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Burkina-Faso : Sidiki Zerbo s’interroge sur la place de la chefferie traditionnelle dans la création de notre pays

Accueil > Actualités > Opinions • LEFASO.NET • vendredi 31 juillet 2020 à 15h19min
Burkina-Faso : Sidiki Zerbo s’interroge sur la place de la chefferie traditionnelle dans la création de notre pays

Ceci est une réflexion de Sidiki Zerbo, spécialiste en Management de l’Achat International et en Ingénierie logistique. Selon l’auteur, trois raisons ont motivé le présent écrit. Premièrement, c’est la polémique suscitée par la vidéo de Abdoul-Karim Baghian dit " Lota ", où sa Majesté le Larlé Naba était évoqué en des termes peu polis. Ensuite, les écrits des Éminences le Ouidi Naba et du Goungha Naba qui ont fuité sur la place publique. Et enfin, les rumeurs selon lesquelles la politique serait le socle du désordre de succession à Fada N’Gourma.

Comme une avalanche, la plupart des grands empires et royaumes Ouest-africains que nous ressassaient nos instituteurs de l’école primaire connurent leur délitement pour les uns et leur déliquescence pour les autres au cours de l’histoire. Ces vastes empires précoloniaux avaient chacun une organisation politico-militaire, un appareil judiciaire, un système législatif et une configuration sociale n’ayant absolument rien à envier à ceux des Etats modernes d’aujourd’hui.

Ainsi, l’empire du Ghana, l’empire du Mali, l’empire Bambara de Ségou et l’empire Sonrhaï de Gao, entre autres, connurent leur heure de gloire et leur temps de décadence. De prime abord, la révolte de ses vassaux et les assauts des almoravides précipitèrent la décrépitude de l’empire du Ghana vers le XIIIème siècle. Ensuite, les querelles de successions et les guerres intestines d’une part, les sempiternelles attaques des intrépides cavaliers Mossis du Yatenga et celles des téméraires guerriers Touaregs, finirent par sonner le glas de l’empire du Mali.

Aussi, la décadence de l’Empire Sonrhaï de Gao, l’un des plus vastes Etats de l’histoire africaine, survint suite à une expédition militaire ordonnée par le Sultan du Maroc Ahmed El Mansour, et commandée par le célèbre mercenaire le Pacha Djouder, qui mit en déroute les fantassins et cavaliers Sonrhaï lors de la fameuse bataille de Tondibi.

Pourtant, les Royaumes de Tenkodogo, Fada N’Gourma, Ouagadougou, Ouahigouya, Boussouma et leurs vassaux respectifs d’une part ; le Gwuiriko des Ouattara et les tribus acéphales d’autre part, dont l’ensemble forme le territoire de l’actuel Burkina Faso, résistèrent vaillamment et de façon héroïque aux assauts répétés et aux ambitions hégémoniques de leurs puissants voisins.

Ainsi, au Nord, les Naba du Yatenga bloquèrent les campagnes conquérantes des Empereurs du Mali, de Gao et de Ségou. A l’Est, les rois de Fada N’Gourma repoussèrent les solides guerriers Haoussa du Niger. A l’Ouest, Tiefo Amoro dérouta la horde de l’un des plus grands conquérants du continent noir, l’Almamy Samory Touré, lors de la bataille de Noumoudara.

Ainsi, pendant neuf siècles, les royaumes de la Volta restèrent insoumis, imprenables et invincibles. Ce n’est qu’au crépuscule du premier millénaire après Jésus Christ, que seul l’Homme blanc, avec sa puissance de feu, matérialisée par ses fusils, ses chars et ses canons réussit à assujettir les royaumes qui émaillent l’actuel Burkina-Faso. Et ce, non sans une forte opposition et une farouche résistance, puisque les historiens spécialistes de la colonisation mentionnent la « guerre du Bani Volta ou Bona Kèlè » comme la plus grande guerre anticoloniale de toute l’Afrique noire.

