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Littérature : « Matou » ou les deux faces de l’amour

Accueil > Actualités > Société • • mercredi 13 mai 2020 à 12h33min
Littérature : « Matou » ou les deux faces de l’amour

Daniel GUIRE, enseignant et Anselme SANON psychologue écrivent des nouvelles psychologiques. Dans celle-ci, ils traitent d’un sujet délicat et sérieux, les pervers narcissiques. C’est une catégorie de personnes toxiques qui viennent dans votre vie comme des anges vous manipulent et vous détruisent. Qu’ils soient compagnons, amis, responsables d’entreprise ou hommes politiques, il faut apprendre à reconnaître leur fonctionnement pour s’en prémunir. En effet, ils ne savent pas ce que c’est que l’amour, l’altruisme, et l’empathie. Ils vont vous dévaloriser, vous rabaisser et jouir de vos malheurs. Ils se nourrissent de conflits et ne vivent que de cela. Fuyez leur contact ! Car leurs victimes que nous voyons sont détruites physiquement et mentalement ! Personne n’est bien armée pour ce combat. Nous écrivons cette modeste nouvelle sur une femme narcissique pour aider les victimes à comprendre ce qu’elles vivent et probablement s’en libérer.

Matou-de son vrai nom Alimatou-est une femme fort jolie, élégante, se prenant toujours pour une jeune fille spéciale- malgré son âge- la quarantaine bien sonnée. Elle a fait la connaissance de Basile quelques années auparavant, lorsque celui-ci était un garagiste de renom dont les affaires prospéraient. Il y a maintenant plus de deux ans qu’elle s’en était débarrassée car celui-ci est tombé sous le coup d’une attaque qui manqua de peu de l’emporter.

Tout le quartier connaissait son idylle avec Basile qui, lui avait tout donné pour conquérir son cœur. Jadis épouse de Madou le commerçant dont les affaires florissantes faisaient parler de lui partout dans la belle cite de Sya, Matou ne tarda pas à le tourner en ridicule tant elle le trompait au vu et au su de tout le monde. Prétextant d’une visite en Côte d’Ivoire, Matou venait tout simplement de déménager chez Basile sans pudeur ni remord aucun.

Basile, heureux d’être élu par Matou ne ménageait aucun effort pour la couvrir de toute sorte de cadeaux dont il était capable et même se surpassait pour satisfaire ses caprices. « Matou lui disait toujours : « tu es mignon » ; « tu es ma fierté » ;« Depuis que je t’ai vu, j’ai compris que tu étais fait pour moi », ce qui remplissait Basile de joie. Les sorties désormais bien arrosées étaient devenues quotidiennes. « C’est la personne qui peut vous faire rêver » se disait Basile. Elle était tout son univers. Elle savait lui apporter l’attention dont il avait besoin ; il avait le sentiment qu’elle était la personne qui le comprenait le plus mais il avait peur aussi parce qu’il avait le sentiment que tout cela était un jeu pour Matou qui le faisait marcher
Comme si tout ceci était trop beau pour être vrai, l’idylle subitement prit fin. Les factures devenaient de plus en plus salées tant les dépenses de prestige se multipliaient.

Au fil du temps Basile peinait à assurer le rythme de vie du couple qui non seulement montait mais aussi s’étendait à toute sa belle-famille. Désormais, c’est tantôt une nièce qui se mariait, tantôt c’est l’amie de sa cousine qui était malade, ou encore c’est sa tante qui avait un baptême, c’est sa maman qui l’appelait à la maison. Toutes ces activités « sociales » pour ainsi dire, étaient toutes assorties de dépenses dignes d’un « beau » responsable et respectable. Matou portait des habits de grande valeur et c’était Basile qui payait, des parures chères et c’était encore lui Basile qui payait. Toute spéciale qu’elle était, elle devait être toujours la plus belle et ces factures venaient échouer dans les poches du laborieux Basile qui payait sans broncher. Après tout c’était sa femme et elle portait son nom.

