficilement perceptible directement par les sens. La CCNUCC les d&#233;finit comme des changements &#171; attribu&#233;s directement ou indirectement &#224; une activit&#233; humaine alt&#233;rant la composition de l'atmosph&#232;re mondiale &#187;, en distinction de la variabilit&#233; naturelle du climat (ONU, 1992, p. 2). Cette conception, centr&#233;e notamment sur le r&#233;chauffement de la surface terrestre, contraste avec les repr&#233;sentations recueillies aupr&#232;s des populations agropastorales et des acteurs des politiques publiques d'&#233;levage au Burkina Faso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les premi&#232;res, les changements climatiques sont principalement per&#231;us comme une amplification de la variabilit&#233; naturelle caract&#233;ristique des milieux arides et semi-arides, tandis que les seconds les consid&#232;rent davantage comme un ph&#233;nom&#232;ne nouveau et probl&#233;matique. N&#233;anmoins, les deux cat&#233;gories d'acteurs mobilisent des indicateurs similaires : modification du r&#233;gime des pluies, du vent et de l'ensoleillement, ainsi que de la biodiversit&#233; v&#233;g&#233;tale et animale. Cette perception multidimensionnelle se distingue du cadrage politique centr&#233; principalement sur le r&#233;chauffement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sultats montrent &#233;galement une pluralit&#233; de repr&#233;sentations du lien entre pastoralisme et changements climatiques. La majorit&#233; des enqu&#234;t&#233;s consid&#232;rent le pastoralisme comme un syst&#232;me de production alimentaire relativement moins &#233;metteur de gaz &#224; effet de serre que l'&#233;levage intensif, ce qui rejoint plusieurs travaux consacr&#233;s au pastoralisme (2023 ; FAO, 2023). Toutefois, l'image d'un pastoralisme &#233;metteur de GES, notamment de m&#233;thane (CH&#8324;), est &#233;galement pr&#233;sente. Les estimations de la contribution de l'&#233;levage aux &#233;missions mondiales ont &#233;volu&#233; de 18 % (FAO, 2006) &#224; 14,5 % (Gerber et al., 2013), puis &#224; 11,5 % (FAO, 2023). Ces &#233;carts doivent n&#233;anmoins &#234;tre interpr&#233;t&#233;s avec prudence, car ils r&#233;sultent notamment de changements de m&#233;thodes et de r&#233;f&#233;rences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pastoralisme est par ailleurs pr&#233;sent&#233; dans la litt&#233;rature comme particuli&#232;rement vuln&#233;rable aux effets des changements climatiques (Kr&#228;tli, 2013). Or, cette lecture appara&#238;t partiellement en d&#233;calage avec l'exp&#233;rience des populations agropastorales, habitu&#233;es &#224; composer avec l'incertitude et la variabilit&#233; environnementale (Kr&#228;tli, 2015). Les contraintes auxquelles elles sont confront&#233;es rel&#232;vent &#233;galement de dimensions socio-&#233;conomiques et politiques, ce qui invite &#224; ne pas attribuer exclusivement leurs difficult&#233;s aux changements climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, contrairement &#224; l'image d'un pastoralisme intrins&#232;quement r&#233;silient v&#233;hicul&#233;e par la litt&#233;rature, notamment &#224; travers la mobilit&#233; et l'adaptation &#224; la variabilit&#233; environnementale (Ancey et al., 2024), cette repr&#233;sentation n'est pas clairement partag&#233;e par les enqu&#234;t&#233;s. La r&#233;silience pastorale repose &#233;galement sur la capacit&#233; &#224; exploiter la variabilit&#233; des ressources et &#224; d&#233;velopper des relations productives et commerciales (FAO, 2021 ; GIZ, 2022). Le d&#233;calage observ&#233; entre ces approches et les repr&#233;sentations sociales sugg&#232;re la n&#233;cessit&#233; de renouveler l'analyse de la r&#233;silience pastorale en int&#233;grant davantage les dynamiques socio-&#233;conomiques et politiques, notamment les politiques d'intensification, de s&#233;dentarisation et de transformation des droits d'acc&#232;s aux ressources et &#224; la mobilit&#233;, qui s'inscrivent dans une orientation plus large associ&#233;e &#224; l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale (Ancey et al., 2017 ; Soubiale et Damone, 2019).