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Coopération : « Les compagnies minières canadiennes sont parmi les plus transparentes au monde », selon Carol McQueen, ambassadrice du Canada au Burkina

Accueil > Actualités > Diplomatie - Coopération • • lundi 15 juin 2020 à 22h35min
Coopération : « Les compagnies minières canadiennes sont parmi les plus transparentes au monde », selon Carol McQueen, ambassadrice du Canada au Burkina

Alors que son pays, le Canada, présentera sa candidature pour un siège non-permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, le 17 juin 2020, Carol McQueen, ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire du Canada au Burkina Faso, nous a accordé une interview, le 13 juin dernier. Dans cet entretien, elle revient sur l’attaque du convoi du personnel de la mine de Boungou, gérée par une compagnie canadienne, le 6 novembre 2019. Carol McQueen analyse aussi la coopération bilatérale Burkina-Canada, la situation sécuritaire, l’avenir des sociétés minières canadiennes implantées au Burkina, l’éducation, le coronavirus, les échéances électorales, les droits humains, etc.

Lefaso.net : Comment se passe votre installation au Burkina Faso, neuf mois après votre arrivée ?

Carol McQueen : Cela se passe très bien. Cela fera bientôt neuf mois que je suis là, et je commence à bien m’installer dans votre pays, à bien l’apprécier. Je trouve que les Burkinabè sont chaleureux et accueillants. Je trouve aussi qu’il y a un accès formidable aux autorités gouvernementales ; c’est très facile d’obtenir des réunions avec des ministres ou des fonctionnaires. Donc, on a une amitié et cela se passe à merveilles.

Qu’est-ce qui justifie votre choix comme ambassadrice du Canada au Burkina Faso ?

Il faut dire que j’aime beaucoup l’Afrique ; j’ai passé une dizaine d’années en Afrique. Mon mari vient du Rwanda, donc en Afrique de l’Est. Mais je ne connaissais pas bien l’Afrique de l’Ouest. Cependant, j’avais eu des échos favorables sur la culture, la musique, et tout ça. J’ai fait une formation en relations internationales, j’ai soutenu un doctorat à l’université d’Oxford. Je fais partie de ceux qui sont formés dans la profession de diplomatie.

On parle de plus de « 2 500 écoles fermées et 350 000 élèves burkinabè privés de cours » du fait des attaques des groupes armés dans plusieurs localités du Burkina Faso. Face à ces nouveaux défis, comment le Canada entend-t-il orienter son appui ?

Nous savons que l’éducation est un secteur important de tout pays. C’est là où nos enfants et notre jeunesse apprennent comment contribuer à construire la société. Et le Canada, depuis longtemps, est le premier partenaire technique dans ce domaine au Burkina Faso. Pour l’instant, le Canada est le chef de file d’une équipe de partenaires techniques et financiers dans le secteur de l’éducation.

Au cours des cinq dernières années, le Canada a contribué pour environ 50 millions de dollars dans le secteur de l’éducation. Nous sommes très ravis de collaborer avec votre gouvernement, parce que depuis cinq à dix ans, on voit des progrès énormes sur certains points : à savoir que le taux d’enfants qui s’enregistrent à l’école a beaucoup augmenté ; de même le taux d’enfants qui finissent le primaire et le secondaire.

L’autre aspect qui est très important pour le Canada, c’est le fait que le nombre des filles qui complètent l’école primaire et secondaire augmente rapidement. Pour le Canada, c’est très important, car on a une politique de développement très féministe qui croit que les filles doivent avoir une vie meilleure. Et bien sûr, l’éducation est une des manières d’obtenir cela.

Bien sûr, tout comme le gouvernement, on s’inquiète sur la situation sécuritaire du Burkina Faso et on a peur que cette situation freine ce projet. Donc, on travaille étroitement avec le gouvernement pour essayer de trouver les solutions. Votre gouvernement, le ministère de l’Education, fait un travail énorme qui est d’essayer d’accommoder avec les enfants des déplacés internes de certaines localités comme Kaya.

