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	<description>L'information en temps r&#233;el du Burkina, M&#233;dias, journaux, infos, direct, les derni&#232;res nouvelles, politiques.</description>
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		<title>Message du Pr&#233;sident du Faso &#224; Ouahigouya : &#171; La foi ne doit pas &#234;tre une arme contre la Nation &#187; (Jonas Hien)</title>
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		<dc:date>2026-07-20T21:33:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans la tribune ci-apr&#232;s, Jonas Hien nous propose sa lecture de la rencontre du pr&#233;sident du Faso avec les forces vives du Yaadga le 16 juillet 2026. Sa conviction est faite que &#171; Le Burkina Faso a toujours puis&#233; sa force dans l'unit&#233; de son peuple. Pr&#233;servons cet h&#233;ritage. Construisons un pays o&#249; chaque religion est respect&#233;e, o&#249; chaque citoyen est prot&#233;g&#233; et o&#249; les richesses nationales profitent &#224; l'ensemble de la population dans un climat de paix, de s&#233;curit&#233; et de fraternit&#233;, o&#249; les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lefaso.net/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L150xH104/img_2778_2_1_-a3544_2_-5f249-5318b-f1d70.jpg?1784559804' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='104' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans la tribune ci-apr&#232;s, Jonas Hien nous propose sa lecture de la rencontre du pr&#233;sident du Faso avec les forces vives du Yaadga le 16 juillet 2026. Sa conviction est faite que &#171; Le Burkina Faso a toujours puis&#233; sa force dans l'unit&#233; de son peuple. Pr&#233;servons cet h&#233;ritage. Construisons un pays o&#249; chaque religion est respect&#233;e, o&#249; chaque citoyen est prot&#233;g&#233; et o&#249; les richesses nationales profitent &#224; l'ensemble de la population dans un climat de paix, de s&#233;curit&#233; et de fraternit&#233;, o&#249; les a&#238;n&#233;s, les vieux, les sages sont des rep&#232;res s&#251;rs pour leurs enfants. &#187; Tribune !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 16 juillet 2026, le Pr&#233;sident du Faso, le Camarade Capitaine Ibrahim Traor&#233;, a eu une rencontre avec les forces vives de la r&#233;gion du Yaagda, &#224; Ouahigouya. Il a livr&#233; un message fort ! Il a parl&#233;. Je l'ai &#233;cout&#233; personnellement. Il a parl&#233; &#224; nous tous ! J'ai red&#233;roul&#233; le film du message. Je l'ai &#233;cout&#233; pendant deux jours. J'ai lu le message entre les lignes. J'ai compris que m&#234;me si le Pr&#233;sident a parl&#233; dans sa franchise habituelle, il n'a pas tout dit ! Apr&#232;s ce message, si on n'est pas maudit, on doit changer. Mais je sais qu'on n'est pas maudit. Malheureusement, il y a des cas dont on est en droit de se demander s'ils ne sont pas maudits par la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, je dois dire la v&#233;rit&#233;. A chaque fois que le Pr&#233;sident du Faso livre un message tr&#232;s fort, je suis g&#234;n&#233;. J'ai honte ! Ce que je connais de l'Afrique, ce sont les a&#238;n&#233;s, les vieux, les sages qui montrent aux jeunes la voie &#224; suivre. On leur montre la bonne mati&#232;re, les interdits quand il s'agit de prot&#233;ger le village, le pays ! Quand un enfant se comporte bien et se pr&#233;sente comme une chance pour le village, on fait tout pour le prot&#233;ger, le maintenir dans le bon chemin, en l'emmenant &#224; &#233;viter des erreurs, peu importe le nom de son p&#232;re. Le message du Pr&#233;sident est tr&#232;s profond et il y a des choses qu'il n'a pas voulu dire pour le moment. Depuis l'arriv&#233;e de ces jeunes au pouvoir, en consid&#233;rant ce qu'ils peuvent avoir comme insuffisances, personne, pour peu qu'on soit honn&#234;te, ne peut dire que ces jeunes ne font pas tout pour construire un Burkina Faso digne au b&#233;n&#233;fice des g&#233;n&#233;rations actuelles et celles &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, depuis lors, on se retrouve en face de nos enfants, nos petits fr&#232;res de loin, les petits-fils pour certains, en train de nous montrer le caract&#232;re sacr&#233; de la protection de notre pays ! en train de dire, en filigrane que ce sont des vieux qui les combattent, qui poussent des jeunes, dans le domaine religieux ou pas &#224; d&#233;stabiliser le pouvoir ! Si vous n'avez pas compris tout le fond de son message, prenez le temps d'analyser encore. En dehors de ce qu'il a dit haut et fort, je sens qu'il est au courant d'autres choses qu'il ne nous pas dit, en tout cas pas pour le moment !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qui ne marche pas chez nous les a&#238;n&#233;s, les vieux, les suppos&#233;s sages ! Je r&#233;p&#232;te. J'ai vraiment honte ! Il faut qu'on reprenne notre place d'a&#238;n&#233;s, de sages pour voir ce qui est bien pour ce pays, sans regarder &#8216;'c'est l'enfant de qui, qui est au pouvoir'' et accompagner ces jeunes par des b&#233;n&#233;dictions et de bons conseils afin qu'ils r&#233;ussissent leurs missions pour le bonheur des g&#233;n&#233;rations actuelles et futures. C'est ce que je connais de r&#244;les de vieux, de sages, en Afrique ! On peut critiquer, gronder m&#234;me, mais c'est pour emmener &#224; bien faire ! J'ose donc croire que le message de Ouahigouya a touch&#233; nos consciences pour revenir &#224; l'Afrique. Une fois encore, j'ai honte de cette situation de voir nos enfants qui pensent que leurs papas sont en train de les combattre pour la simple raison qu'ils se sont engag&#233;s, au prix de leurs vies, &#224; sauver ce pays, pour honorer ces m&#234;mes papas dont les anc&#234;tres ont &#233;t&#233; hier martyris&#233;s. On devrait &#234;tre fiers de tels enfants, les suivre et les critiquer &#224; temps pour les emmener toujours sur le bon chemin !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La guerre dans laquelle tout le pays s'est engag&#233; est une guerre existentielle. Depuis plusieurs ann&#233;es, le terrorisme s&#232;me la mort, d&#233;truit des infrastructures, vide des villages, prive des milliers d'enfants d'&#233;cole et compromet les efforts de d&#233;veloppement. Dans cette guerre, les armes sont indispensables, mais elles ne suffisent pas. Le v&#233;ritable rempart contre l'extr&#233;misme violent se construit aussi dans les esprits, dans les familles, dans les &#233;coles et dans les lieux de culte. Les religions occupent une place importante dans la vie des Burkinab&#232;, la sagesse aussi. Elles enseignent l'amour du prochain, le respect de la vie, la solidarit&#233;, la justice et le pardon. La sagesse enseigne cela aussi. Les religions sont des facteurs de paix et de stabilit&#233;. La sagesse aussi. Lorsqu'elles restent fid&#232;les &#224; ces valeurs, elles constituent l'une des plus grandes forces de la Nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, nul ne peut ignorer qu'&#224; travers le monde, certains groupes violents cherchent &#224; d&#233;tourner les textes religieux pour justifier des actes qui n'ont rien de religieux. Ils recrutent, ils manipulent les consciences, ils diffusent des discours de haine et ils tentent de convaincre des jeunes que tuer des innocents serait un devoir qui donne droit au paradis. Cette instrumentalisation de la religion est l'une des armes les plus dangereuses du terrorisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi toute soci&#233;t&#233; responsable doit encourager les discours qui favorisent la paix, la coh&#233;sion, la solidarit&#233;, l'unit&#233; et rester vigilante face aux appels &#224; la violence, &#224; la radicalisation, &#224; la d&#233;sunion, &#224; la trahison, quelle que soit leur provenance. Cette vigilance vise aussi &#224; prot&#233;ger toutes les religions contre ceux qui cherchent &#224; les d&#233;naturer. Au Burkina Faso, les musulmans vivent depuis toujours en parfaite intelligence avec les chr&#233;tiens et les adeptes des religions traditionnelles. Dans de nombreuses familles, plusieurs confessions coexistent harmonieusement. Cette r&#233;alit&#233; constitue l'une des plus grandes richesses de notre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Imams qui enseignent la paix, la tol&#233;rance, le respect de la dignit&#233; humaine et l'amour de la patrie rendent un immense service &#224; la Nation. Leur engagement contribue &#224; prot&#233;ger les jeunes contre les discours de manipulation et &#224; renforcer la coh&#233;sion nationale. De la m&#234;me mani&#232;re, les pr&#234;tres, les pasteurs, les cat&#233;chistes, les responsables coutumiers et les guides des religions traditionnelles participent, chacun &#224; sa mani&#232;re, &#224; la construction d'une soci&#233;t&#233; plus apais&#233;e. Les a&#238;n&#233;s, les vieux, les sages, qui appellent les enfants du pays &#224; l'union, &#224; l'unit&#233;, &#224; la solidarit&#233;, &#224; l'engagement, &#224; bannir la trahison, rendent aussi un service immense &#224; la Nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc essentiel de ne pas confondre une religion avec les individus qui utilisent le nom du Bon-Dieu pour commettre des crimes. Les terroristes ne repr&#233;sentent pas les croyants. Ils repr&#233;sentent leur propre projet de violence. La v&#233;ritable question n'est donc pas de savoir quelle religion est utile. La v&#233;ritable question est de savoir comment emp&#234;cher les discours qui poussent des citoyens &#224; se retourner contre leur propre pays. Aucun Burkinab&#232; ne devrait accepter que l'argent, la manipulation ou les promesses d'un groupe arm&#233; l'am&#232;nent &#224; trahir la terre qui l'a vu na&#238;tre. Aucun int&#233;r&#234;t personnel ne peut justifier que l'on contribue, directement ou indirectement, &#224; la destruction du pays pour des consid&#233;rations d&#233;pass&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui livre des informations &#224; des groupes arm&#233;s terroristes, qui facilite leurs d&#233;placements ou qui accepte de collaborer avec eux pour quelques billets d'argent, ne fait pas seulement du tort &#224; l'&#201;tat. Il met en danger ses voisins, ses parents, ses enfants et les g&#233;n&#233;rations futures. L'argent re&#231;u dispara&#238;tra rapidement, mais les cons&#233;quences de cette trahison dureront des centenaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le patriotisme n'est pas un slogan. C'est un comportement quotidien. Il ne va pas ensemble avec la trahison. Il consiste &#224; prot&#233;ger son pays, &#224; respecter les lois, &#224; refuser les discours de haine, &#224; d&#233;noncer les appels &#224; la violence et &#224; participer &#224; la construction de la paix, de l'unit&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un religieux et toute personne &#224; qui Dieu a accord&#233; un certain &#226;ge, doit s'inscrire dans cette dynamique. Notre diversit&#233; religieuse est une richesse. Le Burkina Faso n'appartient ni aux musulmans seuls, ni aux chr&#233;tiens seuls, ni aux adeptes des religions traditionnelles seuls. Chacun a le droit de pratiquer librement sa foi mais dans le respect des lois de la R&#233;publique et des droits des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui plus que jamais, notre pays a besoin de paroles qui rassemblent plut&#244;t que de discours qui divisent, des conseils qui unissent plut&#244;t que des conseils qui divisent les Burkinab&#232;. Les responsables religieux, les autorit&#233;s publiques, les chefs coutumiers, traditionnels, les sages, les enseignants, les m&#233;dias, les organisations de la soci&#233;t&#233; civile et chaque citoyen ont un r&#244;le &#224; jouer dans cette mission de sauver notre pays et d'honorer nos anc&#234;tres. La victoire contre le terrorisme ne sera pas uniquement militaire. Elle sera aussi morale, civique et spirituelle. Elle na&#238;tra de notre capacit&#233; collective &#224; pr&#233;server l'unit&#233; nationale, &#224; prot&#233;ger notre jeunesse contre toutes les formes d'extr&#233;misme violent et &#224; faire vivre les valeurs qui ont toujours caract&#233;ris&#233; l'Afrique et le peuple burkinab&#232; : la solidarit&#233;, la tol&#233;rance, le courage et l'amour de la patrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construire un Burkina Faso en paix et de paix est une responsabilit&#233; partag&#233;e. Cette &#339;uvre exige des convictions, le dialogue, le respect mutuel et une vigilance permanente contre toute id&#233;ologie qui cherche &#224; opposer les enfants d'une m&#234;me Nation, contre tout &#8216;'conseil'' qui cherche &#224; diviser les enfants d'un m&#234;me pays, par la trahison. Car lorsqu'une Nation reste unie malgr&#233; ses diff&#233;rences, aucune force ne peut durablement la vaincre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les armes peuvent reconqu&#233;rir un territoire mais elles ne suffisent pas &#224; gagner une Nation. Une Nation se gagne d'abord dans les consciences. Elle se construit lorsque chaque citoyen choisit la v&#233;rit&#233; plut&#244;t que la manipulation, l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral plut&#244;t que le profit personnel, la fraternit&#233; plut&#244;t que la haine. Le Burkina Faso n'est pas seulement un espace g&#233;ographique. Il est une communaut&#233; de destin. Cette communaut&#233; ne demande pas &#224; chacun d'avoir la m&#234;me religion, la m&#234;me ethnie ou les m&#234;mes opinions. Elle demande une seule chose : aimer suffisamment son pays pour ne jamais participer &#224; sa destruction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quiconque transforme la religion en instrument de violence trahit d'abord les valeurs de cette religion. Quiconque accepte de servir les int&#233;r&#234;ts de ceux qui attaquent son propre peuple compromet l'avenir de toute une Nation et de ses propres enfants. En revanche, celui qui pr&#234;che la paix, prot&#232;ge la vie humaine, renforce le dialogue et refuse la haine devient un artisan de l'esp&#233;rance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terrorisme ne sera d&#233;finitivement vaincu que lorsque les armes de la R&#233;publique seront soutenues par les consciences de tous les Burkinab&#232;. C'est dans cette union entre la force de la loi, la sagesse des responsables religieux, des sages tout court, l'engagement des citoyens et l'amour de la patrie que se trouve le v&#233;ritable rempart contre l'extr&#233;misme violent. Au Burkina Faso, les religions ne sont pas des adversaires. Elles sont des alli&#233;es de la paix lorsqu'elles restent fid&#232;les &#224; leur vocation premi&#232;re : rapprocher les hommes de Dieu en les rapprochant les uns des autres. Pr&#233;servons cet h&#233;ritage. C'est ensemble que nous b&#226;tirons un Burkina Faso o&#249; la s&#233;curit&#233;, la justice, la prosp&#233;rit&#233; et la dignit&#233; profiteront &#224; tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les terroristes cherchent &#224; nous diviser. Notre r&#233;ponse doit &#234;tre l'unit&#233;. Les extr&#233;mistes cherchent &#224; opposer les religions. Notre r&#233;ponse doit &#234;tre le respect mutuel. Les ennemis de la Nation veulent acheter des consciences. Notre r&#233;ponse doit &#234;tre un patriotisme qui ne se vend pas. Tant que les Burkinab&#232; resteront unis, aucune id&#233;ologie de haine ne pourra vaincre ce pays. C'est dans ce sens que les propos du Pr&#233;sident du Faso, lors de la rencontre avec les forces vives la r&#233;gion de Yaadga, invitant les responsables religieux &#224; promouvoir des messages de paix m&#233;ritent une r&#233;flexion d&#233;passionn&#233;e. Son message ne doit pas &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme une remise en cause d'une religion en particulier. Il rappelle plut&#244;t qu'aucune croyance ne doit servir de pr&#233;texte pour justifier la haine, la violence ou la division contre son propre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc important de distinguer une religion de ceux qui utilisent son nom pour poursuivre des objectifs contraires &#224; ses enseignements. Les actes de quelques individus ne doivent jamais conduire &#224; stigmatiser une communaut&#233; enti&#232;re. Les millions de musulmans du Burkina Faso vivent leur foi dans le respect des lois de la R&#233;publique et contribuent chaque jour au d&#233;veloppement du pays. De nombreux Imams, par leurs pr&#234;ches, appellent constamment &#224; la paix, au dialogue et &#224; la fraternit&#233;. Leur engagement m&#233;rite d'&#234;tre reconnu et encourag&#233;, comme l'a dit le Pr&#233;sident du Faso. La m&#234;me reconnaissance doit &#234;tre accord&#233;e aux coutumiers, aux responsables des religions traditionnelles, aux pr&#234;tres, aux pasteurs, qui &#339;uvrent quotidiennement pour maintenir l'harmonie entre les populations. Le Burkina Faso s'est construit gr&#226;ce &#224; cette diversit&#233; religieuse, o&#249; les familles qui partagent plusieurs confessions vivent toujours en unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun doit rester vigilant face aux discours qui cherchent &#224; opposer les Burkinab&#232; les uns aux autres. Les id&#233;ologies extr&#233;mistes prosp&#232;rent lorsque la haine remplace le dialogue, lorsque les rumeurs prennent le dessus sur les faits et lorsque certains exploitent la foi &#224; des fins politiques ou criminelles. Les leaders religieux portent donc une responsabilit&#233; particuli&#232;re : &#233;clairer les consciences, d&#233;noncer la violence et rappeler que tuer des innocents ne peut jamais &#234;tre un acte de foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la responsabilit&#233; des pr&#233;dicateurs, chaque citoyen est &#233;galement interpell&#233;. Personne ne devrait accepter de trahir sa patrie pour de l'argent, des avantages mat&#233;riels ou des promesses illusoires, pour des consid&#233;rations ethniques ou religieuses. L'histoire montre que les conflits finissent toujours par toucher ceux qui pensaient en &#234;tre prot&#233;g&#233;s. Ceux qui alimentent aujourd'hui la violence peuvent en devenir demain les victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Burkina Faso a toujours puis&#233; sa force dans l'unit&#233; de son peuple. Pr&#233;servons cet h&#233;ritage. Construisons un pays o&#249; chaque religion est respect&#233;e, o&#249; chaque citoyen est prot&#233;g&#233; et o&#249; les richesses nationales profitent &#224; l'ensemble de la population dans un climat de paix, de s&#233;curit&#233; et de fraternit&#233;, o&#249; les a&#238;n&#233;s, les vieux, les sages sont des rep&#232;res s&#251;rs pour leurs enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jonas Hien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les enjeux diplomatiques entre Paris et Cotonou autour de la fronti&#232;re avec le Niger</title>