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un consensus se d&#233;gage n&#233;anmoins sur la forte vuln&#233;rabilit&#233; du pastoralisme, confront&#233; au d&#233;ficit fourrager, &#224; la baisse de productivit&#233; et aux maladies animales. Contrairement aux discours internationaux qui associent l'&#233;levage &#224; une forte contribution aux &#233;missions de GES, les acteurs locaux per&#231;oivent le pastoralisme extensif comme faiblement &#233;metteur et porteur de b&#233;n&#233;fices agro&#233;cologiques. L'&#233;tude r&#233;v&#232;le toutefois un affaiblissement de la r&#233;silience pastorale, notamment en raison des entraves &#224; la mobilit&#233; li&#233;es &#224; l'ins&#233;curit&#233;, &#224; la fragmentation des espaces et &#224; l'inad&#233;quation des politiques publiques. Elle appelle ainsi &#224; un changement de paradigme int&#233;grant les savoirs locaux, s&#233;curisant la mobilit&#233; pastorale et reconnaissant les services &#233;cosyst&#233;miques associ&#233;s &#224; l'&#233;levage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Co-auteurs : DABIR&#201; Der, USPAE/CIRDES ; FAYAMA Tiony&#233;l&#233;, CNRST/INERA, OUOBA Sidonie, CNRST/INERA, TO&#201; Patrice, Universit&#233; Nazi Boni (UNB)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;f&#233;rences bibliographiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. ANCEY V&#233;ronique, KR&#196;TLI Saverio, DABIR&#201; Der. 2024. Ce que le pastoralisme nous dit du r&#233;chauffement climatique. (Agro)pastoralisme en Afrique, dynamiques en cours et perspectives, en pr&#233;paration de l'Ann&#233;e Internationale des Parcours et des Pasteurs (IYRP 2026), PPZS, Nov 2024, Saly, S&#233;n&#233;gal.&lt;br class='autobr' /&gt;
2. ANCEY V&#233;ronique, PESCHE Denis et DAVIRON B&#233;no&#238;t. 2017. R&#233;silience et d&#233;veloppement : compl&#233;ment, substitut ou palliatif ? Le cas du pastoralisme au Sahel. In Revue internationale des &#233;tudes du d&#233;veloppement. Vol. 3, N&#176; 231, pp 57- 89.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. BONNET Bernard. 2021. &#201;levage pastoral et environnement : des impacts r&#233;ciproques sujets &#224; controverses. In Grain de sel, N&#176;82- 83, pp. 49-51.&lt;br class='autobr' /&gt;
4. BOUTRAIS Jean. 1992. &#171; L'&#233;levage en Afrique tropicale : une activit&#233; d&#233;gradante ? &#187;. In Afrique contemporaine. L'environnement en Afrique, (PONTI&#201; Guy et GAUD Michel, &#233;d.), N&#176; sp&#233;cial 161, La documentation fran&#231;aise, Paris, pp 109-125.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Dabir&#233; D., Fayama T., Ouoba S. et To&#233; P., 2026. &#171; Pastoralisme et changements climatiques : Pluralit&#233; des repr&#233;sentations sociales des acteurs politiques et agropasteurs au Burkina Faso &#187;, les Cahiers du (CARESFI), S&#233;rie Sciences Humaines et Sociales, 7 (3) : 23-45,&lt;br class='autobr' /&gt;
6. FAO. 2006. Livestock's long shadow. Environmental issues and options, Rome, 416 pages.&lt;br class='autobr' /&gt;
7. FAO. 2021. Pastoralism &#8211; Making variability work. FAO. Animal Production and Health Paper N&#176;185. Rome. 39 pages.&lt;br class='autobr' /&gt;