Cette belle performance guerrière quasi millénaire, qui mit le territoire de l’actuel Burkina Faso à l’abri d’une quelconque domination ou décadence, nous le devons premièrement à la bravoure léonine et à la détermination inébranlable de nos aïeux. Ensuite, à la cohésion et à l’excellence organisationnelle de nos royaumes d’autrefois. Enfin et surtout, au leadership et au charisme des Naba, Emirs, Fama et Massa.

Une fois les conquêtes coloniales achevées, et l’hégémonie hexagonale confirmée sur la fière Volta de nos aïeux, le leadership, la ténacité et l’héroïsme de nos Naba, Emirs, Fama et Massa déchus ne s’estompèrent point, même au temps fort de la domination et l’humiliation coloniales. Ainsi, lors de la balkanisation de la Haute-Volta en 1932, les Naba furent en première ligne de front pour sa réhabilitation.

En effet, pour réclamer la reconstitution de la Haute-Volta, le Naba de Tenkodogo, le Mogho Naba de Ouagadougou et le Naba du Yatenga, qui normalement dans la coutume moaga ne doivent jamais se rencontrer, décidèrent de braver l’interdit ancestral, se retrouvèrent et discutèrent des voies et moyens à mettre en œuvrent pour le rétablissement de la fière Volta de nos aïeux. Et pour donner plus de poids à leur noble requête, le Mogho Naga Kom II en personne se rendra à Abidjan en 1938 pour revendiquer la reconstitution de la Haute-Volta dans ses frontières originelles.

Malheureusement, Naba Kom II mourut en 1942, et son fils, Naba Saagha II reprit le flambeau, et avec le concours d’hommes politiques et de circonstances favorables, la France reconstitua la Haute-Volta en 1947. Ces faits doivent rappeler, surtout à nous les jeunes burkinabè, le rôle stratégique et capital joué par la chefferie traditionnelle dans la création de notre pays et dans la formation de notre identité burkinabè.

Si aujourd’hui le Burkina-Faso existe, c’est en grande partie due à la volonté et surtout à la témérité de ses Rois. Nous avons donc le devoir de nous en souvenir, et d’honorer ces monarques dans nos mémoires et conscience collective. Aujourd’hui, le temps de gloire des Empereurs est révolu, les conquêtes sont surannées, le Burkina-Faso aspire être une grande démocratie, et non une monarchie constitutionnelle. Les Naba, Emirs, Fama et Massas n’y ont aucun statut ni pouvoir officiel. Certains se font discrets, gardent intactes leur honorabilité et leur dignité, tandis que d’autres sont militants chevronnés dans des partis politiques, participent aux échéances électorales et siègent à l’Assemblée Nationale.

Cela est indécent et impertinent, car un Roi ne doit pas être soumis à des élections ni à des équations politiques. La nature même du monarque est de faire le consensus et l’unanimité autour de sa personne, son pouvoir n’est pas négocié ni négociable, et son règne n’est jamais mis entre parenthèse. Nos Naba, Emirs, Fama et Massa devraient éviter de s’immiscer dans la politique politicienne, car choisir un parti politique au détriment d’un autre, c’est faire un choix et opérer une préférence entre ses sujets, et être ainsi un vecteur de division au sein de son propre peuple.

Aussi, le monde politique étant un univers où tous les coups sont permis, où la perversion, l’injure, le dénigrement, la manipulation et le mensonge font partis des règles du jeu, nos Naba, Emirs, Fama et Massa doivent fuir ce milieu, car, la personne du Roi est sacrée, elle ne doit être en aucun cas bafouée ni vouée aux gémonies.

