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Culture : « La musique Burkinabè se porte bien », dixit Massa Deme, artiste musicien

Accueil > Actualités > Culture • LEFASO.NET • mardi 14 juillet 2020 à 21h20min
Culture : « La musique Burkinabè se porte bien », dixit Massa Deme, artiste musicien

La musique Burkinabè se porte bien. C’est du moins l’avis de l’artiste musicien Massa Deme. Il nous l’a fait savoir ce lundi 13 juillet 2020 au cours d’une interview. Il nous parle également de son album, de ses projets, de l’impact du Covid-19 sur ses activités. Massa Deme fait aussi le bilan de la première édition de son festival des arts ambulants.

Lefaso.net : Présentez-vous aux internautes.

Massa Deme : Je suis Massa Deme, artiste musicien. Je suis auteur compositeur. Je suis natif de la ville de Bobo-Dioulasso. J’ai un album de 10 titres intitulé « Tounga ». J’évolue dans un style folk manding. C’est un mélange de jazz, blues, rock, folk mais toujours influencé par le mandingue parce que moi-même je suis natif de Bobo dioulasso.


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Tounga parle de quoi ?

Tounga est une chanson qui parle de l’immigration clandestine. Quand on dit Tounga, généralement les gens voient l’aventure. Mais, c’est un peu dans la métaphore. L’Afrique, c’est le berceau de l’humanité. On a toutes les richesses. Si on n’a rien à faire en Europe, mieux vaut rester en Afrique. Main dans la main, nous allons construire l’Afrique.

En tant qu’artiste, vous pensez que c’est en Afrique qu’on doit rester pour construire le monde.

Pas forcément. Si je n’ai rien à faire là où je vais, plutôt rester ici. Il y en a qu’on ne peut pas empêcher de partir. Ils sont contraints par la guerre ou la pression sociale. Ils ont raison de partir. Mais, il faut une raison valable. La plupart des gens, c’est parce que mon cousin ou mon oncle est parti en Europe et il a réussi, il me faut aussi partir . Alors qu’ici, tu as un métier. Il y en a qui dépense beaucoup d’argent pour se rendre en Europe. Pourtant avec cette même somme, ils auraient pu réaliser un bon projet de vie.

Comment se comporte votre album sur le marché ?

L’album se porte très bien. Le 19 mai 2020, l’album a paru en France sous le label de MCS World Music dont la présidente est Sylvette Leblanc est la productrice. De retour au Burkina, on a également fait la sortie officielle de l’album à Bobo-Dioulasso et Ouagadougou. Elle marche très bien pour l’instant.

Pourquoi la musique comme métier ?

Disons que je n’ai pas choisi la musique. Mais, c’est elle qui m’a choisi. On s’est rencontré, ce fut un amour, un coup de foudre. C’est parti ainsi. Dieu merci, je vis de mon art. Je ne fais rien d’autre que la musique. C’est un métier comme tout autre comme le journalisme, comme la couture, comme le football.

Vous rencontrez certainement des difficultés.

Il y a des soucis. C’est souvent l’accessibilité. Les gens de moins en moins vont aux concerts. C’est parfois même par manque de moyens. L’esprit est un peu élitiste. Ce qui fait que les concerts en livre, les musiques de recherche sont réservées à l’élite, aux personnes qui ont les moyens. C’est un peu l’idée qui m’a poussé à créer le festival des arts ambulants pour rapprocher l’art dans sa généralité à la population pour le rendre beaucoup plus accessible.

Quelles sont les solutions que vous proposez pour améliorer le secteur de la musique ?

Déjà, pour améliorer les conditions de travail des artistes, pas des musiciens seulement, il y a une commission qui est en place. C’est la commission nationale des arts. Elle est en train de travailler pour trouver un statut pour l’artiste Burkinabè. À ce sujet, j’ai adressé un courrier pour faire des propositions. Il ne suffit pas seulement de critiquer. Si le statut devient effectif, cela pourra éventuellement aider les artistes à se professionnaliser et avancer.

Parlez-nous de votre festival.

Le festival des arts ambulants, déjà, je dirai merci à tous les partenaires qui nous ont accompagnés. Ce qu’il faut retenir, c’est que ce festival n’aurait pu voir le jour sans le soutien de tous. L’objectif du festival, c’est de réunir tous les arts. Généralement quand on dit art, les gens entendent musique. La musique a des cousins, des cousines que sont la sculpture, le bronze, la teinture, le cinéma… J’ai essayé de tous les réunir et de les rapprocher des populations pour les rendre beaucoup plus accessibles et essayer de casser le mythe.

La première édition terminée, quel bilan tirez-vous ?

Le bilan est satisfaisant. Nous sommes allés loin au-delà de nos attentes. Réussir à mobiliser entre 400 et 500 enfants en quatre jours, ce n’est pas facile, c’est un challenge. Nous l’avons fait. Réussir à réunir des artistes aussi talentueux les uns que les autres sur une même scène, ce n’était pas facile. Mais, on a réussi le coup. Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maitre.

Quelles sont vos perspectives ? Un deuxième album …

Je suis moi-même propriétaire d’un studio à domicile. Je peux faire tout ce que j’ai envie de faire. Si je le souhaite, chaque semaine je peux faire un album. Pour un plan de carrière professionnel, il faut discuter avec la maison de production. J’ai la chance d’être dans un label professionnel qui établit un plan de carrière avec lequel tout est clairement bien défini. Le deuxième album sortira en 2021.

Quel regard portez-vous sur la musique Burkinabè.

Je dirai que la musique Burkinabè va très bien. La nouvelle génération dont je fais partie, est en train d’apporter quelque chose de nouveau à la musique. Cela est salutaire. L’ancienne génération est toujours là. Elle nous sert de référence. Parmi ces artistes, chaque artiste de la nouvelle génération a une préférence. De plus en plus les gens sont entrain de virer vers le live. C’est également très bien pour la musique.

Quel est l’impact du Covid-19 sur vos activités ?

La pandémie fut un choc pour tout le monde. En tant qu’acteur culturel, cela a retardé toutes nos activités. De tout ce qui était prévu pour 2020, il y en a qui sont annulés, d’autres reportés. Déjà, pour moi depuis le mois de mars, le festival devait se tenir. Nous avons entamé les démarches et l’épidémie a été déclarée. Nous avons tout laissé tomber.

C’était prévu de le faire dans les 12 arrondissements de la commune de Ouagadougou. Comme on n’autorise pas les grands rassemblements, on a été obligé de le faire dans des espaces restreints. A l’édition prochaine, il sera plus large et plus acceccible aux populations. Enfin en Avril dernier, ma tournée devait commencer par la France, la Belgique et je devais terminer par Londres.

Dimitri OUEDRAOGO
Bonaventure Pare (Photo)
Lefaso.net

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