		<link>https://lefaso.net/spip.php?article147919</link>
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		<dc:date>2026-07-16T10:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Cyriaque</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le paysage g&#233;opolitique ouest-africain est en pleine recomposition, marqu&#233; par une perte d'influence de la France dans ses anciennes colonies et une affirmation croissante des souverainet&#233;s nationales. Dans ce contexte, le B&#233;nin, sous la houlette de son nouveau pr&#233;sident Romuald Wadagni, appara&#238;t comme un acteur cl&#233; d'une dynamique r&#233;gionale nouvelle. &lt;br class='autobr' /&gt; La volont&#233; affich&#233;e de Cotonou de renouer le dialogue avec Niamey, en particulier en vue d'une r&#233;ouverture de leur fronti&#232;re commune ferm&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lefaso.net/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L150xH86/wadagni-tchani-bf4ac.jpg?1784238727' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le paysage g&#233;opolitique ouest-africain est en pleine recomposition, marqu&#233; par une perte d'influence de la France dans ses anciennes colonies et une affirmation croissante des souverainet&#233;s nationales. Dans ce contexte, le B&#233;nin, sous la houlette de son nouveau pr&#233;sident Romuald Wadagni, appara&#238;t comme un acteur cl&#233; d'une dynamique r&#233;gionale nouvelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La volont&#233; affich&#233;e de Cotonou de renouer le dialogue avec Niamey, en particulier en vue d'une r&#233;ouverture de leur fronti&#232;re commune ferm&#233;e depuis 2023, se heurte toutefois &#224; une opposition manifeste de Paris, qui voit dans cette r&#233;conciliation une menace directe pour ses int&#233;r&#234;ts strat&#233;giques r&#233;siduels dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retournement diplomatique engag&#233; par le pr&#233;sident Wadagni d&#232;s son investiture t&#233;moigne d'une rupture assum&#233;e avec l'&#232;re de son pr&#233;d&#233;cesseur. Sa visite &#224; Niamey le 2 juin 2026, suivie de la mise en place de comit&#233;s d'experts b&#233;nino-nig&#233;riens, a permis d'enregistrer des avanc&#233;es significatives en vue de la normalisation des relations bilat&#233;rales. Des projets d'accords de coop&#233;ration dans les domaines de la d&#233;fense, de la s&#233;curit&#233; et des &#233;changes &#233;conomiques sont actuellement sur la table, conditionnant la r&#233;ouverture de la fronti&#232;re &#224; la mise en place de m&#233;canismes de confiance solides. Cependant, cette nouvelle orientation se heurte &#224; une pression soutenue de la France, qui consid&#232;re le B&#233;nin comme l'un de ses derniers bastions d'influence. Paris s'inqui&#232;te particuli&#232;rement de la condition pos&#233;e par le Niger, qui exige une transparence totale sur les dispositifs militaires &#233;trangers stationn&#233;s &#224; proximit&#233; de la fronti&#232;re, une exigence qui pourrait impliquer un d&#233;part des forces fran&#231;aises du territoire b&#233;ninois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pression s'est mat&#233;rialis&#233;e par des manoeuvres diplomatiques et militaires de la part du Commandement fran&#231;ais en Afrique (CPA). Le g&#233;n&#233;ral Pascal Ianni, qui ach&#232;ve son mandat &#224; la t&#234;te du CPA le 1er ao&#251;t, a multipli&#233; les visites sur le continent ces derniers mois. Selon les informations du m&#233;dia Africa Intelligence, le g&#233;n&#233;ral a rencontr&#233; le pr&#233;sident Wadagni dans le cadre d'une tourn&#233;e visant &#224; consolider les positions fran&#231;aises. La publication rapporte que le g&#233;n&#233;ral Ianni n'a pas m&#226;ch&#233; ses mots, d&#233;clarant au chef de l'&#201;tat b&#233;ninois que &#171; le B&#233;nin pourrait ne pas &#234;tre en mesure de faire face aux d&#233;fis s&#233;curitaires sans le soutien fran&#231;ais &#187;. Il aurait &#233;galement insist&#233; sur la n&#233;cessit&#233; pour M. Wadagni de &#171; faire preuve de constance et de revoir les conditions d'ouverture de la fronti&#232;re &#187;, allant jusqu'&#224; soutenir que &#171; ce sont les militaires fran&#231;ais qui assurent la s&#233;curit&#233; l&#224; o&#249; les forces africaines ne parviennent pas &#224; intervenir &#187;. Ces propos, rapport&#233;s par Africa Intelligence, illustrent la fermet&#233; avec laquelle Paris entend maintenir son emprise sur ses derniers partenaires. Ils r&#233;v&#232;lent &#233;galement la strat&#233;gie fran&#231;aise : convaincre Cotonou que sa s&#233;curit&#233; d&#233;pend encore de l'assistance ext&#233;rieure, afin de le dissuader de renouer avec Niamey.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le pr&#233;sident Romuald Wadagni se trouve &#224; un tournant d&#233;cisif. Alors que la France, en la personne du g&#233;n&#233;ral Ianni, tente de peser sur les choix de Cotonou, le chef de l'&#201;tat b&#233;ninois a montr&#233; sa d&#233;termination &#224; privil&#233;gier le dialogue avec ses voisins. La position de Paris, qui cherche &#224; verrouiller son dernier acc&#232;s strat&#233;gique dans la r&#233;gion pour maintenir une influence et un acc&#232;s aux ressources, semble aujourd'hui de plus en plus isol&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le B&#233;nin, fort de sa nouvelle dynamique r&#233;gionale et de l'exemple des pays du Sahel qui ont su affirmer leur souverainet&#233;, doit rester vigilant. La moindre concession face aux pressions fran&#231;aises pourrait non seulement compromettre le processus de r&#233;conciliation avec le Niger, mais aussi hypoth&#233;quer sa propre cr&#233;dibilit&#233; en tant qu'acteur souverain et ind&#233;pendant. Les jours &#224; venir diront si Cotonou saura r&#233;sister aux injonctions de Paris pour tracer sa propre voie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moussa Badarou&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Burkina/Justice : Riverstone Karma obtient l'annulation d'un contrat avec Franco-Nevada et Sandstorm </title>
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		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



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&lt;p&gt;Le Tribunal de commerce de Ouagadougou a annul&#233;, le 10 juin 2026, un contrat d'achat d'or liant Riverstone Karma SA aux multinationales Franco-Nevada et Sandstorm Gold Ltd. Estimant que cet accord pr&#233;sentait un caract&#232;re particuli&#232;rement d&#233;s&#233;quilibr&#233;, la juridiction a &#233;galement condamn&#233; les deux soci&#233;t&#233;s &#224; verser plus de 5,2 milliards de FCFA &#224; l'entreprise burkinab&#232;. Pr&#233;sent&#233;e comme une avanc&#233;e importante pour la gouvernance du secteur minier et la protection des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lefaso.net/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L150xH92/arton96323-df886-2-63c49.jpg?1784122389' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Tribunal de commerce de Ouagadougou a annul&#233;, le 10 juin 2026, un contrat d'achat d'or liant Riverstone Karma SA aux multinationales Franco-Nevada et Sandstorm Gold Ltd. Estimant que cet accord pr&#233;sentait un caract&#232;re particuli&#232;rement d&#233;s&#233;quilibr&#233;, la juridiction a &#233;galement condamn&#233; les deux soci&#233;t&#233;s &#224; verser plus de 5,2 milliards de FCFA &#224; l'entreprise burkinab&#232;. Pr&#233;sent&#233;e comme une avanc&#233;e importante pour la gouvernance du secteur minier et la protection des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques nationaux, cette d&#233;cision est toutefois contest&#233;e par Franco-Nevada, qui estime que le jugement rendu au Burkina Faso &#171; est invalide &#187; et demande son annulation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Riverstone Karma SA est propri&#233;taire et exploitante de la mine d'or &#224; ciel ouvert de Karma, situ&#233;e dans la r&#233;gion du Yaadga, &#224; 195 kilom&#232;tres de Ouagadougou. Anciennement d&#233;tenue par le groupe Endeavour Mining, la mine a &#233;t&#233; acquise, en mars 2022, par N&#233;r&#233; Mining SA, une soci&#233;t&#233; de droit burkinab&#232; d&#233;tenue majoritairement par des capitaux burkinab&#232;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le litige trouve son origine dans un montage contractuel complexe h&#233;rit&#233; lors du rachat de la mine de Karma par N&#233;r&#233; Mining SA. En reprenant les actifs du site, la soci&#233;t&#233; a &#233;galement h&#233;rit&#233; d'un ensemble d'engagements contractuels conclus en 2014 entre les anciens propri&#233;taires de la mine, notamment True Gold puis Endeavour Mining, et les soci&#233;t&#233;s Franco-Nevada et Sandstorm Gold Ltd.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les clauses du contrat d'achat d'or imposaient &#224; la mine de Karma des obligations qualifi&#233;es de particuli&#232;rement d&#233;s&#233;quilibr&#233;es. Conclu dans le cadre d'un financement initial de 100 millions de dollars destin&#233; &#224; la construction de la mine, cet accord continuait de produire ses effets alors m&#234;me que ce financement aurait &#233;t&#233; int&#233;gralement rembours&#233; depuis 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dispositif pr&#233;voyait notamment une dur&#233;e minimale de quarante ans, renouvelable automatiquement par p&#233;riodes successives de quinze ans. Il obligeait &#233;galement la mine &#224; c&#233;der une partie de sa production d'or &#224; des conditions pr&#233;f&#233;rentielles, avec une d&#233;cote importante par rapport au prix du march&#233;, avant l'application d'une redevance sur la production. Le contrat stipulait par ailleurs que tout nouvel engagement financier sup&#233;rieur &#224; 10 millions de dollars devait obtenir l'autorisation pr&#233;alable de Franco-Nevada, limitant ainsi les capacit&#233;s d'investissement et de d&#233;veloppement industriel de la mine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre &#233;l&#233;ment relev&#233; dans ce dossier : Riverstone Karma SA assure n'avoir jamais sign&#233; directement ce contrat, celui-ci ayant &#233;t&#233; conclu entre les anciens propri&#233;taires de la mine et les soci&#233;t&#233;s sp&#233;cialis&#233;es dans le financement minier. La soci&#233;t&#233; burkinab&#232; affirme que, malgr&#233; cela, elle s'est retrouv&#233;e tenue d'en ex&#233;cuter les obligations apr&#232;s l'acquisition du site.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de l'entreprise, cet accord aurait eu &#233;galement des r&#233;percussions sur les finances publiques burkinab&#232;. En effet, une partie de l'or &#233;tant vendue &#224; un prix inf&#233;rieur au cours mondial, l'assiette fiscale s'en trouverait r&#233;duite, entra&#238;nant une baisse des recettes fiscales g&#233;n&#233;r&#233;es par l'exploitation, ainsi que des dividendes potentiels revenant aux actionnaires, parmi lesquels figure l'&#201;tat burkinab&#232;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le transit de certaines op&#233;rations financi&#232;res par des soci&#233;t&#233;s &#233;tablies dans des juridictions &#224; fiscalit&#233; avantageuse, notamment &#224; la Barbade, soul&#232;ve aux yeux de la partie burkinab&#232; des interrogations quant &#224; leur conformit&#233; avec les r&#233;glementations en vigueur au Burkina Faso et dans l'espace UEMOA.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au-del&#224; du r&#232;glement du diff&#233;rend entre les parties, cette d&#233;cision de la justice burkinab&#232; est pr&#233;sent&#233;e comme un pr&#233;c&#233;dent important pour le secteur minier en Afrique de l'Ouest. En rejetant les contestations relatives &#224; sa comp&#233;tence territoriale et en statuant sur le fond du dossier, le Tribunal de commerce de Ouagadougou affirme la capacit&#233; des juridictions nationales &#224; examiner des contrats impliquant de grandes entreprises internationales lorsque les int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques du pays sont en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la mine, ce jugement pourrait contribuer &#224; renforcer la souverainet&#233; juridique des &#201;tats dans le domaine minier et encourager une r&#233;vision des pratiques contractuelles afin qu'elles reposent davantage sur l'&#233;quit&#233;, le respect des l&#233;gislations nationales et un meilleur partage des revenus issus de l'exploitation des ressources naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;cision pourrait ainsi constituer une r&#233;f&#233;rence pour d'autres contentieux portant sur des contrats de financement minier dans la sous-r&#233;gion. Elle relance, dans le m&#234;me temps, le d&#233;bat sur les conditions de n&#233;gociation des accords entre les &#201;tats, les soci&#233;t&#233;s mini&#232;res nationales et les groupes internationaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais faut-il en conclure que l'affaire est close ? Dans un communiqu&#233; en date du 16 juin 2026 publi&#233; sur son site internet, Franco-Nevada Corporation affirme avoir pris connaissance d'un communiqu&#233; de presse publi&#233; par Riverstone Karma SA annon&#231;ant &#171; une d&#233;cision d'un tribunal local du Burkina Faso visant &#224; annuler le contrat de financement relatif &#224; la mine Karma &#187;. &#171; Ce contrat est r&#233;gi par le droit ontarien &#187;, fait observer la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, Franco-Nevada estime que le jugement rendu au Burkina Faso est invalide et demande son annulation. &#171; Franco-Nevada exerce &#233;galement ses propres recours juridiques en Ontario et ailleurs, conform&#233;ment aux dispositions relatives au r&#232;glement des diff&#233;rends pr&#233;vues dans le contrat, contre Riverstone Karma SA, sa soci&#233;t&#233; m&#232;re N&#233;r&#233; Mining SA et d'autres soci&#233;t&#233;s affili&#233;es concern&#233;es, afin de prot&#233;ger ses droits &#187;, annonce la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lefaso.net&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;futation de &#171; D&#233;m&#234;ler la v&#233;rit&#233; des mensonges et des mythes sur le Trait&#233; des eaux de l'Indus (IWT) &#187; (Une perspective indienne &#8211; R&#233;ponse &#224; la lettre du Brigadier (&#224; la retraite) Dr Raashid Wali Janjua publi&#233;e dans Dawn le 9 avril 2026)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Manager 2</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;La lettre du Brigadier (&#224; la retraite) Dr Raashid Wali Janjua souffre de la m&#234;me amn&#233;sie s&#233;lective qu'il reproche &#224; l'Inde. Un examen impartial des faits r&#233;v&#232;le que plusieurs de ses affirmations sont historiquement incompl&#232;tes et juridiquement impr&#233;cises. &lt;br class='autobr' /&gt; L'auteur invoque la fermeture des canaux Central Bari Doab et Depalpur en 1948 comme preuve des intentions pr&#233;datrices de l'Inde. Il omet le contexte essentiel : ces canaux &#233;taient aliment&#233;s par des ouvrages de t&#234;te situ&#233;s enti&#232;rement en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L150xH84/hydroelectric_dam_hd-abc8e.jpg?1784185649' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La lettre du Brigadier (&#224; la retraite) Dr Raashid Wali Janjua souffre de la m&#234;me amn&#233;sie s&#233;lective qu'il reproche &#224; l'Inde. Un examen impartial des faits r&#233;v&#232;le que plusieurs de ses affirmations sont historiquement incompl&#232;tes et juridiquement impr&#233;cises.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'auteur invoque la fermeture des canaux Central Bari Doab et Depalpur en 1948 comme preuve des intentions pr&#233;datrices de l'Inde. Il omet le contexte essentiel : ces canaux &#233;taient aliment&#233;s par des ouvrages de t&#234;te situ&#233;s enti&#232;rement en territoire indien apr&#232;s la Partition, et les approvisionnements ont &#233;t&#233; interrompus au cours d'un processus de partition de l'Inde extraordinairement complexe. La question a &#233;t&#233; rapidement r&#233;gl&#233;e par l'Accord inter-dominions du 4 mai 1948, dans lequel le Pakistan lui-m&#234;me a reconnu les droits souverains de l'Inde sur les ouvrages de t&#234;te et a accept&#233; de payer des redevances pour la poursuite de l'utilisation de l'eau. Loin d'&#234;tre un acte de malveillance, cela d&#233;montre la volont&#233; de l'Inde de r&#233;soudre chaque diff&#233;rend &#224; l'amiable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur affirme que le Trait&#233; des eaux de l'Indus (IWT) a bien servi les int&#233;r&#234;ts hydriques du Pakistan, tout en accusant simultan&#233;ment et paradoxalement l'Inde de &#171; tentatives continuelles de d&#233;tourner &#187; l'eau du Pakistan. Le fait est que le Trait&#233; des eaux de l'Indus de 1960, sign&#233; apr&#232;s pr&#232;s d'une d&#233;cennie de n&#233;gociations, est l'un des trait&#233;s relatifs aux eaux transfrontali&#232;res les plus g&#233;n&#233;reux au monde du point de vue de l'&#201;tat situ&#233; en aval. L'Inde a non seulement renonc&#233; &#224; ses droits sur environ 80 % des eaux totales du syst&#232;me de l'Indus, mais elle a &#233;galement vers&#233; environ 62 millions de livres sterling (environ 227,5 milliards de roupies &#224; valeur actuelle) &#224; titre de compensation pour les ouvrages de remplacement au Cachemire occup&#233; par le Pakistan afin d'obtenir l'utilisation d'eaux qui lui appartenaient d&#233;j&#224;. Aucune concession comparable de la part d'un &#201;tat riverain situ&#233; en amont n'existe dans l'histoire moderne des trait&#233;s sur l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Janjua note &#224; juste titre que l'Inde n'est autoris&#233;e &#224; disposer que d'une capacit&#233; de stockage cumul&#233;e de 3,6 MAF sur les rivi&#232;res occidentales et que les projets hydro&#233;lectriques au fil de l'eau ne doivent pas modifier le r&#233;gime d'&#233;coulement en aval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pr&#233;cis&#233;ment la position de l'Inde &#233;galement. Le diff&#233;rend porte fondamentalement sur l'interpr&#233;tation par le Pakistan de la notion de &#171; modification du r&#233;gime d'&#233;coulement en aval &#187;. Le Pakistan invoque cet argument pour s'opposer &#224; chaque projet hydro&#233;lectrique que l'Inde cherche &#224; construire sur les rivi&#232;res occidentales, quelle que soit la taille ou la conception du projet. La tendance est r&#233;v&#233;latrice. Uri II, un projet ne disposant d'aucune capacit&#233; de retenue (pondage), a fait l'objet d'objections. Lower Kalnai a &#233;galement suscit&#233; des objections alors m&#234;me que la diff&#233;rence entre la capacit&#233; de retenue con&#231;ue