Nous nous permettons en toute humilité, de faire les propositions suivantes : Premièrement, nos monarques doivent user de leur influence et de leur aura auprès de leurs sujets respectifs pour favoriser la culture de la paix, la cohésion sociale et l’intégration des ethnies ; sensibiliser à l’abandon de l’incivisme ; anticiper et faire entrave aux recrutements de jeunes burkinabè par les groupes terroristes ; encourager la préservation de l’environnement, la lutte contre le braconnage, et promouvoir l’écologie ; concourir au développement de la médecine traditionnelle ; encourager l’éducation des filles et l’égalité des sexes ; lutter contre l’excision et le mariage forcé ; et épauler l’Etat dans la réalisation de ses plans de développement, et le cadrer sévèrement dans ses éventuelles dérives et abus, ses manquements et promesses électorales non tenues. Ensuite, pour une application efficace des propositions ci-dessous, l’Etat doit accorder impérativement un statut officiel au Naba, Emirs, Fama et Massa, pour un Burkina meilleur, fort, intégré et réconcilié avec lui-même.
Vive la mémoire de nos Empereurs et Rois d’antan.

Vive nos Naba, Emirs, Fama et Massa d’aujourd’hui.

QUE DIEU BENISSE notre Burkina Faso.

Sidiki Aboubacar Wendin ZERBO
Spécialiste en Management de l’Achat International et en
Ingénierie Logistique.
Doctorant (PHD) en Management
wendin.aboubacar.zerbo@gmail.com

Vos commentaires

  • Le 31 juillet à 21:42, par TANGA En réponse à : Burkina-Faso : Sidiki Zerbo s’interroge sur la place de la chefferie traditionnelle dans la création de notre pays

    Toi tu es un bon SAMO si non un très bon .
    Nos Naaba, il faut les laisser tranquilles dans leurs coins et les respecter pour ce qu’ils ont fait Poir nous maintenir ensemble.
    Mais une question reste, si nos Naaba remarque des dérives qui peuvent nous porter à ne plus êtres comment doivent ils faire ? Se mettre dans la politique pour faire basculer ou rester et se voir tomber ?

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  • Le 31 juillet à 23:03, par Nabayouga En réponse à : Burkina-Faso : Sidiki Zerbo s’interroge sur la place de la chefferie traditionnelle dans la création de notre pays

    En vérité le combat des naba pour la reconstitution du Burkina en 1947 qui apparaissait être un combat noble, puisqu’il nous permettra d’avoir un pays à nous, est plutôt négatif. Sans ce combat pour l’ego , les burkinabè ne seraient pas maltraités en Côte d’ivoire, ils ne seraient pas des étrangers aujourd’hui. Se battre pour la reconstitution d’un territoire aride n’a aucun sens. Ce sont les nabas qui sont l’origine de la précarité dans laque6les burkinabè vivent. Pire, ils se mêlent de politique en s’appuyant sur des populations analphabètes, pour les maintenir encore dans la servilité . Les exemples de chefs que vous donnez confirment ce que je dis. Ils sont les buveurs du sang des burkinabè. Quant on voit qu’un des chefs, presque analphabète, est devenu millionnaire, on peut se demander : qua t’il fait pour meriter tant de biens sinon que de prendre la peine de naitre. Une "aristocratie oisive. En résumé, les nabas et autres sont la source de nos misère. Ils ne merite6que notre mépris.

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    • Le 1er août à 13:48, par Saksida En réponse à : Burkina-Faso : Sidiki Zerbo s’interroge sur la place de la chefferie traditionnelle dans la création de notre pays

      Quoi d’étonnant quand on se nomme nabayouga ? Actuellement et depuis les indépendances, ce ne sont pas les naaba qui nous gouvernent, mais ceux que vous avez élu et pour qui vous avez fait campagne. Depuis Maurice, Lamizana, saye zerbo, Jean baptiste, Sankara, Blaise et Roch, il n’y a pas un seul naaba parmi. Si vous étés malheureux, allez vous en prendre à vos présidents.