On essaie de les accompagner et on les soutient dans ce travail. En plus de cela, le Canada a un projet qu’on a commencé avant que la crise ne commence. Un projet avec Plan international qui essaie d’aider les enfants qui ont perdu quelques années ou quelques mois de scolarité, à travers des programmes d’enseignement plus rapides.

Par exemple, un enfant qui a manqué un an ou deux, peut toujours aller à l’école se rattraper suffisamment à travers deux ou trois ans de scolarité dans une année par exemple. Ce programme est très important et ce projet de plan cible les jeunes filles, parce que dans un contexte de déplacement, parfois les jeunes filles sont gravement atteintes. Elles peuvent vivre des situations très difficiles à la maison, peut-être des violences domestiques et tout. Donc, c’est très important de garder ces filles à l’école et leur donner une opportunité.

On parle de « plus de 2 millions de personnes touchées par la crise humanitaire au Burkina Faso en 2020 », dont les besoins sociaux sont légion. Quelle est la réalité de la contribution du Canada au plan de réponse humanitaire mis en œuvre par les autorités burkinabè ?

Pour l’année 2020, le Canada a déjà annoncé une contribution spécifique humanitaire de 3,4 millions de dollars canadiens. Cet argent est surtout reparti entre les agences des Nations unies, ainsi que la Croix-Rouge. Donc, nous donnons par exemple l’argent au PAM (Programme alimentaire mondial) qui aide à donner de la nourriture aux déplacés et à soutenir les cantines scolaires. Et bien sûr, on offre de l’argent aux agences des Nations unies pour les réfugiés qui jouent un rôle important avec les déplacés internes, au niveau des bâtiments où ces gens peuvent vivre. Le Canada est présent et essaie d’aider le Burkina Faso durant cette période très difficile.

Comment évolue l’accompagnement canadien à la microfinance, à l’accroissement des recettes intérieures et au secteur agricole au Burkina Faso ?

On a un grand projet qu’on a financé et qui vient juste de se terminer, mais les bénéfices vont se ressentir pour les années à venir. C’est un projet qu’on a financé dans la région du Sahel, et c’est la compagnie minière IAMGold qui a contribué à la réalisation de ce grand projet qui a coûté 12,5 millions de dollars canadiens.

Il s’est agi de créer une zone d’assainissement d’eau pour permettre d’avoir de l’eau potable à Dori et dans certaines communes aux alentours de Dori. Dans l’optique de permettre aux gens de se laver, boire et laver leurs mains dans ce contexte de Covid-19. Aussi, il faut dire qu’avec les défis du Covid-19, le Canada a aussi vu qu’il pourrait avoir d’autres projets dans certains pays. Ces projets ont facilité le lavage des mains.

Et dans la microfinance ?

Présentement, nous n’avons pas de projet direct dans ce secteur. Mais, pendant longtemps, nous avons travaillé dans ce sens. Par exemple, l’institution nationale du microcrédit, c’est nous qui avons facilité sa mise en œuvre, avec une série de banques et d’institutions bancaires au Burkina. Ensuite, nous avons eu un projet de culture de riz avec les femmes dans la Boucle du Mouhoun où nous avons créé un fonds pour permettre aux femmes d’avoir des crédits pour acheter du terrain.

Le Canada croit aux microcrédits parce que cela permet aux gens d’avoir des moyens pour être autonomes. C’est un des secteurs où l’aide au développement est le plus efficace, parce que ça donne aux gens la possibilité de générer leur propre économie une fois que le projet se termine. Ce qu’on remarque dans certains pays, avec ces microcrédits, c’est qu’on est capable de faire des projets, de se retirer et le projet continue avec les partenaires locaux et des institutions nationales. On était présent et on a fait des choses et ça continue de profiter au pays ; c’est cela le développement.

Quel est l’avenir de ces investissements canadiens en matière minière, après l’attaque du Boungou ?

Nous savons que le secteur minier est un secteur fondamental pour le Burkina Faso. Le secteur informel apporte 13% de votre PIB et 15% de vos recettes de taxes, bien sur le secteur minier et d’autres secteurs aient été ébranlés par ces chocs terroristes et d’insécurité. Evidemment, le secteur minier est affecté davantage parce que les sociétés minières sont dans des coins éloignés où les terroristes attaquent. Bien sûr, les sociétés minières travaillent très fort à l’interne pour renforcer la sécurité de leurs sites et le personnel.