Pour augmenter les revenus de la famille, Bernard monta un commerce de vente de produits frais. Gérée par Matou, l’entreprise était rentable ; mais elle cachait les recettes comme les crottes de chat. Comme les aiguilles des compteurs d’eau et d’électricité tournaient plus vite, Basile osa demander Matou de contribuer à payer les factures et voici ce qu’elle lui servit comme réponse : « Ah, on aura tout vu ; un mari qui se plaint de prendre en charge sa femme ! Je n’ai jamais vu ça. Je ne vais jamais payer les factures dans la maison de mon mari ! On dit que tu as mari, et c’est ça là mari ! Regarde toi-même ton ami Cheick. Faut voir comment il habile sa femme ! Toujours class ! Tu devrais avoir honte… Un jour-là, tu vas me chercher avec torche en plein jour mais en vain ! »

Et naturellement en pareille circonstance, Basile proposa à Matou de déménager dans une maison à loyer plus modérée, mais elle lui opposa un refus si catégorique que celui-ci finit par se résigner. Alors commencèrent les grincements de dents. Assez souvent dans la nuit il n’était pas rare d’entendre des injures fuser dans le voisinage. Basile n’était jamais suffisamment bien Elle le trouvait insignifiant et ne passait pas par quatre chemins pour le lui faire savoir : « tu es moche ! » Des scènes du genre « si ce n’est pas moi qui peut accepter ça ? » et d’autres encore, « ça, c’est quel mari qui ne peut même pas acheter une vraie moto pour sa femme ? » ; « C’est dans quelle galère je me suis mise avec un homme aussi incapable ! » ; « Viendra le jour où tu vas me chercher avec torche en plein jour, mais ce sera trop tard ».

Experte en manipulations Matou était arrivée à mettre la famille de Basile comme qui dirait « au bout de son pagne ». Elle passait pour la femme idéale ; celle dont tout le monde pouvait rêver. Souriante et accueillante, elle savait si bien dissimuler son jeu que nulle ne douterait de sa mauvaise foi. Elle avait bien compris et intégré cet adage africain qui dit que pour posséder un homme il faut avoir sa famille. Et Matou ne lésinait devant aucun sacrifice pour satisfaire jusqu’aux plus petits caprices des membres de la famille de Basile. On se rappelle encore toutes ces fois où elle rendit visite à sa belle-mère au village, la satisfaction qu’elle lui donna tant elle était respectueuse travailleuse et soumise. Elle qui n’avait jamais attrapé une daba de toute sa vie, est même arrivée à battre certains hommes à son maniement. Belle-mère racontait à ses amies les prouesses de sa belle-fille en ces termes : « c’est ça une belle-fille je ne pouvais en rêver mieux ! ». Tout devait tourner autour de Matou pour être accepté. Elle tenait Berna de toutes parts ; il était avait fait de lui un parfait esclave. Tel était le quotidien de la petite famille de Basile.

Un jour, le neveu de Basile venu lui rendre visite, entendit les cris de Matou qui traitait son oncle d’incapable. Celui-ci tentait de hausser le ton mais elle criait de plus belle et menaçait de ne plus s’aviser de lui crier dessus, comme il venait de le faire. Elle humiliait et dévalorisait toujours Basile. Mais ce jour-là elle était allée si loin que Basile se demandait ce qu’il avait fait à Dieu pour mériter tel sort.
Ce jour-là lorsque Basile raccompagnait son neveu, à la porte celui-ci ne put s’empêcher de lui décocher cette apostrophe. Tonton ....

C’est comme ça votre femme vous parle ? Et vous la laissez-vous dévaloriser de la sorte ? Ce n’est pas possible.
En effet, personne ne pouvait discuter avec Matou ! Elle était trop centrée sur elle-même.

Et Basile de lui répondre :
Laisse fiston ! Avec Matou c’est toujours ma faute, quand quelque chose va mal ! Mais c’est ça aussi la femme ! Il faut faire avec.
Hors de lui, Cyrille le neveu jura de ne plus remettre pied chez son oncle. « Il se comporte comme un mouton devant sa femme. C’est elle qui porte la culotte, kai, quelle honte ! » conclut-il. C’est depuis ce jour que Basile commença à se poser des questions sur la nature de sa relation avec Matou. Il se rappelle encore ce qui se disait autour de lui sur son passé. A la fin de sa précédente relation avec Madou son ex-mari on racontait toujours son comportement assez atypique.