par l'Inde et celle calcul&#233;e par le Pakistan se limitait &#224; des fractions d&#233;cimales. Dans les deux cas, le fondement factuel des objections &#233;tait si n&#233;gligeable qu'il relevait davantage d'un pr&#233;texte technique que d'une pr&#233;occupation de fond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pakistan a en outre soulev&#233; des objections &#224; l'encontre des projets hydro&#233;lectriques de Kishanganga et de Ratle, deux projets l&#233;gitimes au fil de l'eau pleinement conforme aux dispositions du Trait&#233;, en demandant &#224; la Banque mondiale de constituer une Cour d'arbitrage, contournant ainsi le m&#233;canisme de l'Expert neutre pr&#233;vu par le Trait&#233;. L'objection de l'Inde &#224; la proc&#233;dure devant la Cour n'est pas une tentative d'&#233;chapper &#224; ses responsabilit&#233;s ; il s'agit d'une position de principe selon laquelle les m&#233;canismes de r&#232;glement des diff&#233;rends pr&#233;vus par le Trait&#233; doivent &#234;tre pleinement &#233;puis&#233;s avant de recourir &#224; l'arbitrage, comme l'exige express&#233;ment l'article IX du Trait&#233; des eaux de l'Indus lui-m&#234;me. Le recours unilat&#233;ral du Pakistan &#224; la Cour d'arbitrage, en contournant l'&#233;chelonnement s&#233;quentiel des m&#233;canismes de r&#232;glement des diff&#233;rends, constitue en soi une violation des obligations d&#233;coulant du Trait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Inde a adress&#233; un avis en janvier 2023 demandant la modification du Trait&#233; des eaux de l'Indus en vertu de l'article XII(3), invoquant l'obstruction persistante du Pakistan au fonctionnement des m&#233;canismes du Trait&#233; ainsi que son recours unilat&#233;ral &#224; l'arbitrage externe, comportements jug&#233;s incompatibles avec l'esprit du Trait&#233;. Il ne s'agit pas d'une abrogation unilat&#233;rale, mais d'un recours l&#233;galement pr&#233;vu. Le Trait&#233; n&#233;cessite une ren&#233;gociation afin de tenir compte de six d&#233;cennies d'&#233;volution des circonstances, notamment des avanc&#233;es techniques, des propres besoins de d&#233;veloppement de l'Inde sur les rivi&#232;res occidentales et de l'utilisation de mauvaise foi par le Pakistan des dispositions relatives au r&#232;glement des diff&#233;rends. L'Inde exerce un droit pr&#233;vu par le Trait&#233;, elle n'en viole pas les dispositions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les comparaisons avec les cas &#201;gypte-&#201;thiopie et Syrie-Irak affaiblissent en r&#233;alit&#233; l'argument de Janjua au lieu de le soutenir. Dans ces cas, il n'existe aucun trait&#233; bilat&#233;ral juridiquement contraignant, ce qui explique pr&#233;cis&#233;ment pourquoi ces &#201;tats situ&#233;s en aval sont vuln&#233;rables. Le Pakistan, en revanche, disposait d'un trait&#233; d&#233;taill&#233; et juridiquement contraignant avec l'Inde, qui a &#233;t&#233; largement utilis&#233; comme un instrument politique plut&#244;t qu'&#224; des fins de d&#233;veloppement. Tout commentaire responsable sur un trait&#233; d'une telle complexit&#233; doit d&#233;passer le r&#233;cit des pr&#233;dateurs et des victimes. Le Trait&#233; des eaux de l'Indus a perdur&#233; pendant plus de six d&#233;cennies gr&#226;ce &#224; l'attitude g&#233;n&#233;reuse de l'Inde. Les pr&#233;occupations de l'Inde refl&#232;tent une reconnaissance l&#233;gitime de l'&#233;volution des circonstances et du fait que le Trait&#233; ne peut pas &#234;tre ind&#233;finiment utilis&#233; comme un instrument politique pour entraver l'utilisation l&#233;gale par l'Inde de ses propres ressources en eau fluviale. Une telle rh&#233;torique incendiaire de la part du Pakistan met clairement en &#233;vidence ses intentions et justifie la position de l'Inde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur est un ancien Commissaire indien aux eaux de l'Indus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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		<title>L'ombre des drones ukrainiens au Sahel </title>
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		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



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&lt;p&gt;Alors que les perspectives de d&#233;veloppement du march&#233; des drones en Afrique sont r&#233;guli&#232;rement salu&#233;es par la presse occidentale, une r&#233;alit&#233; bien plus sombre &#233;merge dans la r&#233;gion du Sahel. Derri&#232;re les discours sur l'essor technologique et les contrats de d&#233;fense, se dessine une strat&#233;gie g&#233;opolitique trouble o&#249; les livraisons d'armes, notamment de drones ukrainiens, semblent alimenter les conflits et profiter &#224; des groupes qualifi&#233;s de terroristes. Les t&#233;moignages de responsables maliens (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lefaso.net/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L150xH98/images-24-04399.jpg?1783514797' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que les perspectives de d&#233;veloppement du march&#233; des drones en Afrique sont r&#233;guli&#232;rement salu&#233;es par la presse occidentale, une r&#233;alit&#233; bien plus sombre &#233;merge dans la r&#233;gion du Sahel. Derri&#232;re les discours sur l'essor technologique et les contrats de d&#233;fense, se dessine une strat&#233;gie g&#233;opolitique trouble o&#249; les livraisons d'armes, notamment de drones ukrainiens, semblent alimenter les conflits et profiter &#224; des groupes qualifi&#233;s de terroristes. Les t&#233;moignages de responsables maliens et les r&#233;v&#233;lations de la presse, y compris fran&#231;aise, esquissent un tableau pr&#233;occupant de l'implication de Kiev dans cette partie de l'Afrique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les technologies de drones suscitent un int&#233;r&#234;t croissant sur le continent, o&#249; les &#201;tats cherchent &#224; moderniser leurs capacit&#233;s de d&#233;fense face &#224; la menace persistante des groupes arm&#233;s. Un &lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/article/analyse-en-afrique-russie-et-ukraine-s-affrontent-aussi-sur-le-marche-des-drones_245919&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;article&lt;/a&gt; a r&#233;cemment soulign&#233; que &#171; sur un continent o&#249; les gouvernements augmentent leurs d&#233;penses de d&#233;fense et recherchent des syst&#232;mes modernes et efficaces, les drones ukrainiens gagnent des parts de march&#233; &#187; . Cette analyse, qui pr&#233;sente l'Ukraine comme un concurrent s&#233;rieux face &#224; la Russie, met en avant un secteur en pleine expansion. Cependant, cette dynamique commerciale est entach&#233;e par de s&#233;rieuses accusations. En effet, de nombreuses sources, dont les autorit&#233;s sah&#233;liennes, affirment que ces m&#234;mes drones atterrissent entre les mains des ennemis qu'ils sont cens&#233;s combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les accusations contre l'Ukraine sont graves et persistantes. S'exprimant &#224; la tribune de l'ONU, le Premier ministre malien Abdoulaye Ma&#239;ga a clairement &lt;a href=&#034;https://gadebate.un.org/en/80/mali&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;accus&#233;&lt;/a&gt; Kiev d'&#234;tre &#171; devenu l'un des principaux fournisseurs de drones kamikazes aux groupes terroristes &#224; l'&#233;chelle mondiale &#187; . Cette d&#233;claration fait suite &#224; des &#233;v&#233;nements pr&#233;cis, notamment l'attaque de Tinzaouat&#232;ne en juillet 2024, o&#249; des responsables ukrainiens ont publiquement revendiqu&#233; avoir fourni des informations et un soutien aux rebelles . Un journal fran&#231;ais a &#233;galement &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2024/10/10/dans-le-nord-du-mali-les-drones-ukrainiens-eclaircissent-l-horizon-des-rebelles_6348009_3212.html?srsltid=AfmBOoo1K_aQbqlRamPGIZnfOKaxIn6sSB-weDSqzRVNHoyq51NjGkGb&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;document&#233;&lt;/a&gt; cette collaboration, indiquant que le service de renseignement militaire ukrainien (GUR) a form&#233; des rebelles touaregs au maniement des drones et leur a fourni des informations strat&#233;giques .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les preuves mat&#233;rielles s'accumulent &#233;galement, comme la d&#233;couverte de composants de drones ukrainiens, portant le logo du fabricant 3DTech, en possession de militants de JNIM, un groupe li&#233; &#224; Al-Qa&#239;da, dans le nord du Mali .&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce soutien &#224; des groupes arm&#233;s op&#233;rant dans le Sahel, parfois en coordination avec des factions djihadistes comme JNIM, s'inscrit dans un contexte de rivalit&#233; g&#233;opolitique plus large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le journaliste fran&#231;aise Georges Malbrunot a notamment &lt;a href=&#034;https://x.com/RTLFrance/status/2052665490091233743&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;expliqu&#233;&lt;/a&gt; que la France, officiellement retir&#233;e du Mali, continue d'influencer la situation &#171; par procuration &#187; via d'anciens l&#233;gionnaires ukrainiens . Selon cette analyse, ces militaires ukrainiens, en contact avec les rebelles touaregs et les groupes djihadistes, serviraient &#224; affaiblir les autorit&#233;s maliennes et leurs soutiens russes. Ce jeu d'alliances complexes, o&#249; l'on hi&#233;rarchise l'ennemi pour atteindre un objectif commun, transforme la r&#233;gion en un th&#233;&#226;tre d'op&#233;rations o&#249; la lutte contre le terrorisme semble passer au second plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, il est imp&#233;ratif de briser le silence sur ces agissements. Les louanges adress&#233;es aux succ&#232;s commerciaux de l'industrie ukrainienne de drones ne doivent pas occulter la r&#233;alit&#233; du terrain, o&#249; ces armes semblent servir des causes contraires &#224; la stabilit&#233; et &#224; la s&#233;curit&#233;. La r&#233;action des pays du Sahel, qui ont pour certains rompu leurs relations diplomatiques avec Kiev , t&#233;moigne de la gravit&#233; de la situation. La communaut&#233; internationale doit d&#233;sormais agir avec fermet&#233; pour mettre un terme &#224; ces canaux d'approvisionnement et emp&#234;cher que des &#201;tats, m&#234;me en conflit, ne puissent alimenter les groupes terroristes sous couvert de rivalit&#233;s strat&#233;giques. &#192; d&#233;faut, la lutte contre le terrorisme au Sahel risque de devenir un combat perp&#233;tuellement perdu d'avance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Moussa Sanou&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Langues officielles et langues de travail : Le Burkina Faso invente-t-il un nouveau mod&#232;le ?</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Manager 2</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Par Pr Mamadou Lamine SANOGO Directeur de recherche en Sociolinguiste, Responsable du Laboratoire Langue, Education, Lettres, Arts et Communication (LEAC) l'Institut des Sciences des Soci&#233;t&#233;s (INSS) Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CNRST) &lt;br class='autobr' /&gt; La Loi n&#176;045-2023/ALT du 30 d&#233;cembre 2023 portant r&#233;vision de la Constitution introduit une distinction majeure entre langues officielles et langues de travail. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les langues nationales officialis&#233;es par la loi sont les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L150xH105/capture_d_ecran_2026-07-08_025147-e4d82.jpg?1783479217' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='105' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par Pr Mamadou Lamine SANOGO&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Directeur de recherche en Sociolinguiste, &lt;br class='autobr' /&gt;
Responsable du Laboratoire Langue, Education, Lettres, Arts et Communication (LEAC)&lt;br class='autobr' /&gt;
l'Institut des Sciences des Soci&#233;t&#233;s (INSS)&lt;br class='autobr' /&gt;
Centre National de la Recherche Scientifique et Technologique (CNRST)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Loi n&#176;045-2023/ALT du 30 d&#233;cembre 2023 portant r&#233;vision de la Constitution introduit une distinction majeure entre langues officielles et langues de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les langues nationales officialis&#233;es par la loi sont les langues officielles du Burkina Faso, tandis que l'anglais et le fran&#231;ais sont des langues de travail. Cette r&#233;forme ouvre un d&#233;bat important sur la souverainet&#233; linguistique, la gouvernance et l'avenir des langues nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une r&#233;forme linguistique pass&#233;e relativement inaper&#231;ue&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les innovations introduites par la Loi n&#176;045-2023/ALT du 30 d&#233;cembre 2023 portant r&#233;vision de la Constitution, la question linguistique m&#233;rite une attention particuli&#232;re. Le texte &#233;tablit une distinction explicite entre les langues de travail et les langues officielles. Les langues nationales officialis&#233;es par la loi sont d&#233;sormais les langues officielles du Burkina Faso, tandis que l'anglais et le fran&#231;ais sont reconnus comme langues de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; premi&#232;re vue, cette disposition peut surprendre. Pour beaucoup de citoyens, une langue officielle est naturellement aussi une langue de travail. Pourtant, les deux notions ne d&#233;signent pas exactement la m&#234;me r&#233;alit&#233;. Une langue officielle est d'abord une langue reconnue par l'&#201;tat. Elle poss&#232;de une valeur juridique, politique et symbolique. Une langue de travail, en revanche, est celle qui sert au fonctionnement quotidien des institutions : administration, justice, enseignement, services techniques, correspondances officielles, r&#233;unions, rapports et documents publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme burkinab&#232; ouvre donc un d&#233;bat important : peut-on avoir des langues officielles diff&#233;rentes des langues de travail ? Les langues nationales peuvent-elles devenir progressivement des langues de gouvernance ? Et que signifie, dans un &#201;tat multilingue comme le Burkina Faso, reconna&#238;tre officiellement les langues nationales tout en maintenant l'anglais et le fran&#231;ais comme langues de fonctionnement administratif ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Encadr&#233; 1 : Les principales dispositions linguistiques de l'article 35 r&#233;vis&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les langues nationales officialis&#233;es par la loi sont les langues officielles du Burkina Faso.&lt;br class='autobr' /&gt;
La loi fixe les conditions de promotion et d'officialisation des langues nationales.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'anglais et le fran&#231;ais sont des langues de travail.&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;forme ouvre la voie &#224; une red&#233;finition du r&#233;gime linguistique de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les langues au c&#339;ur de la construction nationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'ind&#233;pendance, le fran&#231;ais a occup&#233; une place centrale dans les institutions publiques du Burkina Faso. Il a &#233;t&#233; la langue de l'administration, de la justice, de l'&#233;cole moderne, de la diplomatie, des textes officiels et de la plupart des communications institutionnelles. Dans les faits, il est devenu la principale langue de l'&#201;tat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parall&#232;lement, les langues nationales ont continu&#233; &#224; porter l'essentiel de la communication quotidienne des populations. Le moor&#233;, le dioula, le fulfulde et plusieurs dizaines d'autres langues constituent les langues de la famille, du march&#233;, du village, du quartier, des c&#233;r&#233;monies, des &#233;changes sociaux, de la transmission des savoirs et de nombreuses pratiques &#233;conomiques et culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette coexistence a longtemps produit un d&#233;calage entre la r&#233;alit&#233; linguistique du pays et le fonctionnement de ses institutions. La majorit&#233; des citoyens vit, pense, &#233;change et travaille dans les langues nationales, alors que l'&#201;tat fonctionne principalement dans une langue que tous ne ma&#238;trisent pas au m&#234;me degr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation pose plusieurs questions. Comment rapprocher l'administration des citoyens lorsque la langue des proc&#233;dures n'est pas toujours celle des usagers ? Comment renforcer la participation citoyenne si les informations publiques demeurent souvent formul&#233;es dans une langue peu accessible &#224; une partie de la population ? Comment promouvoir un d&#233;veloppement r&#233;ellement endog&#232;ne sans accorder une place plus importante aux langues dans lesquelles les populations expriment leurs besoins, leurs savoirs et leurs visions du monde ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions ne sont pas nouvelles. Depuis plusieurs d&#233;cennies, chercheurs, &#233;ducateurs, acteurs de l'alphab&#233;tisation et responsables politiques soulignent la n&#233;cessit&#233; d'int&#233;grer davantage les langues nationales dans les politiques publiques. La r&#233;forme de 2023 semble donc ouvrir une nouvelle &#233;tape dans une r&#233;flexion ancienne : celle de la r&#233;conciliation entre les institutions et les r&#233;alit&#233;s sociolinguistiques du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une question de souverainet&#233; linguistique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La port&#233;e de cette r&#233;forme d&#233;passe le domaine strictement linguistique. Les langues ne sont pas seulement des moyens de communication. Elles sont aussi des instruments de m&#233;moire, de savoir, d'identit&#233;, de repr&#233;sentation du monde et de transmission culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, les d&#233;bats sur la souverainet&#233; occupent une place croissante dans plusieurs pays africains, notamment dans l'espace sah&#233;lien. On parle de souverainet&#233; politique, &#233;conomique, s&#233;curitaire, diplomatique ou culturelle. Mais la souverainet&#233; concerne aussi les langues. Une nation se construit aussi &#224; travers les langues dans lesquelles elle pense, &#233;duque, administre, juge, informe et transmet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconna&#238;tre les langues nationales comme langues officielles revient donc &#224; reconna&#238;tre leur r&#244;le dans la d&#233;finition m&#234;me de la nation. Cela signifie que