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Recette de la semaine : Le BABENDA

Accueil > Actualités > Culture • LEFASO.NET • vendredi 12 juin 2020 à 23h41min
Recette de la semaine : Le BABENDA

Pour le deuxième numéro de « Recette de la semaine », nous sommes allés à la rencontre de Adonija Kabore, jeune passionnée des mets locaux. Elle nous présente un plat bien apprécié au Burkina. Il s’agit du Babenda.

Ingrédients

Pour la recette, il vous faut :
-  Des feuilles d’oseille
-  Des feuilles de bonronbourou
-  Des oignons
-  Du soumbala
-  Du riz
-  De l’arachide en poudre
-  Et des accompagnements comme l’huile, le sel et du piment.

Préparation

Une fois que vous avez réuni tous les ingrédients nécessaires, on passe au lavage des feuilles. Après cela, on fait bouillir, dans une marmite, les feuilles de Bonronbourou. Ce sont des feuilles qui prennent du temps à cuire. En attendant leur cuisson, on peut découper les oignons en fine tranches, émietter ou écraser un peu de soumbala et pour ceux qui ont des arachides en graine, les piler ou les écraser à la machine.

Ensuite on lave le riz et on le trempe dans de l’eau de sorte à ce qu’il soit imbibé pour donner un aspect rond à la fin. Dix à quinze minutes plus tard, on vérifie la cuisson du bonronbourou. On écrase du bout des doigts une feuille pour vérifier que c’est bien cuit. On ajoute alors les feuilles d’oseille. Cinq minutes plus tard, on met les oignons et le riz. Il faut toujours vérifier si la quantité de l’eau est suffisante.[ Cliquez ici pour lire l’intégralité ]

BON APPETIT A TOUTES ET A TOUS !

Adjaratou TALL (Stagiaire)
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 13 juin à 23:52, par RETRO En réponse à : Recette de la semaine : Le BABENDA

    MErci des information sur la recette du babenda. Mais que veux dire babenda ? C’est dans quelle langue et pourquoi cette appellation. Cette explication permettra aux lecteurs de bien comprendre ce que vous dites. Merci

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  • Le 14 juin à 13:44, par jeunedame seret En réponse à : Recette de la semaine : Le BABENDA

    BABENDA veut dire Baag benda, = caleçon de chien. Le nom original de ce repas c’est zê arsenga, ou sauce fluide, dure (contraire de zê saalga, sauce fluide ou douce). C’est dans l’humour que baag benda a été retenu comme surnom à cette sauce ; tout simplement parce qu’elle se prépare avec diverses feuilles saines de ton choix ; pourvu que tu mettes les feuilles d’oseille ou aigres en dernière position. Mêmes des feuilles d’arachide, de haricot, etc préparent ce repas. Les dernières feuilles aigres peuvent être l’oseille douce et jeune ; ou les feuilles bèrenga des grosses tiges de corde. Elles sont plus coriaces. Mais le mélange est dur et comestible. Même le reste de tamarin qu’on a tamisé pour le to est comestible et remplace l’oseille. Les grains d’arachide et le soumbala sont bien un assaisonnement de choix. Sinon, le babenda commence avec des grains de sorgho ou maïs broyé pour faire un repas bourratif qui se mange avec ou sans le to, et avec le beurre de karité. Donc à cause de sa simplicité, sa banalité, ces ingredients multiples, disponibles sans dépenses et aspects divers qu’il peut présenter (doux, dur, coriace avec sorgho broyé arachide cassé simplement, aigre etc), ce repas a reçu le surnom ridicule baag benda dans la communication de tous les jours. Et il se mange habituellement avec un reste de to dont on veut se débarrasser sans dépense de marché pour une vraie sauce. Mais il est bon, et nourrit bien et construit la variété.
    MERCI POUR CETTE NOUVELLE RECETTE.

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  • Le 14 juin à 17:16, par kaos weogo En réponse à : Recette de la semaine : Le BABENDA

    une autre version de l’origine du nom baagbenda : les feuilles d’oseille souvent utilisées dans la preparation sont semés en marge des champs durant les travaux champêtres ; quand les chiens circulent ils n’entrent pas dans les champs pour pisser mais ils pissent sur la bordure des champs sur ces feuilles d’oseilles en soulevant la pate.… les feuilles cachant leur honte pendant qu’ils pissent..... d’où le nom "caleçon du chien"... c’est un yarga qui m’a donné cette version du sens du nom "baag benda

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  • Le 15 juin à 02:01, par Mechtilde Guirma En réponse à : Recette de la semaine : Le BABENDA