A ceux ou celles qui s’aventuraient à lui décocher un reproche, elle répondait le plus platement possible : « on ne nait pas pour reculer ! » Quelle ne fut pas l’étonnement de son ex-mari Madou lorsqu’un jour, de retour de la ville, son chemin croisa celui de Matou. Après l’avoir saluée elle ne daigna lui répondre que par une longue et insistante moue : « tchiouououou… ». Madou avait compris que Matou avait eu une nouvelle proie. C’est une qui est prête à tout pour toi bref, ta meilleure amie.

D’ailleurs, Matou se disait que tous les hommes étaient à ses pieds, aucun ne pouvait lui résister. En son for intérieur, Madou savait que Basile n’avait pas eu le choix. « Avec Matou, tout allait très vite ! Elle avait coutume de dire qu’ « elle prend qui elle veut et ce qu’elle veut ». Elle arrivait dans ta vie on dirait un ange. Elle te traitait comme un prince. Avec Matou, tu as rencontré ton âme sœur.

Les jours passaient. Rien ne changeait. Basile se sentait de plus en plus mal tous les jours. « Elle est venue s’installer de force ; elle s’est imposée à moi toute autoritaire qu’elle était ». Basile se marmonnait-il à lui-même de temps en temps. « Elle m’a isolé de ma famille, de mon entourage. Je suis obligé de mettre mon téléphone sous silencieux » se disait-il. Tout était désormais clair pour lui : « la vie avec Matou est en train de me vider, de me détruire ! Je suis comme pris dans un piège. ». Quoiqu’il ait le sentiment d’avoir tout donné dans cette relation, Matou se comportait comme si elle lui en voulait. Elle pensait que son mari ne lui donnait pas toute la place qu’elle méritait, il ne lui reconnaissait pas toute sa valeur. Et après elle trouvait que son mari n’était pas à sa hauteur !

Donc impossible pour lui de l’approcher. La nuit où elle rentrait elle restait dans des « chats » interminables au salon ponctué de fous rires. Quand elle rentrait dans la chambre, elle se retirait à l’autre bord de leur immense lit de trois places. Elle disait au malheureux Basile qu’elle, une femme de valeur était fatiguée de vivre avec un sous-homme alors que de « vrais mecs » étaient à ses pieds. Elle ne se privait pas de lui parler des jeunes qui mouraient derrière elle et comment elle avait maintenant du plaisir avec les hommes, les vrais !

De plus en plus, Basile se sentait étouffé dans cette relation toxique. Il avait le sentiment d’avoir été pris au piège d’une femme sans aucun sentiment ; une femme a l’ego surdimensionné. Voulait-elle quelque chose ? Était-elle contrariée ? Elle s’imposait par des cris et des menaces ! Basile était triste, il ne mangeait plus, la nuit il ne fermait pas l’œil ! Il avait des pics de tension, tout tournait mal ! Mais rien ne pouvait toucher Matou ! Basile trouva refuge dans l’alcool. Désinhibé par l’alcool, Basile menaça de lui porter la main. Matou avec des yeux exorbités comme un daemon lui rétorqua sèchement que c’était là où il signerait son arrêt de mort. Et elle avait tous les moyens de le faire y compris l’empoisonner. Même en état d’ivresse Basile avait compris que Matou pouvait le tuer

Basile était de plus en plus convaincu qu’il s’était engagé sur une voie sans issue. Il ne pouvait ni avancer, ni reculer. Il faisait du sur place. Fuir ? Il n’en avait pas le courage. En aucun cas Basile ne voulait perdre Matou. Il l’avait pour ainsi dire dans la peau. Mais il se demandait pourquoi il était incapable de le faire. De plus il avait aussi trop dépensé pour elle. Ce serait une perte incalculable. Mais il sentait aussi que sa relation avec Matou était toxique. Comment continuer une relation avec une femme qui ne manquait jamais l’occasion de t’humilier ? A force de désespoir, Basile allait mal. Et ce qui devait arriver arriva.

Ce jour-là, il perdit connaissance. Il se réveilla trois jours plus tard à l’hôpital avec tout le côté droit paralysé, incapable de dire un traitre mot. Deux, trois mois après, Basile recouvrait la parole mais difficilement ; il marchait ; plutôt, dandinait. Matou avait maintenant honte de lui. Elle sortait le matin et ne rentrait que le nuit ou pas du tout.