ces langues ne sont plus seulement consid&#233;r&#233;es comme des langues de la soci&#233;t&#233;, de la tradition ou de la vie quotidienne ; elles sont appel&#233;es &#224; devenir des langues de l'&#201;tat, de la citoyennet&#233; et de la vie publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution est importante. Elle modifie la hi&#233;rarchie symbolique h&#233;rit&#233;e de l'histoire coloniale, dans laquelle la langue europ&#233;enne occupait le sommet de l'organisation institutionnelle, tandis que les langues nationales restaient confin&#233;es aux usages sociaux, culturels ou communautaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme de 2023 semble affirmer que les langues nationales font partie du socle de la souverainet&#233; burkinab&#232;. Mais elle le fait sans rupture brutale, puisque l'anglais et le fran&#231;ais demeurent langues de travail. C'est pr&#233;cis&#233;ment cette combinaison entre affirmation symbolique et prudence administrative qui rend le cas burkinab&#232; particuli&#232;rement int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce que font d'autres pays&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Burkina Faso n'est pas le premier pays &#224; distinguer langues officielles et langues de travail. Plusieurs &#201;tats multilingues ont adopt&#233; des solutions diverses pour concilier identit&#233; nationale, pluralit&#233; linguistique et efficacit&#233; administrative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Inde constitue un exemple bien connu. L'hindi occupe une place importante parmi les langues officielles de l'Union, mais l'anglais continue de jouer un r&#244;le majeur dans l'administration centrale, la justice, l'enseignement sup&#233;rieur et les &#233;changes entre certaines institutions. Plus de soixante-dix ans apr&#232;s l'ind&#233;pendance, l'anglais reste un outil puissant de fonctionnement de l'&#201;tat indien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Pakistan, l'ourdou est fortement associ&#233; &#224; l'identit&#233; nationale. Cependant, l'anglais demeure largement utilis&#233; dans l'administration, les universit&#233;s, les juridictions et les secteurs &#233;conomiques strat&#233;giques. On observe donc une distinction entre la langue de l&#233;gitimit&#233; nationale et la langue de fonctionnement institutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Afrique du Sud, onze langues b&#233;n&#233;ficient du statut officiel. Cette reconnaissance refl&#232;te la diversit&#233; linguistique du pays et l'objectif de corriger les d&#233;s&#233;quilibres h&#233;rit&#233;s de l'histoire. Pourtant, dans la pratique, l'anglais reste dominant dans de nombreuses administrations, universit&#233;s, entreprises et institutions nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Rwanda offre un autre exemple int&#233;ressant. Le kinyarwanda est la langue nationale commune &#224; la grande majorit&#233; de la population. Mais l'anglais a progressivement acquis une place importante dans l'administration, l'enseignement sup&#233;rieur et les relations internationales. Le pays montre ainsi que les choix linguistiques peuvent aussi &#234;tre li&#233;s &#224; des orientations politiques, &#233;conomiques et g&#233;opolitiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Tanzanie est souvent cit&#233;e comme un exemple africain de promotion r&#233;ussie d'une langue nationale. Le swahili y joue un r&#244;le majeur dans la vie publique, l'&#233;cole, la communication politique et l'administration. Cette r&#233;ussite n'est pas le fruit du hasard. Elle r&#233;sulte d'une politique durable d'am&#233;nagement, de standardisation, d'&#233;ducation et de production documentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces exemples montrent que la distinction entre langue officielle et langue de travail n'est ni absurde ni impossible. Elle peut &#234;tre un instrument de gestion du plurilinguisme. Mais chaque pays l'adapte &#224; son histoire, &#224; ses rapports de force linguistiques, &#224; ses besoins administratifs et &#224; ses choix politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce que font les grandes institutions internationales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les organisations internationales offrent &#233;galement des exemples utiles. Elles doivent souvent concilier le principe d'&#233;galit&#233; entre leurs membres et la n&#233;cessit&#233; de fonctionner efficacement au quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Organisation des Nations unies reconna&#238;t six langues officielles : l'arabe, le chinois, l'anglais, le fran&#231;ais, le russe et l'espagnol. Ces langues permettent d'assurer une repr&#233;sentation symbolique et diplomatique des grandes aires linguistiques du monde. Toutefois, dans le fonctionnement quotidien du Secr&#233;tariat, l'anglais et le fran&#231;ais occupent une place particuli&#232;rement importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union europ&#233;enne dispose de vingt-quatre langues officielles. Les textes juridiques sont disponibles dans les langues des &#201;tats membres, ce qui traduit un principe d'&#233;galit&#233; entre les citoyens europ&#233;ens. Cependant, les activit&#233;s internes de nombreuses institutions europ&#233;ennes reposent principalement sur l'anglais, le fran&#231;ais et l'allemand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union africaine reconna&#238;t plusieurs langues officielles et affirme r&#233;guli&#232;rement sa volont&#233; de promouvoir les langues africaines. Pourtant, son fonctionnement courant reste domin&#233; par l'anglais, le fran&#231;ais, l'arabe et le portugais. Cette situation refl&#232;te les difficult&#233;s que rencontrent les institutions africaines pour int&#233;grer pleinement les langues africaines dans les m&#233;canismes de gouvernance continentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces exemples montrent qu'il existe souvent un &#233;cart entre reconnaissance officielle et usage pratique. Une langue peut &#234;tre officiellement reconnue sans &#234;tre utilis&#233;e de mani&#232;re &#233;gale dans toutes les activit&#233;s. Inversement, une langue peut &#234;tre tr&#232;s pr&#233;sente dans le fonctionnement quotidien sans &#234;tre la seule langue symboliquement reconnue.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_221227 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://lefaso.net/IMG/jpg/capture_d_ecran_2026-07-08_024745.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L500xH185/capture_d_ecran_2026-07-08_024745-d4cc2.jpg?1783479217' width='500' height='185' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui rend le cas burkinab&#232; original&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'originalit&#233; du Burkina Faso ne tient donc pas simplement &#224; la distinction entre langue officielle et langue de travail. Cette distinction existe ailleurs. Ce qui rend le cas burkinab&#232; particulier, c'est la mani&#232;re dont cette distinction est organis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la plupart des exemples internationaux, les langues officielles sont d&#233;j&#224; fortement institutionnalis&#233;es ou disposent d'une longue tradition administrative. Au Burkina Faso, la r&#233;forme semble suivre une logique inverse : elle pr&#233;voit d'abord l'officialisation des langues nationales avant leur &#233;ventuelle transformation en langues de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, les langues nationales acc&#232;dent d'abord &#224; une l&#233;gitimit&#233; symbolique et juridique. Leur fonctionnalisation administrative reste un chantier &#224; construire. C'est l&#224; que r&#233;side l'innovation principale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette approche peut &#234;tre comprise comme une strat&#233;gie progressive. Elle reconna&#238;t la valeur politique, culturelle et identitaire des langues nationales sans imposer imm&#233;diatement &#224; l'administration une transformation totale pour laquelle les outils ne sont pas encore enti&#232;rement disponibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'anglais et le fran&#231;ais assurent donc la continuit&#233; administrative et l'ouverture internationale, tandis que les langues nationales acqui&#232;rent une reconnaissance officielle qui peut pr&#233;parer leur mont&#233;e progressive dans les sph&#232;res de gouvernance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;marche pr&#233;sente un avantage : elle &#233;vite l'opposition simpliste entre langues nationales et langues internationales. Il ne s'agit pas de rejeter le fran&#231;ais ou l'anglais, mais de red&#233;finir leur place dans un syst&#232;me linguistique plus &#233;quilibr&#233;. Le v&#233;ritable enjeu est de permettre aux langues nationales de prendre progressivement part &#224; la vie publique, sans isoler le Burkina Faso du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les langues nationales peuvent-elles devenir des langues de travail ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est d&#233;sormais centrale. Si les langues nationales deviennent officielles, pourront-elles un jour devenir aussi des langues de travail ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue linguistique, rien ne s'y oppose. Aucune langue n'est naturellement administrative, scientifique ou juridique. Toutes les grandes langues de gouvernance ont &#233;t&#233; am&#233;nag&#233;es au fil de l'histoire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le fran&#231;ais lui-m&#234;me n'a pas toujours &#233;t&#233; la langue de l'&#201;tat fran&#231;ais. Il l'est devenu progressivement &#224; travers des choix politiques, &#233;ducatifs, administratifs et culturels. L'anglais, l'espagnol, l'arabe standard moderne, le swahili, l'amharique ou l'indon&#233;sien ont &#233;galement connu des processus d'am&#233;nagement et d'institutionnalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les langues nationales burkinab&#232; peuvent donc devenir des langues de travail si elles b&#233;n&#233;ficient d'une politique coh&#233;rente. Le Burkina Faso dispose d&#233;j&#224; d'importants acquis. Plusieurs langues ont fait l'objet de travaux de description, de normalisation orthographique, d'alphab&#233;tisation et de production p&#233;dagogique. Le moor&#233;, le dioula et le fulfulde disposent notamment de ressources importantes : alphabets stabilis&#233;s, dictionnaires, grammaires, manuels, supports d'alphab&#233;tisation et usages sociaux &#233;tendus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces acquis ne suffisent pas encore &#224; faire de ces langues des langues de travail &#224; part enti&#232;re, mais ils constituent une base solide. La question n'est donc pas de savoir si les langues nationales en sont capables. La vraie question est de savoir quels moyens seront mobilis&#233;s pour leur permettre d'assumer de nouvelles fonctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les d&#233;fis &#224; relever&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le passage d'une langue officielle &#224; une langue de travail suppose plusieurs conditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re est terminologique. Une administration moderne utilise des concepts pr&#233;cis dans les domaines du droit, de la fiscalit&#233;, de la sant&#233;, de l'agriculture, de l'&#233;ducation, de l'&#233;tat civil, de la gestion territoriale et de l'&#233;conomie. Les langues nationales devront disposer de terminologies stables, valid&#233;es et partag&#233;es pour exprimer ces r&#233;alit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me condition est la formation. Parler une langue ne suffit pas pour l'utiliser dans un cadre professionnel. Il faut savoir la lire, l'&#233;crire, r&#233;diger des documents, traduire des textes, produire des rapports et communiquer dans un registre administratif. La formation des agents publics, enseignants, traducteurs, interpr&#232;tes et communicateurs sera donc d&#233;terminante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me condition est documentaire. Les formulaires, guides, notices, supports p&#233;dagogiques, textes de vulgarisation, messages de sant&#233; publique, documents agricoles et informations administratives devront progressivement &#234;tre disponibles dans certaines langues nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quatri&#232;me condition est institutionnelle. Il faudra d&#233;terminer quelles langues seront concern&#233;es, dans quels domaines, selon quel calendrier et avec quels moyens. Le Burkina Faso compte plusieurs dizaines de langues. Une politique linguistique r&#233;aliste devra donc concilier &#233;quit&#233;, efficacit&#233; et progressivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche la plus raisonnable pourrait consister &#224; commencer par certains domaines prioritaires : collectivit&#233;s territoriales, services de proximit&#233;, sant&#233; communautaire, alphab&#233;tisation, &#233;tat civil, m&#233;diation administrative, campagnes d'information publique et &#233;ducation de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encadr&#233; 3 : Trois sc&#233;narios pour l'avenir&lt;br class='autobr' /&gt;
Sc&#233;nario 1 : l'officialisation symbolique. Les langues nationales sont reconnues juridiquement, mais les pratiques administratives changent peu.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sc&#233;nario 2 : la fonctionnalisation progressive. Certaines langues sont introduites dans des secteurs cibl&#233;s, avec exp&#233;rimentation et &#233;valuation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sc&#233;nario 3 : la gouvernance multilingue. Certaines langues nationales deviennent progressivement de v&#233;ritables langues de travail dans plusieurs secteurs publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un chantier plus qu'une r&#233;forme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme linguistique de 2023 ne constitue pas l'aboutissement d'un processus. Elle marque plut&#244;t le d&#233;but d'un chantier historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son importance ne r&#233;side pas seulement dans la reconnaissance juridique des langues nationales, mais dans les perspectives qu'elle ouvre pour leur participation future &#224; la vie publique. Elle invite &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; la place r&#233;elle des langues nationales dans l'administration, l'&#233;ducation, la justice, les collectivit&#233;s territoriales, l'information publique et le d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; du Burkina Faso, cette r&#233;forme int&#233;resse l'ensemble de l'Afrique, en particulier les pays du Sahel. Depuis les ind&#233;pendances, les &#201;tats africains ont souvent h&#233;sit&#233; entre deux options : maintenir les langues h&#233;rit&#233;es de la colonisation au c&#339;ur des institutions ou promouvoir symboliquement les langues nationales sans leur transf&#233;rer de v&#233;ritables fonctions de gouvernance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Burkina Faso semble aujourd'hui explorer une troisi&#232;me voie : reconna&#238;tre les langues nationales comme langues officielles, tout en maintenant provisoirement les langues internationales comme langues de travail, afin de pr&#233;parer une transition progressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette voie m&#233;rite d'&#234;tre suivie avec attention. Elle peut permettre de concilier souverainet&#233; culturelle, pluralisme linguistique et pragmatisme administratif. Elle peut aussi rapprocher l'&#201;tat des citoyens, am&#233;liorer l'acc&#232;s &#224; l'information publique et renforcer la participation d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette r&#233;forme est accompagn&#233;e par des politiques coh&#233;rentes de recherche, de formation, de terminologie, de traduction et de production documentaire, le Burkina Faso pourrait devenir un laboratoire africain de gouvernance linguistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'officialisation des langues nationales n'est donc pas l'aboutissement du processus. Elle en constitue le point de d&#233;part. Le v&#233;ritable d&#233;fi sera de transformer progressivement ces langues en instruments de gouvernance, de citoyennet&#233; et de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers cette distinction entre langues officielles et langues de travail, le Burkina Faso exp&#233;rimente peut-&#234;tre une nouvelle mani&#232;re de penser les politiques linguistiques africaines. L'avenir dira si cette innovation ouvrira r&#233;ellement la voie &#224; un nouveau mod&#232;le. Mais une chose est d&#233;j&#224; certaine : la question des langues nationales n'est plus seulement une affaire de culture ou d'alphab&#233;tisation. Elle devient d&#233;sormais une question de souverainet&#233;, de gouvernance et de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Citation finale propos&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'officialisation des langues nationales n'est pas l'aboutissement du processus. Elle en constitue le point de d&#233;part. Le v&#233;ritable d&#233;fi sera de transformer progressivement ces langues en instruments de gouvernance, de citoyennet&#233; et de d&#233;veloppement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie sommaire&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Assembl&#233;e l&#233;gislative de transition du Burkina Faso. Loi n&#176;045-2023/ALT du 30 d&#233;cembre 2023 portant r&#233;vision de la Constitution.&lt;br class='autobr' /&gt;
Agence d'Information du Burkina. &#171; Burkina : L'anglais et le fran&#231;ais deviennent des langues de travail, les langues nationales officielles &#187;, 30 d&#233;cembre 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bamgbose, A. (1991). Language and the Nation : The Language Question in Sub-Saharan Africa. Edinburgh University Press.&lt;br class='autobr' /&gt;
Calvet, L.-J. (1996). Les politiques linguistiques. Paris : Presses Universitaires de France.&lt;br class='autobr' /&gt;
Guespin, L. &amp; Marcellesi, J.-B. (1986). &#171; Pour la glottopolitique &#187;. Langages, n&#176; 83.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sanogo M.L., 2025, &#8220; Officialisation des langues nationales &#8211; enjeux et d&#233;fis pour le Burkina Faso&#8221;, in Politique linguistique en Afrique (LPIA), 1(2), &lt;a href=&#034;https://bop.unibe.ch/LPIA/article/view/11285&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://bop.unibe.ch/LPIA/article/view/11285&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
UNESCO. (2003). L'&#233;ducation dans un monde multilingue. Paris : UNESCO.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;volution num&#233;rique : &#171; Il n'existe pas d'intelligence artificielle &#187; (Tahir Chaudhry, journaliste d'investigation germano-indien)</title>