    Kaoswéogo, vous m’apprenez une autre version très édifiante et plausible. Et je suis contente de la mention du Yarga, car ce peuple qui est l’un des douze composantes de l’ethnie moaga, jouait un rôle social très important. Le Yarga avait son grand champ pour sa famille et sa femme avait aussi son bioléga (lopin de terre) pour ses condiments et son coton. Puis un autre champ où il cultivait également du mil, et des condiments. Mais tenez-vous bien ! Il n’y touchait à rien des produits de ce champ là. Il le donnait aux pauvres, aux passants et à toutes les vieilles personnes qui ne pouvaient plus cultivé. Maintenant voilà aussi ma contribution :
    Moi ma préparation du babenda se fait autrement que celle de Adonija Kabore qui devient un plat luxieux mais aussi lourd du fait du riz et son amidon. Le mien se fait avec exactement les mêmes ingrédients que ceux de jeunedame seret, à la différence-prêt qu’au lieu du beerenga nous utilisons plutôt les feuilles de haricot. De plus nous n’ajoutons pas de poudre d’arachide qui est spécifique aux Bissas (jeunedame seret serait donc une Bissa ? Hahaha !Nanananaana, nananêre, voilà-voilà donc votre secret chère dame ! Mais…, attention, attention à moi et trêve de stigmatisation ethnique ! Parce que par ces temps douteux et ténébreux de notre aujourd’hui-aujourd’hui-là, Prudence est de rigueur car je pourrais bien ne pas être comprise). Cependant nous les Mossé, nous aimons autant le beerenga que les Bissas et il est très délicieux d’ailleurs. Une remarque au passage : il paraît que cette plante est ou est voisine, selon les scientifiques, du chanvre indien (vous comprenez l’analogie ?). Pourtant d’effet hallucinogène ou d’adduction, nous n’en connaissons aucun ni chez les Mossé, ni chez les Bissa, ni chez les Bobos qui en sont également de grands consommateurs dans leurs plats quotidiens. En plus les écorces donnent des fibres dont on se sert pour la fabrication des cordes, dans toutes les sociétés du Burkina-Faso. Il est de la famille des malvacées connu aussi sous le nom d’Hibiscus au même titre que l’oseille (bito), gombo, qui en constituent les variétés comestibles de nos contrées africaines. Remarque au passage, les camerounais et les tchadiens connaissent également ce plat aux mêmes feuilles, au mil ou au maïs.

    Pour en revenir au babenda, nous les mossé nous nous en tenons aux ingrediens suivant : le mil ou le maïs entiers et écrasés grossièrement, le soumbala, les feuilles de haricot œil noir (faute de mieux le boromburu), la levure de la bière de mil et l’oseille (ou bito et faute de mieux le berenga). Attention à la préparation : bouillir d’abord les feuilles de haricot (et du boromburu si l’on veut) dans l’eau. on aurait auparavant ajouté la levure, le soumbala. Et quand l’eau recommence à bouillir avec les feuilles ajouter de la potasse assez. Cela a pour effet de ramollir les feuilles (et la viande du gibier s’il y en a) et de les cuire à point. Ensuite on ajoute l’oseille ou le berenga (ou les deux) dont l’aigreur ou l’amertume devrait s’équilibrer avec la potasse. Aussi l’onctuosité du menu ajoutée au beurre de karité n’a rien à envier à la succulence des plats réguliers. Parfois on peut ajouter, comme mentionné plus haut du gibier ramené de la chasse par le maître de la maison.

    Le babenda au départ était la nourriture des très pauvres. Mais surtout en période de soudure, tout le monde était à la même enseigne de la pauvreté. Il fallait trouver, de quoi survivre au dénuement total de ce manque de vivres. Trouver donc des expédients pour couper la faim en attendant les jours fastes des riliré et autre fête des ancêtres et cacher la honte devant ce fléau et sauvegarder la dignité aux yeux des enfants dont on a la responsabilité. C’était donc pour les adultes comme un cache-sexe qui tromperait la nudité corporelle. Mais au moins, ils s’en consolaient en comparaison du chien qui, lui, ne pouvait compter que sur ce même repas. Signe que lui aussi avait faim et rasait les murs la queue entre ses pattes tout aussi craintif comme pour cacher son sexe dans toute sa nudité malingre, méconnaissable du chien vigoureux de garde ou de chasse.
    Dans notre monde d’abondance avec ses obésités, ses cholestérols, ses arthrites et arthroses, on commence à découvrir la richesse et les vertus du fait des oligo-éléments que ce plat renferme et à comprendre la longévité de nos parents et grands-parents. Aujourd’hui bien de femmes enceintes font leur cure d’albuminurie avec le babenda car il se mange bien sans sel. D’ailleurs la potasse et les feuilles aigres des hibiscus se combinent pour donner un sel, peut-être pas très perceptible au goût, mais il y a bien un arôme qui permet qu’on puisse bien se passer du vrai sel de cuisine. Du reste d’ailleurs les feuilles du bérenga bien cuit ensuite égoutté et bien malaxé avec de la potasse, se déguste bien également avec un filet d’huile ou du beurre de karité. Nos mamans, sans pruderie, appelaient ce plat : Biinda-raré pour désigner le plat du jour. J’espère que vous auriez compris l’analogie de cette terminologie qui indique qu’après avoir ingurgité un tel repas, on le restitue tel quel à la nature.
    Cependant, je me garderai bien de bouder le plat d’ Adonija, car avec ses ingredients, cela semble bien plus succulent au goût, surtout l’oignon qui selon encore les scientifiques auraient les mêmes vertus que nos feuilles décrites plus haut. Et puis en plus, il est toujours intéressant d’explorer d’autres recettes comme on explorerait d’autres régions, d’autres peuples, car on y gagne en valeurs sociales comme de la diversité à l’union sacrée, économiques comme l’esprit d’entreprise ou de création et politiques comme ciment relationnel.