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      • Le 1er août à 15:43, par Nabayouga En réponse à : Burkina-Faso : Sidiki Zerbo s’interroge sur la place de la chefferie traditionnelle dans la création de notre pays

        SAKSIDA, ne t’inquiète pas pour moi car malheureusement pour toi je ne suis pas dans une précarité telle que je puisse être malheureux. Si tu es satisfait de la situation du pays , situation dans laquelle les naba ont une tres grande responsabilité , alors tu es tout simplement un homme sans coeur . Je persite et signe en disant que le malheur de ce pays a son origine dans la conception du monde et de leur place dans la société des nabas. Voir l’écrit du widi naba a propos du larlé naaba. Voyez également les petits combats de coq auxquels se livrent les hommes pour pour être naba. A bon entendeur, salut.

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      • Le 2 août à 05:26, par Nabayouga En réponse à : Burkina-Faso : Sidiki Zerbo s’interroge sur la place de la chefferie traditionnelle dans la création de notre pays

        SAKSIDA, ne t’inquiète pas pour moi car malheureusement pour toi je ne suis pas dans une précarité telle que je puisse être malheureux. Si tu es satisfait de la situation du pays , situation dans laquelle les naba ont une tres grande responsabilité , alors tu es tout simplement un homme sans coeur . Je persite et signe en disant que le malheur de ce pays a son origine dans la conception du monde et de leur place dans la société des nabas. Voir l’écrit du widi naba a propos du larlé naaba. Voyez également les petits combats de coq auxquels se livrent les hommes pour pour être naba. A bon entendeur, salut.

        Répondre à ce message

  • Le 31 juillet à 23:20, par le révolté En réponse à : Burkina-Faso : Sidiki Zerbo s’interroge sur la place de la chefferie traditionnelle dans la création de notre pays

    Aucun savant traité n’a jamais réussi à chasser un envahisseur colonialiste dominateur oppresseur exploiteur
    Aucun roi n’a jamais fait le poid devant les rapaces du genre de ceux précités envahisseurs colonialistes dominateur exploiter.
    En revanche la révolte qui rend la vie impossible, oui elle réussit à les chasser toujours à les bouter dehors et à restaurer la dignité de l’opprimé, du dominé.
    ALLEZ DONC à l’étude de l’histoire des luttes de tous les peuples sans exception ET VOUS VERREZ QUE ROIS, EMPEREURS. et autres ne sont que la partie visible qui ramasse le fruit des luttes des opprimés combatifs.En effet, ces sommités nommées ROIS, EMPEREURS etc ; ;, savent produire ET écrire puis faire valoir de savants traités..ET après ?

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  • Le 31 juillet à 23:45, par Truthman En réponse à : Burkina-Faso : Sidiki Zerbo s’interroge sur la place de la chefferie traditionnelle dans la création de notre pays

    Merci Mr Zerbo pour cette reflexion. Mais come vous le regretez, je pense qu’il faille trouver la formule pour rammener ces chefs traditionels a rester dans leur role, peut-etre en leur redefinissant les choses de façon Claire, de sorte qu’ils soient moins influences par le politic et la politique moderne...

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  • Le 31 juillet à 23:49, par Issa Mande En réponse à : Burkina-Faso : Sidiki Zerbo s’interroge sur la place de la chefferie traditionnelle dans la création de notre pays

    Jeune homme, je ne crois pas que tous les chefs ont été tels que tu tentes de les decrire.Je te reviendrai en inbox.
    Ini sou

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  • Le 31 juillet à 23:59, par Mechtilde Guirma En réponse à : Burkina-Faso : Sidiki Zerbo s’interroge sur la place de la chefferie traditionnelle dans la création de notre pays

    Sanmogho, san y a sida, ef goam ya soma. Cependant, j’ai souvent rencontré des gens qui comme vous après avoir exposé de façon brillante et fait des propositions on ne peut plus pertinentes, finissent par tout gâcher et effacer tout le bon sens qu’ils ont donné par une incohérence effarante. Par exemple vous dites que les Naba, Émir, Fama et Mansas doivent :

    « concourir au développement de la médecine traditionnelle ; encourager l’éducation des filles et l’égalité des sexes ; lutter contre l’excision et le mariage forcé  ; et épauler l’Etat dans la réalisation de ses plans de développement, et le cadrer sévèrement dans ses éventuelles dérives et abus, ses manquements et promesses électorales non tenues ».

