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Précampagne : Le silence des attentes

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Présidentielle 2005 • • lundi 3 octobre 2005 à 06h50min

Dans le monde tel qu’il va et dans notre sous-région, particulièrement agitée par des crises et autres contestations électorales, le calme qui prévaut en cette précampagne pour la présidentielle 2005 est suffisamment rare et mérite d’être salué.

Pour nombre d’observateurs de la scène politique burkinabè, plusieurs raisons pourraient expliquer le phénomène, en dehors du fait que c’est le temps de la rentrée scolaire, le temps des angoisses pour de nombreux parents, pour certains desquels l’école pour tous reste encore une utopie au Faso, au regard du coût élevé des frais de scolarité et des livres scolaires.

Ce calme, ce silence dirons-nous, pourrait avoir d’abord une raison politique : elle révèlerait toute la faiblesse de l’énergie de l’opposition ; celle des opposants eux-mêmes qui n’ont pas fini d’élaborer des stratégies dans le cadre de cette guérilla politico-juridique qu’ils ont initiée à propos de la candidature de Blaise Compaoré.

Cela reste compréhensible en raison du fait que si presque toujours les controverses juridiques et surtout politiques semblent sans solution, c’est que, et les juristes le savent, le texte des lois suprêmes permet toutes les exégèses et autorise toutes les pratiques.
Autre raison, sociologique nous semble-t-il, serait ce profond désir d’une majorité de Burkinabè non de changer de société, mais de changer la société par une transformation progressive. Une espèce d’envie de ne point brûler des étapes en optant pour des programmes qui pourraient tout bouleverser.

La crainte de l’inconnu a toujours habité les peuples ! De fait, à un niveau élevé, le vrai but de la politique est de parvenir à ouvrir des horizons nouveaux aux populations ; de susciter des enthousiasmes et un esprit de créativité, même s’il doit y avoir de temps en temps quelques bousculades, voire certaines réactions discutables. Ce qui nous paraît le cas aujourd’hui au Burkina Faso où l’expression libre ne fait plus l’ombre d’aucun doute. Ce qui met à nu la tartuferie de quelques individus de leur dévotion à une certaine démocratie aux contours plutôt flous.

On aura beau jeu de souligner que le contexte international force à l’application des règles élémentaires de la démocratie, on ne saurait nier la spécificité des états africains dont on sait parfois l’incurie de certains de ses intellectuels qui, hier comme aujourd’hui et sans conteste demain, n’auront jamais de cesse de réclamer le ’’changement’’. Chacun y va de son discours, et l’on a vu ici, récemment, les appels de maître Sankara, l’un des candidats à la présidentielle prochaine : au sein de la jeune génération qui doute, cet homme bardé de certitudes met peut-être du baume dans certains curs, en proposant des médications de son cru aux maux qui nous assaillent ! Mais quoi de plus simple que de demander aux gens de faire ceci et non cela !

On le voit, certains hommes politiques sont trop sensibles à la popularité pour ne pas verser dans la démagogie. Du reste, avec les ’’règlements de comptes’’ auxquels on a assisté, nombreux sont ceux qui ont tiré une conclusion sur les partis politiques dits ’’opposants’’, des partis reclus dans le labyrinthe de leurs querelles d’individus et d’un verbalisme alarmant, des partis qui semblent se résigner à voir le sacre de leur principal adversaire le 13 novembre prochain...

Bien sûr l’on tente toujours d’imputer au candidat de la majorité des Burkinabè le fait du pourrissement de l’atmosphère dans certains cercles politiques dits d’intellectuels. L’on pourrait aussi dire que l’intention était celle de mettre tout le monde et chacun en face de ses responsabilités ! L’accusation d’autrui comme moyen de défense n’a jamais constitué une bonne tactique en politique.

En général, en Afrique, l’homme de la rue, au vu de nombreux exemples, aura mesuré l’orgueil des intellectuels pour lesquels il manifeste une certaine indifférence enrobée d’une fragile considération non pour les individus eux-mêmes, mais pour les tâches qu’ils accomplissent.
L’heure serait, dit-on, principalement dans le camp du parti majoritaire, à la recherche et à la répartition des moyens logistiques pour la campagne. Une fois encore, les extrapolations vont bon train en dehors de toute la logique. Pour excessifs que soient les soutiens dans leur expression, une confiance si entière, une fidélité si absolue ne peut pas ne pas toucher celui qui en est l’objet !

Dans certains milieux du CDP cependant, on regrette l’apparition d’individus militants d’un genre nouveau, en fait des ’’dealers’’ politiques passés maîtres dans l’art de la soustraction et la rétention de l’information. Ce qui semble frustrer certains militants de la première heure, qui ne cachent pas leur désir de voir renouveler les structures de leur parti une fois la présidentielle terminée. Les élections locales promettent d’être épicées...

Le fait pour les militants du CDP de mettre une sourdine à leurs petits malentendus profite, très certainement, au favori de l’élection. Sans doute est-ce la raison pour laquelle le sent-on engagé assez clairement, afin que le succès attendu de la majorité des partis qui le soutiennent soit aussi grandement le sien, mais assez sagement pour en appeler au civisme des uns et des autres afin de préserver et respecter les règles de la démocratie. Ne l’oublions pas, certains succès ont plus de poids que d’autres...

A. Pazoté

JOurnal du jeudi

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