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  • Le 15 juin à 02:26, par Mechtilde Guirma En réponse à : Recette de la semaine : Le BABENDA

    J’oubliai autre chose qui illustre la queue du chien entre les pattes : Le Babenda a aussi comme autre nom : BAAGFOADGA

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  • Le 15 juin à 12:21, par RETRO En réponse à : Recette de la semaine : Le BABENDA

    Merci des éclaircissements enrichissants en relation avec le nom babenda. Au Yatenga (Ouahigouya, Gourcy, Titao, Séguénéga, Kossouka, Kalsaka….),"benda" veut dire tam tams le pluriel de tam tam, le singulier est "bendré" comme le nom du journal "bendré". Lorsque l’on dit "babendré", je pense au tam tam du chien et "babenda", les tam tams du chien. Dans le même Yatenga, le caleçon simple ou caleçon de fortune s’appelle "benta". Le "pongué" s’utilise généralement pour les caleçons des enfants. Par conséquent le caleçon de chien se dira "babenta". Un internaute dit que le nom original de ce repas c’est "zê arsenga", ou sauce, dure (contraire de "zê saalga", sauce fluide). Au Yatenga la sauce non gluante est appelée "zê wisibrè" et pour celles gluantes c’est le même terme "zê saalgo" qui est utilisé. Remarquez que le a est remplacé par o, Si je comprends que "babenda", pourrait signifier les tam tams du chien, peut être que ce n’est pas faux parce que lorsque le chien mange la sauce faite avec des oseilles et les ingrédients cités, ça doit faire du bruit comme celui des Tam Tams (pagam pagam pagam). Mais avec vos explications, j’ai compris. Le terme "babenda" est celui utilisé dans le Plateau central ‘Ouaga, Ziniaré, Zorgho, Kombissiri, Saponé….) du Burkina Faso qui s’est généralisé. L’auteur de l’article pourra faire la synthèse de ce qui est mentionné par les internautes et joindre en annexe de son article s’il le publie prochainement. Merci

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  • Le 15 juin à 17:21, par Mechtilde Guirma En réponse à : Recette de la semaine : Le BABENDA

    Ha-ya ! Voilà encore un Yadga qui s’introduit dans nos discussions et vient tout gnagmi-gnagmi.

    Cependant chers Internautes et je vous le souffle à l’oreille : Le Yatenga est le terroir précieux, je vous dis, des origines de nos traditions. Un vocabulaire fourni matière à recherche des sciences sociales ethnologiques et surtout théologiques, j’ose avancer, à partir de l’Afrique de l’Ouest. J’en connais quelque chose. Du point philosophico-théologique à partir de nos traditions, c’est dense et la polysémie des mots forme la trame de brassage des cultures non seulement ancestrales mais aussi antiques mondialement. Je n’exagère rien. Nos universités catholiques peuvent tenter l’expérience. Mais je les conseille de commencer avec les travaux de l’ethnologue allemand Léo Frombénius. Je l’ai lu de mes yeux dans les traductions de Pierre Vogler. Il décrit les royaumes mossé comme étant le désir de répliquer la cours céleste de Dieu. Avec ce substrat, on pénètre également par les études de Madeleine Pères au pays Gan et d’un autre ethnologue allemand (Mr. Swartzer) toutes les populations des pays côtiers et si on fait attention, c’est toute la zone sub-saharienne dite Congo-Niger. Avis donc aux chercheurs.

    Merci donc Yadga : ef pa yit tang bokê yé, a Yad mé y néda.

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  • Le 17 juin à 17:34, par kaos weogo En réponse à : Recette de la semaine : Le BABENDA

    Merci a la stagiaire Adjaratou TALL pour son article qui a suscité ce débat fort riche. J’aimerai bien avoir sa a la question du premier internaute. Est ce que ce que ce repas existe chez les peulhs ? J’aimerai aussi avoir l’avis d’un diététicien sur l’intérêt de ce met fort apprécié. Tous mes respects à madame Guirma Mathilde.

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  • Le 19 juin à 17:12, par severin En réponse à : Recette de la semaine : Le BABENDA

    Oui. Dans notre contrée ,si ce n’est pas récent, cette sauce n’était pas la bienvenue dans les fêtes . Vous savez c’est une sauce où on retrouve presque tout. Dans les périodes de famine c’est une technique utilisée pour survivre . Nous avons le tout condensé. remarquez quelque chose si quelqu’un dans sa vie actuelle refuse cette sauce très souvent ça lui rappelle les moments durs qu’ils ont traversé. C’est la même chose que le zanbnin. Ce ne sont pas des repas de tempsde réjouissance. Il faut survivre.
    Ça se consomme rarement avec du to. Souvenez vous quand lorsque vous dégusterez ce plat faites chapeau bas à nos devanciers pour leur esprit de génie.merci !

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