Le gouvernement burkinabè reconnaît cet effort. Il établit un plan de riposte avec les sociétés pour essayer de voir comment on peut mieux sécuriser les sites, les routes d’accès, permettre des pistes d’atterrissage pour que certains personnels soient emmenés par avion ; ou par voie de drone pour mieux monitorer autour du site. Ces sites miniers représentent des investissements massifs.

Le Canada est le plus grand investisseur ici au Burkina. Nous estimons avoir 3,9 milliards de dollars d’investissement. Donc, chaque point représente des milliards d’investissement. Ce n’est pas quelque chose qu’on abandonne, on fait tout pour préserver ces richesses et voir comment la production peut continuer malgré ces défis.

Comment situez-vous les responsabilités après l’attaque d’un convoi du personnel de la mine de Boungou ?

Bien sûr, ce n’est pas ces genres de situation où on veut blâmer ; cela ne donne absolument rien. Le Burkina Faso fait face à une crise sécuritaire dont les causes sont là, depuis plusieurs années : des causes régionales, des causes nationales, etc. Le défi, c’est de trouver des solutions, comment on peut passer cette période ? Evidemment, cette attaque était terrible, c’est un des pires moments que j’ai vécus comme ambassadrice du Canada au Burkina Faso. D’ailleurs je présente mes condoléances aux familles affectées.

Mais on a appris que les routes d’accès sont un des points vulnérables pour le secteur minier. Donc, il faut trouver des solutions pour améliorer cela. Il y a plusieurs solutions : celles qui impliquent l’Etat burkinabè comme la sécurisation permanente des routes. Mais il y aussi d’autres solutions comme faire moins voyager souvent des gens, voyager par hélicoptère. Naturellement, c’est difficile, ce n’est pas une chose qui va être résolue en une seule journée ; ça prend plusieurs semaines et des collaborations de travail.

Concernant les compagnies minières canadiennes, qu’avez-vous envie de nous dire par rapport à la responsabilité sociale de l’entreprise et au respect de l’environnement ?

Les compagnies canadiennes, pas seulement minières, doivent respecter les lois canadiennes, ainsi que les lois applicables dans les pays où elles travaillent. Le Canada prend cela au sérieux, donc une compagnie canadienne doit démontrer qu’elle respecte les lois environnementales, les communautés autour de la mine. Pour moi, je sais que c’est un sujet controversé dans votre pays.

Mais moi, je considère que le Burkina est chanceux que le Canada et les compagnies minières canadiennes soient aussi présentes ; parce qu’elles sont parmi les compagnies les plus respectables et les plus transparentes au monde et qui respectent les lois. Je suis allée visiter plusieurs de ces compagnies et chacune d’elles fait des efforts énormes pour financer de petits projets de développement locaux dans des communautés environnantes.

Je crois que si vous allez voir ces communautés riveraines des mines, elles vont vous dire qu’elles sont très heureuses de ces compagnies. Le secteur minier crée quelque chose comme 10 000 emplois directs et 26 000 emplois indirects ; c’est le deuxième plus grand employeur au Burkina Faso. Donc, ça apporte une richesse très importante.

Comment appréciez-vous la gestion du Covid-19 au Burkina Faso ?

Je suis assez impressionnée. Le gouvernement a pris cela au sérieux dès le départ, en fermant l’aéroport et les voies de transport. Je pense que ce geste, en plus de la quarantaine, a réduit la contamination. Mais je sais aussi que cela a créé des douleurs économiques qu’il faut travailler à régler. Je pense qu’on doit les féliciter.

Je pense que le Covid-19 est là pour plusieurs mois - c’est une maladie contagieuse - jusqu’à ce qu’on ait un vaccin. Pour le Burkina Faso, l’ouverture des frontières et de l’aéroport va représenter le prochain défi. J’encourage le public à observer les mesures barrières. J’encourage un dépistage plus avancé. Le gouvernement fait déjà un bon travail. Nous sommes dans l’obligation de faire plus de dépistage pour éviter des choses que cela se répande rapidement.