8. FAO. 2021. Le devenir de l'&#233;levage au Burkina Faso. Opportunit&#233;s et d&#233;fis face aux incertitudes. Rapport d'&#233;tude. Rome, FAO, 56 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. GERBER J. Pierre, STEINFELD Henning, HENDERSON Benjamin, MOTTET Anne, OPIO Carolyn, DIJKMAN Jeroen, FALCUCCI Alessandra et TEMPIO Giuseppe. 2013. Tackling climate change through livestock : a global assessment of emissions and mitigation opportunities. Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO), Rome, 139 pages.&lt;br class='autobr' /&gt;
10. GIZ, 2022. Pastoralism and Resilience of Food Production in the Face of Climate Change, 20 pages.&lt;br class='autobr' /&gt;
11. Guinko S., 1984. V&#233;g&#233;tation de la Haute &#8211; Volta. Th&#232;se de Doctorat d'&#201;tat &#232;s Sciences naturelles. Universit&#233; de Bordeaux III, Bordeaux, 318 p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. KR&#196;TLI Saverio. 2013. Global public policy narratives on the drylands and pastoralism. IIED Briefing Paper-International Institute for Environment and Development, (10040),&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.jstor.org/stable/resrep01239&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.jstor.org/stable/resrep01239&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
13. KR&#196;TLI Saverio. 2015. Valuing variability : New Perspectives on climate resilient drylands development, IIED, Edited by de Jode, H. 92 pages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. Minist&#232;re des Ressources Animales et Halieutiques (MRAH). 2019.RAPPORT ANNUEL D'ACTIVITES DE L'ANNEE 2018 DU MRAH. Ouagadougou, Burkina Faso, 63 pages &lt;br class='autobr' /&gt;
15. NIANG Isabelle, RUPPEL C Oliver, ABDRABO A. Mohamed, ESSEL Abebe, LENNARD Christopher, PADGHAM Jonathan et URQUHART Penny. 2014. Africa. In Climate Change 2014. Impacts, Adaptation, and Vulnerability. Part B : Regional Aspects. Contribution of Working Groupe II to the Fifth Assessment Report of the Intergovernmental Panel on Climate Change Cambridge University Press, Cambridge, United Kingdom and New York, NY, USA, pp. 1199-1265.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. OLIVIER DE SARDAN Jean Pierre. 1995. Anthropologie et d&#233;veloppement. Essai en socio-anthropologie du changement social. Paris, Karthala, 203 pages.45&lt;br class='autobr' /&gt;
17. ONU. 1992. Convention cadre des nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). ONU, New York, 40 pages.&lt;br class='autobr' /&gt;
18. SOUBIALE Nad&#232;ge et DAMOME &#201;tienne. 2019. R&#233;silience du pastoralisme sah&#233;lien : discours d'&#233;vidence institutionnels et journalistiques. Communiquer. In Revue de communication sociale et publique, n&#176;26, pp 89&#8211;104.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce document de vulgarisation est tir&#233; de l'article scientifique : Dabir&#233; D., Fayama T., Ouoba S. et To&#233; P., 2026. &#171; Pastoralisme et changements climatiques : Pluralit&#233; des repr&#233;sentations sociales des acteurs politiques et agropasteurs au Burkina Faso &#187;, les Cahiers du (CARESFI), S&#233;rie Sciences Humaines et Sociales, 7 (3) : 23-45&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Analyse de l'adoption des technologies agroforesti&#232;res dans la zone rurale et p&#233;riurbaine de Bobo-Dioulasso</title>
		<link>https://lefaso.net/spip.php?article148818</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lefaso.net/spip.php?article148818</guid>
		<dc:date>2026-09-03T21:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Manager 2</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Koueta T&#233;r&#233; Roland1 , Nakoulma Goama et Gomgnimbou P.K. Alain &lt;br class='autobr' /&gt; 1Universit&#233; Joseph KI-ZERBO, D&#233;partement de G&#233;ographie, Laboratoire Dynamiques des Espaces et Soci&#233;t&#233;s, 01 BP 85, Ouagadougou 01, Burkina Faso, tererolandkoueta@gmail.com &lt;br class='autobr' /&gt;
