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Affaire journaliste Omar Radi : La Justice marocaine rassure du respect des procédures

Accueil > Actualités > Multimédia • LEFASO.NET • vendredi 7 août 2020 à 22h40min
Affaire journaliste Omar Radi : La Justice marocaine rassure du respect des procédures

Accusé d’intelligence avec l’étranger, d’outrage à magistrat et de viol, le journaliste marocain, Omar Radi, depuis entre les mains de la Justice de son pays dénonce « un acharnement »

L’affaire Omar Radi, depuis des mois, défraie la chronique au Maroc. En effet, le co-créateur du site Le Desk, une publication électronique marocaine, a maille à partir avec la justice de son pays. Il est poursuivi dans trois affaires qui sont « l’outrage à magistrat », « l’attentat à la pudeur avec violence et viol » et la « réception de fonds étrangers dans le dessein de porter atteinte à la sécurité intérieure de l’État ... »

Dans la première affaire, Omar Radi est attrait en justice pour avoir posté un tweet le 6 avril 2019, dans lequel il évoque ce qui suit : « Lahcen Tolfi (,) juge de la Cour d’appel, bourreau de nos frères (entendu les détenus du Rif), souvenons-nous bien de lui, dans beaucoup de régimes (,) les petits bras comme lui sont revenus supplier après en prétendant avoir exécuté des ordres, ni oubli ni pardon avec ces fonctionnaires sans dignité ». Cette sortie sur les réseaux sociaux, selon les pouvoirs publics marocains, constitue « un outrage à magistrat », un délit incriminé conformément à l’article 263 du Code pénal marocain.

Et dans ce cadre, M. Radi à été auditionné sur instruction du Parquet. « Poursuivi le 26 décembre 2019 en état d’arrestation, il a bénéficié de la liberté provisoire le 31 décembre 2019. Durant toutes les étapes du procès, il a bénéficié de tous ses droits tels que prévus par la loi », rassure l’autorité judiciaire. Bénéficiant des circonstances atténuantes, « il n’a été condamné » le 17 mars 2020, selon l’Etat marocain, qu’à quatre mois avec sursis et une amende de 500 dirhams. Le mis en cause a interjeté appel de ce verdict et rendez-vous est pris pour une audience le 23 septembre prochain.

En ce qui concerne les deuxième et troisième affaires, il s’agit, selon le ministère public, de « l’attentat à la pudeur avec violence et viol sur sa collègue de travail », d’une part, et de « la réception de fonds étrangers dans le dessein de porter atteinte à la sécurité intérieure de l’État », d’autre part.

Depuis le 24 juin 2020, Omar Radi a été à huit reprises par la Police judiciaire de Casablanca dans le cadre d’une enquête préliminaire ordonnée par le Parquet général. Durant cette phase, l‘autorité judiciaire relève qu’il publiait régulièrement les convocations qui lui ont été remises par la Police judiciaire et, également postait des messages sur les réseaux sociaux pour présenter sa version des faits, laquelle est jugée « biaisée » par cette même autorité.

Omar Radi crie à « l’intimidation »

Le journaliste a organisé le 15 juillet 2020 une conférence de presse au siège du Syndicat national de la presse marocaine à Rabat, en présence de son avocat en vue de se défendre. Il a le soutien d’ONG de défense des droits humains et de la liberté de presse, en l’occurrence Amnesty international et Reporters sans frontières (RSF).

Dans un rapport, Amnesty international avait même affirmé que le journaliste a été espionné, notamment à travers le piratage de son téléphone par les autorités marocaines. M. Radi est convaincu que ses déboires judiciaires ont un lien avec le rapport produit par Amnesty international et s’apparentent à « une tentative d’intimidation ». Que nenni ! La justice marocaine « a réfuté catégoriquement des allégations infondées ».

Au terme de l’enquête, Omar Radi a été présenté le 29 juillet 2020 devant le Procureur général du Roi près la Cour d’appel de Casablanca, assisté de plusieurs avocats. Cette autorité a requis la poursuite en état d’arrestation pour les chefs d’inculpation pour les faits de violence et de viol « suite à une plainte déposée par sa collègue de travail » et de réception de fonds étrangers. Pour ce dernier chef d’inculpation, M. Radi est accusé de « porter atteinte à la sécurité intérieure de l’État et de mener des contacts avec des agents d’un État étranger pour nuire à la situation diplomatique du Maroc ».

En l’espèce, les autorités marocaines se fondent sur le fait qu’Omar Radi « a entretenu depuis 2013 des relations suivies avec des diplomates néerlandais en poste à Rabat, chargés du suivi de la situation générale du Maroc. Cette relation s’est renforcée à l’occasion des événements survenus à la ville d’Al-Hoceima au nord du Royaume.

Omar Radi a servi d’agent de terrain pour la collecte d’informations sur la situation au Rif au profit de diplomates néerlandais. De même, il a reçu des transferts d’argent à partir de l’étranger, notamment de la part de la chaîne Al-Mayadine, contrôlée et financée par l’Escadron Al-Quds , alors dirigé par Qassem Soulaymani, du Pasdaran iranien, le Hizbollah libanais (…).

Le juge d’instruction a ordonné sa mise sous mandat de dépôt à l’établissement pénitencier le plus proche où résident sa famille et le collectif de sa défense. En attendant le dénouement de ce dossier judiciaire, le journaliste et activiste des droits humains et ses partisans dénoncent « un acharnement ».

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