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Journée internationale de la paix : De la nécessité d’œuvrer au respect de la dignité humaine

Accueil > Actualités > Opinions • • mardi 22 septembre 2020 à 18h41min
Journée internationale de la paix : De la nécessité d’œuvrer au respect de la dignité humaine

Chaque année, la Journée internationale de la paix est célébrée le 21 septembre à travers le monde. L’occasion pour la communauté internationale de dresser le bilan des actions qui sont menées dans le sens du renforcement des idéaux de paix tant au sein des sociétés et des nations ainsi qu’entre elles.

Les notions de paix, de sécurité et de développement se veulent de plus en plus indissociable. C’est fort de ce constat que l’Assemblée générale des Nations Unies a dédié cette Journée à la promulgation des valeurs de paix, de pardon et de réconciliation.

La prise de conscience de la nécessité d’œuvrer pour l’édification de sociétés paisibles acquises aux idéaux de la non-violence semble être générale et universelle même si bien des obstacles se dressent au travers des différentes actions de maintien de paix dans le monde.

Cette lecture de la situation internationale s’inscrit dans le courant de penser idéaliste de l’école des relations internationales. L’idéalisme est la théorie en relations internationales qui prône une diplomatie ouverte et multilatérale régulée par le droit international et les organisations internationales.

Selon cette école, la finalité de la politique étrangère doit être le respect des valeurs morales, des droits de l’homme. Le but de cette école est la paix.

A ce jour, on dénombre 14 opérations de maintien de la paix des nations à travers le monde. Il s’agit en l’occurrence de la FINUL (Force Intérimaire des Nations Unies Au Liban), de la FISNUA (Force Intérimaire de Sécurité des Nations Unies à Abyei), de la FUNOD (Force des Nations Unies Chargée d’Observer le Dégagement à Golan), de la MINUAD (Opération Hybride Union Africaine-Nations Unies au Darfour), de la MINUK (Mission d’Administration Intérimaire des Nations Unies au Kosovo), de la MINURSO (Mission des Nations Unies pour l’Organisation d’un Référendum au Sahara Occidental), de la MINUSMA (Mission Multidimensionnelle Intégrée des Nations Unies pour la Stabilisation au Mali), de la MINUSCA ( Mandatée pour protéger les civils et les appuyer à la mise en œuvre de la transition en République Centrafricaine), de la MINUSS (Mission des Nations Unies au Soudan du Sud), de la MINUJUSTH ( Mission des Nations Unies pour l’Appui de la Justice en Haïti), de la MONUSCO (Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la Stabilisation en République Démocratique du Congo), de l’ONUST (Organisme des Nations Unies charge de la Surveillance de la Trêve) au Moyen Orient, de l’UNFICYP (Force des Nations Unies chargée du maintien de la Paix aux Chypre) et enfin de l’UNMOGIP (Groupe d’Observateurs Militaire des Nations Unies dans l’Inde et le Pakistan).

Ces opérations de maintien de paix comprennent des dimensions militaire, policière et civile mais aussi une importante dimension genre au vu du rôle incontournable de la Femme dans les processus de construction et de maintien de la paix.

L’objectif 16 des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) est intitulé “Paix, justice et institutions efficaces”. Elle met l’accent sur l’édification de sociétés enclines à la paix par l’établissement d’espaces de dialogue et de concertation pour une gouvernance inclusive et participative dès la base.

A bien des égards, la paix et la sécurité sont devenues un bien commun que chacun doit contribuer à maintenir et à consolider.

Tous ces efforts consentis par la communauté internationale visent l’épanouissement et le bien-être intégral de l’individu et de la société.

Cependant, il convient de souligner que le rapport de force international biaise tantôt le système de promotion des valeurs de paix et sape sérieusement les actions entreprises dans ce sens.

Au-delà des opérations de maintien de paix, des mécanismes juridiques et de l’injection de fonds colossaux dans les projets de sensibilisation et d’éducation à la paix, c’est tout le système de gouvernance internationale qui doit être repensé.
Il est nécessaire que chacun des acteurs de la communauté internationale puisse œuvrer pour un monde plus juste et équitable où le principe fondamental de la souveraineté et de l’égalité des peuples ainsi de leur liberté à disposer d’eux-mêmes sera respecté.

Chaque acteur est interpellé sur sa responsabilité dans l’état de violence généralisé et caractérisé dans certaines parties du monde. Il est temps d’arrêter la politique de la souris qui consiste à mordre puis à souffler ensuite pour atténuer la douleur. Plus qu’un simple mot, la paix est un tout ensemble d’actes mais le comportement de certains Etats sur la scène internationale laisse à désirer.

On se souvient encore de ces interventions malencontreuses des puissances occidentales en Iraq, en Afghanistan, en Libye qui n’ont servi qu’à déstabiliser des structures et des institutions solidement établies pour laisser place à un désordre marqué.

Cette anarchie a servi de terreau fertile à l’Etat Islamique qui constitue aujourd’hui une sérieuse menace à l’architecture internationale de paix.

La paix semble être un véritable “supplice de tantale” pour l’humanité. Il faut reconnaître ici qu’il est parfois aberrant et déplacé, voire illogique de parler de paix à un individu ou à un peuple opprimé, martyrisé, piétiné, pillé, torpillé, brimé dans ses droits par ceux-là mêmes qui sont censés porter haut l’étendard de la paix à travers le monde.

Quand les agissements déphasent avec les discours, le résultat ne saurait être satisfaisant. Le système de gouvernance mondiale est jalonné d’injustices et d’iniquités de tout genre qui exacerbent les frustrations qui conduisent à la radicalisation qui à son tour favorise le recourt à la violence.

Il est important de parler de paix mais pour que cette paix soit effective, il est nécessaire d’œuvrer au respect de la dignité humaine.

Ce n’est que par l’établissement d’un nouvel ordre mondial basé sur la justice, l’équité, l’égalité, le respect des droits fondamentaux de l’homme que l’humanité parviendra à relever de façon efficace et durable le défi de la paix.

Tous les acteurs du grand jeu des relations internationales sont interpellés sur la nécessité de reconsidérer les rapports entre les individus, les Etats, les nations pour un monde plus humain et plus viable où la paix ne sera plus un vain mot mai bien une réalité.

Cette année, la célébration de la Journée internationale de la paix revêt un intérêt particulier en ce sens qu’elle est célébrée dans un contexte de crise sanitaire mondiale liée à la pandémie de la COVID 19. Le thème retenu pour cette année, « Façonner la paix ensemble » est assez interpellateur. En effet, comme l’avait si bien évoqué le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres en mars 2020, « La furie avec laquelle s’abat le virus montre bien que se faire la guerre est une folie. »

Pour une fois que l’humanité n’est pas son propre ennemie, cette pandémie nous enseigne la nécessité d’œuvrer ensemble à élever les barrières de la paix, à promouvoir le dialogue et la cohésion sociale. Dans ce contexte de distanciation sociale, cette célébration est une invite au dépassement de soi, au sacrifice individuel pour le bien-être collectif, à l’impératif de tisser des passerelles entre les peuples et les sociétés.

Bonne célébration de la Journée internationale de la paix.

Ibrahim Sawadogo

Consultant-Formateur/PEACE CONSULTING

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