2 Institut des Sciences des Soci&#233;t&#233;s, Centre Nationale de la Recherche Scientifique et Technologique/Laboratoire Dynamique des Espaces et Soci&#233;t&#233;s, UJK-Z, 01 BP 85, Ouagadougou 01, Burkina Faso, ngoama@yahoo.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
3Institut de l'Environnement et de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://lefaso.net/spip.php?rubrique411" rel="directory"&gt;Recherches et innovations&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L150xH133/capture_d_ecran_2026-08-26_094422-3e7a5.png?1790155252' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='133' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Koueta T&#233;r&#233; Roland1 , Nakoulma Goama et Gomgnimbou P.K. Alain&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1Universit&#233; Joseph KI-ZERBO, D&#233;partement de G&#233;ographie, Laboratoire Dynamiques des Espaces et Soci&#233;t&#233;s, 01 BP 85, Ouagadougou 01, Burkina Faso, tererolandkoueta@gmail.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 Institut des Sciences des Soci&#233;t&#233;s, Centre Nationale de la Recherche Scientifique et Technologique/Laboratoire Dynamique des Espaces et Soci&#233;t&#233;s, UJK-Z, 01 BP 85, Ouagadougou 01, Burkina Faso, ngoama@yahoo.fr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3Institut de l'Environnement et de la Recherche Agricole/Centre Nationale de la Recherche Scientifique et Technologique, Laboratoire Sol-Eau-Plante, BP 910, Bobo Dioulasso, Burkina Faso, gpkalain@yahoo.fr/gomalain@gmail.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sum&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article de vulgarisation est extrait de l'article scientifique intitul&#233; &#171; Pratiques agroforesti&#232;res et facteurs d&#233;terminants leur adoption dans la commune rurale de Bobo-Dioulasso, Burkina Faso &#187;, publi&#233; dans la revue, IJPSAT, International Journal of Progressive Sciences and Technologies, Vol.40, N&#176;2 ISSN : 2509-0119.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;tude visait &#224; faire l'&#233;tat des lieux des pratiques agroforesti&#232;res et &#224; analyser les facteurs cl&#233;s de leurs adoptions afin d'obtenir plus de clart&#233; sur l'agroforesterie dans la commune de Bobo-Dioulasso en vue de promouvoir de bonnes pratiques agroforesti&#232;res. Pour atteindre cet objectif, des entretiens individuels sur la base d'un questionnaire semi-structur&#233; ont &#233;t&#233; conduits aupr&#232;s de 385 producteurs, chefs de m&#233;nages, choisis de mani&#232;re al&#233;atoire dans cinq villages de la commune. Sur l'&#233;chantillon de 385 producteurs enqu&#234;t&#233;s, 85,05% ont affirm&#233; une tendance &#224; la hausse de l'agroforesterie au cours des 40 derni&#232;res ann&#233;es&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mots cl&#233;s &#8211; Pratiques Agroforesti&#232;res, Facteurs D'adoption, Bobo-Dioulasso, Burkina Faso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agroforesterie, qui associe arbres et agriculture, est une alternative entre d&#233;forestation et conservation des for&#234;ts (CTA, 2004 ; Young A., 1988). Cependant, l'introduction de nouvelles cultures a entra&#238;n&#233; un d&#233;clin de l'importance des arbres dans les zones agricoles (Ouoba H. Y. et al., 2018). Face aux co&#251;ts environnementaux de ces pratiques, la communaut&#233; scientifique appelle &#224; un changement vers des syst&#232;mes agroalimentaires durables et r&#233;silients (Lamouri J. et Lavoie A., 2016). L'agroforesterie, qui r&#233;pond &#224; ces enjeux, refait surface avec de nouveaux projets (Mormont M. M., 2011). Au