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Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

Accueil > Actualités > Culture • • mercredi 17 juin 2020 à 22h11min
Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

Alpha Blondy dans sa chanson «  Tampiiri  », s’est trompé  !!! Tampiiri ne signifie pas imbécile en mooré. Que signifie alors ce terme «  tampiiri  » dont les locuteurs avancés du mooré font un usage modéré  ? A quoi fait-il référence dans l’imaginaire des Mossé ? Même si les mœurs ont évolué, quels enjeux contemporains peuvent-ils l’évoquer  ? Qu’a Tampiiri de significatif ? Je vous invite à explorer un terme qui en dit long plus qu’il n’y parait.

La sémantique du terme «  tampiiri  »

Le Dictionnaire Moore (mooré, français, anglais) en ligne propose la graphie «  tãmpĩiri  » et «  tãmpĩiban  » au pluriel qu’il définit en «  enfant illégitime, bâtard  ». En fait, l’équivalent exact est difficile à trouver en français  ; mais le terme «  bâtard  » s’y rapproche le mieux. Bâtard ayant le sens de «  né hors mariage  ». Au Mogho, le terme ne s’applique pas à tout enfant né hors mariage. Tampiiri est non seulement né hors mariage  ; mais cette situation en plus, n’est pas connue ou reconnue formellement.

L’illégitimité de la naissance est cachée ou est connue par très peu de personnes ou seulement par la maman. Le côté tromperie est un facteur déterminant dans la qualification au titre de tampiiri. Un enfant né hors-mariage et reconnu par son père n’est pas un tampiiri. Il l’est si sa mère lui a attribué un père qui n’est pas réellement le sien et que celui-ci n’est pas au courant ou feint de l’ignorer. A cette illégitimité doit s’ajouter une duperie et une tromperie sur l’identité réelle du père.

Ce double facteur est essentiel dans l’assertion complète du terme. D’ailleurs, le même Dictionnaire Moore complète sa définition du terme en anglais par « child of unknown father ». Laissant planer le doute sur l’identité du père.

Ce que «  tampiiri  » ne signifie pas

Un imbécile est désigné par les termes «  yalma  », «  zallé  », «  zolgo  »  ; et plus rarement par «  nabré  »  ; et par bien d’autres expressions. Ces termes peignent des injures de faible intensité. Prenons comme illustration un célèbre conte lu par les écoliers burkinabè intitulé «  Yalma Tiiga et les génies du bois sacré  ». En fait, le titre aurait pu bien être aussi «  Tiiga l’imbécile et les génies du bois sacré  ».

Le trio musical et vocal Lallé-Noaga, Bonnéré, Patenema   : relatant l’épopée de la Princesse Yennega, dit que le Roi Nedéga après avoir constaté que sa guerrière de fille avait abandonné son potager de gombos  ; l’a interpellé en ces termes  : «  Yennega, fo yaa yalm laa  ?  » Es-tu bête pour laisser le jardin se gâter ? S’il y a un lieu où «  tampirii  » ne peut être prononcé c’est bien dans une cour royale.

Yalma est utilisé parfois comme une béquille pour sauver l’auteur d’une faute. En le qualifiant d’imbécile  ; donc de yalma, on minimise sa faute et on attenue en même temps la sanction encourue. Un pacificateur manifestera sa compassion vis-à-vis d’une victime qui est capable de se faire justice, en lui disant «  laisse, c’est un yalma  ». L’auteur des imbécilités («  yaalm-tuuma  ») préfèrera généralement une telle résolution qui limite les conséquences. Toutefois vu qu’un tampiiri commet pire que des imbécilités, il est aussi un imbécile et pire.
Tampiiri peut avoir le sens d’imbécile uniquement dans un langage enfantin.

L’enfant né d’une précédente relation conjugale de sa mère et qui est élevé par le nouveau conjoint de sa mère n’est pas un tampiiri. Les enfants d’une telle situation peuvent finir par être adoptés par le mari de leur mère si le père biologique ni son buudu (clan) n’effectue une démarche pour les récupérer.

Une jeune dame ou un jeune homme non-marié(e) peut se retrouver mère ou père d’un enfant issu d’une union non officielle. Cet enfant n’est pas un tampiiri. On dira dans la province du Passoré que c’est un «  sanme-biiga  » littéralement «  un enfant du gâté  ». En effet une fille non mariée qui tombe enceinte est dites «  gâtée  » («  A saanma min  ») et on dira du partenaire qu’il a gâté unetelle («  A saanma a zagla  »).

Un enfant né d’une liaison extraconjugale est un «  yoodom biiga  ». Un enfant adultérin. Il n’est pas un tampiiri aussi longtemps que l’on connaîtrait le père biologique.

Le Dictionnaire Moore déjà cité, dit que le terme a un synonyme qui est le « kõeebre  » et dont le pluriel est « kõeeba  ». De nos propres investigations, « kõeebre  » n’est pas synonyme de «  tampiiri  ». Loin s’en faut  ! Le « kõeebre  » est davantage utilisé dans le plateau central du Mogho (royaume). Le sens qui lui ait donné par les locuteurs est plutôt proche de certaines assertions du terme français «  vilain  » («  Personne dont le caractère est méprisable.  »). Un parent peut ainsi traiter son propre enfant de « kõeebre  » sans que cela ne pose un problème. Un artiste bien connu porte le nom ou la devise de «  Kisto koinbré  ». La définition complète de la devise est  : «  Les gens aiment à détester le vilain d’autrui tout en élevant un tampiiri dans leur foyer  ».

Si une maman dans un excès de colère traite son rejeton de «  Tampiiri  », la conséquence peut être désastreuse pour elle-même. Le mari, son frère  ; sa sœur  ; son père, sa mère, tout membre de la parentèle peut sommer la mère de l’enfant d’indiquer qui est le vrai père de l’enfant. Après les mille regrets exprimés et les plates excuses, c’est souvent une grave erreur qui ne se répète jamais.