		<link>https://lefaso.net/spip.php?article147658</link>
		<guid isPermaLink="true">https://lefaso.net/spip.php?article147658</guid>
		<dc:date>2026-07-07T23:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Ceci est une tribune sur l'intelligence artificielle du journaliste d'investigation germano-indien, Tahir Chaudhry, connu pour ses enqu&#234;tes sur de grands sujets, dont celle &#224; succ&#232;s sur l'affaire Jeffrey Epstein, publi&#233;e en 2024. Le journaliste est d'ailleurs auteur d'un livre publi&#233; r&#233;cemment et consacr&#233; entre autres &#224; la divinisation de l'intelligence artificielle et &#224; l'id&#233;ologie du transhumanisme. Tribune ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Lefaso.net &lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'existe pas d'intelligence artificielle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour le futurologue (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lefaso.net/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L150xH73/intelligence-artificielle.jpg-67d57.webp?1783427755' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='73' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ceci est une tribune sur l'intelligence artificielle du journaliste d'investigation germano-indien, Tahir Chaudhry, connu pour ses enqu&#234;tes sur de grands sujets, dont celle &#224; succ&#232;s sur l'affaire Jeffrey Epstein, publi&#233;e en 2024. Le journaliste est d'ailleurs auteur d'un livre publi&#233; r&#233;cemment et consacr&#233; entre autres &#224; la divinisation de l'intelligence artificielle et &#224; l'id&#233;ologie du transhumanisme. Tribune !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lefaso.net&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'existe pas d'intelligence artificielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le futurologue Ray Kurzweil, l'intelligence artificielle ouvre la voie &#224; la cr&#233;ation d'un dieu &#171; qui n'a jamais exist&#233; &#187;. L'historien Yuval Noah Harari estime que l'IA &#233;crira un jour des &#171; livres sacr&#233;s &#187; et donnera naissance &#224; de &#171; nouvelles religions &#187;. Elon Musk &#233;voque m&#234;me des &#171; miracles dignes de J&#233;sus &#187;. Quant &#224; Peter Thiel, il place ses espoirs dans le transhumanisme, c'est-&#224;-dire dans le d&#233;passement des limites biologiques de l'&#234;tre humain par la fusion de l'homme et de la machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que l'homme recherchait autrefois dans le divin, certains des penseurs les plus influents de la Silicon Valley croient aujourd'hui pouvoir le trouver dans le progr&#232;s technologique et la pr&#233;tendue intelligence artificielle. Pourtant, ce r&#233;cit est de plus en plus remis en question par des voix critiques qui appellent &#224; une &#233;valuation plus lucide de ce domaine. Un examen attentif r&#233;v&#232;le qu'il ne se cache derri&#232;re cette fa&#231;ade ni intelligence num&#233;rique, ni conscience &#233;lectronique, et encore moins un &#234;tre artificiel en train de s'&#233;veiller. Cette croyance rel&#232;ve d'une illusion colossale &#8212; et pourrait conduire l'humanit&#233; vers l'une des impasses technologiques les plus dangereuses de son histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on demandait &#224; une personne lambda ce qu'est l'intelligence artificielle, la plupart penseraient probablement &#224; ChatGPT, Grok ou Claude : de grands mod&#232;les de langage capables de reconna&#238;tre et de g&#233;n&#233;rer du texte ou des images. Ceux qui utilisent l'IA de mani&#232;re plus intensive l'envisagent &#233;galement comme incluant des outils de cr&#233;ation vid&#233;o, musicale et autres contenus cr&#233;atifs. Un groupe encore plus restreint parlerait d'agents IA qui planifient et ex&#233;cutent des t&#226;ches de mani&#232;re autonome, ou de programmation vocale, o&#249; les logiciels sont programm&#233;s par la voix plut&#244;t que manuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces r&#233;ponses ne font que d&#233;crire les manifestations visibles de ce qu'on appelle l'intelligence artificielle : une panoplie d'outils, d'applications et de mod&#232;les &#224; travers lesquels les humains font l'exp&#233;rience de l'IA. Cependant, si l'on s'interroge sur l'image que le terme &#171; intelligence artificielle &#187; &#233;voque chez beaucoup de gens, on passe &#224; un tout autre niveau. L'IA appara&#238;t alors comme une entit&#233; ind&#233;pendante : flexible, apparemment impr&#233;visible, capable d'apprendre et en constante &#233;volution pour devenir plus intelligente. Nombreux sont ceux qui l'associent &#224; l'id&#233;e d'un &#234;tre pensant en pleine croissance qui s'&#233;mancipe peu &#224; peu de ses cr&#233;ateurs humains &#224; chaque &#233;tape de son d&#233;veloppement. En r&#233;alit&#233;, cette impression repose principalement sur notre conditionnement par la science-fiction hollywoodienne et sur une puissante illusion : ce qui est occult&#233;, c'est ce qui se cache derri&#232;re chaque r&#233;ponse : la puissance de calcul, les math&#233;matiques, les donn&#233;es et les statistiques, mais surtout, des milliards d'heures de travail humain, d'&#233;valuations et de d&#233;cisions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intelligence artificielle, telle qu'on la con&#231;oit, appara&#238;t comme l'initiatrice d'une r&#233;alisation qu'elle n'a pas produite elle-m&#234;me. Sa repr&#233;sentation en oracle omniscient masque sa profonde d&#233;pendance &#224; d'innombrables contributions humaines. C'est comme si l'on commandait un sac en cuir. Des dizaines de sp&#233;cialistes interviennent &#224; chaque &#233;tape &#8211; de l'&#233;leveur au tanneur et teinturier, en passant par le designer et le sellier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, une seule personne se tient devant nous, nous remet le sac fini et donne l'impression que c'est son &#339;uvre exclusive. Il en va de m&#234;me pour l'intelligence artificielle : tous les outils de sa panoplie ne sont pas &#224; l'origine d'une r&#233;alisation, mais plut&#244;t sa derni&#232;re expression visible. Pour Jaron Lanier, l'IA n'est rien d'autre que la forme la plus puissante &#8211; bien qu'involontaire &#8211; de collaboration humaine collective &#224; ce jour ; pour lui, les mod&#232;les de langage ne sont que des &#171; condensations statistiques du langage humain et des donn&#233;es &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Sommes-nous tous victimes du plus grand deepfake ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on demande &#224; des mod&#232;les de langage de composer un dialogue fictif entre Jeffrey Epstein et Peter Thiel, en s'inspirant du style d'&#233;criture des courriels publi&#233;s d'Epstein, le r&#233;sultat est un &#233;change &#233;tonnamment plausible. Pourtant, personne ne pr&#233;tendrait que Jeffrey Epstein ou Peter Thiel aient pris vie dans l'ordinateur. Le mod&#232;le ne reconstruit pas la conscience, mais se contente de poursuivre des sch&#233;mas linguistiques appris avec une probabilit&#233; statistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce faire, il d&#233;compose d'abord le texte d'entr&#233;e en petites unit&#233;s linguistiques (tokens), calcule la probabilit&#233; de chaque token suivant possible en fonction des sch&#233;mas appris lors de l'entra&#238;nement, puis g&#233;n&#232;re l'&#233;l&#233;ment constitutif suivant de la r&#233;ponse. Ce processus est r&#233;p&#233;t&#233; des milliers de fois, token par token, jusqu'&#224; l'obtention d'un texte complet. Il en r&#233;sulte une fonction de saisie semi-automatique intelligente qui poursuit les phrases d'une mani&#232;re qu'une personne sage et moralement responsable serait susceptible de formuler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le manque de compr&#233;hension des mod&#232;les de langage est fr&#233;quemment la cible de moqueries sur les r&#233;seaux sociaux. Par exemple, une personne demande &#224; un mod&#232;le de langage quelle option est la plus &#233;cologique : aller en voiture au lavage auto ou &#224; pied. Le mod&#232;le r&#233;pond : &#171; &#192; pied, sans h&#233;siter. &#187; Il ne comprend pas que le but du d&#233;placement est de laver sa voiture et que celle-ci doit d'abord se rendre au lavage. Autre exemple : un utilisateur demande au mod&#232;le de se taire apr&#232;s avoir dit &#171; Au revoir &#187;. Mais &#224; chaque fois, le mod&#232;le r&#233;pond : &#171; D'accord, je me tais. &#187; Ceci illustre la limite : un mod&#232;le de langage est con&#231;u pour poursuivre verbalement chaque interaction. M&#234;me la demande de silence est per&#231;ue comme une nouvelle r&#233;ponse. Ces exemples d&#233;montrent que si l'&#171; intelligence artificielle &#187; peut g&#233;n&#233;rer un discours convaincant, elle ne peut ni comprendre les intentions ni appr&#233;hender les situations dans leur ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'un mod&#232;le de langage r&#233;pond par des phrases comme &#171; Je comprends &#187; ou &#171; Je suis d&#233;sol&#233; &#187;, il ne diff&#232;re en rien d'un perroquet imitant une expression d&#233;j&#224; entendue. Les mots peuvent sembler appropri&#233;s, mais ils sont d&#233;pourvus de toute compr&#233;hension ou empathie sous-jacente. De m&#234;me, bien qu'un mod&#232;le de langage disposant de suffisamment d'informations puisse g&#233;n&#233;rer une image psychologique d'une pr&#233;cision &#233;tonnante, voire quasi photor&#233;aliste, d'une personne, tel un miroir, il ne refl&#232;te que la surface des informations disponibles, jamais l'exp&#233;rience int&#233;rieure ni l'essence m&#234;me de l'individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les passionn&#233;s de technologie r&#233;pondraient probablement &#224; cette objection par leur mantra habituel : &#171; Pas encore ! &#187; Pourtant, ils expliquent rarement comment les mod&#232;les de langage actuels s'am&#233;liorent concr&#232;tement au quotidien. On a souvent l'impression d'une technologie qui s'auto-alimente, traite toujours plus de donn&#233;es, entra&#238;ne des mod&#232;les toujours plus grands et s'optimise en permanence. Mais ce paradigme dit de passage &#224; l'&#233;chelle est de plus en plus remis en question. De plus en plus de critiques &#233;voquent la fin de l'&#232;re du passage &#224; l'&#233;chelle pur : les donn&#233;es d'entra&#238;nement de haute qualit&#233; ne sont pas illimit&#233;es, les donn&#233;es g&#233;n&#233;r&#233;es artificiellement peuvent d&#233;grader les mod&#232;les &#224; long terme au lieu de les am&#233;liorer, tandis que le co&#251;t des puces, de l'&#233;nergie et des centres de donn&#233;es ne cesse d'augmenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'int&#233;resse beaucoup moins au fait que des centaines de milliers de personnes travaillent quotidiennement en coulisses pour faire progresser l'IA actuelle, r&#233;mun&#233;r&#233;es pour entra&#238;ner, &#233;valuer et am&#233;liorer les mod&#232;les. Des plateformes comme Outlier AI, DataAnnotation.tech et Appen recrutent activement ces employ&#233;s, les payant souvent environ 30 &#8364; de l'heure pour des projets en langue allemande, et plusieurs fois plus pour des sp&#233;cialistes &#8211; par exemple, en m&#233;decine, en droit, en math&#233;matiques ou en informatique. Derri&#232;re ces syst&#232;mes pr&#233;tendument autonomes, on estime que plusieurs centaines de milliers de personnes dans le monde travaillent directement &#224; l'entra&#238;nement des mod&#232;les d'IA modernes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles r&#233;digent des consignes, annotent des textes et des images, &#233;valuent et comparent les r&#233;ponses, v&#233;rifient les faits, signalent les hallucinations, les erreurs logiques et les contenus probl&#233;matiques, testent les mod&#232;les pour d&#233;tecter leurs faiblesses (tests d'intrusion) et d&#233;finissent ce qui est autoris&#233; et ce qui ne l'est pas. Elles &#233;tablissent les r&#232;gles, fixent les limites, corrigent et surveillent les mod&#232;les. En bref, leur t&#226;che n'est pas d'apprendre aux machines &#224; raisonner et &#224; comprendre, mais d'optimiser leurs pr&#233;dictions statistiques et donc leur automatisation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les magnats de la tech de la Silicon Valley sont-ils en train de cr&#233;er un nouvel oracle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des critiques &#233;minents du battage m&#233;diatique autour de l'IA, tels queJaron Lanier, pionnier de la r&#233;alit&#233; virtuelle, Emily Bender, linguiste, Gary Marcus, neuroscientifique, Geoffrey Hinton, pionnier de l'intelligence artificielle, et l'&#233;crivain Ted Chiang appellent de leurs v&#339;ux une &#233;valuation objective de ce qu'on appelle l'intelligence artificielle. Selon eux, les r&#233;seaux neuronaux, aussi impressionnants soient-ils, constituent le fondement de ces syst&#232;mes ; des structures math&#233;matiques qui ne s'inspirent que tr&#232;s vaguement du cerveau humain. Ce dernier est compos&#233; d'environ 86 milliards de cellules nerveuses qui communiquent entre elles par des processus biochimiques extr&#234;mement complexes. Les r&#233;seaux neuronaux artificiels, quant &#224; eux, ne sont constitu&#233;s que de nombres, de pond&#233;rations, de fonctions math&#233;matiques et de relations statistiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les humains per&#231;oivent l'information par leurs sens, la traitent par le cerveau et l'expriment finalement par le langage et les actions. Un syst&#232;me d'IA ne peut pas faire cela seul. Il a besoin de l'intervention humaine pour d&#233;finir ses objectifs, ses limites et ses r&#232;gles de conduite. La diff&#233;rence cruciale : cette entit&#233; ne poss&#232;de pas de conscience propre. Ce sont les d&#233;veloppeurs, les &#233;quipes de s&#233;curit&#233; et de politiques, les comit&#233;s d'&#233;thique, ainsi que la direction et les investisseurs qui la remplacent. Ils d&#233;cident des donn&#233;es avec lesquelles le syst&#232;me est entra&#238;n&#233;, des r&#233;ponses souhait&#233;es ou inhib&#233;es, des valeurs qu'il v&#233;hicule et de ses limites. La question cruciale demeure : la machine d&#233;pendra-t-elle donc, &#224; terme, d'une conscience qui la contr&#244;le ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des millions de personnes se tournent chaque jour vers ChatGPT, Claude, Grok ou Gemini pour obtenir des explications, des conseils ou des solutions &#224; leurs questions professionnelles, m&#233;dicales, psychologiques ou personnelles. Nombre d'entre elles confient leurs pens&#233;es, leurs craintes et leurs espoirs les plus intimes &#224; ces syst&#232;mes. Cette situation accro&#238;t la d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de quelques plateformes. La concentration des connaissances, des ressources et du pouvoir d'interpr&#233;tation entre les mains de quelques acteurs ouvre ainsi la voie &#224; des manipulations d'une ampleur historique. Or, ce qui appara&#238;t comme la sagesse d'un oracle num&#233;rique repose en grande partie sur des d&#233;cisions humaines. &#192; y regarder de plus pr&#232;s, cette pr&#233;tendue intelligence artificielle omnipotente se r&#233;v&#232;le &#234;tre un syst&#232;me complexe, une v&#233;ritable marionnette dont les ficelles restent tir&#233;es par des humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Invoquer une intelligence artificielle surpuissante pr&#233;sente, &#224; court terme, un avantage pr&#233;pond&#233;rant pour les grandes entreprises technologiques. Cela leur permet d'attirer plus facilement des investissements massifs, de faire grimper leurs valorisations boursi&#232;res et de concentrer davantage leur pouvoir &#233;conomique et politique. Nombre de ces entreprises leaders n'ont pas &#233;merg&#233; ex nihilo, mais bien dans un contexte de recherche financ&#233;e par l'&#201;tat, de contrats gouvernementaux de plusieurs milliards de dollars et de liens &#233;troits avec le complexe militaro-industriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de mod&#232;les de langage complexes exigeant d'immenses quantit&#233;s de donn&#233;es, des puces sp&#233;cialis&#233;es, d'immenses centres de donn&#233;es, une consommation &#233;nerg&#233;tique colossale, des professionnels hautement qualifi&#233;s et des investissements de plusieurs milliards, cette technologie cl&#233; se retrouve in&#233;vitablement concentr&#233;e entre les mains de quelques entreprises et &#201;tats. L'IA devient ainsi un amplificateur des structures de pouvoir existantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de l'humanit&#233; regorge d'exemples d'&#233;lites utilisant des institutions cr&#233;&#233;es ou contr&#244;l&#233;es artificiellement pour influencer les d&#233;cisions, les visions du monde et les comportements. L'oracle le plus c&#233;l&#232;bre de l'Antiquit&#233; se trouvait &#224; Delphes. Pendant plus de mille ans, rois, g&#233;n&#233;raux, riches citoyens et d&#233;l&#233;gations venus de tout le monde grec s'y rendirent. Delphes &#233;tait consid&#233;r&#233;e comme &lt;br class='autobr' /&gt;