On annonçait plusieurs milliers de morts en Afrique au début du coronavirus. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Comment expliquez-vous cela ?

C’est une question qui vaut des millions de dollars, et je ne suis pas certainement une scientifique. Je crois que des gens sont en train d’étudier ça. Mais c’est impressionnant, parce que la courbe au Burkina Faso est restée bien plate, comparée au Canada, aux USA, etc. On ne comprend pas tout. Mais je peux dire que les mesures barrières ont été adoptées plus tôt. Mais lorsqu’ils vont faire les études, ils vont peut-être dire parler de la jeunesse de la population, moins de gens très vieux, la chaleur, etc. Mais on prie pour que cela continue ainsi.

Avez-vous l’impression qu’il y a des conflits communautaires au Burkina Faso ?

Dans tous les pays du monde, il y a des conflits ethniques et communautaires. Mais une partie du rôle de la gouvernance est de trouver comment gérer ce type de problème. Nous savons que le Burkina a un historique de tolérance ethnique et religieuse, et, nous devons applaudir cela. Même au Canada, qui est un pays très diversifié, nous avons nos problèmes, nous avons une tache historique avec nos populations autochtones ; ça dure encore aujourd’hui, plusieurs siècles plus tard. Le Burkina Faso doit le monitorer, il ne faut pas l’ignorer. C’est très important, il ne faut le nier ; même le Canada ne doit pas nier qu’on a parfois le racisme, qu’on a parfois des intolérances. C’est quand on admet le problème qu’on cherche les solutions.

Il ne faut pas le nier, il faut le reconnaître, et c’est ainsi qu’on pourrait trouver les solutions. Je pense qu’au Burkina Faso, depuis un certain nombre d’années, il y a un certain nombre de défis. Il faut travailler avec le groupe, par exemple la médiation locale, s’il y a une dispute quelconque. Evidemment, l’éducation est importante, les enfants ne sont jamais racistes. Moi, qui suis mariée à un Africain, j’ai des enfants mixtes. On voit comment les enfants, les bébés ne voient rien de couleur.

Mais on apprend à haïr l’autre, on apprend à avoir des stéréotypes. C’est vraiment important qu’on pense à cela, qu’on mette en pratique des mesures de politiques qui empêchent ces genres d’affaires. Quand on a un problème, un défi, il ne faut pas le nier ; il faut l’analyser pour voir comment on le résout, comment mettre les communautés ensemble. Je vois au Burkina Faso cet historique d’amitié, de blagues entre certains groupes [parenté à plaisanterie, ndlr] ; cela donne une certaine base pour résoudre ces problèmes.

Selon Human Rights Watch, des bavures ont été commises sur certaines communautés burkinabè par les FDS. Quand vous entendez cela, qu’avez-vous envie de dire ?

Quand on voit un tel rapport, ça nous inquiète. Il faut savoir qu’une paix durable, pas seulement au Burkina, demande le respect de la personne. Si l’Etat ne respecte pas le droit de la personne, les gens perdent confiance en l’Etat. On peut le voir au Canada ou aux USA avec la police. Je sais qu’au Burkina Faso, avec le contexte sécuritaire, c’est très difficile de différencier l’ennemi de l’ami. Donc personne ne nie que ce soit une situation complexe, et personne ne nie le fait que les Forces de défense et de sécurité sont prêtes à donner leurs vies pour le Burkina ; il y a des exemples positifs et on doit les applaudir pour cette dévotion.

Par contre, c’est vraiment important de travailler sur les questions de respect des droits de l’homme. Donc, s’il y a des allégations contre les FDS, selon moi, c’est très important que le gouvernement enquête pour comprendre si c’est vrai, pourquoi et comment on peut empêcher cela dans l’avenir. J’encourage des formations sur les droits humains au profit des FDS, parce que quand on est dans une situation difficile, on peut s’orienter.

Comment expliquez-vous la recrudescence des attaques des groupes terroristes au Burkina Faso ?