    Je voudrais vous poser quelques questions :

    - Pourquoi lutter contre l’excision et le mariage forcé ? Une proposition qui annule malencontreusement la valeur de votre écrit du reste d’ailleurs excellent.

    - Bien on annule « l’excision et le mariage forcé ». Par quoi allez-vous les remplacer ? Parcourez les villages et faites leur cette proposition, si ce n’est pas parce que les villageois ont peur de vos représailles, ils vous poseraient exactement la même question sans cependant savoir, encore moins soupçonner, que vous avez en arrière plan de vos idées de développement, y compris une société intégrale à long terme d’« LGBT » et compagnie pour finir de les balayer de la face de la terre et en faire une autre race hors norme qui ne serait plus les leurs. Une sorte de terreur blanche ni plus ni moins, ni vue ni connue qui ferait le job néocolonial que le colonialisme pur et dur n’a pas pu réalisé avec sa terreur rouge. Car en effet, après les avoir caressés dans le sens du poil leur cultures et les inciter à leur livrer les secrets par nos recherches prétendument exaltées, ils y a à présent toute latitude pour balayer enfin et pour de bon les cultures des Naba, Fama Émir et Mansas par ce qui se passe aujourd’hui.

    En tout état de cause, l’excision et le mariage dit « forcé » sont le fondement même de ces cultures que vous admirez tant. Ils sont le ciment social (devenu politique) de nos jours de notre vivre ensemble. Mieux la condition sine qua none de notre développement comme ils l’ont été jadis pour resserer nos liens et permettre la reconstitution de la Haute-Volta et la survivance du Burkina-Faso d’aujourd’hui. Faites-nous plutôt des propositions pour des prophylaxies sanitaires de la pratique et l’application des dons des femmes (aujourd’hui tourné en ridicule, en mariage forcé) dans sa philosophie primale et de façon moderne et vous verrez si le Burkina ne décollera pas ? De toute façon ni vous, ni moi ni même le Pouvoir n’ont pas à décider pour eux. Ils sont maintenant et je l’espère bien des grands garçons. Aussi je vous appuie dans votre proposition de Statut qui les garde en dehors de la politique politicienne et des partis politiques.

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  • Le 1er août à 17:00, par Ka En réponse à : Burkina-Faso : Sidiki Zerbo s’interroge sur la place de la chefferie traditionnelle dans la création de notre pays

    Mon jeune frère Sidiki Zerbo, spécialiste en Management de l’Achat International et en Ingénierie logistique. Ingénieur en développement des TP, moi aussi il y a quelques années de cela, mes questions allaient dans le sens ou vous vous posez : Mais si vous me lisez sur ce forum, quand il s’agit d’une analyse concernant de nos cultures dont seuls nos chefs coutumiers sont les garants, vous aurez su que je ne me pose plus des questions là-dessus, mais défend de toutes mes forces nos continuités des coutumes qui reste la clé de la réconciliation nationale et aussi le vivre ensemble.

    Vous dites : ’’’’En effet, pour réclamer la reconstitution de la Haute-Volta, le Naba de Tenkodogo, le Mogho Naba de Ouagadougou et le Naba du Yatenga, qui normalement dans la coutume moaga ne doivent jamais se rencontrer, décidèrent de braver l’interdit ancestral, se retrouvèrent et discutèrent des voies et moyens à mettre en œuvrent pour le rétablissement de la fière Volta de nos aïeux. Et pour donner plus de poids à leur noble requête, le Mogho Naga Kom II en personne se rendra à Abidjan en 1938 pour revendiquer la reconstitution de la Haute-Volta dans ses frontières originelles.’’’’ Et continuez en disant ceux-ci : ’’Ces faits doivent rappeler, surtout à nous les jeunes Burkinabè, le rôle stratégique et capital joué par la chefferie traditionnelle dans la création de notre pays et dans la formation de notre identité Burkinabè.’’