Des variantes du terme

Le terme «  tampiiri  » peut être qualifié pour apporter des nuances à son sens général.
«  Tampi-bila  », «  enfant de tampiiri  », est une aggravation tendant à créer plutôt le doute sur l’authenticité du père de la personne cible.

«  Bâ-tampiiri  »  : «  tampiiri du père  ». Est une précision qui fait une nuance avec le «  Buud-tampiiri  », «  tampiiri du clan, de la grande famille  ». Ce dernier étant de degré plus élevé dans la gravité. Le doute sur la filiation biologique peut se limiter sur l’authenticité du présumé père. Cela laisse supposer que le père biologique est peut-être membre de la grande famille. La mère a pu tromper son conjoint avec un autre membre de la famille proche (frère, cousin ou oncle). Dans certaines circonstances rares et très spécifiques, cette tromperie peut avoir été organisée par la famille en complicité bien sûr avec la mère… Ce qui laisse à l’intéressé au moins la filiation clanique. A contrario, le «  Buud-tampiiri  » est beaucoup plus grave car l’on suppose que le père biologique est hors du clan et cela prive au concerné tout lien clanique authentique. Dans l’usage  ; ces deux expressions sont généralement utilisées sous une forme négative ou interrogative.

Le pluriel de tampiiri est « tampiiba » qui semble moins marqué et moins chargé que le singulier. Le pluriel peut même tomber dans la catégorie des jurons car il n’est pas individualisé.

Il y a une particularité régionale  dans la province du Yatenga qui est beaucoup plus imagée. Au Tampiiri on préfère «  Yag-lèm-tiiga  » qu’illustre une illégitimité de naissance doublé d’une hybridation car le père géniteur inconnu n’est pas un humain mais plutôt un âne !

Si nous n’avons pas recensé de synonymes, il y a tout de même quelques expressions qui évoquent explicitement le terme  : «  Kouloum kouloum biiga  » littéralement «  Enfant de sinuosités  »  ; «  Windtoog-biiga  » pour «  Enfant de jour  »…

Cela dit, il n’existe presque pas de tampiiri «  officiel  ». Personne ne revendique voire n’assume un statut de tampiiri. C’est une situation redoutée. C’est un doute, un soupçon, une insulte. La gravité de l’insulte est telle que bien souvent même sous la colère, elle est lancée sous forme de question  : «  Es-tu un tampiiri  ? »  ; «  Est-il un tampiiri  ?  ». Très souvent le poseur de question se répond lui-même par l’affirmative pour justifier en quelque sorte ce qu’il exècre chez l’autre.

L’insulte en elle-même est moins dévastatrice pour l’individu et sa famille si elle vient d’un inconnu. A contrario, si c’est un familier qui semble en savoir des choses, là, doute et soupçon s’installent. Sans le dire, la mère ainsi que le père sont attaqués. L’une pour avoir trompé et l’autre pour avoir été trompé. La honte et le déshonneur sont finalement les signes extérieurs qui rongent sans exceller en cela le besoin très humain d’appartenir à une communauté.

La pureté du lignage est une obsession dans cette nation

Ce n’est pas une histoire de caste. La société moaga n’est pas castée.
Bien entendu, les Mossé ne sont pas les seuls à avoir une hantise sur le lignage. lls lui ont consacré tout de même d’énormes efforts. La pureté de la lignée pour le buudu, est fondamentale. Le bébé n’a pas forcement une jeune âme. Il est fort probable que ce soit l’âme d’une personne ayant déjà vécue qui a choisi de revenir en passant par cette naissance. Si la conception ne s’est pas réalisée dans la légitimité, il y a une perturbation de l’âme du concerné. Ce qui pourrait l’entraîner à commettre l’inacceptable malgré des conséquences irréparables pour lui.

Chaque clan (buudu) a en principe ses pratiques et rituels pour prévenir le phénomène. Les primipares sont souvent contraintes de suivre ces rituels…

Dans les familles royales, la peur de l’accession au trône ou à une haute fonction par un tampiiri a donné lieu à un régime très corsé de la vie des épouses des familles royales. Elles devaient porter de pesants bijoux spécifiques appelés «  koaba  » (et koobré au singulier) pour les différencier des autres femmes. Toute suspicion vaut bien souvent culpabilité et donc exécution des concernés. Tout homme qui croise seul à seul une épouse royale sur un chemin a obligation de quitter le chemin pour laisser passer la reine et sauver sa vie… Un haut fonctionnaire est commis à la surveillance des mœurs. Il s’agit du Poega ou du Poe naaba. Ce dernier «  a deux fonctions : désigner les personnes coupables d’empoisonnement ou de tentative d’empoisonnement, et celles coupables d’avoir entretenu des rapports sexuels interdits (rapports sexuels des sogndamba et infidélités des femmes du chef, en particulier).

La manière de procéder du Poe naaba pour établir la culpabilité consistait à lire les reflets, sur une surface d’eau, du visage du coupable présumé… » Cette instruction des plus légères a hélas provoqué l’exécution de centaines de personnes à travers le Mogho. En vérité, la pratique la plus hideuse de notre société d’antan.

Moussa SINON
Juin 2020

Vos commentaires

  • Le 17 juin à 16:29, par severin En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    Merci pour l’idée de génie d’avoir innové . Dans certaines contrées les femmes ignorent le sens et ce sont elles qui portent ces injures à leurs enfants,sans pour autant se mettre à l’idée que c’est un tord qu’elles sont entrain de commettre à leur progéniture. Chez nous,on dit la chatte ne mette au monde que des chats. Grand merci !

