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Présidentielle 2005 : Jets d’éponges ou épines dans l’arène ?

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Présidentielle 2005 • • jeudi 29 septembre 2005 à 08h24min

C’est dire que tous ont du souci à se faire et pourraient fort bien céder à la tentation de la courte échelle pour échapper à leurs sorts peu enviables. Sans aucun doute qu’ils seraient bien heureux que l’élection n’ait pas lieu. Une éventualité qui fait revenir à la surface l’affaire Norbert ZONGO dont on ne se rappelle que trop l’impact sur l’année électorale 1998.

Si la tentative d’assassinat du journaliste qui a eu lieu le 8 novembre 1998 à Kaya avait réussi, il est certain que l’élection du 15 novembre n’aurait pas eu lieu à la date fixée ou se serait déroulée dans des conditions qui lui auraient ôté toute crédibilité. Que va-t-on nous inventer cette année ?

A mesure que s’approche la date fatidique du 13 novembre 2005, les stratégies des uns et des autres dans le landerneau politique se précisent davantage dévoilant leurs ambitions réelles par rapport à l’élection présidentielle.

Tout doucement chez certains, avec la mise en place des structures de campagne dans les régions, les provinces et les départements ; déjà dans le vif du sujet chez d’autres qui sont à la formation de leurs représentants et de leurs militants ou à rechercher les moyens de leur politique... les choses bougent donc et on se se serait cru dans une ruche à la seule différence que contrairement aux laborieuses abeilles, ici chacun travaille pour lui-même. Le sentiment général est qu’il y en a qui sont vraiment au sérieux et veulent être plus que de simples figurants, ou en tout cas éviter d’être ridicule paradoxal que cela puisse paraître depuis quelques jours. Mais aussi la fièvre est tombée. C’est à n’y rien comprendre.

Si le sondage du CGD était venu quelque peu perturber les agendas en provoquant un froid pour ainsi dire sidéral qui a inhibé les ardeurs de bien de militants dans les microcosmes de certains candidats, les uns et les autres s’étaient généralement repris ou en tout cas feignaient de l’être. Après cette rebuffade, on constate que la température a globalement rechuté donnant l’impression du calme avant la tempête tandis que d’autres n’y voient que la suite logique des évènements.

En vérité, derrière cette impression générale se cachent des situations bien diverses car si certains continuent à fourbir leurs armes consciencieusement, d’autres, tout au contraire, sont aux abonnés absents s’ils ne semblent pas tout simplement se dire visés mais non concernés par l’élection à venir. Un comportement pour le moins curieux qui suscite des interrogations et ne laisse rien présager de bon.

Comment penser autrement quand les valeureux candidats de « Alternance 2005 » qui, après avoir guerroyé dans la sous-région, c’est ce qu’ils ont voulu nous faire croire, sont totalement absents, même dans la presse, leurs lieux de prédilection pour se faire voir et entendre.

Manifestement c’est comme si un ressort s’était cassé, chacun travaillant toute honte bue à se faire oublier ou à se faire tout petit. Or on avait pensé qu’on verrait ce qu’on verra parce que à en croire leurs comptes rendus, il s’étaient ressourcés auprès des autres et allaient nous sortir des coups fumants qui feront mordre la poussière à Blaise COMPAORE. A leur décharge, les autres candidats ne sont guère mieux lotis et ne nous proposent pas grand chose. C’est comme si les un et les autres attendaient quelque chose de particulier ou jouaient au chat et à la souris.

En effet, il est évident que toute la quinzaine de candidats actuellement en lice ne sera pas présente dans les startings blocks au lendemain de l’officialisation des candidatures par la Cour constitutionnelle. Il y aura donc forcément des jets d’éponges et les uns et les autres font traîner l’échéance pour être parmi les derniers à quitter le navire au risque pour les candidatures politiquement crédibles de subir l’humiliation de devoir jouer à l’incapacité de payer la caution de 5 millions. A la manière dont certains préparent leur pré-campagne il serait surprenant qu’ils conduisent leur candidature jusqu’au bout.

Aussi curieux que cela puisse paraître, c’est à « Alternance 2005 » qu’il faudra s’attendre au plus de dégâts, car à les regarder se mouvoir, tout porte à croire qu’on y est tout sauf serein. Les challenges qui s’imposent à ses membres sont tels qu’il va leur être difficile de se débiner, alors même qu’ils ne font rien pour pouvoir les relever. De là à penser qu’il s’y préparent des choses pas orthodoxes, il y a un pas qu’il faut se garder de franchir mais que la lucidité impose d’analyser. Autant qu’ils sont, les raisons qui devraient les obliger à rester candidats et surtout à réaliser des scores plus qu’honorables sont légion.

Pour Hermann YAMEOGO il s’agira de prouver par les urnes qu’il est effectivement le principal opposant à envergure nationale qu’il prétend être. Tout autre résultat serait un véritable échec pour ne pas dire une humiliation. Or il semble, selon le sondage du CGD et les extrapolations qu’on pourrait en faire, qu’il ne pourrait arriver qu’en troisième ou quatrième position. Pour Philippe OUEDRAOGO il s’agira impérativement de devancer Soumane TOURE, ce qui est loin d’être acquis. Dans tous les cas il ne peut se permettre de laisser celui-ci seul en lice et se légitimer, à l’occasion, candidat du P.A.I.

Quant à Me SANKARA, il semble avoir le vent dans le dos avec un sondage qui lui prédit le rôle inattendu de premier de l’opposition. Lui aussi a du souci à se faire car loin de Ouagadougou il lui sera difficile d’ameuter foules même si dans la famille Sankariste il a de fortes chances d’arriver en tête. Si en plus de cela on ajoute l’affaire des 33 qui va certainement s’inviter au débat, il serait hasardeux de miser sur lui.

C’est dire que tous ont du souci à se faire et pourraient fort bien céder à la tentation de la courte échelle pour échapper à leurs sorts peu enviables. Sans aucun doute qu’ils seraient bien heureux que l’élection n’ait pas lieu. Une éventualité qui fait revenir à la surface l’affaire Norbert ZONGO dont on ne se rappelle que trop l’impact sur l’année électorale 1998. Si la tentative d’assassinat du journaliste qui a eu lieu le 8 novembre 1998 à Kaya avait réussi, il est certain que l’élection du 15 novembre n’aurait pas eu lieu à la date fixée ou se serait déroulée dans des conditions qui lui auraient ôté toute crédibilité.

Que va-t-on nous inventer cette année ? C’est une question qu’on devrait se poser très sérieusement. Avec les rumeurs qui fusent des bords de la « lagune Ebrié » du domicile de Me Hermann YAMEOGO, il y a de quoi ouvrir l’œil et le bon ! La République tout entière y a le plus grand intérêt.

Cheick AHMED

L’Opinion

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