    Oui mon jeune Zerbo, l’Afrique fait simplement du copier-coller. On veut exactement répliquer ce que fait l’Occident, et à la fin on va juste vers l’autodestruction. Si le copier-coller était parfait, je crois que l’Afrique ne serait pas à la traine aujourd’hui.

    Et je confirme ce qu’avance notre sœur M. Guirma, même si notre vision sur l’excision n’est pas la même, mais elle est femme et elle sait comment mieux améliorer l’excision qui sera compatible a nos cultures : Ici elle a raison sur tous les plans, car, le copier-coller en Afrique est allé très loin.

    Et de nos jours avec les politiciens aux petits qui détournent les chefs coutumiers pour les pouvoirs régionaux, parler de ce qu’a fait le Naaba Kom II sans des institutions de régulation sociale, comme il en existait dans nos sociétés traditionnelles, ne sert a rien." Pourtant quand on regarde de ce qui se passe quand des officiers supérieurs de l’armée, ou des hommes politiques de haut rangs se précipitent chez le Moogho Naaba, quand ils ont le feu aux fesses, nous pouvions confirmer que os sociétés traditionnelles dans tous les quatre coins du Faso ne sont pas encore mortes, elles vivent, dictent nos réflexions et comportements, et elles sont un réservoir de sagesse encore utilisable pour redresser la barre de nos errements et e de la mauvaise imitation du modèle occidental.

    Oui ! Un peuple sans culture est un peuple sans âme : Et nos rois et chefs coutumiers représentent notre culture. Et à l’image d’autres civilisations du continent, notre culture contient beaucoup d’aspects positifs. Nous ne perdons absolument rien à supprimer ce qui déshumanise nos comportements, comme avec nos propres frères déguisés en terroristes pour un Islam de paix qu’ils ne connaissent pas, et nous tuent comme des mouches, nous devions réfléchir pour renforcer les aspects positifs de notre culture et les inculqués à nos enfants et frères égarés pour qu’ils s’abstiennent et se tourner vers le vivre ensemble.

    Conclusion : Améliorons notre démocratie sur la base des principes transversaux des différentes sociétés traditionnelles du pays : Je parie que nous serions agréablement surpris. Un peuple en soi, renferme l’intelligence du grand nombre. Ce sont ses dirigeants qui doivent interroger leur aptitude à le diriger sans aucune culture politique. Celui qui veut diriger un pays comme mon petit frére Zeph sans aucune culture politique, ni justice a l’exemple du mossi Roch Kaboré qui a décidé de juger son propre beau, et son ministre, comme le Moogho Naaba à Abidjan qui a signé des traités que vous n’aviez mentionner, surtout pris la charge de sanctionner ceux qui ne les respectent pas, ce que joue à l’Autruche comme mon petit frère Zeph, autorise que l’on doute soit de sa bonne foi, soit de sa compréhension profonde de son peuple. Petit frère Zerbo, merci d’avoir rentré dans un sujet avec des questions qui méritent des réponses et des réflexions.

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  • Le 2 août à 01:12, par jeunedame seret En réponse à : Burkina-Faso : Sidiki Zerbo s’interroge sur la place de la chefferie traditionnelle dans la création de notre pays

    « Premièrement, nos monarques doivent user de leur influence et de leur aura auprès de leurs sujets respectifs pour favoriser la culture de la paix, la cohésion sociale et l’intégration des ethnies ; sensibiliser à l’abandon de l’incivisme .... »
    Qui est sujet de quel chef aujourd’hui ?
    Monsieur ZERBEAU, c’est bien tout ce que vous proposez comme place et oeuvres aux chefs. Mais sachez qu’ils savent mieux que vous ce qu’il y a de convenable et de noble à faire ; sauf qu’ils ne sont pas écoutés et considérés. Alors pour bien les intégrer comme vous le voulez il suffit d’abord de rester chez vous et d’innover au lieu de calquer automatiquement ; ensuite de substituer votre politique alimentaire par une politique intellectuelle ; enfin de créer un esprit d’estime et confiance. C’est une première étape pour réussir toute identification crédible de soi avant autre orientation. Mais nous sommes au Burkina Façon ; avec des analphabètes fonctionnels au pouvoir.