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  • Le 17 juin à 16:29, par Bonus En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    Voila un ecrit qui tente de me plonger dans la source de la culture Moaga. Il faut que ca fasse parti de l’enseignement. Nous somme une societe en depertition, alors que les asiatiques meme ayant embrasse le developpement occidental, on conserve un pan de leur culture. Avant a la radio nationale, il y’avait une emission qui est etait intitule "les contes du Larle Naba". Je ne sais pas si cette emission existe, etant hors du pays depuis belle lurette. Une question a l’auteur de l’artice sur ce passage"Il l’est si sa mère lui a attribué un père qui n’est pas réellement le sien et que celui-ci n’est pas au courant ou feint de l’ignorer." Comment la societe peut en savoir si c’est vraiment un "tampiiri" des lors que c’est un jeu de cache cache entre la fille et le garcon ?

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  • Le 17 juin à 16:33, par Ka En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    Maurice Yaméogo, le bibèga nationale, disait à qui voulait l’entendre que la Haute Volta c’est sa natte. Il peut s’asseoir ou la plier quand il veut. Le 3 janvier 1966, la natte lui a échappé, ainsi que je ne veux pas du Tampiirisme, ni du bazariisme.
    Oui ! la vrai signification du Tampiiri, c’est (Bâtard.)

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    • Le 18 juin à 11:24, par le chocco En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

      un Tampiiri est certes un bâtard mais tous les bâtard ne sont pas forcement des tampiiri. Tampiiri c’est celui qui n’a pas de buudu. c’est quand on ne connait pas avec exactitude le père d’un enfant donc qui ne peut être d’une quelconque famille. ça n’a absolument rien a voir avec le mariage. Ici le mariage n’est pas un référentiel quelconque mais l’appartenance à la famille ne doit pas être douteuse. Dans le mogho le mariage n’était pas aussi protocolaire qu’on le connait de nos jour, c’est une arabisation de nos sociétés qui a sacralisé le mariage à un tel point. Juste le consentement et l’accord des géniteurs ou des buudus équivaut a un mariage dans le mogho. ainsi une fille enceinte dont l’auteur est reconnu n’accouchera pas un tampiiri dans la mesure ou on connais son père. On pourra le qualifier de Yodm biiga au regard de la nature extra conjugale de sa conception. Mais cette appellation n’est pas si courante, vulgaire ou grave comme Tampiiri. Tampiiri c’est le summum des injures dans le mogho. Bien avant le terme vulgaire le plus usité de nos jour qui est" Magnindga". Malheureusement, ils sont nombreux de nos jour, qui s’y adonnent sans en saisir la portée.

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  • Le 17 juin à 16:58, par severin En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    Je suis du plateau central. Tampiiri existe bien . Mais le terme yaglem-tiiga qui tend à disparaître est le plus suprême des injures. Comme son nom l’indique ,il symbolise la fin de l’individu. où l’ensevelir ?qui prend en charge ses funérailles. Pas de clan ni de famille.? yaglem-tiiga est est profond que tampiiri. Ce n’est que mon point de vu. Merci.

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  • Le 17 juin à 17:23, par Mo’a En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    J’ai lu avec beaucoup d’attention cet écrit qui d’ailleurs résulte du fruit d’un long recherche. Cependant ne dit-on pas qu’un moment n’a de sens que dans un contexte ? Ceci dit Alpha blondy n’a pas totalement tord. L’évolution du mot lui a donné un autre sens qui englobe de ce fait les sens comme zalé, impoli...surtout au yatenga

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  • Le 17 juin à 17:48, par sofani En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    Bonsoir Mr MOUSSA.Je suis très contant de votre éclaircissement. Très simple que se soit tampiiru batradé toute personne qui insulté son prochain n’à qu’à rétrograder juste 10 siècles pour me dire exactement le nom de grand père qui vivait dans les environs de 1020 et qui il a trouver et marié si peut être pas une de ses sœurs.soit sérieux.un c’est par ta sœur qu’il a eu la grande famille. repartir en arrière qui a mis mon papa au monde dix siècles après comprendra quelque chose si un roi n’ai pas marié d’abord c’est pas autre personne dans la village. Donc comment faire pour peuple ou après la créature de Dieu selon la Bible site ta descendante je vais voir ce qu’on désire pas.On parle D’Adam et Eve commençons jusqu’à nos jours.chacun qui dit qu’il déteste et c’est cela partout pourquoi. es-saillons d’arranger cela si non.

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  • Le 17 juin à 18:14, par Férimakoun En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    Waouh ! J’ai hâte de lire la suite. Le Tampiiri semble être le Gnamôgôdén en dioula qui est confondu avec le naloman ou lagalagatõ et aussi avec le diagnadén.
    M. SINON vous vous y connaissez peut être aussi bien en dioula qu’en mooré ? Pourriez-vous après le Tampiiri traiter le gnamôgôdén qui est aussi utilisé à tord et à travers ?

    Merci, merci, merci.
    Férimakoun

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  • Le 17 juin à 20:12, par Mahamadi NANA En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    Vraiment j’ai aimé l’article ! Super bon travail ! Très clair !

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  • Le 17 juin à 20:23, par Sabari Le Lion En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    #Anitché félicitations mon frère pour votre contribution à ce vaste et noble chantier de la valorisation de notre patrimoine culturel. Vivement la suite...

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  • Le 17 juin à 23:36, par Tampiran Yamlma Yaa Sida En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    Tres bonne contribution, Mr. Sinon. Peut- etre, adjoindre votre qualite donnerait encore plus de credibilite a votre contribution que j’ ai beaucoup aime. Le yalgm- tiiga renvoie a un enfant concu par un un homme qui s’ est accouple a un animal.