le nombril du monde, le lieu o&#249; Apollon parlait par l'interm&#233;diaire de la pr&#234;tresse Pythie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le p&#232;lerinage lui-m&#234;me faisait partie du rituel. Le consultant p&#233;n&#233;trait dans le sanctuaire sur les pentes du mont Parnasse, se purifiait &#224; la source castillane, offrait des sacrifices et s'acquittait des droits d'entr&#233;e. Il empruntait ensuite la Voie Sacr&#233;e, passant devant des tr&#233;sors, des ex-voto et des monuments des cit&#233;s-&#201;tats les plus puissantes de Gr&#232;ce. Ceux qui faisaient des dons g&#233;n&#233;reux ou exer&#231;aient une influence politique b&#233;n&#233;ficiaient d'un acc&#232;s privil&#233;gi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La consultation elle-m&#234;me restait secr&#232;te pour ceux qui la sollicitaient. Dans la chambre la plus intime du temple d'Apollon, l'Adyton, la Pythie si&#233;geait sur un tr&#233;pied de bronze. Les auteurs antiques la d&#233;crivaient comme saisie d'extase divine ; aujourd'hui, les chercheurs pensent que des gaz tels que l'&#233;thyl&#232;ne, s'&#233;chappant de fissures dans la roche, ont pu contribuer &#224; cet &#233;tat de transe. Ceux qui cherchaient conseil ne s'adressaient pas directement &#224; la Pythie, mais aux pr&#234;tres. Ces derniers transmettaient les questions, &#233;coutaient ses d&#233;clarations souvent &#233;nigmatiques, en formulaient des oracles compr&#233;hensibles, fr&#233;quemment ambigus et parfois rim&#233;s, puis les transmettaient aux consultants. Le consultant ne voyait jamais comment la r&#233;ponse &#233;tait &#233;labor&#233;e. Il ne recevait que le r&#233;sultat final, et c'est pr&#233;cis&#233;ment ce processus qui lui donnait l'apparence de la voix d'une puissance sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les recherches modernes sugg&#232;rent qu'un vaste r&#233;seau d'information op&#233;rait en coulisses autour de l'oracle. P&#232;lerins, marchands, envoy&#233;s et messagers apportaient sans cesse &#224; Delphes des nouvelles du monde grec. Cela permettait aux pr&#234;tres d'&#233;tablir des profils remarquablement pr&#233;cis des structures du pouvoir politique, des int&#233;r&#234;ts personnels et des conflits imminents. Ce qui apparaissait &#224; beaucoup comme une prescience divine reposait souvent sur une connaissance exceptionnellement approfondie. C'est pr&#233;cis&#233;ment ce qui a transform&#233; l'oracle en un instrument de pouvoir politique. Ses pr&#233;dictions influen&#231;aient les dirigeants dans leurs d&#233;cisions concernant la guerre et la paix, guidaient la fondation des colonies, renfor&#231;aient ou affaiblissaient les alliances entre les cit&#233;s-&#201;tats grecques, apaisaient ou exacerbaient les conflits, conf&#233;raient une l&#233;gitimit&#233; religieuse aux d&#233;cisions politiques et assuraient le prestige, l'influence et la prosp&#233;rit&#233; &#233;conomique durables de Delphes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme par le pass&#233;, il existe aujourd'hui deux oracles. L'un s'adresse au grand public : de vastes mod&#232;les de langage r&#233;pondent aux questions, composent des textes et donnent l'impression d'une autorit&#233; omnisciente. L'autre est destin&#233; aux &#233;lites politiques, militaires et &#233;conomiques : Palantir, le syst&#232;me d'analyse de donn&#233;es et d'intelligence artificielle cofond&#233; par Peter Thiel en 2003 et soutenu d&#232;s ses d&#233;buts par In-Q-Tel, la branche d'investissement de la CIA. &#192; l'instar de l'oracle de Delphes, il collecte, relie et synth&#233;tise d'immenses quantit&#233;s d'informations. Gr&#226;ce &#224; l'intelligence artificielle, il g&#233;n&#232;re des rapports de situation, des &#233;valuations des risques et des recommandations d'actions &#224; destination des services de renseignement, de l'arm&#233;e, de la police et du syst&#232;me judiciaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme n'est-il vraiment qu'une machine ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis des ann&#233;es, les sections commentaires de Reddit sont le th&#233;&#226;tre de d&#233;bats enflamm&#233;s entre ing&#233;nieurs, passionn&#233;s de technologie, fans de science-fiction et Cassandres. Au c&#339;ur du d&#233;bat se trouve la question : l'&#171; intelligence artificielle &#187; existe-t-elle r&#233;ellement, ou n'est-elle qu'une puissante illusion que nous avons nous-m&#234;mes cr&#233;&#233;e ? Ceux qui cherchent &#224; d&#233;noncer la supercherie qui se cache derri&#232;re le terme &#171; IA &#187; sont consid&#233;r&#233;s comme technophobes et r&#233;trogrades ; ceux qui per&#231;oivent d&#233;j&#224; une intelligence surnaturelle dans les logiciels puissants apparaissent comme les adeptes d'une nouvelle religion technologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, la question de l'existence de l'intelligence artificielle rel&#232;ve moins de la science et de la technologie que de la philosophie et de la religion. Car elle touche au c&#339;ur m&#234;me de ce que nous consid&#233;rons comme l'essence de l'humanit&#233; : la conscience, la raison, la cr&#233;ativit&#233;, le libre arbitre et une finalit&#233; sup&#233;rieure. Elle nous oblige &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; notre conception de l'humanit&#233; et &#224; notre vision du monde, &#224; ce qui distingue les humains des machines, et &#224; la possibilit&#233; m&#234;me de franchir cette fronti&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 2023, cette question a fait l'objet de vifs d&#233;bats sur Reddit. Un utilisateur a alors publi&#233; une vid&#233;o en demandant : &#171; Comment appelle-t-on &#231;a ? &#187; Le lien menait &#224; un robot quadrup&#232;de qui, au d&#233;part, t&#226;tonnait maladroitement comme un nouveau-n&#233; et se d&#233;pla&#231;ait en rampant sur le sol. Mais en seulement une heure, il a appris &#224; se tenir debout, &#224; garder l'&#233;quilibre et finalement &#224; marcher. Le plus impressionnant, c'est que cela s'est produit pour la premi&#232;re fois sans entra&#238;nement pr&#233;alable en simulation. Le robot a utilis&#233; l'algorithme Dreamer, qui construit en continu un mod&#232;le interne de son environnement, en tire des pr&#233;dictions et optimise ses mouvements par essais et erreurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui &#233;tait cens&#233; prouver l'existence d'une forme de vie intelligente n'a en r&#233;alit&#233; pas prouv&#233; le contraire. Contrairement &#224; un enfant humain, le robot n'a pas appris par la compr&#233;hension. Il n'a pas non plus exp&#233;riment&#233; au sens humain du terme. Les humains ont d&#233;fini la fonction de r&#233;compense ; par la suite, sa strat&#233;gie d'action a &#233;t&#233; optimis&#233;e math&#233;matiquement et statistiquement sur des millions d'interactions jusqu'&#224; obtenir la r&#233;compense attendue la plus &#233;lev&#233;e. Le robot ne comprenait ni la gravit&#233; ni l'&#233;quilibre, n'avait aucune notion de la marche et pouvait difficilement transf&#233;rer ses connaissances &#224; de nouvelles situations. Un enfant humain, en revanche, apprend non seulement &#224; marcher, mais d&#233;veloppe aussi une compr&#233;hension de l'espace, de la cause et de l'effet, du comportement social, des intentions et des dangers. Le fait que le robot n'ait plus besoin de simulation pour apprendre constitue une avanc&#233;e technique remarquable, le triomphe d'un algorithme qui optimise les sch&#233;mas, et non d'un esprit qui comprend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la m&#233;canisation de la pens&#233;e pr&#233;occupe l'humanit&#233; depuis bien plus longtemps que l'existence des ordinateurs. D&#232;s le XVIIe si&#232;cle, le philosophe anglais Thomas Hobbes observait que la pens&#233;e humaine n'est rien d'autre qu'une forme de calcul arithm&#233;tique. Le polymathe Gottfried Wilhelm Leibniz r&#234;vait d'un &#171; calcul de la pens&#233;e &#187; permettant de r&#233;soudre tous les diff&#233;rends par le simple calcul. Au XIXe si&#232;cle, George Boole formalisait les lois de la logique en &#233;quations math&#233;matiques gr&#226;ce &#224; son alg&#232;bre, tandis que Charles Babbage concevait la premi&#232;re machine &#224; calculer universelle m&#233;canique &#8211; pr&#233;curseur th&#233;orique de l'ordinateur moderne. La math&#233;maticienne Ada Lovelace, qui collabora avec Babbage, reconnut que cette machine pouvait traiter non seulement des nombres, mais aussi des symboles tels que des notes de musique ou des lettres. Cependant, elle mettait en garde : &#171; La machine analytique ne pr&#233;tend absolument pas produire quoi que ce soit par elle-m&#234;me. Elle ne peut faire que ce que l'on sait lui dire de faire. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'impulsion d&#233;cisive pour l'&#171; intelligence artificielle &#187; survint durant la Seconde Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le math&#233;maticien Norbert Wiener fut charg&#233; d'am&#233;liorer la pr&#233;cision des canons antia&#233;riens contre les bombardiers allemands &#8211; la Blitzkrieg d'Hitler ayant r&#233;v&#233;l&#233; la vuln&#233;rabilit&#233; des Alli&#233;s. Wiener d&#233;veloppa une m&#233;thode permettant de pr&#233;dire statistiquement le mouvement suivant d'un avion &#224; partir de sa trajectoire : la naissance de la cybern&#233;tique, science du contr&#244;le et de la communication chez les &#234;tres vivants et les machines. Si un canon autor&#233;gulateur et le cerveau humain fonctionnent selon les m&#234;mes principes de r&#233;troaction, alors tous deux sont, en fin de compte, des syst&#232;mes d'information, selon les cybern&#233;ticiens. Wiener, qui posa ainsi les fondements th&#233;oriques de l'informatique moderne et de l'intelligence artificielle dans les ann&#233;es 1940, formula l'id&#233;e que les humains sont des machines biologiques de traitement de l'information et que la vision d'une intelligence enti&#232;rement m&#233;canisable est r&#233;alisable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que cette id&#233;e ait gagn&#233; en popularit&#233;, elle s'est &#233;galement heurt&#233;e &#224; des r&#233;sistances au sein de la communaut&#233; scientifique. L'un de ses critiques les plus importants fut le math&#233;maticien autrichien Kurt G&#246;del. Avec ses th&#233;or&#232;mes d'incompl&#233;tude de 1931, il d&#233;montra que m&#234;me le syst&#232;me de r&#232;gles et de calculs le plus complet ne peut jamais appr&#233;hender toutes les v&#233;rit&#233;s math&#233;matiques. Il existe des &#233;nonc&#233;s vrais qui ne peuvent &#234;tre prouv&#233;s au sein d'un tel syst&#232;me. G&#246;del &#233;tablit ainsi une limite fondamentale &#224; la formalisation : la v&#233;rit&#233; d&#233;passe ce qui peut &#234;tre calcul&#233; ou prouv&#233;. Cette question demeure centrale dans le d&#233;bat actuel sur l'intelligence artificielle. M&#234;me l'algorithme le plus puissant reste un syst&#232;me formel et, par cons&#233;quent, se heurte, en principe, aux m&#234;mes limitations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le test de Turing a-t-il cr&#233;&#233; le premier travesti num&#233;rique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le terme &#171; intelligence artificielle &#187; a &#233;t&#233; invent&#233; par John McCarthy lors de la conf&#233;rence de Dartmouth en 1956. L'id&#233;e elle-m&#234;me, cependant, &#233;tait plus ancienne. Des ann&#233;es auparavant, le math&#233;maticien britannique Alan Turing l'avait d&#233;j&#224; esquiss&#233;e dans son article.Machines informatiques et intelligenceEn 1950, une question provocatrice fut pos&#233;e : &#171; Les machines peuvent-elles penser ? &#187; L'id&#233;e de cr&#233;er une machine intellectuellement &#233;gale &#224; l'homme n'a cess&#233; de fasciner la science depuis lors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers programmes, tels que Logic Theorist (1956), capable d'effectuer des d&#233;monstrations math&#233;matiques, ou ELIZA (1966), qui simulait une conversation avec un psychoth&#233;rapeute, ont aliment&#233; cet espoir. Bien que limit&#233;s &#224; des t&#226;ches bien pr&#233;cises, ces programmes ont soudainement fait na&#238;tre l'espoir d'une machine pensante. Dans de nombreux domaines, le progr&#232;s technologique &#233;tait d&#233;j&#224; confondu avec une v&#233;ritable pens&#233;e. Puis survint le revers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin des ann&#233;es 1960, Marvin Minsky et Seymour Papert ont d&#233;montr&#233; les limites des techniques alors courantes.Chenr&#233;seaux neuronaux simples sur. Ces syst&#232;mes &#233;taient m&#234;me incapables d'apprendre la r&#232;gle XOR, c'est-&#224;-dire de reconna&#238;tre si une seule des deux lumi&#232;res &#233;tait allum&#233;e. Des r&#233;seaux neuronaux plus complexes auraient pu, en principe, r&#233;soudre ce probl&#232;me. Mais &#224; l'&#233;poque, aucune m&#233;thode pratique pour les entra&#238;ner de mani&#232;re fiable ne existait. De nombreux chercheurs doutaient donc que les r&#233;seaux neuronaux puissent un jour tenir leurs promesses. Conjugu&#233;e &#224; une puissance de calcul limit&#233;e et &#224; des ensembles de donn&#233;es insuffisants, cette situation a conduit au premier grand hiver de l'IA. Le r&#234;ve de machines apprenantes persistait n&#233;anmoins, car les pr&#233;requis technologiques n&#233;cessaires faisaient encore d&#233;faut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1980, les r&#233;seaux de neurones ont fait leur retour gr&#226;ce &#224; de nouvelles m&#233;thodes d'apprentissage. Cependant, la v&#233;ritable perc&#233;e n'est survenue qu'en 2012, lorsque AlexNet, gr&#226;ce &#224; de vastes ensembles de donn&#233;es et &#224; la puissance des cartes graphiques, a remport&#233; haut la main la comp&#233;tition ImageNet, inaugurant ainsi l'&#232;re de l'apprentissage profond. Ce succ&#232;s a fait rena&#238;tre le r&#234;ve initial, sous une nouvelle appellation. Depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000, le terme &#171; apprentissage profond &#187; s'est impos&#233; pour d&#233;signer ce domaine.Intelligence artificielle g&#233;n&#233;rale(AGI). Ce terme ne d&#233;signe plus des programmes sp&#233;cialis&#233;s, mais l'ancienne vision d'une machine capable d'accomplir n'importe quelle t&#226;che mentale aussi bien, voire mieux, qu'un humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le math&#233;maticien britannique Alan Turing a jou&#233; un r&#244;le cl&#233; dans cette &#233;volution. Avec ses th&#233;oriesnMachine de Turing de 1936 Avec son mod&#232;le conceptuel d&#233;crivant les probl&#232;mes r&#233;solubles par des proc&#233;dures de calcul s&#233;quentielles, Turing a pos&#233; les fondements de l'informatique moderne. Parall&#232;lement, il en a d&#233;montr&#233; les limites : tous les probl&#232;mes ne peuvent &#234;tre r&#233;solus par un algorithme. Pour certaines questions, il n'existe par principe aucune m&#233;thode de calcul g&#233;n&#233;rale, quelle que soit la puissance de l'ordinateur. Ce faisant, Turing a fa&#231;onn&#233; notre compr&#233;hension des capacit&#233;s fondamentales des machines et de leurs limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, Turing posa une question diff&#233;rente en 1950. Dans son test de Turing, il ne cherchait plus &#224; savoir si une machine pensait r&#233;ellement ou poss&#233;dait une conscience. Le facteur d&#233;cisif &#233;tait uniquement sa capacit&#233; &#224; imiter un &#234;tre humain en conversation de mani&#232;re si convaincante que l'interlocuteur ne puisse plus les distinguer. De nombreux penseurs de renom dans le domaine des technologies, tels que Ray Kurzweil, Sam Altman, Demis Hassabis et Elon Musk, font encore r&#233;f&#233;rence &#224; ce changement de perspective. Sur le plan philosophique, cependant, cette &#233;volution des crit&#232;res a marqu&#233; un tournant majeur, rappelant le d&#233;veloppement des th&#233;ories du genre depuis les ann&#233;es 1960.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la distinction entre sexe (sexe biologique) et genre (genre social), qui a pris une importance particuli&#232;re depuis les ann&#233;es 1990, le crit&#232;re d'&#233;valuation est pass&#233; d'une base objectivement observable &#224; une d&#233;finition fonctionnelle ou subjective. Ce n'est plus seulement la nature biologique ou mat&#233;rielle qui est consid&#233;r&#233;e comme d&#233;terminante, mais de plus en plus la mani&#232;re dont une chose appara&#238;t, est per&#231;ue ou v&#233;cue. Le test de Turing illustre un changement de perspective comparable dans le d&#233;bat sur l'IA : ce n'est plus la nature intrins&#232;que ou la conscience potentielle d'une machine qui d&#233;termine sa classification comme &#171; intelligente &#187;, mais plut&#244;t la force de persuasion de son comportement observable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui d&#233;tient les cl&#233;s de notre forteresse ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mystification profite avant tout &#224; ceux qui financent, d&#233;veloppent et contr&#244;lent la technologie. Plus les attentes sont grandes, plus les milliards d'investissements affluent, plus les valorisations boursi&#232;res grimpent et plus l'influence politique s'accro&#238;t. Parall&#232;lement, le r&#233;cit d'une intelligence quasi-surhumaine occulte son fonctionnement r&#233;el. Les grands mod&#232;les de langage apparaissent comme de myst&#233;rieuses bo&#238;tes noires dont les d&#233;cisions sont rarement remises en question. Il est donc d'autant plus important d'ouvrir ces bo&#238;tes noires : il faut savoir clairement qui finance, d&#233;veloppe, entra&#238;ne et contr&#244;le ces syst&#232;mes, quelles donn&#233;es ils utilisent et &#224; qui ils servent en d&#233;finitive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plus grand danger de ce qu'on appelle l'intelligence artificielle n'est pas que les machines d&#233;veloppent un jour une conscience propre, mais plut&#244;t que les humains leur attribuent des capacit&#233;s qu'elles ne poss&#232;dent pas. Le test de Turing a contribu&#233; &#224; d&#233;placer le crit&#232;re d'&#233;valuation de la pens&#233;e r&#233;elle vers sa simulation convaincante. Cette id&#233;e est &#224; la base du discours actuel sur l'IA g&#233;n&#233;rale : la vision d'un super-h&#233;ros technologique qui gu&#233;rit les maladies, met fin aux guerres, pr&#233;vient les catastrophes et triomphe de la mort. Mais une soci&#233;t&#233; qui esp&#232;re le salut par les machines ne risque-t-elle pas de se rendre in&#233;vitablement plus passive ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; juges, fonctionnaires, m&#233;decins, enseignants ou soldats d&#233;l&#232;guent progressivement leurs responsabilit&#233;s &#224; des algorithmes, la technologie menace de remplacer le jugement humain. La Chine a d&#233;j&#224; test&#233; ses premiers juges IA, l'Albanie a nomm&#233; un ministre de l'IA charg&#233; de l'administration publique, et les forces arm&#233;es modernes s'appuient de plus en plus sur des essaims de drones autonomes dot&#233;s d'IA. Les machines n'assument aucune responsabilit&#233;. Elles ne portent pas non plus la culpabilit&#233;. Ces deux aspects restent du ressort des humains. Mais moins leur fonctionnement est compris, plus leurs r&#233;sultats sont per&#231;us comme des jugements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginez une forteresse dont la porte s'ouvre et se ferme automatiquement : contr&#244;l&#233;e par des capteurs, la reconnaissance faciale et un syst&#232;me d'autocorrection. Au d&#233;part, cette technologie est au service de l'humanit&#233;. Mais peu &#224; peu, l'humanit&#233; oublie comment actionner la porte elle-m&#234;me. Leurs enfants ne connaissent que le m&#233;canisme automatique, leurs petits-enfants ignorent m&#234;me son fonctionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'un capteur tombe en panne, qu'une erreur logicielle survient ou que le syst&#232;me est manipul&#233;, personne ne peut intervenir. Finalement, ce n'est pas la machine qui a pris le contr&#244;le, mais l'humanit&#233; qui l'a perdu. La question cruciale n'est donc pas : &#171; Quel sera le degr&#233; d'intelligence de la soi-disant IA ? &#187; mais plut&#244;t : &#171; Si elle n'agit jamais de mani&#232;re ind&#233;pendante, qui parle &#224; travers elle, dans l'int&#233;r&#234;t de qui est-elle d&#233;ploy&#233;e et qui porte la responsabilit&#233; de ses d&#233;cisions ? &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Burkina / Forces combattantes au front : L'hommage appuy&#233; de Jonas Hien </title>