Peu à peu elle finit par déménager chez ses parents, soi-disant pour prendre soin de sa mère affaiblit par le poids de l’âge. Elle laissât seul Basile, hémiplégique non sans lui dire que c’était sa faute s’il souffrait et qu’elle jouissait de ses malheurs. . D’ailleurs, Matou n’a jamais été là que quand Basile pouvait lui être utile.

Basile restait prostré dans un coin sombre de la chambre. Il avait mal. Basile était crasseux, hideux, repoussant à cause des odeurs d’urine et de sueur. Il faisait pitié ! Il avait si mal qu’il ne parlait plus ! Il arrivait qu’on l’entende sangloter tout recroquevillé dans un coin de sa maison. Il avait pleuré. Mais pas pour chercher la pitié ! Il était convaincu que larmes d’un homme n’émeuvent personne. Pour que cela intéresse quelqu’un il faut que ce soit celles d’un enfant d’un vieillard ou d’une femme. D’ailleurs, Matou disait qu’il était un raté et c’était sa faute.

Parfois Basile, péniblement, aidé d’une canne rudimentaire se trainait presque dans sa belle-famille pour voir Matou sa femme. Elle ne lui jetait même pas un coup d’œil, pas plus qu’elle ne daignait lui donner de quoi s’asseoir. Parfois un enfant lui offrait un tabouret par pitié, parfois il s’asseyait à même le sol regardant sa femme d’un air malheureux. Pas même une seule fois Matou ne daigna lui demander comment il se portait, toute pressée qu’elle était qu’il retournât chez lui. Il était sa honte ! Tel était devenu ce gentil homme celui-là même que Matou prenait pour sa fierté.

Un beau jour Cyrille, apprenant que son oncle était très mal en point depuis quelques années. Ilse souvint des insultes et des humiliations que sa tante lui infligeait et dit que « Cela ne pouvait que finir ainsi. Il s’en voulut de l’avoir laissé entre les griffes de cette femme. Ayant maintenant une bonne position sociale il décida de lui venir au secours. Il prit donc son véhicule et se rendit à Sya. Il trouva son oncle Basile seul dans sa maison. Tout était sens dessus- dessous ; la maison était d’une puanteur insupportable. Il manqua de verser des larmes.
Et ma tante Matou ? lui demanda son neveu.

Elle est partie, …. Il y a bientôt deux ans de cela. Entre deux sanglots à peine réprimés.
C’était prévisible.

Il envoya son oncle chez lui mais prit bien soin d’éponger les retards de loyer qu’il devait. A la clinique ou Basile fut admis, il reçut les meilleurs soins et les égards dont il avait besoin pour son prompt rétablissement. Ses membres retrouvèrent leur mobilité. Très bientôt Cyrille lui ouvrit une quincaillerie que Basile baptisa : « Wendpanga quincaillerie » ce qui signifie « quincaillerie la Force de Dieu ». Il retrouva sa prestance et sa vitalité d’autant.

Quelques mois plus tard, Basile tout de neuf vêtu, sur son nouveau scooter décida de rendre visite à Matou. Arrivé dans la cour tout le monde le regardait les yeux grands ouverts, bouche bée. P Personne ne s’en revenait. Il frappa à la porte de Matou.

C’est toi Basile ? C’est toi Basile ? Mon mari Basile ?
Elle tremblait de tout son corps. Basile avait retrouvé sa santé, sa prestance. Elle quand bien même presque fanée et en haillons mais toujours avec cette haute image d’elle-même qu’on lui connait, s’écria :
Tu es venu me chercher ! Basile mon amour !

Venir te chercher ? J’étais aveugle ! Je ne savais pas que j’étais ta victime ! Mais grâce à Dieu j’ai pu sortir de tes griffes ! Je ne pourrai jamais retourner avec une femme aussi arrogante, hautaine, une qui va contrôler ma vie oh que dis-je, qui va faire de ma vie un enfer comme elle ne sait que le faire. Adieu ! Je ne suis pas armée pour ce combat ! Ah les hommes ! Comment peut-on traiter sa femme de la sorte ? Tu es aujourd’hui mon pur produit que tu le veuilles ou non ! Quelle ingratitude !

Daniel GUIRE, enseignant
Anselme SANON, psychologue

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