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  • Le 17 juin à 23:39, par caca En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    Il faut du temps pour comprendre le sens de ce mooré hors porter. Nous autres les petits mossi non initiés ne comprends rien. L’auteur a eu une bonne idée de nous plonger dans nos traditions mooré. Une chose que je sais le vieux Ka ne me dirais pas le contraire : il y a des vrais tampiibans dans le net qui aiment usurper le pseudo des autres pour se faire lire. Non seulement ils peuvent qualifier de tampiibans et de yalmsées.
    Les anté mossis vont être jaloux de voir un vrai sociologue mossi de la auteur valoriser la langue moaga.
    J’attends la suite et merci pour l’innovation.

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    • Le 18 juin à 08:47, par papa En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

      @Caca sois plus serieux que ca . Je trouve que tu es parti tres loins en traitant les usurpateurs de pseudo du forum de TAMPIIBA . Moi meme je suis contre les usurpateurs de pseudos mais lä a les traiter de TAMPIIBA , franchement c´est inaceptable,car le nom Tampiiri est tres tres profond selon les region Faisons tres attention aux mots en moore´ que nous utilisons.

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  • Le 18 juin à 00:18, par ISSOUF KABORE En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    bonjour belle analyse mais je crois que le mot ’tampiri peut avoir differentes definitions selon la locaite . par exemple le mot ’wemba’ a plusieurs sens selon que lon est au centre ou au nord. tu pourras peut etre nous aider dans tes prochains ecrits merci et bon courage

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  • Le 18 juin à 08:25, par Ka En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    Comme l’auteur l’a bien expliqué, l’insulte Tampiiri, ou Tampiibila si vraiment on est en colères excessive contre son adversaire, reste le mot bâtard en Français qui n’est autre qu’une personne né d’un rapport adultère ; c’est-à-dire un enfant né d’une femme marié qui a trompé son mari.

    Nos ancêtres jugeaient les personnes dites bâtardes, ‘’’quant à sa naissance, cette personnes ne ressemblait pas a son père ou à sa mère. Qui est très cruel comme jugement, car il n’y avait aucun moyen de faire une analyse génétique. Tant dis qu’aujourd’hui, que tu ne ressembles pas à ton père ou à ta mère, les analyses génétique prouveront qui est le père. La traduction dite dictionnaire en Mooré est douteuse, et l’auteur nous pose un dilemme. Mais disons tout court qu’un Tampiiri est un bâtard en Français.

    Les premiers pères Blancs et pasteurs qui ont côtoyés les chefs coutumiers mossis pour la traduction de la bible en mooré, ont travesti le vrai mooré parlé par les mossi dits yadcé, et ceux du centre : Car phonétiquement les prononciations des mots sont autrement. Avoir un vrai dictionnaire en Mooré, reste impossible. Il faut des dictionnaires en mooré. Malgré les différences prononciations le mot Tampiiri restera en Français ‘’Bâtard’’ une personne né d’une relation adultère. ‘’’Une femme marié qui a eu un enfant avec un autre.

    Je remercie a l’internaute caca : Car sur le forum de Lefaso.net, il existe ces bâtards qui ne connaissent pas leur père, et porte leur haine en critique non fondée, surtout volent les pseudos des internautes de bonne foi pour se faire lire : Ou même multiplient les pseudos pour berner le monde Que ces Tampiibââ sachent, ‘’’quand on né Tampiiri, on reste toute sa vie un Tampiiri

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    • Le 18 juin à 12:27, par Moussa Sinon En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

      Cher Ainé KA,
      Merci.
      Je crois humblement qu’il n’y a pas de " vrai mooré parlé par les mossi dits yadcé, et ceux du centre". Tout le génie vient de là. Une nation métisse avec une langue forgée sur place avec des saveurs qui reflètent les compositions antérieures (les proto-moore). Il n’y a plusieurs variantes du mooré. Certaine peuvent être dominantes. Les dictionnaires pourraient intégrer des régionalisme ou des dictionnaires régionaux.

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  • Le 18 juin à 08:47, par BATIENON REBECA En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    Merci pour cet écrit, merci d’avoir enrichie et éclairé mes connaissances

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  • Le 18 juin à 09:55, par KPL En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    Que c’est très beau mon Burkina natal, mon Moogho à moi. Dommage que cela ne fasse pas parti de notre’éducation de celle de nos enfants.
    Vivement un président qui va prendre en compte les cultures du Burkina dans l’enseignement.
    Que Dieu bénisse le Burkina Faso