Burkina Faso, l'agroforesterie a &#233;t&#233; adopt&#233;e comme une alternative durable de gestion des terres apr&#232;s les s&#233;cheresses de 1973 et 1974 (Hall&#233; F., 1986). Cependant, malgr&#233; de nombreuses recherches (Bengali M. M., 2018 ; Ciss&#233; M. et al., 2018 ; Ouoba H. Y. et al., 2018 ; Akplo T. M. et al., 2019 ; Natta A. K. et al., 2012 ; Adekambi S. A. et al., 2021 ; Johns K., 2017 ; Mormont M. M., 2011), les pratiques agroforesti&#232;res sont peu adopt&#233;es par les producteurs. Cette &#233;tude vise &#224; analyser les facteurs qui influencent l'adoption de ces pratiques dans la commune de Bobo-Dioulasso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. But de la recherche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but de cette recherche est d'analyser les facteurs cl&#233;s de leur adoption de l'agroforesterie dans la commune de Bobo-Dioulasso. L'objectif ultime &#233;tait d'obtenir une meilleure compr&#233;hension de l'agroforesterie dans cette commune afin de promouvoir de meilleures pratiques agroforesti&#232;res pour le b&#233;n&#233;fice des populations locales et de l'environnement. Quels facteurs biophysiques et socio-&#233;conomiques influencent-ils leurs adoptions dans la commune de Bobo-Dioulasso ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Comment avons-nous proc&#233;d&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tude a &#233;t&#233; men&#233;e dans la commune de Bobo-Dioulasso, au Burkina Faso, dans cinq villages choisis pour leur proximit&#233; ou leur &#233;loignement de la ville. Un total de 384 producteurs ont &#233;t&#233; interrog&#233;s, d&#233;termin&#233;s par un &#233;chantillon par quota. La taille de l'&#233;chantillon a &#233;t&#233; calcul&#233;e &#224; l'aide de la formule : &#119951;=(&#119937;&#178;&#8727;&#119953;(&#120783;&#8722;&#119953;)) /&#119942;&#178;. La carte ci-dessous pr&#233;sente les sites de recherche.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_224429 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L500xH442/capture_d_ecran_2026-08-26_094422-37aaa.png?1790155252' width='500' height='442' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les donn&#233;es pour cette &#233;tude ont &#233;t&#233; collect&#233;es &#224; l'aide de m&#233;thodes quantitatives et qualitatives, notamment des enqu&#234;tes et des entretiens individuels et de groupe de discussion avec des producteurs, des associations agricoles. Ces donn&#233;es ont &#233;t&#233; recueillies &#224; l'aide de questionnaires et de formulaires d'entretien impl&#233;ment&#233;s dans l'application Kobo Collect. Le traitement des donn&#233;es a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e &#224; l'aide de plusieurs logiciels, notamment R pour la conception du mod&#232;le de r&#233;gression logistique binaire, Excel pour l'&#233;laboration des tableaux et graphiques crois&#233;s dynamiques. Aussi, une tablette a &#233;t&#233; utilis&#233;e pour les prises de vues et le logiciel ArcGIS pour la r&#233;alisation de la carte de localisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Qu'avons-nous appris ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sultats 1 :&lt;/strong&gt; Facteurs d&#233;terminants l'adoption des pratiques agroforesti&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