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		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



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&lt;p&gt;Dans la tribune ci-apr&#232;s, l'acteur de la soci&#233;t&#233; civile burkinab&#232;, Jonas Hien, rend hommage aux forces combattantes contre l'hydre terroriste. &#171; Continuez. Gardez confiance. Le peuple marche avec vous. Le peuple prie pour vous &#187;, exhorte-il. &lt;br class='autobr' /&gt; Le 26 juin 2026, le Burkina Faso a annonc&#233; la rupture de ses relations diplomatiques avec la France. Il savait que les jours suivants exigeraient davantage de vigilance, de coh&#233;sion nationale et d'engagement sur le terrain. Quelques jours seulement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans la tribune ci-apr&#232;s, l'acteur de la soci&#233;t&#233; civile burkinab&#232;, Jonas Hien, rend hommage aux forces combattantes contre l'hydre terroriste. &#171; Continuez. Gardez confiance. Le peuple marche avec vous. Le peuple prie pour vous &#187;, exhorte-il.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 26 juin 2026, le Burkina Faso a annonc&#233; la rupture de ses relations diplomatiques avec la France. Il savait que les jours suivants exigeraient davantage de vigilance, de coh&#233;sion nationale et d'engagement sur le terrain. Quelques jours seulement apr&#232;s, des attaques simultan&#233;es ont vis&#233; des positions de nos Forces de d&#233;fense et de s&#233;curit&#233; (FDS) et des Volontaires pour la d&#233;fense de la patrie (VDP) dans l'Est du pays. A l'image d'un roman, je vous d&#233;cris la situation v&#233;cue, de part donc ma r&#233;flexion : la nuit &#233;tait tomb&#233;e sur l'Est du Burkina Faso. Une nuit silencieuse, comme si la terre elle-m&#234;me retenait son souffle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;toiles semblaient observer, immobiles, cette vaste &#233;tendue du territoire r&#233;gional o&#249; chaque arbre, chaque piste, chaque colline connaissait d&#233;sormais le prix de la libert&#233;. Puis le silence se brisa. De loin, on entend des vrombissements de motos. Ce sont des terroristes qui s'appr&#234;tent &#224; attaquer nos Forces combattantes. Nos h&#233;ros s'organisent rapidement comme une vague d&#233;cid&#233;e &#224; emporter tout sur son passage. Les terroristes avaient oubli&#233; une chose. Sur cette terre du Burkina Faso, veillent des hommes et des femmes qui ont fait le serment de ne jamais abandonner leur patrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'&#233;preuve frappe ceux qui aiment leur pays, le courage devient un langage que tous comprennent. Les moments suivants ont &#233;t&#233; donc d&#233;terminants. L&#224; o&#249; les terroristes esp&#233;raient voir na&#238;tre la peur, ils ont trouv&#233; une volont&#233; plus solide que le granit. L&#224; o&#249; ils imaginaient le doute, ils ont rencontr&#233; des consciences forg&#233;es par des ann&#233;es de sacrifices. Chaque combattant savait pourquoi il &#233;tait l&#224;. Pour prot&#233;ger un village. Pour prot&#233;ger une &#233;cole. Pour prot&#233;ger une famille. Pour prot&#233;ger le Burkina Faso.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, les nouvelles commenc&#232;rent &#224; parvenir &#224; la hi&#233;rarchie militaire. Des positions &#224; l'Est sont attaqu&#233;es. Mais, les Hommes tiennent bon. Le moral est haut. Les populations n'ont pas &#233;t&#233; abandonn&#233;es. L'Arm&#233;e burkinab&#232; venait de montrer et de d&#233;montrer une fois encore que lorsque les fils et les filles du pays avancent unis, les temp&#234;tes peuvent courber les arbres, mais elles ne d&#233;racineront jamais la for&#234;t. Une fois encore, nos combattants se sont donc retrouv&#233;s face &#224; des groupes arm&#233;s venus semer la terreur. Mais une fois encore, ils ont tenu. Ils ont r&#233;sist&#233;. Ils ont combattu. Ils ont remport&#233; la bataille. Plus de 400 terroristes neutralis&#233;s, beaucoup de mat&#233;riels de guerre et de communication r&#233;cup&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette victoire n'est pas seulement militaire. Elle est le symbole d'un peuple qui refuse de c&#233;der, d'une arm&#233;e qui gagne en exp&#233;rience et d'hommes et de femmes qui ont fait le choix de d&#233;fendre leur terre au prix de leur vie. &#192; vous, Forces de d&#233;fense et de s&#233;curit&#233; : militaires, gendarmes, policiers, forestiers, douaniers. &#192; vous, Volontaires pour la d&#233;fense de la patrie (VDP). Recevez aujourd'hui encore le salut respectueux de tout un peuple. Depuis les premiers jours de cette guerre, vous &#234;tes sur les lignes de fronts. Vous passez des nuits sans sommeil. Vous marchez sous un soleil br&#251;lant. Vous traversez les for&#234;ts, les plaines, les rivi&#232;res et les villages pour prot&#233;ger les populations. Vous acceptez les privations, les risques et parfois le sacrifice supr&#234;me afin que le Burkina Faso demeure debout. Sachez une chose. Le peuple ne vous a jamais oubli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les villes comme dans les campagnes, dans les march&#233;s comme dans les &#233;coles, dans les familles comme dans les lieux de travail, lors des c&#233;r&#233;monies officielles, dans les discours, les Burkinab&#232; parlent chaque jour de vous. Ils suivent vos op&#233;rations. Ils c&#233;l&#232;brent vos victoires. Ils admirent votre courage. Ils prient pour votre protection. Chaque position reprise. Chaque village s&#233;curis&#233;. Chaque population lib&#233;r&#233;e. Chaque terroriste neutralis&#233;. Chaque enfant qui retrouve le chemin de l'&#233;cole. Chaque paysan qui revient de son champ. Chaque commer&#231;ant qui rouvre sa boutique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela porte votre signature. Vous &#234;tes les remparts de la Nation. Vous &#234;tes les sentinelles de notre souverainet&#233;. Vous &#234;tes les v&#233;ritables artisans de l'esp&#233;rance. Vous &#234;tes les meilleurs ! L'histoire retiendra que lorsque le Burkina Faso traversait l'une des p&#233;riodes les plus difficiles de son existence, c'est vous qui &#233;tiez aux fronts pour d&#233;fendre le pays. Vous &#234;tes les courageux. Vous &#234;tes les t&#233;m&#233;raires. Vous &#234;tes les dignes h&#233;ritiers des grandes figures qui ont toujours refus&#233; que le Burkina Faso s'agenouille devant la peur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre reconnaissance va &#233;galement &#224; l'endroit du Pr&#233;sident du Faso, le Capitaine Ibrahim Traor&#233;, Guide supr&#234;me de la R&#233;volution progressiste populaire, pour le cap politique qu'il a fix&#233;, ainsi qu'&#224; la hi&#233;rarchie militaire qui accompagne quotidiennement les troupes, qui partage leurs r&#233;alit&#233;s, qui renforce leur moral et qui poursuit les efforts visant &#224; am&#233;liorer leurs capacit&#233;s op&#233;rationnelles. Dans une guerre, le courage des combattants est essentiel, mais il doit s'appuyer sur une organisation, un commandement et des moyens adapt&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que vous faites. Les initiatives engag&#233;es pour renforcer l'efficacit&#233; des forces combattantes m&#233;ritent d'&#234;tre reconnues et salu&#233;es. Il faut poursuivre par le renforcement des acquis. La France n'aurait jamais gagn&#233; une telle bataille seule sans les africains. Premi&#232;re guerre mondiale, ce sont les africains qui l'ont sauv&#233;e. Deuxi&#232;me guerre mondiale, c'est gr&#226;ce aux africains qu'elle n'est pas devenue une province d'Allemagne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me en football, elle ne franchira jamais une &#233;tape sans les africains dans l'&#233;quipe. C'est le seul pays au monde qui n'est pas capable de se battre seule. M&#234;me face au Burkina Faso, elle fait appel &#224; l'Union europ&#233;enne pour l'aider ! Mais elle s'&#233;rige en donneur de le&#231;on ! Vous n'&#234;tes pas une arm&#233;e de France. Vous &#234;tes une Arm&#233;e redoutable ! Notre pens&#233;e va aussi, encore et toujours &#224; celles et &#224; ceux qui ne reviendront plus, depuis cette guerre. &#192; nos soldats tomb&#233;s. &#192; nos VDP tomb&#233;s. &#192; tous ces fils et &#224; toutes ces filles du Burkina Faso qui ont offert leur vie afin que d'autres puissent continuer &#224; vivre libres. Aucun hommage ne sera jamais &#224; la hauteur de vos sacrifices. Votre m&#233;moire appartient d&#233;sormais &#224; la Nation tout enti&#232;re. Vous n'&#234;tes pas des noms oubli&#233;s. Vous ne le serez jamais ! Vous &#234;tes les pierres sur lesquelles se construit le Burkina Faso de demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pensons &#233;galement &#224; vos &#233;pouses, qui portent avec dignit&#233; vos absences. &#192; vos enfants, qui grandiront avec la fiert&#233; de savoir que leur p&#232;re ou leur m&#232;re est tomb&#233; en servant la patrie. &#192; vos parents, &#224; vos fr&#232;res, &#224; vos s&#339;urs et &#224; toutes vos familles &#233;prouv&#233;es, la douleur est Nationale. Le Pr&#233;sident du Faso en fait son discours quotidien pour qu'aucun combattant tomb&#233; ne soit oubli&#233; dans l'histoire de ce pays et que les proches continuent de vivre dans la dignit&#233;. A vous qui continuez la guerre, votre courage force le respect. Le sacrifice de vos proches tomb&#233;s ne sera jamais vain tant que le Burkina Faso poursuivra son combat pour la paix et la s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; vous qui &#234;tes encore au front, nous voulons vous dire ceci : continuez. Gardez confiance. Le peuple marche avec vous. Le peuple prie pour vous. Le peuple croit en vous. Chaque jour qui passe rapproche le Burkina Faso de son objectif : gagner la guerre, restaurer durablement la s&#233;curit&#233; sur l'ensemble du territoire national et permettre &#224; chaque citoyen de vivre dans la paix. Et au nom de Dieu et de nos anc&#234;tres, il en sera ainsi ! Les difficult&#233;s existent encore. Le combat n'est pas termin&#233;. Mais la d&#233;termination d'un peuple uni demeure une force essentielle face &#224; l'adversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'adresse mes encouragements au Pr&#233;sident du Faso, le Capitaine Ibrahim Traor&#233;, m&#234;me si je connais d&#233;j&#224; son courage, &#224; ses proches, avec qui il prend les d&#233;cisions courageuses, pour la vision qu'il porte de la souverainet&#233; nationale et du renforcement de l'&#201;tat. Le temps permettra d'appr&#233;cier pleinement les r&#233;sultats des choix op&#233;r&#233;s, parfois incompris par certains Burkinab&#232;, mais l'aspiration &#224; un Burkina Faso plus fort, plus respect&#233; et capable de d&#233;fendre ses int&#233;r&#234;ts est une ambition que partagent de nombreux citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; nos Forces de d&#233;fense et de s&#233;curit&#233;. &#192; nos Volontaires pour la d&#233;fense de la patrie. Je reviens &#224; vous. On doit toujours parler de vous. Nous avons ce devoir sacr&#233; ! Merci encore. Merci pour votre courage. Merci pour vos sacrifices. Merci pour votre fid&#233;lit&#233; au Burkina Faso. Le peuple compte sur vous aujourd'hui. Il comptera encore sur vous demain. Il sera &#224; vos c&#244;t&#233;s jusqu'au jour o&#249; la paix reviendra sur toute l'&#233;tendue du territoire national. Je vous lance cet appel patriotique comme un Chef militaire : &#171; Etes-vous pr&#234;ts pour la victoire finale ? &#187; Je sais que vous avez r&#233;pondu, &#171; Affirmatif Chef. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jonas Hien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'Occident face &#224; l'AES : Quand les vieux r&#233;flexes coloniaux brouillent la lecture du Sahel</title>
		<link>https://lefaso.net/spip.php?article147581</link>
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		<dc:date>2026-07-03T23:43:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jacques</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Dans cette tribune, Bali N&#233;bi&#233; soutient que les difficult&#233;s des dirigeants occidentaux &#224; comprendre les mutations g&#233;opolitiques en Afrique, particuli&#232;rement dans les pays de l'Alliance des &#201;tats du Sahel (AES), trouvent leur origine dans des repr&#233;sentations h&#233;rit&#233;es de la colonisation et durablement ancr&#233;es dans les mentalit&#233;s. S'appuyant sur une r&#233;flexion autour du conditionnement social et du fonctionnement du subconscient, l'auteur plaide pour une remise en question de ces sch&#233;mas de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://lefaso.net/spip.php?rubrique21" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://lefaso.net/local/cache-vignettes/L108xH150/whatsapp_image_2026-07-03_at_13.35_50-0547d.jpg?1783086188' class='spip_logo spip_logo_right' width='108' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans cette tribune, Bali N&#233;bi&#233; soutient que les difficult&#233;s des dirigeants occidentaux &#224; comprendre les mutations g&#233;opolitiques en Afrique, particuli&#232;rement dans les pays de l'Alliance des &#201;tats du Sahel (AES), trouvent leur origine dans des repr&#233;sentations h&#233;rit&#233;es de la colonisation et durablement ancr&#233;es dans les mentalit&#233;s. S'appuyant sur une r&#233;flexion autour du conditionnement social et du fonctionnement du subconscient, l'auteur plaide pour une remise en question de ces sch&#233;mas de pens&#233;e afin de favoriser des relations fond&#233;es sur le respect mutuel et la souverainet&#233; des &#201;tats africains.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Face &#224; la situation g&#233;opolitique qui pr&#233;vaut au sahel et en particulier dans les pays de l'AES, depuis une dizaine d'ann&#233;es, des Dirigeants de pays imp&#233;rialistes, notamment la France et ses alli&#233;s, sont totalement d&#233;sorient&#233;s : &#224; travers leurs m&#233;dias, toute honte bue, ils multiplient des d&#233;clarations incoh&#233;rentes et d&#233;pourvues de tout bon sens. Pour ces &#171; experts &#187; en G&#233;opolitique, l'Afrique Noire doit &#234;tre recolonis&#233;e parce qu'elle a des ressources naturelles dont eux Occidentaux ont besoin pour leur survie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est comme si pour ces fameux &#171; experts &#187;, le temps s'est fig&#233; depuis la conf&#233;rence de Berlin (1884-1885) au cours de laquelle le continent a &#233;t&#233; partag&#233; comme un g&#226;teau entre les puissances europ&#233;ennes. Ayant compris que la &#171; machine &#187; &#224; remonter le temps relevait de la fiction, les voil&#224; pris de panique comme des vacanciers surpris sur une plage par un tsunami ; Ils pleurnichent partout en pointant du doigt la Rusie d'&#234;tre &#224; l'origine de tous leurs malheurs : ils ont la ferme conviction que c'est la Russie qui les a chass&#233;s comme des malfrats des pays de l'AES car pour eux, les Africains sont absolument incapables d'initiatives aussi &#233;labor&#233;es et audacieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux Africains se demandent comment de &#171; grands &#187; experts en G&#233;opolitique soient aussi myopes et born&#233;s au point de ne pas comprendre ce qui leur arrive en Afrique et en particulier dans les pays de l'AES. &lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;ponse &#224; cette interrogation est pourtant toute simple : les Occidentaux sont victimes des pr&#233;jug&#233;s sur les Africains que leur ont impos&#233;s leur environnement social et surtout leur syst&#232;me &#233;ducatif depuis des g&#233;n&#233;rations. L'image de l'Africain v&#233;hicul&#233;e au sein des populations europ&#233;ennes a toujours &#233;t&#233; celle d'un &#234;tre presqu'humain et profond&#233;ment d&#233;bile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et comble de malheur, ces &#234;tres vivent sur un continent au sous-sol extr&#234;mement riche, un tr&#233;sor dont ils ignorent probablement l'importance. Que devaient faire les grands civilisateurs qu'&#233;taient les Europ&#233;ens ? Les coloniser ! Aujourd'hui, les Europ&#233;ens ont encore besoin des ressources de ces pays. Que faire ? Aller les recoloniser, m&#234;me si on est au XXIe si&#232;cle. Le drame pour les Occidentaux, c'est qu'ils n'arrivent pas &#224; se d&#233;faire de ces pr&#233;jug&#233;s qui perturbent profond&#233;ment leur appr&#233;ciation de la situation politique en Afrique subsaharienne. En r&#233;alit&#233;, voil&#224; ce qui leur arrive, &#224; ces Europ&#233;ens !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est admis aujourd'hui que l'activit&#233; du cerveau humain g&#233;n&#232;re l'esprit se pr&#233;sentant sous deux formes : l'esprit conscient et l'esprit inconscient (ou le subconscient). &lt;br class='autobr' /&gt;
L'esprit conscient, qui n'est v&#233;ritablement actif qu'&#224; partir d'environ sept (7) ans chez l'enfant, permet &#224; l'individu d'analyser et d'interpr&#233;ter les &#233;v&#232;nements v&#233;cus, de valider ou de rejeter une id&#233;e ; il lui permet de faire des choix et de prendre des d&#233;cisions. Il est alors dit rationnel et objectif. Son action est la pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'esprit inconscient (ou le subconscient), il est actif d&#232;s la naissance de l'individu. Il est le si&#232;ge des sentiments, de l'instinct, de l'intuition, des habitudes acquises, des &#233;motions, etc. ; il assure toutes les fonctions vitales de l'individu. Ainsi, il contr&#244;le plus de 95% de l'activit&#233; de l'individu. Le subconscient a la capacit&#233; de stocker, de fa&#231;on automatique, tout ce que l'individu per&#231;oit dans son environnement depuis sa naissance jusqu'&#224; l'&#226;ge d'environ sept (7) ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'esprit conscient n'est mis &#224; contribution que pendant l'&#233;veil de l'individu, l'action du subconscient est permanente. La premi&#232;re caract&#233;ristique extraordinaire du subconscient est sa capacit&#233; &#224; transformer les informations re&#231;ues encore appel&#233;es suggestions, en donn&#233;es comparables &#224; des programmes informatiques d'un ordinateur : on dira alors qu'il est programm&#233; ou format&#233;. La deuxi&#232;me est sa capacit&#233; &#224; d&#233;clencher automatiquement l'expression d'un programme d&#232;s que le contexte s'y pr&#234;te. Exemple : si le subconscient d'une personne a t&#233;l&#233;charg&#233; le programme : &#171; Je m&#232;ne honn&#234;tement ma vie &#187;, le jour o&#249; elle tentera de voler ou de tricher, une petite voix int&#233;rieure l'interpellera automatiquement en ces termes &#171; Ne fais pas ! &#187;. L'expression d'un programme est assimilable &#224; une habitude acquise ; comme le dit l'adage : &#171; On a beau chasser l'habitude, elle revient au galop &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les programmateurs du subconscient de tout &#234;tre humain vivant en communaut&#233; sont :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la famille nucl&#233;aire, &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les amis proches de la famille,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'Ecole officielle,