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  • Le 18 juin à 10:03, par Mechtilde Guirma En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    Absolument Mr Sinon en effet dans le plateau centrale, comme vous le précisez, pour évitez les ambiguïtés, tout enfant hors mariage qui a une filiation devient ipso facto, dans nos traditions, légitime. En fait le tampiiri c’est celui qui n’a pas de nom de géniteur. Prenons l’exemple de la période coloniale. Il y eut énormément des enfants de concubines (servantes), que leurs géniteurs ont abandonnés avant de quitter nos pays après les indépendances. Les parents de ces concubines se sont rendus compte que sur les semblants d’actes de naissance (seul héritage que les généreux géniteurs ont laissé à leurs progénitures africaines), il n’y avait seulement que la mention : « Né de père inconnu ». Il était donc difficile d’appliquer à ces enfants un nom de famille quelconque. Pour parer à cette situation et pour permettre à ces enfants d’aller à l’école, les parents des mamans de ces enfants leur ont donné purement et simplement leurs propres noms. En effet plus tard quand ces enfants ont grandi et sont devenus des gens d’avenir, ce fut à ce moment que ces « blancs » ont accouru pour les reconnaître. Mais la plupart d’entre eux ont carrément refusé et ont gardé les noms de familles de leurs mères et se sont intégrés dans la société africaine. Ce qui rejoint l’étude de Mr. Sinon comme quoi dans les traditions africaines, l’adoption existe bel et bien. En effet cela montre combien, la femme est très importante dans les sociétés traditionnelles africaines. Une simple faute d’adultère ne permettait ni ne donnait droit au mari, de foutre en l’air sa famille. D’ailleurs le doyen de la famille était là et y veillait. Donc un enfant qui n’a pas de père (géniteur ou d’adoption), est classé dans la catégorie de l’esclave, puisqu’on ne savait pas à quel clan ni à quelle ethnie le rattacher. En un mot c’était un enfant sans repères et de tels enfants n’étaient pas fiables. C’est pourquoi dans les traditions, mossé en l’occurrence, les esclaves finissaient par recevoir le nom de leur maître et s’intègraient parfaitement dans la société tout comme d’ailleurs la société romaine dans l’antiquité. Ce cas de figure s’appliquait aussi dans le mogho à certains groupes qui avaient fui la persécution des leurs et sont venus demander la protection des rois mossé. S’il se trouvait que leur nom était sujet à ambiguïté, c’est-à-dire dont la connotation introduisait une mauvaise définition ou interprétation en moré, le roi leur donnait son propre nom et s’occupait de leur bien-être et de leurs enfants.
    Ceci dit, je voudrai évoquer au passage la question du yaglem-tiiga dont parle l’internaute n° 10. Dans mes investigations pour mon mémoire en Sciences Politiques, je me suis aussi intéressée à ce mot. C’est alors qu’on m’a dit, qu’il y avait une confusion de genre et de nature concernant ce mot et qu’il fallait extrêmement être prudent pour ne pas verser dans des erreurs obscurantistes. D’abord yaglem-tiiga mot à mot veut dire : « accroché à l’arbre ». Il s’applique à un individu qui a commis une faute grave et non à toute sa progéniture pour une simple raison, d’après l’explication de mes tantes et ma mère : c’est que dans la tradition moagha, on ne peut pas mettre la faute du père (si grave soit-elle) sur ses enfants et vice-versa. Parce que leurs kinkirsi sont différents. La faute vient donc du mauvais génie (kinkirga) qui a incarné l’un d’eux lors de leur conception. Ne dit-on pas souvent chez les Mossé : « tel homme est bien, mais son fils est un kikirwêga ». Et vice-versa. En effet on ne devrait pas oublier que l’enfant doit son éducation à la société toute entière et la déviance est individuelle et non collective. D’ailleurs le meilleur héritage qu’un homme laisse à son enfant, c’est que ce dernier fasse mieux que lui et il y veillera de près une fois rejoint les ancêtres autour de l’Esprit de Dieu. Bref dans le plateau central moagha, le yaglem tiiga n’a pas sa place au sein de la terre qui garde le corps des ancêtres. Il peut alors devenir un fantôme errant qui cause encore beaucoup plus de mal aux humains que de son vivant. Pour cela, il y a des précautions à prendre quant à l’attribution des prénoms des enfants. Mais ce qui est encore plus important, c’est quand il s’agit du roi. En cas de faute jugée grave, on lui présente la ciguë (comme Socrate) ou le cas échéant une flèche empoisonnée dont il devait se piquer le talon d’Achille. Et s’il refuse on l’abattait et nuitamment allait accrocher son cadavre à la lisière d’un village voisins et ces derniers à leur tour chercheront à s’en débarrasser et ainsi de suite jusqu’à la dislocation totale. Mais ce que la génération des intellectuels n’a pas compris au départ, c’est l’importance du forgeron dans les sociétés Mossé. Ce sont eux premiers, qui font et défont les rois. En revanche ils sont craints par ces derniers. Les forgerons pour garder leurs privilèges, se défendent d’épouser les princes et les princesses pour ne pas tomber sous leur coupe et se voir interdire leurs pratiques. Entre autre privilège, il y a le fait que dans le cas des figures des fautes graves, ils refusent de fournir le matériel aratoire et autres instruments pour creuser les tombes, le cadavre n’a d’autre sépulcre que les cimes des arbres. En revanche les rois ne les aiment pas beaucoup. Dans les grandes querelles familiales, il arrive que pour parer à l’exil, des princes aillent s’enrôler dans l’ordre des forgerons et ensuite se mettre au service du roi. Ce que ce dernier ne peut plus refuser. Mais le roi a beaucoup d’opportunité aussi pour se faire pardonner afin de ne pas arriver aux cas extrêmes qui restent rares. Au nom du burkindi, il reconnaît sa faute et fait réparation par sa conduite son bon exemple et ses enseignements. Au Yatenga, à la fête des ancêtres, il est permis à tout un chacun de venir s’exprimer tour à tour, son mécontentement au roi assis entouré de son peuple. Ce qui lui permet de prendre de bonnes résolutions.
    Je voudrais terminer si le web me permet encore ces lignes, une petite anecdote : Un jour pendant le cours de théologie où le professeur nous expliquait ce que le Christ entendait par sa glorification quand la croix se lève je le paraphrase : « Avant que la croix devienne pour nous chrétiens un objet de fierté ou même de parure, sachez qu’au temps du Christ ce n’était pas le cas. Dans les régions à l’époque des cadavres étaient accrochés aux arbres. C’était la mort la plus ignominieuse infligée aux criminels de l’époque et le Christ a été considéré comme l’un d’eux. Les Romains au départ attachaient les cadavres aux arbres. Mais ce fut avec l’évolution qu’il ont remplacé les arbres par les croix ». Et il ajoute que quand on posait la question aux premiers chrétiens : « Et votre Dieu là il est mort comment ? ». S’ils répondaient qu’Il est mort sur la croix, les gens hurlaient :« youyouyouyou » et fuiyaient. C’est pourquoi les premiers chrétiens avaient pour signe le « poisson » en souvenir de ce que Le Christ disait à ses apôtres : « Je ferai de vous des pêcheurs d’Hommes ».

