Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «Il y a deux façons de faire face aux difficultés : soit on les transforme, soit on se transforme en les affrontant» P. Bolton

Présidentielle de 2020 : Peut-être l’élection la plus importante de la 4e République

Accueil > Actualités > Opinions • • lundi 29 juin 2020 à 22h15min
Présidentielle de 2020 : Peut-être l’élection la plus importante de la 4e République

Pour ceux qui en douteraient encore, l’hystérie déclenchée par la photo officielle du président du Faso sur l’ambulance utilisée lors de la cérémonie de remise du premier lot des 300 ambulances promises lors de la campagne électorale de 2015 puis inscrites au PNDES, montre à souhait que classe politique comme société civile burkinabè ont déjà la tête aux élections, envers et contre tout.

Et cela tombe plutôt bien, tant la donne a changé depuis 2015…

Les principaux thèmes de campagne en 2015 étaient l’approfondissement de la démocratie, l’effectivité des libertés individuelles et collectives, et la relance économique, tant l’économie du pays avait souffert de l’instabilité politique des deux années précédentes.

Aucun des candidats n’avait perçu l’importance de l’enjeu sécuritaire malgré la situation malienne et les premiers actes terroristes au Burkina cette année-là…

Depuis, ce quinquennat a été émaillé de plusieurs crises :

Une crise sécuritaire qui se double de plus en plus en conflits communautaires pour l’accès à la terre et à l’eau, avec des massacres à caractère ethnique dans l’impunité la plus totale, résultant à près d’un million de déplacés internes en insécurité alimentaire.

Des allégations d’exactions, d’emprisonnements arbitraires de centaines de présumés terroristes, et d’exécutions extra-judiciaires. Le tout avec de fortes présomptions de corruption la hiérarchie militaire et d’implication des FDS dans des trafics liés au terrorisme.

Un front social en ébullition, et agité par des syndicats qui semblent être passés de la dérive corporatiste à la dérive séditieuse dans l’indifférence générale.

Une justice que nous avons voulue indépendante et qui semble plutôt être devenue folle et en roue libre comme le montrent l’affaire des retenues sur salaires des magistrats pour faits de grève, le conflit entre le Barreau et le procureur Poda, l’affaire xxxxxx, et l’incapacité du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) à assumer son rôle.

La multiplication des scandales financiers, impliquant parfois des magistrats comme dans le cas de la mairie de Ouagadougou et du juge Narcisse.
Une situation économique déjà dégradée qui n’échappera pas à la crise économique mondiale suite à la pandémie de Covid-19.

Une campagne électorale tombe donc à point nommé pour faire des choix sur l’ensemble de ces sujets vitaux.
Mais jusqu’à présent, le débat se limite aux chances statistiques de victoire des principaux candidats à la présidentielle, sur la seule base de la force de frappe financière des uns et des autres.

Le contenu programmatique n’est pas le sujet.
Le moment venu, c’est-à-dire le mois que dure la campagne officielle, chacun nous présentera un "projet de société" qu’il aura fait rédiger comme un simple exercice académique, à un comité d’experts connaissant les enjeux pour les Partenaires techniques et financiers (PTF).

Car, à l’évidence, ces factums sont à destination extérieure !

La situation nationale est caractérisée par cette double schizophrénie : insatisfaction/léthargie, polémiques/silence sur les enjeux majeurs.
La société civile, vivace en 2014-2015, n’est plus que l’ombre d’elle-même alors qu’elle est le vrai moteur du changement dans un environnement où les tenants du pouvoir politique, économique et militaire n’ont pas vraiment changé malgré l’Insurrection…

Ainsi peut-on entendre le maire de la capitale discuter le plus naturellement du monde avec le démarcheur d’un juge corrompu sur la somme à payer pour faire classer un dossier de marché public de plusieurs milliards sur lequel pèse une forte odeur d’irrégularité, mais aussi et surtout des moyens de "nuire au journal" qui a osé sortir l’affaire, et de stratégie de "déstabilisation de la justice" sans que la société civile et les organisations professionnelles des médias ne montent au créneau et portent plainte.

On s’indigne, on se marre, et on passe à autre chose.

Ainsi, le principal leader syndical du pays peut-il menacer de profaner des tombes, de déterrer des morts, et d’enchaîner des tombes sans que même les chefferies coutumières et religieuses supposées garantes de nos valeurs et de nos traditions ne pipent mot !

Si on ne discute pas de ces sujets à cinq mois des élections, à quoi nous serviront ces élections ?