L'introduction intentionnelle des ligneux dans les champs tient compte des facteurs consign&#233;s dans le tableau ci-dessous (Tableau 1). Une analyse de r&#233;gression binaire a permis de tester certaines variables pouvant avoir une influence significative sur l'adoption des pratiques agroforesti&#232;res dans la commune.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_224430 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://lefaso.net/IMG/png/capture_d_ecran_2026-08-26_094611.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L500xH283/capture_d_ecran_2026-08-26_094611-173b3.png?1790155252' width='500' height='283' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_224431 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://lefaso.net/IMG/png/capture_d_ecran_2026-08-26_094936.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L500xH618/capture_d_ecran_2026-08-26_094936-26bb0.png?1790155252' width='500' height='618' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Source : R Koueta, donn&#233;es terrain 2023&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mod&#232;les de r&#233;gression Logistique bas&#233;s sur les valeurs du pseudo R&#178; de McFadden sont de qualit&#233; suffisante pour expliquer les facteurs d'adoption des pratiques agroforesti&#232;res, o&#249; Chi2 &#224; 18&#176; degr&#233;s de libert&#233; = 240,28***. Le test de Chi-deux a permis d'appr&#233;cier globalement le mod&#232;le. Dans le cas pr&#233;sent, le mod&#232;le est nettement meilleur que le mod&#232;le trivial qu'il am&#233;liore de pr&#232;s 48%. Les facteurs explicatifs du mod&#232;le et des pratiques agroforesti&#232;res comprennent des variables telles que l'&#233;ducation, l'adh&#233;sion &#224; des organisations paysannes, les conditions environnementales et le village de producteurs. L'analyse du tableau montre que la variable niveau d'&#233;ducation (secondaire) est significatif au seuil de 1% et que l'appartenance &#224; un groupement paysan et les conditions biophysiques sont significatifs au seuil de 10% et le village d'appartenance du producteur au seuil de 5%. Cela traduit que lorsque le producteur &#224; un niveau secondaire, il est tr&#232;s influenc&#233; &#224; adopter l'agroforesterie. Il en est de m&#234;me pour ceux qui sont dans des groupements de producteurs et le contexte environnemental. Plus le producteur est dans un groupement de producteurs, plus il est influenc&#233; &#224; pratiquer l'agroforesterie pour am&#233;liorer la productivit&#233; de ses sols ; et plus le climat est bien humide, plus les producteurs sont tent&#233;s d'adopter l'agroforesterie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sultats 2 :&lt;/strong&gt; D&#233;fis des pratiques agroforesti&#232;res dans la commune&lt;br class='autobr' /&gt;
Les r&#233;sultats ont r&#233;v&#233;l&#233; que de nombreux d&#233;fis constituent de r&#233;els obstacles au d&#233;veloppement de l'agroforesterie. On note cependant que l'insuffisance de moyen (48,40 %) constitue pour la plupart des producteurs l'obstacle principal pour son adoption suivi des p&#233;nuries de terres (45,45 %) (Tableau 2).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_224431 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://lefaso.net/IMG/png/capture_d_ecran_2026-08-26_094936.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L500xH618/capture_d_ecran_2026-08-26_094936-26bb0.png?1790155252' width='500' height='618' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Conclusion et recommandations&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette &#233;tude r&#233;v&#232;le que les facteurs sociaux, &#233;conomiques et &#233;cologiques jouent un r&#244;le d&#233;terminant dans la mise en &#339;uvre de l'agroforesterie. Cependant, des d&#233;fis subsistent, notamment financiers, technologiques, politiques, d'acc&#232;s &#224; l'eau et de s&#233;curit&#233;. Pour surmonter ces d&#233;fis, il est n&#233;cessaire de repenser l'approche de la fili&#232;re, d'offrir un soutien continu aux producteurs, notamment en mati&#232;re de formation, de microcr&#233;dit et de conseil. La cr&#233;ation et la promotion de bonnes pratiques agroforesti&#232;res, le renforcement des capacit&#233;s des organisations paysannes et l'installation de minis ch&#226;teaux d'eau sont essentiels pour freiner la d&#233;forestation et favoriser l'&#233;mergence d'innovations agricoles durables dans le monde rural.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour en savoir plus&lt;br class='autobr' /&gt;