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    • Le 18 juin à 11:44, par Moussa Sinon En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

      Merci beaucoup Mme Guirma ; chère tante. J’apprends toujours de vos écrits. Cette contribution est édifiante. Nous avons à faire une société complexe comme beaucoup d’autres en Afrique, qui gère l’ensemble sans nier l’individu. J’en parle un peu dans la 2de partie de mon texte.
      Vous avez touché un autre sujet qui fait aussi l’objet d’une curiosité pour moi. Le modèle de formation nationale au Mogho. Des Nakomsé qui deviennent forgerons ! Assimi Kouanda, Albert Ouédraogo en travaillant sur les Yarsé nous apprennent que certains Yarsé étaient auparavant des Nakomsé, des Forgerons, etc.
      J’ai entendu des expressions du genre "N’kiin sando", "Yar-kiindm"... Vous avez parlé des anciens servteurs aui deviennent membres à part entière du buudu sauf pour quelques situations...
      Est-ce que ce ne serait pas l’individu qui serait finalement prédominant dans cette nation ? Aussi paradoxal que cela puisse paraître ! Par exemple, le bannissement du père par le buudu ne concerne pas ses enfants...

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    • Le 19 juin à 01:19, par Trahison En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

      Merci, Grande Soeur Mechtilde, pour le cours d’ anthroplogie et de religion. Tres informatif.

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      • Le 19 juin à 12:19, par Ka En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

        Je confirme mon jeune Trahison : Ton vieux Ka est très épaté par la critique fondée de madame M. Guirma. Quelle continu a contribué avec son savoir pour faire vivre la culture du pays que nous aimons toutes et tous. Que les internautes m’excusent de la faute commise dans mes critiques qui est ‘’’Simon au lieu de Sinon.’’’’ Quand à mon ami Trahison, continuons la lutte pour que la jeunesse puisse enraciner l’alternance politique saine voulue par le peuple Burkinabé.

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  • Le 18 juin à 10:45, par Wendlaboumb En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    Belle contribution à la connaissance et à la culture des générations montantes. C’est le type de production que l’on attend des intellectuels. Ajouter de la terre à la terre. Merci, courage et bon vent M. Simon.

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  • Le 18 juin à 11:11, par Tengbiiga En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    On entend souvent l’expression "Tampi bila" pour petit tampiri. Cette expression très utilisée même par les mères à l’endroit de leurs enfants semble moins "insulte suprême" que Tampiri.

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  • Le 18 juin à 11:42, par jeunedame seret En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    BARK WUSGO .. monsieur Sinon. Belle initiative. Tu es de quelle région même ? Yako ? J’espère que toi même tu n’es pas un tampiiri qui s’est inspiré de cet état pour nous instruire et gérer ton stresssssss….!!!!! Génial tout de même ! Je souhaite que les internautes te proposent d’autres mots à développer. Moi je commence en te proposant MA Yèdg biiga ; pourquoi cette insulte ? Les Yadsé ne se gênent même pas à dire sans pudeur Ma Kind biiga ! Baaba yor biiga !. Continue tes recherches pour la survie de la langue et des cultures. Une réponse à BONUS svp ; la société peut savoir que c’est un tampiiri parce que le géniteur est de la société. Mais le mal est tellement horrible que tout le monde s’efforce de cacher, mais ça se murmure.
    Bravo à SINON ; je souhaite que les têtes d’autres ethnies imitent ton exploit en essayant de développer pareilles définitions ; juste pour la fierté de culture et la survie de langue ; et surtout pour effacer les complexes d’infériorité ou autres préjugés venant des personnes ethnies qui se sentent oubliées, rejetées. Alors que souvent, la raison est leur retrait, leur enfermement de soi. En attendant SINON, il faut garder tes développements aux archives pour nos petits enfants récupérés par les écoles des blancs. Tampiiba ??!! Yag lem tiisé ? Ils courent ce risque.

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    • Le 19 juin à 17:35, par Moussa Sinon En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

      JeuneDame Seret, merci pour votre contribution.
      « je souhaite que les têtes d’autres ethnies imitent ton exploit en essayant de développer pareilles définitions ; juste pour la fierté de culture et la survie de langue »
      C’est mon humble ambition ! J’aimerais lire sur la société Birifor, Gouin, Koussassé ; Yaana, Bwaba, etc. C’est tout cela qui fera le Burkina de demain.

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  • Le 18 juin à 21:25, par Bao-yam En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    Félicitations à l’auteur. Qu’il continue son oeuvre en écrivant un dictionnaire mooré. Pour protéger nos langues il faut simplement les enseigner à l’école sinon c’est peine perdue.

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  • Le 18 juin à 23:28, par Ka En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    Cher jeune Moussa Simon : C’est moi qui te remercié pour cette Belle analyse, impartiale et simplement citoyenne. Je souscris entièrement ce qui as écrit. Et franchement, je t’assure ici, qu’en lisant ton écrit, je dis que du haut de ma noblesse par rapport à toi, j’avoue que tu forces le respect, et je profite te demander de continuer afin de nous abreuver des racines de nos langues qui disparaissent petit à petit.

    Ce que tu es entrain de tracer pour toute personnes qui sait qui elle est, me rappelle la fameuse phrase de DESMOND MPILO TUTU, archevêque anglican sud-africain, prix Nobel de la paix qui dit : ‘’’Notre valeur dépend intrinsèquement de ce que nous sommes.’’’ Oui mon cher jeune Moussa Simon, comme je ne cesse de le répéter dans ce forum enrichissant de Lefaso.net, ‘’’la culture est la seule valeur pour identifier tout un peuple. Et ceux qui sont les porteurs de ses valeurs culturels sont nos chefs coutumiers, dont leurs continuités des coutumes de l’ancêtre au grand-père, allant au père en fils, restent une référencé de notre jeune démocratie qui cherche son vrai chemin.’’’

