Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «Qui ose traverser les grands fleuves ne craint pas les petites rivières.» Proverbe Chinois

Gestion des titres miniers au Burkina : Un manque à gagner de plus de 500 milliards de F CFA

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Mines, mineurs, miniers, énergie • LEFASO.NET • jeudi 28 mai 2020 à 23h30min
Gestion des titres miniers au Burkina : Un manque à gagner de plus de 500 milliards de F CFA

Le Burkina Faso regorge d’importantes ressources minières. Le pays abrite plus d’une dizaine de sites miniers en exploitation. Cependant, la gestion des titres miniers n’est pas au beau fixe au Faso. Même les autorités politiques peinent à savoir ce qui se trame au fond. Le parlement burkinabè, fidèle à son rôle de législateur, a instruit une enquête sur la gestion des titres miniers en 2016. Le manque à gagner pour le budget de l’Etat se chiffre au moins à 551 milliards de F CFA. Retour sur les principales observations.

Au moins 551 163 803 556 F CFA, c’est le manque à gagner pour le budget de l’Etat, selon le rapport de l’enquête parlementaire de 2016, sur la gestion des titres miniers. Les manques à gagner concernent les cotisations pour le Fonds de préservation et de réhabilitation de l’environnement, les taxes non-perçues dans l’exportation de l’or fraudé, la persistance de l’emploi des expatriés malgré l’existence de compétences au niveau national ou local, la fraude de l’or issu de l’orpaillage, les spéculations sur les permis et titres miniers, etc. C’est un ensemble de vices que le rapport de la commission a mis à nu. L’Etat burkinabè a encore fort à faire dans ce domaine dans lequel le pays perd des centaines de milliards de francs CFA chaque année.

En effet, la commission d’enquête parlementaire constate plusieurs insuffisances dans le fonctionnement du secteur de l’or : des produits connaissent des exonérations du fait de la mauvaise foi de certaines sociétés détentrices de permis d’exploitation ; les engagements en matière de promotion des emplois locaux ne sont pas respectés ; les comptoirs d’achat, de vente et d’exportation de l’or demeurent irréguliers et ambigus ; le barème ou référentiel d’indemnisation des populations est non-adapté aux attentes ; le code du travail aussi est inadapté au secteur minier. En outre, le Burkina a un régime juridique opaque en matière de lutte contre la fraude, et la commission nationale des mines est inefficace. La liste est longue et ne fait pas l’affaire d’une économie qui a tant besoin de ressources pour se nourrir avant de se construire.

Le Burkina devrait jouir de cette ressource dont il est riche. Plus d’une dizaine de sites miniers sont en exploitation au Burkina Faso. Le zinc de Perkoa, les mines d’or de Taparko, Inata, Youga, Bissa Zandkom, Essakane, etc., sont autant de ressources dont le pays regorge. Chaque société possède un titre minier qui lui donne l’autorisation de prospecter ou d’exploiter son site. Sept projets miniers sont en phase de construction ou d’exploitation au Burkina. C’est dire que la manne minière est abondante au pays des hommes intègres, et elle le serait plus encore sans le problème sécuritaire que connaît le pays. L’insécurité est plus accentuée dans les zones à fort potentiel minier.

Par ailleurs, les populations interrogées par la commission ne sont pas satisfaites des retombées de l’exploitation minière. Est-ce dû à la fraude ou à la corruption ? Que ce soit l’une ou l’autre, c’est la déchéance. Les deux à la fois, c’est la fatalité.
La commission explique, dans son rapport, qu’elle n’a pas pu accéder aux informations concernant les détenteurs officiels des titres miniers et le nombre de transactions opérées sur chaque titre.