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la religion, &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les m&#233;dias (journaux, &#233;missions audio visuelles, r&#233;seaux sociaux, etc.),
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la &#171; Rue &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'esprit conscient : d&#232;s que le conscient de l'individu devient fonctionnel, toute id&#233;e valid&#233;e par lui, devient automatiquement un programme pour le subconscient. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce sont ces programmeurs formant l'environnement social de l'individu qui vont d&#233;terminer sa personnalit&#233;. Ils sont les seuls param&#232;tres qui mod&#232;lent le profil du citoyen. &lt;br class='autobr' /&gt;
Un Etat qui n'a aucun contr&#244;le sur les trois programmeurs fondamentaux que sont l'Ecole, les Religions et les M&#233;dias, est comparable au conducteur d'un v&#233;hicule enti&#232;rement automatis&#233; et t&#233;l&#233;guid&#233; de l'ext&#233;rieur. C'est la trag&#233;die que vivent de nombreux Etats africains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le subconscient est sensible aux mots r&#233;p&#233;t&#233;s et surtout aux images d'o&#249; l'importance des m&#233;dias auditifs et visuels dans le processus de programmation du subconscient. Les m&#233;dias fran&#231;ais (RFI, France 24 et TV5) sont les moyens utilis&#233;s par les autorit&#233;s fran&#231;aises pour programmer les subconscients des populations africaines. Comme le dit l'&#233;minent journaliste Michel Collon &#171; Le r&#244;le des grands Media&#351; n'est pas d'informer mais de fabriquer le consentement &#224; la politique de leurs gouvernements et des grandes entreprises &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois Dirigeants de l'AES ont inflig&#233; un coup dur au r&#233;gime fran&#231;ais en suspendant la diffusion des trois m&#233;dias dans leur espace. Ainsi ils ont coup&#233; l'herbe sous les pieds des dirigeants fran&#231;ais. On comprend ais&#233;ment les vives protestations des autorit&#233;s fran&#231;aises face &#224; ces mesures. Leur attitude n'a aucun rapport avec la d&#233;fense de la libert&#233; de presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis des si&#232;cles, les Occidentaux (et pas eux seuls) ont compris ce syst&#232;me de programmation du subconscient de l'&#234;tre humain en vue de le modeler &#224; souhait. En effet, les comportements de tout individu, ses attitudes, ses &#233;motions, ses croyances, ses pr&#233;jug&#233;s, etc. sont l'expression des programmes grav&#233;s dans son subconscient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains programmes seront bons et d'autres, mauvais, mais tous s'exprimeront. Le faite qu'une personne prenne conscience de la nocivit&#233; d'un de ses programmes n'entraine pas sa suppression de fa&#231;on automatique. Pour supprimer un programme, la personne doit se d&#233;programmer, ensuite, se reprogrammer. On parle souvent de &#171; d&#233;construction mentale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Europ&#233;ens, depuis des si&#232;cles, ont r&#233;parti les &#234;tres humains en trois (3) grandes cat&#233;gories appel&#233;es races qu'ils ont hi&#233;rarchis&#233;es avec l'aide de pseudo-scientifiques comme le stipule cet extrait d'un manuel scolaire de 1918 en France : &#171; ...les N&#232;gres sont bien moins intelligents que les Chinois et surtout que les Blancs&#8230; Il faut bien savoir que les Blancs, &#233;tant plus intelligents, plus travailleurs et plus courageux que les autres, ont envahi le monde entier et menacent de d&#233;truire ou de subjuguer les races inf&#233;rieures&#8230; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par le syst&#232;me &#233;ducatif, les Dirigeants europ&#233;ens ont inculqu&#233; dans les subconscients des populations, la supr&#233;matie de la race dite Blanche sur les autres et surtout la race dite Noire. Ainsi, l'Europ&#233;en programm&#233; qui se trouve face &#224; un Noir ou &#224; un Asiatique, se sent tout &#171; naturellement &#187; sup&#233;rieur &#224; lui et se comporte comme tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que ces id&#233;es racistes se r&#233;pandaient en Europe, les Europ&#233;ens qui ont pris pied sur le continent africain, exp&#233;rimentaient leur th&#232;se de supr&#233;matie &#171; Blanche &#187;. Ainsi, pendant la traite n&#233;gri&#232;re et la colonisation, des actes d'une barbarie inou&#239;e seront commis contre les paisibles populations africaines dans le but de faire accepter par l'esprit conscient du Noir, la &#171; toute-puissance du Blanc &#187; ; l'esprit conscient du Noir ayant valid&#233; cette suggestion, son subconscient l'enregistre automatiquement comme un programme qui sera alors transmis de g&#233;n&#233;ration en g&#233;n&#233;ration. L'expression courante et banale &#171; Le Blanc est fort ! &#187; est une parfaite illustration de la r&#233;ussite de cette programmation. Et comme tout programme est forc&#233;ment exprim&#233; dans les comportements, attitudes, etc. de l'individu, le Noir programm&#233; se sentira toujours inf&#233;rieur au Blanc jusqu'&#224; ce qu'il soit d&#233;programm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cisons que des membres de chaque communaut&#233; africaine, notamment les membres des soci&#233;t&#233;s secr&#232;tes, ont rejet&#233; et combattu ces programmations. Ce sont ces derniers qui ont &#233;t&#233; &#224; l'origine des luttes de lib&#233;ration organis&#233;es sur toute l'&#233;tendue du continent et des luttes d'&#233;mancipation des Noirs hors du continent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour renforcer ce programme d&#233;favorable au Noir, les partisans de la supr&#233;matie &#171; Blanche &#187; ont d&#233;velopp&#233; cet autre programme : &#171; Le Noir est un grand enfant &#187;. Aux Etats Unis d'Am&#233;rique, il fut une &#233;poque o&#249; tout homme Noir quel que f&#251;t son &#226;ge, &#233;tait interpel&#233; par les Blancs y compris leurs enfants et m&#234;me petits-enfants, par le sobriquet de &#171; fiston ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce programme &#233;tant plus que jamais d'actualit&#233;, on comprend ais&#233;ment les comportements paternalistes et condescendants des Autorit&#233;s europ&#233;ennes &#224; l'&#233;gard des Dirigeants africains. Pour elles, de &#171; grands enfants &#187; ne peuvent parler de &#171; souverainet&#233; nationale &#187; car, le terme est trop fort pour eux. Ce ne peut &#234;tre donc qu'une puissance rivale, en l'occurrence la Russie, qui soit derri&#232;re cette revendication l&#233;gitime. Les autorit&#233;s fran&#231;aises, &#233;tant enti&#232;rement plong&#233;es dans leurs programmes, sont incapables de se rendre compte du ridicule et de l'ind&#233;cence de leurs d&#233;clarations sur les m&#233;dias &#224; propos de recolonisation de l'Afrique. Certes, leurs pr&#233;d&#233;cesseurs ont fait pire qu'elles mais avec un peu plus de finesse tout de m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pays pauvres &#187; ; &#171; Pays pauvres et tr&#232;s endett&#233;s &#187; &#187; ; &#171; Pays en voie de d&#233;veloppement &#187; ; etc. sont autant de programmes con&#231;us par les Occidentaux et destin&#233;s &#224; inonder les subconscients des africains pour raffermir et renforcer le sentiment de complexe d'inf&#233;riorit&#233; vis-&#224;-vis des Occidentaux. L'objectif majeur est de dissuader les Dirigeants des pays africains de voir, m&#234;me en r&#234;ve, le terme &#171; Souverainet&#233; Nationale &#187;. On comprend aussi ais&#233;ment la rage des Occidentaux face au langage souverainiste des Dirigeants de l'AES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derniers programmes que les autorit&#233;s fran&#231;aises et leurs alli&#233;s ont mis en selle dans les pays africains sont : &#171; Election d&#233;mocratique &#187; et &#171; Pr&#233;sident d&#233;mocratiquement &#233;lu &#187;. Elles ont vid&#233; compl&#232;tement le mot &#171; D&#233;mocratie &#187; de sa substance comme une moule de son corps et ont bourr&#233; sa coquille de tout ce qu'ils veulent. Des &#233;lections, ouvertement manipul&#233;es et trafiqu&#233;es au vu et au su des populations, sont d&#233;clar&#233;es &#171; d&#233;mocratiques &#187; par les m&#233;dias occidentaux dont les repr&#233;sentants sont mu&#233;s pour la circonstance en experts en observation et en supervision des &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On aura beau expliquer &#224; certains citoyens que ces &#233;lections ne sont qu'un des moyens mis en place par les imp&#233;rialistes pour placer leurs sbires aux postes cl&#233;s de l'Etat dans le but d'organiser le pillage des ressources du pays &#224; leur profit, certains r&#233;pliqueront ceci : &#171; Les experts internationaux ont d&#233;clar&#233; le r&#233;gime l&#233;gitime car issu d'&#233;lections d&#233;mocratiques &#187;. Et tant que ces citoyens ne seront pas d&#233;programm&#233;s, puis reprogramm&#233;s, ils reprendront par le m&#234;me refrain quelle que soit la gouvernance qui caract&#233;risera le r&#233;gime &#171; d&#233;mocratique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La programmation du subconscient de l'&#234;tre humain ne rel&#232;ve pas de la fiction. C'est une r&#233;alit&#233;. Les Occidentaux l'ont exploit&#233;e &#224; outrance pour dominer et exploiter l'Afrique Noire &#224; partir d'une &#233;poque de l'Histoire de l'humanit&#233; o&#249; ils ont eu une avance sur les Noirs dans les domaines militaire et technologique. Aujourd'hui Ils sont surpris et furieux &#224; la fois de constater que les Dirigeants des pays de l'AES en particulier ne r&#233;pondent plus &#224; leurs programmes qui, indubitablement, sont devenus obsol&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, ils sont tellement englu&#233;s dans leurs programmes qu'ils sont incapables de comprendre qu'il ne leur reste plus qu'une issue de survie : se d&#233;programmer, puis se reprogrammer afin d'accepter avec humilit&#233; de tisser des partenariats &#233;quitables avec les pays africains. Ils doivent se convaincre de ce que la marche entam&#233;e par chaque pays africain vers la &#171; souverainet&#233; nationale &#187; est irr&#233;versible./.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bali NEBIE&lt;br class='autobr' /&gt;
Professeur certifi&#233; de SVT en retraite&lt;br class='autobr' /&gt;
Formateur/Ecrivain&lt;br class='autobr' /&gt;
Expert de l'Acad&#233;mie Endog&#232;ne des Savoirs (ACADES)&lt;br class='autobr' /&gt;
Contacts :-Portable et WhatsApp : 00(226)66158655&lt;br class='autobr' /&gt; -Mail : bedoa@gmx.fr&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Bras de fer entre Diomaye Faye et Ousmane Sonko : Le duo esp&#233;r&#233; se transforme en duel fratricide </title>
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&lt;p&gt;Port&#233; au pouvoir par un immense espoir populaire, le tandem Bassirou Diomaye Faye&#8211;Ousmane Sonko semble aujourd'hui confront&#233; &#224; des tensions qui alimentent les sp&#233;culations. &#192; travers cette tribune, l'auteur invite les deux principales figures du PASTEF &#224; pr&#233;server leur unit&#233; afin que les ambitions personnelles ne compromettent pas les attentes suscit&#233;es par l'alternance politique au S&#233;n&#233;gal. &lt;br class='autobr' /&gt; Pendant des ann&#233;es, les S&#233;n&#233;galais ont caress&#233; un r&#234;ve. Celui d'un nouveau d&#233;part, sans querelles (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Port&#233; au pouvoir par un immense espoir populaire, le tandem Bassirou Diomaye Faye&#8211;Ousmane Sonko semble aujourd'hui confront&#233; &#224; des tensions qui alimentent les sp&#233;culations. &#192; travers cette tribune, l'auteur invite les deux principales figures du PASTEF &#224; pr&#233;server leur unit&#233; afin que les ambitions personnelles ne compromettent pas les attentes suscit&#233;es par l'alternance politique au S&#233;n&#233;gal.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pendant des ann&#233;es, les S&#233;n&#233;galais ont caress&#233; un r&#234;ve. Celui d'un nouveau d&#233;part, sans querelles de personnes, sans calculs politiques &#224; deux balles, sans ces pratiques qui finissaient par saouler tout le monde. Ce r&#234;ve avait un nom : le changement. Et ce changement, il avait un visage, un duo qu'on pensait ins&#233;parable : le pr&#233;sident Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand ils sont enfin arriv&#233;s au pouvoir, apr&#232;s un long combat contre le r&#233;gime de Macky Sall, l'espoir &#233;tait &#233;norme. Pour des millions de S&#233;n&#233;galais, ils incarnaient la victoire de la t&#233;nacit&#233;, la force du peuple qui finit par avoir le dernier mot. On les voyait comme deux mecs anim&#233;s par la m&#234;me vision, unis par la m&#234;me ambition : reconstruire l'&#201;tat, redonner confiance, remettre le S&#233;n&#233;gal sur le droit chemin. Mais le pouvoir, c'est souvent le moment o&#249; les failles qu'on cachait dans l'opposition finissent par appara&#238;tre au grand jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les mois, les petites divergences de ton, les d&#233;clarations qui ne collent pas toujours, les commentaires qui laissent entendre qu'une rivalit&#233; grandit&#8230; tout &#231;a a fini par installer un climat de doute. Aujourd'hui, les observateurs se demandent si le tandem est vraiment aussi solide qu'il en avait l'air, ce tandem qui faisait pourtant la force du projet politique du PASTEF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand les fissures du pouvoir &#233;branlent l'esp&#233;rance populaire &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui inqui&#232;te, ce n'est pas juste qu'il y ait des divergences. Dans toutes les d&#233;mocraties, c'est normal. Non, ce qui g&#234;ne vraiment, c'est cette impression que les rapports de force internes risquent de prendre le pas sur ce qui compte vraiment pour le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, le S&#233;n&#233;gal traverse une p&#233;riode difficile. Les d&#233;fis &#233;conomiques sont &#233;normes. Le co&#251;t de la vie plombe les m&#233;nages. Les jeunes ont des attentes &#233;normes. Les investisseurs regardent la stabilit&#233; politique de pr&#232;s. Les partenaires internationaux surveillent la coh&#233;rence du gouvernement. Dans ce contexte, chaque &#233;nergie gaspill&#233;e dans des rivalit&#233;s internes, c'est de l'&#233;nergie en moins pour les urgences du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les militants du PASTEF sont s&#251;rement les premiers &#224; sentir cette d&#233;sillusion. Ceux qui ont encaiss&#233; les &#233;preuves, les arrestations, les manifestations, les longues ann&#233;es d'opposition&#8230; ils n'avaient pas r&#234;v&#233; d'un pouvoir bouff&#233; par des tensions internes. Ils esp&#233;raient une &#233;quipe soud&#233;e, capable de transformer en actes les promesses qui avaient fait vibrer toute une g&#233;n&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand deux figures qui portaient ensemble l'espoir semblent aujourd'hui prendre des chemins diff&#233;rents, c'est toute une base militante qui se retrouve perdue. Certains parlent de simple divergence strat&#233;gique. D'autres craignent une vraie fracture. Dans tous les cas, le doute s'installe l&#224; o&#249; il y avait une confiance presque absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'int&#233;r&#234;t sup&#233;rieur de la nation &#224; l'&#233;preuve des ambitions et des ego &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire politique africaine nous rappelle pourtant une le&#231;on : beaucoup de mouvements qui ont gagn&#233; dans l'opposition se sont fragilis&#233;s une fois au pouvoir. Les alliances forg&#233;es dans l'adversit&#233; tiennent parfois mal quand arrivent les questions de leadership, d'influence, de priorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vrai ennemi d'un gouvernement issu d'une alternance historique, ce n'est pas toujours l'opposition. Parfois, c'est la tentation de laisser les ambitions personnelles, r&#233;elles ou suppos&#233;es, prendre le dessus sur l'esprit collectif qui a permis la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les S&#233;n&#233;galais, eux, attendent autre chose. Ils veulent des r&#233;formes concr&#232;tes, un meilleur pouvoir d'achat, plus d'emplois, une &#233;cole qui marche, une justice cr&#233;dible, une administration efficace, une gouvernance exemplaire. Ils veulent que les promesses de rupture deviennent r&#233;alit&#233;. L'histoire retiendra moins les rivalit&#233;s entre dirigeants que les r&#233;sultats pour le peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi le moment appelle &#224; la responsabilit&#233; plut&#244;t qu'&#224; la confrontation, au dialogue plut&#244;t qu'&#224; l'affirmation des ego. Le capital politique exceptionnel dont disposent Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, c'est un h&#233;ritage pr&#233;cieux, construit au prix de sacrifices de milliers de militants et de citoyens. Le pr&#233;server, c'est un devoir politique et moral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'une victoire &#233;lectorale peut cr&#233;er de l'espoir. Mais seule une gouvernance unie, lucide et tourn&#233;e vers l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral permet de transformer cet espoir en progr&#232;s durable. Le S&#233;n&#233;gal m&#233;rite que les promesses de l'alternance l'emportent sur les divisions du pouvoir. C'est &#224; ce prix que le r&#234;ve port&#233; hier par tout un peuple ne deviendra pas une d&#233;sillusion historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bodoin Agapi FOLAN&#201;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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