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  • Le 2 août à 11:06, par Ka En réponse à : Burkina-Faso : Sidiki Zerbo s’interroge sur la place de la chefferie traditionnelle dans la création de notre pays

    Jeunedame seret je confirme : Vous dites, ’’’’Mais nous sommes au Burkina Façon ; avec des analphabètes fonctionnels au pouvoir.’’’’ C’est vrais, mais seulement 1% des politiques analphabète commencent à voir claire avec nos institutions de régulation sociale par nos garants de notre culture : Si on avait plus de 50%, la situation actuelle n’existera pas. Si je dis 1%, un jour attablé dans un maquis dans une petite ville prés de la capitale au bord de la route goudronnée, une voiture suivi d’un autre véhicule pas comme les autres passaient en allant vers le Nord. Plus tard j’ai appris que le premier Burkinabé est allé discuter avec un chef coutumier, j’ai guetté sur les médias écrites et les réseaux sociaux pour voir s’ils publiaient cette entretien mais Maos.

    Pour vous dire internaute jeunedame seret, que ces analphabètes au pouvoir commencent à se réveiller en consultant les garants de nos cultures qui sont les chefs coutumiers, surtout avec l’insécurité, d’après ce que j’ai appris, ce n’est pas la première fois, mais des visites nocturnes là ou c’est nécessaire pour pour le vivre ensemble.

    Je profite dire a madame M. Guirma, oui l’excision surtout du côté garçon a un avantage : Ayant manqué l’école primaire a une certaine époque pour être parmi un groupe d’excisés de mon village, durant 2 semaines éloignés du village et coupé du monde, notre groupe excisés a beaucoup appris de la vie et sa discipline, et aussi nos totems, c’était une vraie école pour moi : Et je ne le regrette pas, même si c’était au mois d’Octobre et j’ai manqué la rentrée dont le directeur de l’école est passé par là quand il était jeune, et m’a pardonné. En bon élève, j’ai pu rattraper les autres.

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    • Le 3 août à 09:10, par kwiliga En réponse à : Burkina-Faso : Sidiki Zerbo s’interroge sur la place de la chefferie traditionnelle dans la création de notre pays

      @Ka
      Ah pardon, mais il ne faut pas confondre circoncision, qui outre le respect des principes traditionnels ou religieux à une fonction hygiénique, et l’excision, qui au delà de son aspect de mise en danger de la personne, compromet gravement l’avenir de sa sexualité et participe essentiellement à la soumission de la femme.
      Et que personne ne vienne me raconter que ça contribue à la solidité du socle familial et autres foutaises du même ordre.
      Maintenir ce type d’arguments au fin fond d’un village de brousse, peut encore se concevoir.
      Les aligner, en langue française, sur un ordinateur japonais fabriqué en Chine, sous prétexte de défendre nos traditions, s’est s’installer dans sa propre schizophrénie simplement parce que l’on voudrait tout ce qui nous arrange, sans jamais accepter de renoncer à rien.
      N’y a-t’il rien d’autre qui nous semble plus honorable dans notre culture, que certains se sentent obligés de défendre l’excision ?
      Et après ça, on vient se réclamer de Sankara...?

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  • Le 3 août à 17:25, par Ka En réponse à : Burkina-Faso : Sidiki Zerbo s’interroge sur la place de la chefferie traditionnelle dans la création de notre pays

    Kwiliga, je confirme : Mais comme j’ai l’habitude de le dire dans ce forum, ce sont nos différences qui font la richesse du Forum. Je parle des différences constructives comme tu viens de le faire. J’ai eu les mêmes mots que les tiens il y a quelque temps, mais il faut savoir que les garants de nos cultures n’abandonnent pas très facilement. Merci de me lire.

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