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Enseignement supérieur : Des enseignants demandent l’implication des syndicats pour résoudre leurs problèmes

Déclaration

Publié le mardi 21 juillet 2020 à 15h00min

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Enseignement supérieur : Des enseignants demandent l’implication des syndicats pour résoudre leurs problèmes

Les enseignants à temps pleins, les ingénieurs et techniciens de recherche dans des instituts et universités publics d’enseignement et de recherche du Burkina Faso ne sont pas contents. Pour cause, injonction leur aurait été faite en mai 2019, de s’inscrire en thèse pour soutenir avant le 1er janvier 2020 pour être nommé. Or, selon eux, le délai imparti était court. Le gouvernement devrait doit revoir sa position. Pour cela, réunis autour d’une coordination, ils demandent l’implication des syndicats des enseignants du supérieur et de la recherche afin de trouver une issue. Déclaration !

Appel aux syndicats des enseignants du supérieur et de la recherche (F-SYNTER, SYNADEC, SNESS)

Le gouvernement du Burkina Faso a signé le 9 Mai 2019 un décret N°2019-0435/PRES/PM/MESRSI/MFPTPS/MINEFID/MS portant organisation des emplois des enseignants-chercheurs, des enseignants hospitalo-universitaires et des chercheurs et réglementation des fonctions d’enseignants à temps plein et d’ingénieurs de recherche. Ce décret stipule à son article 74, alinéa 3 : « Toutefois, à partir du 1er janvier 2020, le concours sera la seule voie d’accès aux emplois/fonctions d’assistants et d’attachés de recherche ».

En clair le décret faisait injonction aux Enseignants à Temps Plein (ETP) et aux Ingénieurs de Recherche(IR) inscrits en thèse de soutenir avant le 1er janvier 2020 pour être nommé. En l’espace de 7 mois, on demande aux ETP et IR inscrits en thèse de soutenir pour être nommé. Ce qui dans la pratique s’avère impossible pour celui qui n’est pas en fin de rédaction de sa thèse.

C’est donc une mesure barrière qui vient brusquement bloqué la carrière des ETP et IR dont le recrutement a été placé sous le signe de la relève générationnelle. C’est comme si on venait changer les règles du jeu au cours d’un match de football. En plus, nous ne pouvons pas comprendre comment le gouvernement peut décider d’accompagner ces ETP et IR pour soutenir leur thèse et après les empêcher d’évoluer dans le corps une fois la thèse obtenue. L’importance des ETP et des IR n’est plus à démontrer. N’eut été les ETP, l’université Norbert Zongo de Koudougou n’allait pas fonctionner pour être aujourd’hui une fierté nationale.

En plus, on oblige les ETP et IR qui évoluent déjà dans les Etablissements Publics d’Enseignement Supérieur et de Recherche (EPESR), qui participent déjà à la dynamique interne de la recherche et de l’enseignement, à la production scientifique, qui ont des résultats de recherche, qui s’inscrivent aux listes d’aptitude aux fonctions de maître assistant et de chargé de recherche du CAMES, de compétir pour être nommé avec ceux qui sont hors de ces institutions et qui veulent se faire recruter. Ce qui équivaut à un nouveau recrutement qui vient annuler l’ancienneté dans la carrière.

Fort de ce constat, les ETP, IR et Techniciens de Recherche (TR) du CNRST (Instituts et stations), de l’Université Nazi Boni de Bobo, de l’Université Joseph Ki-Zerbo, de l’Université Ouaga II, de l’Université de Dédougou, de l’Université Norbert Zongo de Koudougou, se sont réunis en Assemblée Générale le vendredi 10 juillet 2020 pour examiner la situation de blocage de leur carrière et interpeller les syndicats de l’enseignement supérieur et de la recherche à nouer le contact avec les autorités gouvernementales en vue de trouver une solution rapide au problème et permettre aux ETP et IR d’évoluer normalement dans leur carrière conformément à l’esprit de départ qui a guidé leur recrutement.

Déjà le MESRSI se dit disponible au dialogue avec les syndicats pour examiner le problème. S’il est vrai que le décret 435 à son article 74, alinéa 3 est en inadéquation avec les accords signés entre gouvernements et syndicats en Juin et septembre 2016 dans une perspective de revalorisation des enseignants et chercheurs, les syndicats devaient protester vivement contre cet état de fait et entrer en concertation avec les autorités pour trouver une solution définitive et durable au problème que rencontrent les ETP, les IR et les TR de nos jours.

Fait à Ouagadougou le 10 juillet 2020

La Coordination nationale des ETP, IR et TR du Burkina

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Messages

  • En lisant, je n’arrive pas à comprendre. La lutte des syndicats c’était bien d’améliorer les conditions de carrière du personnel de l’enseignement supérieur et de la recherche ? Alors pourquoi décider de casser la carrière des autres ? Vraiment méchant. Les ennemis de l’Afrique sont les Africains eux-mêmes. Quand on va en négociation pour décider de casser la Carrière de quelqu’un, on le récoltera tôt ou tard. Sa propre famille même paiera un jour car tout se paie sur terre. Courage à vous.

  • Ce pays manque vraiment de vision. C’est lamentable. Au lieu d’encourager les jeunes à travailler pour leur pays, on les contraint à aller ailleurs. Une thèse de doctorat ne se fait pas en 1 ou 2 ans.

  • Courage ! Seule la lutte paie, seule la lutte libère

  • Non au blocage des carrières des Ingénieurs et Techniciens de Recherche et des Enseignants à temps plein dans les universités et les centres de recherche. Nous pensons que les syndicats réagiront promptement comme ils savent d’ailleurs bien le faire. Nan Laara An Saara.

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