    Essayons de ne pas perdre nos langues : Si on avait pas pris le copier-coller en considération plus que nos coutumes et nos langues, aujourd’hui on aura pas besoin au Burkina d’un dictionnaire en mooré, ou en dioula, car dans chaque foyer on se querelle qu’avec nos dialectes. Continu tes recherches en les mettant sur papier dans nos librairies pour que nos dialectes puissent germés dans les mémoires de la nouvelles génération. Encore une foi, merci pour cette analyse constructive.

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  • Le 19 juin à 14:25, par René En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    Merci pour l’éclaircissement.
    A Gourcy dans le Yatenga, un vieux m’a aussi dit que Yagl-n-tiiga renvoie à quelqu’un qui a eu des rapports sexuels avec un animal. Et à sa mort, il n’avait pas droit à une tombe, mais pendu à un arbre : Traduction littérale de Yagl-n-tiiga.
    Quant à Tampiiri, une autre traduction, c’est l’enfant né d’une relation sexuelle au sol (sur le sol sans natte). Littéralement Tampiiri, c’est le sol comme natte. Tando = sol, terre et piiri = natte.
    Merci

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  • Le 19 juin à 15:26, par caca En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    On voit bien la réaction des moorélatries sonner la trompète, tandis que les mooréphobes ont désertés l’article de grande importance. Cependant, on voit la richesse sociologique de nos langues. Bon courage à l’auteur pour la suite de la recherche.

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  • Le 19 juin à 15:28, par Mechtilde Guirma En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    Mon très cher fils Sinon,
    Tout d’abord, je vous exprime mon admiration pour votre courage et audace. Sûr qu’après les épreuves que nous subissons, un changement de mentalité s’amorcera pour parer à temps la catastrophe culturelle qui nous guette. Mais il y a des préalables :
    - L’audace comme la vôtre en ce moment qui suscite le débat avec des effets boomerangs est la bienvenue.
    - La sécurité et la santé dans tous les sens et aspects holistiques des termes, avec ses obstacles tant exogènes qu’endogènes.
    - D’abord les exogènes : Jeunedame seret vous donne un avertissement : « il faut garder tes développements aux archives pour nos petits enfants récupérés par les écoles des blancs ». En effet de nos jours, qui a ou n’a pas intérêt à ce que nous retracions notre passé pour cheminer spirituellement vers la réconciliation, afin de poser des bases nouvelles, fortes, stables et émergeantes de notre société ? Des élections de novembre 2020 ? Mirage démocratique ou diversion au détriment d’une pause qui nous permettrait d’évaluer sereinement la situation nationale.
    - S’en viennent ensuite les endogènes : Des élections de novembre 2020 personne n’en conteste la Constitutionalité, ni l’adage : « Nul n’est sensé ignorer la loi ». Mais n’est-ce pas aussi occulter les dispositions tant tacites que constitutionnelles qui garantissent aussi le déroulement et la transparence ?
    Depuis près de trente ans aux ébauches du processus démocratique dans les fonds baptismaux de la rencontre de la Baule, combien de documents des chercheurs dorment toujours dans les tiroirs ? Je pense aussi aux Conférences Internationales avec à la tête la quintessence universitaire de l’Afrique francophone : Joseph Ki-Zerbo et son ami Laurent Gbagbo pour ne citer que ceux-là. Et qui peut me dire où on peut lire les actes de ces travaux dont le thème « identité, ethnicité et processus démocratique » était en vogue en Afrique à l’époque et où ma communication était sur « La case des Ancêtres, Démocratie et valeurs culturelles » ? Mieux Tout récemment depuis 2013 et 2016, mes deux livres sur : « la femme à la rescousse de l’église-famille du Burkina… » et « Sauvez la famille à la lumière de l’Afrique sub-saharienne » ont connu un sabotage systématique et j’ai failli les perdre, après m’être ruinée pour les éditer, n’eût été la vigilance de la justice canadienne et le bureau national canadien des droits d’auteurs. Auparavant à Ouagadougou, que seraient devenus mes investigations dans le cadre de la décentralisation sur « l’église catholique et les coutumiers comme pouvoirs politiques locaux », n’eût été également l’intégrité du général Marc Tiémoko Garango à l’époque Médiateur du Faso et son équipe et collaboratrices, je n’aurai même pas eu mes droits pécunieux qui m’avaient été confisqués. Et cela n’est que la pointe de l’iceberg.
    Vous me posez la question suivante : « Est-ce que ce ne serait pas l’individu qui serait finalement prédominant dans cette nation ? ». Bien sûr que oui et dans notre Nation c’est l’individualisme pur et dur qui nous malaxe. L’individu, dans nos traditions est tout autre : le paradoxe voulant que sans individu il n’y ait pas de foule, toute la société mettait d’abord son point d’honneur sur éducation de tout individu, parce qu’à partir de lui la culture était générée. C’est ainsi qu’à première vue d’abord fondu dans la masse de façon anonyme, il rebondit dans la spiritualité pour tendre vers le transcendant avec son identité propre, son appartenance généalogique : « tel épouse mit au monde tel enfant fils de tel homme ». Jeunedame seret effleure la question par ses expressions (certes grivoises mais très pertinentes) de : « MA Yèdg biiga, Ma Kind biiga ! Baaba yor biiga ». Ainsi donc l’individu était un être initié et associé. En jargon juridique moderne on dira qu’il était objet et sujet de droit. La société elle-même disposait des parapets pour garantir ces droits à lui et à toute la collectivité et aussi maintenir l’ordre. Ce sont les gardiens des us et coutumes au nombre de douze que sont les ordres corporatifs. La société savait conserver ses secrets et protéger leur cohésion par le langage initiatique des Benda. Elle était de communion avec les ancêtres donc transcendante. À quoi se réfère-t-on avec ces concepts ? À la conscience de l’existence du monde visible et l’invisible, du temporel et du spirituel, du réel et de l’irréel et enfin le chrono et du Kaïro, en terme de temps, d’époque et d’espace-temps qui lui confère son histoire et trace son expérience à travers les âges qu’une vie d’individu n’épuise pas. C’est pourquoi l’individu lui-même a peur de l’inconnu et ne courra jamais le risque de s’exclure de sa communauté en respectant ses attaches sociales. Contrairement aux idées généralement émises aujourd’hui, la société traditionnelle n’était pas statique : « il y a un temps pour tout » (ecclésiaste 1-15). Elle avait bel et bien une dynamique. Mais de nos jours ne faut-il craindre que l’immobilisme, dont elle est ’accusée, ne soit qu’une raison de plus pour détruire son dynamisme et le remplacer par une mondialisation galopante en détruisant le meilleur de us et coutumes et des traditions. En bref le cours de la vie est ainsi réglé et démontre que les sociétés avancent sur la voie de leur culture pour reste viable en tant que Peuple même avec l’individu à la tête du convoi terrestre, comme guide, roi ou chef de famille qui aide à éviter les obstacles en sachant repérer à bon escient les parapets (Jn1,6. Je suis le chemin, la vérité, et la vie). Donc on peut avancer que la vie est entretenue d’abord par les volonté individuelles (ou libre arbitre définie par des pères de l’église) et la voie collective comme famille ou royauté dans le bouillon des cultures des Peuples. En ramassé donc chaque individu (chef ou quidam) a sa mission propre pour l’intérêt collectif qui reste aussi son intérêt individuel. Jeune dame seret fait une observation pertinente : « Mais le mal est tellement horrible que tout le monde s’efforce de cacher, mais ça se murmure ». C’est la problématique des réconciliations dans les conflits. L’oubli fonctionnel dans la société traditionnelle n’empêchait pas les murmures comme mémoire collective de notre histoire et notre expérience (l’oralité étant les esquisses des archives et une bibliothèque virtuelle). Ce qu’il ne faut pas oublier l’avenir a souvent des affinités en projet avec le passé (à commencer par l’homme lui-même : « le ciel et la terre passeront mais mes paroles ne passeront pas : Mt 24, 35). Le christianisme a bien progressé avec cette forme de la mémoire et l’évangéliste Marc est connu pour ses occlusions et silences tout comme les Benda mossé font une pause à une date jugée obscure de leur histoire dans le récit de la généalogie des rois. Et les murmures parcouraient les rangs de la foule, car le temps avait déjà fait le reste. En bref, nous vivons en ce moment un temps où relire sereinement le passé, reste un défis incontournable pour repenser notre démocratie.