Synthèse de Etienne Lankoandé
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 29 mai à 07:07, par Kinkester En réponse à : Gestion des titres miniers au Burkina : Un manque à gagner de plus de 500 milliards de F CFA

    C’est quand même aberrant qu’un pays qui se sait riche en ressources minières ne soit pas capable de mettre en place un système endogène de prospection et d’exploitation des minerais. N’avons nous pas de cerveaux ? N’avons nous pas d’ambitions ? Sommes nous condamnés à être pour toujours la vache à lait des sociétés étrangères ? La technologie liée à la gestion de cette richesse ne peut elle pas être copiée et utilisée par nous même ? C’était le vœu cher à Thomas Sankara. Hélas des décennies après son rêve inachevé nous en sommes toujours à dire aux autres, venez. Venez prendre ce que vous voulez. Laissez nous seulement une petite part. Nous nous en contenterons. Nous sommes nuls ho. Dieu est grand mais vous les Blancs vous n’êtes pas petits. Vous savez la misère nous va bien. Venez. Venez vous servir. La Chine aujourd’hui fabrique des TGV. Elle n’a pas toujours su le faire. Elle a juste copié les autres. Mais avec des dirigeants qui ont peu d’ambitions, peu d’imagination et peu d’intégrité on va toujours boire le calice jusqu’à la lie

    Répondre à ce message

  • Le 29 mai à 10:16, par André BUHLER En réponse à : Gestion des titres miniers au Burkina : Un manque à gagner de plus de 500 milliards de F CFA

    Je ne peux malheureusement qu’approuver pleinement ce que déclare Kinkester. Cela fait vingt ans que je viens régulièrement au Burkina Faso, en y passant plusieurs mois chaque année. Des sommes gigantesques ont été déversées par les occidentaux & maintenant les chinois, dans les divers secteurs d’activités de ce pays. Mais les progrès sont décevants & presque inexistants. Tout le système burkinabè est inefficient. Trop de politiciens, beaucoup trop de fonctionnaires & pas assez d’entrepreneurs & surtout trop de beaux parleurs ! J’espère que tous les burkinabè vont enfin se prendre en mains & exploiter sérieusement toutes les ressources de leur belle patrie, sans attendre systématiquement qu’on les prennent par la main pour leur dire ce qu’ils doivent faire !

    Répondre à ce message

  • Le 29 mai à 18:37, par jeunedame seret En réponse à : Gestion des titres miniers au Burkina : Un manque à gagner de plus de 500 milliards de F CFA

    Nous Burkinabè, il nous manque seulement deux choses : l’estime de soi et l’amour pour le Faso. Et le Blanc sait toujours nous exacerber ces 2 manques avec notre conspiration imbécile. À qui la faute ? De qui le remède ? Des acteurs surtout ; pas des francophones parleurs en tout cas..

    Répondre à ce message

  • Le 29 mai à 19:20, par pitoyable ! En réponse à : Gestion des titres miniers au Burkina : Un manque à gagner de plus de 500 milliards de F CFA

    Pertes financières énormes pour un pays aussi pauvre !
    Le pire est encore à venir car le problème de la pollution de l’environnement par le secteur minier est une véritable catastrophe sanitaire nationale. Dans quelques années, nous aurons des burkinabè empoisonnés, malades, et impotent pour avoir consommé de l’eau pollué par les produits chimiques ou des aliments produits sur des sols pollués. Que fait le ministère de l’environnement ? Que fait le ministère en charge des mines ? rien à part se sucrer comme le charbon fin. Que fait la douane et autres services pour contrôler les sorties d’or ? rien à part s’entendre pour dealer et s’enrichir !

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 Articles de la même rubrique
Secteur minier au Burkina : Bientôt des « poursuites pénales appropriées » contre trois sociétés
Industries extractives : Les journalistes à l’école de la nouvelle norme de l’initiative pour la transparence
Endeavour Mining conclue le processus d’acquisition de SEMAFO
Audit du Fonds minier de développement local : Seulement 9,47% de revenus recouvrés auprès des sociétés minières
Droits et devoirs des travailleurs : La société minière Houndé Gold Operation outille son personnel
Gestion des titres miniers au Burkina : Un manque à gagner de plus de 500 milliards de F CFA
Région du Nord : La contribution de la société Rivestone Karma SA au développement local mise en doute
Mine : Les artisans miniers et leur ministère de tutelle en concertation
SEMAFO Boungou : Des chiffres au-delà des attentes après une année d’exploitation
Exploitation minière : Le cas de Bomboré en débat à Ouagadougou
Activités minières en Afrique de l’Ouest : L’industrialisation de l’Afrique en réflexion à Ouagadougou
SAMAO 2019 : Le charbon actif au cœur des échanges
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2020 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés