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Fronde sociale : Simon Compaoré et certaines méthodes de lutte syndicale

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET • vendredi 12 juin 2020 à 23h55min
Fronde sociale : Simon Compaoré et certaines méthodes de lutte syndicale

A la conférence de presse du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), ce jeudi 11 juin 2020, la question de la fronde sociale est revenue dans les préoccupations des journalistes, qui ont voulu avoir la réaction du parti au pouvoir sur précisément la sanction contre trois agents du ministère de l’économie, des finances et du développement.

« Soyons honnêtes entre nous, je crois que l’immense majorité devrait dire à ces responsables syndicalistes qui s’acharnent sur ce point-là : vous avez tort. Ce n’est pas aujourd’hui que les luttes syndicales se mènent au Burkina. On a vu des syndicalistes plus teigneux que ceux-là qui se donnent à voir aujourd’hui. Peut-être que certains sont jeunes, mais nous qui sommes un peu moins jeunes qu’eux, on a vu. Donc, ça ne sert pas de faire la surenchère. Le gouvernement et les syndicats, ce sont des partenaires. Mais quelqu’un qui se fixe dans sa tête, comme mission de défier l’Etat, coûte que coûte, et qui se dit syndicaliste, il perd le nord. Ce n’est pas la mission du syndicat ; parce que l’Etat est incontournable, il reste un partenaire et il faut négocier et non menacer. J’ai vu dans un journal, un terme… (il cherche, ndlr), ‘’la remontada’’, ça veut dire quoi ? (remontada : terme employé dans le milieu du sport pour exprimer le fait qu’une équipe réussisse à rattraper un retard conséquent et inattendu, ndlr). J’étais tenté d’aller dans le dictionnaire pour regarder ce que ça veut dire exactement. Mais…, c’est comme de l’enfantillage ! Est-ce qu’on a besoin de bander ses muscles devant l’Etat ; l’Etat dont vous avez besoin qu’il survive à tout et qu’il soit à mesure de continuer à gérer, à payer vos salaires, à organiser la vie en société. C’est dommage ! », s’ouvre Simon Compaoré.

Il soutient que le Burkina a toujours eu des syndicats teigneux, mais jamais un syndicat qui a prôné la violence, les muscles, pour parvenir à ses fins. « Ça, ce sont des dérives. Tout le monde connaît la loi, la loi fondamentale : le droit de grève est reconnu à tous, dans les conditions précisées par les textes. Mais, la loi qui reconnaît le droit de grève ne reconnaît pas le droit à quelqu’un de dire à quelqu’un d’autre qui veut travailler, de ne pas travailler. Et mieux, d’exercer la violence sur cette personne.

C’est abject, ce n’est plus du syndicalisme, c’est du hooliganisme et il faut combattre ces pratiques-là qui desservent même les syndicats. Il faut la force de la persuasion et non les arguments de la force. Ce qui nous a été donné de constater, vous tous, vous pouvez en être victime. (…). On doit avoir tous le courage, même si ce sont nos amis, de leur dire qu’ils font fausse route. Vous avez vu la conférence de presse qui a suivi, où on banalise une gifle.

Donc, c’est l’inconscience totale, par rapport à la gravité de l’acte. C’est le droit de quelqu’un qu’on a brimé ; le droit de ne pas grever. Alors, si on n’a pas la bonne observation des règles, nous-mêmes, nous allons créer des situations ingérables dans notre pays », argue le président du MPP.

Pour Simon Compaoré, il aurait été compréhensible pour ces agents sanctionnés de plutôt faire amende honorable ; toute personne étant susceptible de commettre des erreurs.

« Si c’est le pardon que les sanctionnés demandent, on peut comprendre. Ça peut arriver et personnellement, on n’a pas de problème parce qu’on est tous amenés à fauter. Mais, commettre des erreurs et vouloir les justifier, c’est cela qui est inadmissible. (…). Même ton enfant, tu l’agresses, il a des droits qui le protègent, bien qu’il soit ton enfant. Là, c’est la femme, la fille de quelqu’un. Ce n’est pas normal. Ce n’est pas comme cela qu’on anobli la démocratie, au contraire, on l’avili. Nous aussi, il nous arrive de nous tromper, mais quand ça arrive, on se ravise et on fait un mea culpa. Ça grandi, ça ne tue pas. Mais quand on voit des syndicats qui ont gaffé et qui se mettent à table devant les micros pour justifier l’injustifiable…, ça fait mal. Et c’est pour cela je dis : c’est dommage. Si on continue ainsi, on va affaiblir l’action même des syndicats (au lieu de les renforcer, les gens vont se démarquer des syndicats). (…). Ce n’est pas normal d’agresser les gens dans les bureaux, même dans la rue, ça ne se fait pas. Même à la maison, ta propre femme, tu ne peux pas l’agresser. Ton propre mari, tu ne peux pas l’agresser. Sinon, ça se termine devant la justice. Il y en a qui frappent leur femme, qui les blessent et on enferme le mari ! Pourtant, c’est la famille ! », s’étale Simon Compaoré, pour qui, la sanction du gouvernement se justifie donc. Au besoin, suggère-t-il, la partie qui s’estime lésée a les possibilités d’ester en justice.

O.L
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 13 juin 2020 à 02:15, par Le Patriote "Le vrai" En réponse à : Fronde sociale : Simon Compaoré et certaines méthodes de lutte syndicale

    Voilà une leçon magistrale mise à la disposition des anarchosyndicalistes bakouninistes burkinabè. Qui dit mieux ? Simon Compaoré a toujours été véridique et imparable dans ces propos. Maintenant les bakouninistes sauront où danser le warba. Les deux anarchistes avec la fameuse dame au cœur d’acier (sacrilège !), ont intérêt à faire profil bas s’il tiennent à leur avenir de fonctionnaires. Ils doivent être entrain de raser les murs en ce moment-ci. Leur chef n’est qu’un vantard et fanfaron, toujours gonflé à bloc et ne pourra rien pour leur apporter le bonheur d’être grassement payés par le contribuable à ne rien foutre. Il vous reste à tourner le dos à ceux qui vous ont conduit dans l’abîme pour espérer le pardon. Pour vous, votre opération chirurgicale a eu des ratés et vous avez été ensevelis. Ce que je vous conseille à faire, rentrez chez vous à la maison, jeûnez pendant sept jours, rasez les têtes au septième jour. Au bout du jeûne chacun rédige sa lettre de demande de pardon individuelle en jurant de ne plus faire du syndicalisme sauvage, que vous déposerez à votre ministère et continuer à méditer pour attendre le pardon. Telle est ma recette pour vous pour vous en sortir du bourbier.

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  • Le 13 juin 2020 à 07:45, par songdo En réponse à : Fronde sociale : Simon Compaoré et certaines méthodes de lutte syndicale

    Merci Mr SIMON ,vous avez tout compris,c’est le pouvoir que les leaders syndicats veulent destabiliser ,ils se mêllent de tout insécurité,droit de l’homme,stigmatisation,vie chère,justice,politique, covid19. Je ne suis pas contre les travailleurs sincères ,moi même étant travailleur, nous avons tous été tromper par ces syndicats qui ont un agendat caché.Comment comprendre des syndicats à la retraite continuent de diriger des luttes syndicales.

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  • Le 13 juin 2020 à 08:50, par lefaso va mieux En réponse à : Fronde sociale : Simon Compaoré et certaines méthodes de lutte syndicale

    Pour une fois je suis d’accord avec l’intervention de Simon. Je suis syndicats. Sans rejeter la légitimité de la lutte contre l’instauration cynique de l’UITS, je trouve que l’attitude de certains syndicats est à revoir. On a des fonctionnaires qui ne travaillent pratiquement plus et sont payés. Ce sont ces mêmes au devant des luttes.

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  • Le 13 juin 2020 à 09:20, par Sapience En réponse à : Fronde sociale : Simon Compaoré et certaines méthodes de lutte syndicale

    Monsieur Simon, je suis bien surpris de vous entendre dire qu’il faut la force des arguments et non celle des muscles ! Bravo, comme quoi, vos propres croyances ont changé et ça c’est une bonne chose. Une telle prise de position me rappelle votre tenue de guerre avec une kalachnikov.

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  • Le 13 juin 2020 à 09:53, par David En réponse à : Fronde sociale : Simon Compaoré et certaines méthodes de lutte syndicale

    Eh oui, Mr Simon Compaoré, je suis totalement d’accord avec vous. L’argent du contribuable ne peut pas être utilisé pour payer des agents publics qui :
    1) sont en grève,
    2) en bandes organisés se cachent derrière le syndicalisme pour saboter le travail de notre administration :
    a) en faisant volontairement mal leur travail,
    b)en refusant volontairement d’exécuter une partie de leurs taches,
    c) en disant qu’il n’ y a pas de connexion et pourtant ce n’est pas le cas,
    d) en prenant en otage les notes des apprenants ou en refusant de les évaluer.
    Oui au droit de grève !!!
    Mais non au sabotage organisé de notre administration !!!
    Non à la fraude syndicale !!!
    Les travailleurs qui se livrent à ces pratiques et comportements, qu’ils disent aux Burkinabè quels sont les textes du BIT et ou de l’OIT qui autorisent ces pratiques. Qu’ils nous donnent les références de ces textes, s’ils existent. L’État de droit c’est ça aussi. C’est-à- dire faire son travail conformément à la loi et aller en grève conformément à la loi.
    Tout ministre et ses différents directeurs qui vont autoriser le paiement de salaires des agents publics qui se livrent à de telles pratiques illégales seront tous poursuivis pour complicité de détournement de fonds publics. L’ASCE/LC et la Cour des Comptes doivent veiller à ce que seuls les agents publics qui ont travaillé comme il se doit soient payés correctement. Tous les travailleurs fautifs doivent être sanctionnés.
    Il faut qu’au BF, ces règles du jeu soient claires dans l’esprit de tous.
    Oui aux droits de grèves conformément à la loi.
    Les agents publics, auteurs de comportements ou de pratiques qui ne sont pas conformes à la loi du travail doivent être lourdement sanctionnés à la hauteur de leur forfaiture. Le syndicalisme n’est pas un visa pour faire ce que l’on veut.
    Le syndicalisme ne saurait être une source d’impunité. Non !!!
    Oui au droit de grève garanti par la constitution, conformément à la loi, mais non au sabotage organisé de notre administration !!!
    Non à l’hooliganisme syndicale !!!
    Non au terrorisme syndicales !!!
    Non à la fraude syndicale !!!
    Non à l’impunité syndicale !!!
    Mr. Simon Compaoré, chaque fois que vous allez faire preuve de fermeté et d’une telle rigueur, les Burkinabè seront derrière vous. Parce que les Burkinabè savent que c’est par le travail bien fait conformément aux lois que notre pays pourra se développer.
    Mr. Simon Compaoré, avec cette intervention, sachez que vous avez le soutien et l’adhésion de millions de Burkinabè.

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  • Le 13 juin 2020 à 14:40, par Minnayi En réponse à : Fronde sociale : Simon Compaoré et certaines méthodes de lutte syndicale

    Vraiment désolé pour Simon et tous ceux qui, par ignorance ou délibérément, le soutiennent dans ses déclarations hasardeuses. Je ne suis pas syndicaliste, mais je pense qu’il confond beaucoup de choses. Les syndicats ne défient pas l’État mais le Gouvernement puisqu’ils font partie eux-mêmes de l’État. C’est vrai qu’il est dans son droit de défendre le pouvoir, je ne lui reprocherai jamais cela, mais de grâce, ne créons pas la confusion dans la tête des gens.

    Je suis surpris que lui et ses soutiens parlent de revendications d’ordre politique des syndicats alors que le régime a été le premier à penser que les syndicats sont manipulés par des officines, notamment le PM THIEBA avant de s’excuser platement. Je pense que c’est le comportement du Gouvernement qui dicte celui des syndicats.