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  • Le 19 juin à 17:50, par Buud-Nooma En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    Honnêtement apprécié. Merci beaucoup d’avoir de la valeur à notre culture qui tend à se perdre au contact de l’Occident. Dieu vous bénisse. Wẽnd na niing y barka

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  • Le 19 juin à 19:20, par Ka En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    Merci à toi René de parler de notre terre qui est sacrée et personne n’a le droit de la souillée. Il y a des provinces au Burkina jusqu’à nos jours dont on ne badine pas quand on parle de la terre. Exemple dans la province du Poni ou j’ai étudié avec quelques-uns de ses cadres et les rends souvent visites dans leur village, depuis les années 1980 jusqu’à nos jours dans cette province qui a su conservé rigoureusement ses continuités des coutumes, à ma connaissance hormis les Dioula islamisés et les Dagara dont la reconversion au christianisme est visible, la religion traditionnelle de la société lobi reste l’animisme à laquelle elle reste profondément attachée.
    L’animiste dans la province du Poni surtout avec les Lobis, se manifeste surtout par respect de la terre, car, pour qu’elle soit féconde, elle ne doit ‘être souillée aucunement. ‘’’’Il ne faut jamais par exemple commettre l’acte sexuel a même le sol, ni en brousse.’’’’ Tout ce qui est en rapport avec la terre est sacré. Et ce ne sont pas mes amis lobis qui me diront le contraire. Oui René, la terre est sacrée.

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  • Le 19 juin à 20:43, par RETRO En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    Selon ce que j’ai appris chez un yadéga, Au Yatenga, yagl-n-tiiga veut dire quelqu’un qui ne mérite pas d’être enterré au cimetière. Par conséquent son cadavre est jeté dans le creux d’un arbre en l’occurrence le baobab. Certains internautes parlent de pendu, je n’en sais rien. Les personnes décédés qui sont enterrés ainsi incluent ceux qui se sont couchés avec un âne, les lépreux, les incestueux. La littérature montre qu’au Sénégal par exemple, les creux de baobabs servaient de tombes chez certains groupes ethniques. Pour vérifier si au Burkina Faso cela est réel, il faudra procéder à des fouilles dans les creux des baobabs qui meurent et tombent d’eux mêmes, il est probables pour vous de retrouvez des ossements humains. Il n’est pas tard car le baobab peut vivre plus de mile (1000) ans. Pour les baobabs vivants il est possible d’utiliser des appareils photographiques sophistiqués pour sonder le creux. Bon travail aux archéologues.

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  • Le 24 juin à 09:13, par Le Pacifiste En réponse à : Essai  : « Tampiiri », une insulte suprême chez les Mossé (1ère partie)

    Pour une fois, une moaga (singulier de mossé, excusez-moi si le mot n’est pas exact) a bien écrit. Eux, les mossé qui passent leur temps à dire aux gens  tampiiri". Prochainement je donnerai la réplique à mr Sinon en san..Alors prépare-toi cher "berguera"( tu peux écrire sur ce mot aussi. mais avant vas chercher le sens). A part ça, J’ai apprécié et j’ai appris beaucoup de choses. ce sont ces enseignements que nous voulons et qu’il faut donner à la jeunesse au lieu de nous gaver de n’importe quoi sur les plateaux de télé et radio

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