C’est une question qu’on pourrait débattre pendant plusieurs heures. C’est une situation qui peut s’expliquer par des causes multiples, historiques, lointaines ; régionales, immédiates et nationales. On ne peut pas aborder cela dans une petite entrevue. Mais c’est une situation, quand elle se présente, on voit que certaines situations qui étaient déjà présentes s’amplifient. C’est comment savoir vivre avec l’autre qui est important ; comment on distribue les ressources de l’Etat pour favoriser les régions plus lointaines, pas seulement la centrale.

Ces questions deviennent très importantes. Mais, bien sûr, la détérioration de la situation régionale depuis la Lybie, le Mali, a gangréné le Burkina. Malheureusement, une fois qu’une situation devient plus violente, elle devient plus difficile à arrêter ; il va falloir avoir un engagement national pour répondre à cette crise pour plusieurs décennies. Mais on est à vos côtés.

Vous qui êtes investie au Sahel, comment faire pour assurer la paix aux populations, lutter contre la pauvreté et protéger l’environnement ?

Je pense qu’il y a un besoin de développement équitable qui permet aux gens du Sahel d’avoir une bonne vie. Il faut de l’eau et le partage des terres, y compris pour les éleveurs. Il faut travailler sur cela. Le Canada soutient les pays en voie de développement en matière de développement.

Concernant l’égalité des genres, la santé, les droits sexuels et reproductifs de la jeunesse, que comptez-vous faire ?

Le Canada considère l’égalité des genres comme un facteur très important de développement qui inclut tout le monde. Et nous avons une politique d’aide au développement féministe, qui favorise les femmes. En ce moment, nous avons un projet dénommé « Ado-Santé » qui travaille avec les adolescents pour leur permettre d’accéder aux soins, aux méthodes contraceptives.

Quand vous entendez dire que les attaques au Burkina pourraient avoir une incidence sur les élections, quelle est votre analyse ?

Les élections sont importantes dans un pays démocratique. C’est essentiel pour l’avancement d’une démocratie. C’est l’une des marques importantes pour que les citoyens choisissent qui va présider à la destinée du pays. Ces terroristes sont contre les valeurs qu’on prend comme importantes. On sait que les terroristes détruisent les écoles ; c’est une valeur de l’Etat de droit. C’est une valeur démocratique aussi, parce qu’elles permettent l’éducation des enfants.

C’est vrai que pour les élections, il y a peut-être certains risques. Ça va être difficile pour ces régions du pays sous insécurité. Je pense que le gouvernement travaille sur ça pour assurer que les populations déplacées puissent tout de même voter. Dans ce contexte-là, le Canada a un très beau projet avec le Haut-commissariat des refugiés qui permet aux personnes déplacées d’obtenir une carte d’identification nationale pour voter, même si elles ne sont pas dans leurs quartiers de résidence. On monitore cela de très près, on verra quels seront les dispositifs de l’Etat pour assurer les élections.

Quel est votre regard sur la presse burkinabè ?

Je suis impressionnée. C’est une société libre. Les médias sont professionnels. Ce qui important, il faut maintenir ce niveau. Les journalistes jouent un rôle important.

A vous le dernier mot

Je vais tout simplement dire que le Canada est un pays qui aime beaucoup le Burkina Faso. On vous considère, par ce que c’est un pays qui partage les mêmes valeurs que le Canada. A vous les jeunes, malgré les défis énormes, je vous demande de persévérer, je vous conseille de continuer les études. Si on travaille tous ensemble, on va dépasser cette période. Vous êtes l’avenir du pays.

Le Canada se présente au poste de pays membre non-permanent du Conseil de sécurité, le 17 juin 2020. En ce moment de défi international, le Canada est un bon pays pour ce poste. Le Canada est un pays qui croit au multilatéralisme et au droit international. Le Canada est un pays de diversité, de croissance inclusive, de protection de l’environnement et lutte contre la pauvreté. Pour avoir une voix importante sur le plan international sur certaines décisions importantes, nous avons besoin d’un champion, et c’est le Canada. Nous avons besoin des Burkinabè. On a fait une campagne très forte et nous allons gagner.

Interview réalisée par
Edouard Kamboissoas Samboé
Mariam Sagnon (stagiaire)
Adjaratou Tall (stagiaire)
Lefaso.net

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