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    • Le 13 juin 2020 à 17:56, par Très Intrigué En réponse à : Fronde sociale : Simon Compaoré et certaines méthodes de lutte syndicale

      Minayi, je pense que c’est vous qui faites preuve d’ignorance et de déclarations hasardeuses. Moi quand j’écoute les déclarations de certains syndicalistes je ne comprends que déficience. Je vous mets ici quelques morceaux choisis. Remontada, s’ils ne reculent pas ils veront, etc. Quand vous voyez certains aussi même pour faire leur conférence de presse vous avez le sentiment de voir un général près à lire une déclaration de guerre. Je suis d’accord cette fois avec Simon Compaoré quand il dit au syndicaliste que l’état est leur partenaire et non leur adversaire. Je suis aussi d’accord pour dire que l’état est incontournable, parce que oui même si le MPP n’est plus au pouvoir un jour, il y aura toujours l’état en face.

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    • Le 14 juin 2020 à 10:50, par SIDNABA En réponse à : Fronde sociale : Simon Compaoré et certaines méthodes de lutte syndicale

      Pourtant c’est la pure vérité qui a été dite ici par Mr Simon Compaore même si vous l’aimez pas ou si vous êtes un Basolmiste anarchiste primaire. Les luttes actuelles des syndicats sont vraiment anarchiques et sont souvent anarchistes. La CGTB a intérêt à vite débarquer son dirigeant Basolmiste sans aucune vision ni patriotisme. Avec le Général Tole Sagnon, la lutte était réfléchie et préservait l’intérêt général de tous les burkinabés et du développement du pays. Ce Bassolmisme est une catastrophe pour le syndicalisme et le développement de notre pays. A bon entendeur salut.

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  • Le 14 juin 2020 à 08:59, par VICONTE DE DROLIGNAC En réponse à : Fronde sociale : Simon Compaoré et certaines méthodes de lutte syndicale

    vraiment SIMON a raison. L’ETAT NE SAURAIT ETRE L’ADVERSAIRE D’UN SYNDICAT, FUT IL ANTI-IMPÉRIALISTE OU ROUGE. QUAND TU JOUE AVEC TON MÉTIER.......

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  • Le 14 juin 2020 à 15:03, par Ka En réponse à : Fronde sociale : Simon Compaoré et certaines méthodes de lutte syndicale

    Internaute SIDNABA je confirme : Sans parti pris je dis que Simon Compaoré a bel et bien tapé dans le mile, car c’est le piège de l’état qui se referme sur ces responsables syndicaux qui ne savent pas comment Weder a pu faire une carrière politique, ou Traoré Zoumana a pu être ministre ! Comme le disait MACHIAVEL dans le PRINCE, en politique la fin justifie les moyens.

    Je m’excuse du mot, ‘’’voilà des responsables syndicaux qui ne savent pas qu’est-ce que c’est la lutte de classe. Vous faites HONTE. Voici des responsables syndicaux qui passent tout leur temps à jouer aux connaisseurs, eux qui savent tout, ils sont les plus intelligents, pour eux rien n’est jamais bien fait. Surtout sont confondus devant les contradictions de leur vrais partenaire et employeur qui est l’état.

    Ils ne savent plus quoi faire avec leur partenaire, mais au lieu de la fermer pour une fois au moins, non, ils vont l’ouvrir quand même, surtout si on les dit de payer les impôts sur leurs revenus, c’est la guerre, pourtant ce sont ces impôts qui les font vivre. Tant que nos responsables syndicaux au gosier large continueront à confondre l’état comme leur ennemi numéro un, il n’y aura pas de paix sociale. Il faut jouer le jeu démocratique et acter une bonne fois pour toutes que l’état a ses droits comme les syndicats. C’est idiot et contre-productif de chercher à imposer ou se contenter d’une fausse guerre pour faire chanter un état déjà embourber par les terroristes et la pandémie dite la Covid-19.

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