Les premiers chiffres des opérations d’enrôlement de la CENI sont plutôt encourageants contre toute attente, vu la crise sécuritaire, la crise sanitaire, et le désenchantement.

Cela démontre que le peuple burkinabè s’est enfin majoritairement rallié à l’idée selon laquelle tout changement qualitatif durable passe désormais par les urnes.

Depuis sa création, le fichier électoral sera bouleversé comme il ne l’a jamais été.

Les "parts de marché" et les repères habituels des partis politiques classiques seront brouillés.

Il y a une fenêtre d’opportunités pour approfondir les acquis de l’insurrection.
Mais pour en tirer parti, il nous faudra nous remobiliser et nous organiser comme en 2013-2014.

Mais nous n’y arriverons pas tant que chacun restera dans ses petits calculs pour tirer son épingle du jeu.

Au rythme où vont les choses, il n’y aura bientôt plus de jeu du tout !

L’économiste et militant Dr Ra-Sablga Seydou Ouédraogo a récemment publié un passionnant article intitulé "La patrie ou la mort, nous voterons !", dans le journal français de gauche, L’humanité. Article repris par le doyen de la presse burkinabè, L’Observateur Paalga.

J’invite vivement ceux qui ne l’ont pas lu à le faire.
Comme à son habitude, il y décrit avec clarté et lucidité la drôle de situation dans laquelle nous sommes.

Il est encore temps. Les Burkinabè sont en train de s’enrôler massivement pour voter, ou pour avoir une abstention comptabilisée.
Offrons-leur la possibilité d’une alternative.

Hope this helps.

Maix.

Vos commentaires

  • Le 29 juin à 15:05, par COUSIN DU VILAIN En réponse à : Présidentielle de 2020 : Peut-être l’élection la plus importante de la 4e République

    Une très analyse seulement il faut reconnaître que nous avons eu un Grand Homme comme Président mais il a un caractère d’un Homme de Dieu, je veux d’un Monseigneur. Alors le Burkina Faso gagnerait s’il avait dans son effectif des Hommes engagés et patriotes pour développer notre nation. Mais il se trouve en face avec les gens qui ne pensent que à leurs ventres. Le PF est un Grand homme. Il nous faut pour les élections présidentielles 2020 les vrais Hommes pour accompagner le futur Président.

    Répondre à ce message

  • Le 29 juin à 16:18, par YAAM SOBA En réponse à : Présidentielle de 2020 : Peut-être l’élection la plus importante de la 4e République

    Monsieur Maixent SOME propose quoi comme alternative aux élections de 2020 ?
    Parce que l’article 37 de la constitution est formel :
    « Le Président du Faso est élu pour
    cinq ans au suffrage universel direct, égal et secret. Il est rééligible une fois
    . »

    Le mandat de SEM Roch Marc Kaboré est arrivé à terme et nous allons respecter cette constitution que nous avons défendu au péril de nos vies en Octobre 2014 !

    Répondre à ce message

  • Le 29 juin à 19:19, par Idriss En réponse à : Présidentielle de 2020 : Peut-être l’élection la plus importante de la 4e République

    Mr. Maix j’apprecie certains point de votre analyse. Neamoins vous demander au chef traditionelle de reagir . Les chefs coutumiers n’ont plus ce poids. Ils sont presque tous melees a la politique et veulent aussi se remplir les poches . La population ne les ecoute plus non plus .

    Répondre à ce message

  • Le 29 juin à 22:45, par Fêrkêbougou En réponse à : Présidentielle de 2020 : Peut-être l’élection la plus importante de la 4e République

    Ce qui est déplorable dans la situation actuelle se trouve notre pays, c’est le jeu équilibriste auquel s’adonne nos intellectuels.
    On refuse de pointer du doigt la responsabilité des premiers responsables de la république et on préfère accuser tout le monde.
    Ça fait quoi à Monsieur SOME s’il reconnaît que le pouvoir du MPP et alliés a échoué quant à la gestion globale du pays ? C’est de leur faute si une partie du territoire est occupée par les ennemis de la patrie !
    Par ailleurs, monsieur SOME connaît-il des Etats démocratiques où l’on organise pas des élections ?
    Voyez-vous, c’est jeu équilibriste où on souffle le chaud et le froid n’apporte rien à la construction de notre démocratie à part la désordre.
    Souvent il faut que l’on aille au delà de nos intérêts immédiats et être objectif un temps soit peu.
    Les burkinabé ont soif de changement. Il iront choisir un Président le 22 novembre 2020 et c’est une obligation, car leur survie dépendra de ces élections.