Adekambi, S. A., Codjovi, J. E. A., &amp; Yabi, J. A. (2021). Facteurs d&#233;terminants l'adoption des mesures de gestion int&#233;gr&#233;e de la fertilit&#233; des sols (GIFS) au nord du B&#233;nin : Une application du mod&#232;le probit multivari&#233; au cas de producteurs de ma&#239;s. International Journal of Biological and Chemical Sciences, 15(2), 664 678 &lt;br class='autobr' /&gt;
Akplo, T. M., Dan, B. S. C., Houessou, L. G., Houinato, M. R. B., &amp; Sinsin, A. B. (2019). Typologie et structure des syst&#232;mes agroforestiers dans la commune de Djidja (B&#233;nin). Revue Internationale des SciencesAppliqu&#233;es, 1, 29 39. Bengali, M. M. (2018). Perceptions de l'agroforesterie par les paysans et paysannes du groupement mixte de Bissiga, dans la r&#233;gion du Plateau Central, au Burkina Faso. Universit&#233; Laval, 101.&lt;br class='autobr' /&gt;
CTA. (2004). L'AGROFORESTERIE. No04/3, 26.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ciss&#233;, M., Bationo, B. A., Traor&#233;, S., et Boussim, I. J. (2018). Perception d'esp&#232;ces agroforesti&#232;res et de leurs services &#233;cosyst&#233;miques par trois groupes ethniques du bassin versant de Boura, zone soudanienne du Burkina Faso. Bois &amp; forets des tropiques, 338, 29 42&lt;br class='autobr' /&gt;
Hall&#233;, F. (1986). Un syst&#232;me d'exploitation ancien, mais une interface scientifique nouvelle : L'agroforesterie dans les r&#233;gions tropicales. Milieux et paysages : essai sur diverses modalit&#233;s de connaissance, Paris : Masson, 37 53.&lt;br class='autobr' /&gt;
Johns, K. (2017). Facteurs d'adoption de l'agroforesterie par les paysans de la province de Cienfuegos &#224; Cuba [PhD Thesis]. Universit&#233; Laval, 196.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lamouri, J., et Lavoie, A. (2016). L'agroforesterie, pilier de l'agro&#233;cologie au Sahel ? Sahel Agroforesterie, No21, 8.&lt;br class='autobr' /&gt;
Kou&#233;ta T&#233;r&#233; Roland, Nakoulma Goama et Gomgnimbou P .K. Alain(2023), Pratiques agroforesti&#232;res et facteurs d&#233;terminants leur adoption dans la commune rurale de Bobo-Dioulasso, Burkina Faso, IJPSAT, International Journal of Progressive Sciences and Technologies, Vol.40, N&#176;2, 28-311&lt;br class='autobr' /&gt;
Mormont, M. M. (2011). Analyse des facteurs d'adoption ou de rejets de l'agroforesterie dans le cadre d'un projet en r&#233;gion wallonne. 99.&lt;br class='autobr' /&gt;
Natta, A. K., Bachabi, S. F., Wallis, N. Z., et Dicko, A. (2012). Typologie et structure des parcs agroforestiers dans la zone soudanienne du nord b&#233;nin. Annales des Sciences Agronomiques, 16(1), 67 90.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ouoba, H. Y., Bastide, B., Coulibaly-Lingani, P., Kabore, S. A., et Boussim, J. I. (2018). Connaissances et &lt;br class='autobr' /&gt;
perceptions des producteurs sur la gestion des parcs &#224; Vitellaria paradoxa CF Gaertn.(Karit&#233;) au Burkina Faso. International Journal of Biological and Chemical Sciences, No12(6), 2766 2783&lt;br class='autobr' /&gt;
Young, A. (1988). Agroforestry and Its Potential to Contribute to Land Development in the Tropics. Journal of Biogeography, No15(1), 19 30. &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.2307/2845042&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.2307/2845042&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