    Répondre à ce message

  • Le 30 juin à 07:07, par mninda En réponse à : Présidentielle de 2020 : Peut-être l’élection la plus importante de la 4e République

    Mr Some connait-il réellement les réalités du terrain en ce qui concerne l’enrolement des électeurs sur l’ensemble du territoire national ou bien est-il simplement de mauvaise foi ?
    Comment peut-il parler d’enrolement massif des burkinabe alors que cette opération ne peut pas et n’a pu être menée dans plusieurs provinces de plusieurs régions ? Mr SOME ignore t-il le très faible niveau d’inscription des burkinabe de la Diaspora malgré des millions dépensées en frais de mission et autres frais ?
    Bref comme l’a dit un internaute précédent l’un des maux de ce pays ce sont ces intellectuels équilibristes adeptes des analyses partielles et partiales tout en donnant l’impression de participer à un débat politique.

    Répondre à ce message

  • Le 30 juin à 11:18, par Volta Noire En réponse à : Présidentielle de 2020 : Peut-être l’élection la plus importante de la 4e République

    Concrètement parlant, s’il n’y a pas d’élections on fait comment ?
    Qui va diriger ? N’est-ce pas là que le pays va s’embraser ?
    Au Mali, au Soudan, en Centrafrique, au Nigeria, en Afghanistan il y’a eu des élections malgré le climat sécuritaire délétère.
    Cherchons à arranger le Burkina au lieu de créer d’autres problèmes.

    Répondre à ce message

  • Le 30 juin à 12:57, par Camille Desmoulins En réponse à : Présidentielle de 2020 : Peut-être l’élection la plus importante de la 4e République

    Ah je me réjouis que votre position ait évolué sur la question. Il n’ya pas longtemps vous marteliez sur votre FB l’inopportunité d’aller aux élections en pleine crise sécuritaire. En confrontant votre point de vue à la réalité sur le terrain caractérisé par l’engouement particulier que les burkinabè mettent à s’enrôler, vous avez dû revenir sur vos pas pour qu’ils soient au même rythme que ceux du peuple. Je vous en remercie ! Maintenant encouragez les gens à s’enrôler davantage sans oublier de laver nos mains ! Bonsoir !

    Répondre à ce message

  • Le 2 juillet à 12:29, par Yel…hie/5/ 01/20 Oue.1/ Zo.1 27/20 Sap, 7 / 25/20 V, 37/ 22/20. / 18/20. Ka.Kay.i.46 / 3 /20. En réponse à : Présidentielle de 2020 : Peut-être l’élection la plus importante de la 4e République

    Tu l’as bien dit car tu fais partie de ceux qui ne changent pas. Que tu utilises 50.000 Ka. Aucun internaute ne fera attention à toi. Fait attention : Car, le mal ou le bien revient toujours à l’origine. Ne soit pas étonné si une personne riche devient pauvre du jour au lendemain. Ou si certaines personnes perdent la vie dans des conditions pitoyables ou dramatiques. Comme il est mentionné dans la Bible, on récolte ce que l’on sème.
    Je crois que toutes et tous les internautes ont compris ton manége. Personnellement je tiens a la survie du Forum de Lefaso.net qui est devenu le plat préféré du peuple Burkinabé. Ce site mondialement connu doit vivre avec des internautes de bonne foi pour enrichir son forum et faire avancer le pays que nous aimons tous. Continu avec tes multiples pseudos pour berner le monde. Ce qui est certain, l’histoire retiendra de toi qu’un vulgaire sicaire. Sans rancune.

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 Articles de la même rubrique
Mort Tragique de Georges Floyd : La brutalité policière est un veritable paradoxe
Burkina Faso : Isai Lankoandé alerte sur l’urgence de mettre en place des politiques de limitation des naissances
Situation nationale : Ousmane SO interpelle le président du Faso afin de savoir ce qu’il se passe
Tanwalbougou : La grande muette doit sortir de son mutisme
Politique : « La cause principale de tous les maux du Burkina Faso »
Quand Joseph Ouédraogo parlait de liberté, de race, de religion, de communisme…
Présidentielle de 2020 : Peut-être l’élection la plus importante de la 4e République
Foncier au Burkina  : La richesse qui divise souvent
Racisme : L’homme noir est-il vraiment meilleur que l’homme blanc ?
Le recours à l’institution coloniale « Chef de canton » est-il une avancée ou une régression ?
Attaques Terroristes : "Le CDP a raté l’occasion de se taire" selon Ragomepaoba Ouédraogo
Lutte contre la corruption : L’arrestation de Jean-Claude BOUDA est un acte fondamental
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2020 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés