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Le " forfait " de Soumane récompensé au centuple

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Présidentielle 2005 • • lundi 19 septembre 2005 à 07h10min

Pour avoir poussé trop loin le bouchon, Soumane a provoqué le clash avec son ami Blaise Compaoré. Désormais, il est à la merci de tout. Perdre son mandat et même faire la prison.

Juste après le dernier verdict de la justice, le 30 juin dernier, dans la longue affaire du PAI, nous écrivions que les juges avaient finalement décidé d’être on ne peut plus précis. Ils ont annulé le récépissé de Soumane Touré. La décision était susceptible de recours et elle le fut effectivement, mais en soi déjà, elle présageait des lendemains incertains, politiquement parlant, pour Soumane et ses hommes.

Le fait même que les juges aient pu en arriver à cette précision dans le verdict, après des années d’atermoiements, prouve que même si Soumane n’avait été totalement lâché, il était en voie de l’être. La décision judiciaire servait à tout le moins de lest pour qu’il se tienne tranquille. On croyait que l’intéressé avait compris le message, puisqu’il a été reconduit dans le bureau de l’Assemblée nationale, comme cinquième vice-président.

La décision de poser sa candidature pour la présidentielle de novembre prochain a remis sur le tapis le différend qui certainement a dû s’exacerber entre temps. On peut comprendre la frustration de Soumane, lui qui a ferraillé dur en 1991, contre la Coordination des forces démocratique (CFD) pour le compte d’un Blaise Compaoré qui n’avait pas en ces temps durs des partisans prêts à aller aussi loin pour lui. Mais ne voilà-t-il pas que l’un des partis, l’ADF/RDA, en son temps, fer de lance de la contestation, est aujourd’hui le chouchou du président, qui ne semble plus avoir d’égard pour ce compagnon des temps incertains.

Alors l’alternative pour Soumane Touré, pour ne pas mourir politiquement, c’était de tenter ce baroud d’honneur, faire acte de candidature à la présidentielle, pour montrer qu’il n’a pas totalement perdu tout intérêt pour la majorité présidentielle. C’est comme disaient les chantres de la lutte nationaliste africaine des années 1940 " se poser en s’opposant ".

La conséquence de cette fronde " existentielle " dans l’immédiat a été le limogeage des ministres de sa tendance du gouvernement CDP. Comme nous confiait un ponte du parti majoritaire, " on ne peut pas accepter que des ministres aillent insulter Blaise dans les meetings et revenir le lendemain s’asseoir avec lui au Conseil des ministres. Ce n’est pas un gouvernement d’union nationale, c’est le gouvernement de la majorité ". Qu’en sera-t-il dans le long terme ?

Un moment, les mouvanciers de l’Assemblée avaient caressé l’idée d’éjecter le groupe Soumane de leur groupe parlementaire, avant de s’aviser que si les cinq députés de Soumane s’en allaient, ce serait aussi la disparition du groupe parlementaire. Selon les textes actuels de l’Assemblée nationale, il faut au moins dix député pour former un groupe parlementaire. Dans l’immédiat donc de ce côté, Soumane et les siens n’ont rien à craindre. Les autres ont autant besoin d’eux, si non plus. Reste maintenant l’hypothèse où le verdict du pourvoi ne sera pas favorable à Soumane.

Or à moins d’instructions spécifiques, la Cour de cassassion ne peut pas ne pas se prononcer avant la présidentielle. Dans cette hypothèse, tout est possible. Mais il n’est pas certain que Blaise Compaoré veuille aller jusqu’à ces extrémités. Il est moins fondé à le faire que le groupe Soumane semble assez soudé. Et le président a de l’estime pour certains d’entre eux, qu’il voudrait bien garder comme joker, dans la perspective des ambitions qu’il nourrirait pour son prochain mandat.

Tout cela laisse le temps à Soumane de chercher à bonifier " sa valeur marchande ", dans le cadre de la présidentielle à venir. Qui sait, un second tour est-il mathématiquement impossible ? A l’heure d’aujourd’hui, toutes les opinions convergent pour dire que l’élection sera pliée au premier tour. Mais qui sait l’avenir ? Dans l’hypothèse d’un second tour et si entre temps Soumane faisait un bon score, les choses se présenteraient autrement.

En effet, même si le personnage lui-même est peu attractif, il a su s’entourer de personnes de grandes qualités comme l’ex ministre des Ressources animales, Alphonse Bonou. Ce dernier peut lui valoir des voix dans son fief. Dans cette hypothèse, Soumane Touré présenterait plus d’intérêt qu’un Gilbert Ouédraogo qui aurait déjà tout donné au premier tour. Et puis, n’ayant pas compéti, comment pourrait-on évaluer son apport ?
Il y a donc fort à parier que les choses n’iront pas plus loin que le limogeage des ministres du gouvernement. Soumane Touré n’est-il pas le genre de personnage qu’il vaut mieux avoir avec soi plutôt que contre soi ?

Newton Ahmed Barry


Le remaniement est-il resté en chemin ? !

Fait en catimini, le léger remaniement semble avoir surpris nombre de personnes. Beaucoup moins par sa survenue que son ampleur.

Il était prévu et annoncé par des sources généralement bien informées que la rentrée gouvernementale devrait avoir lieu le vendredi 2 septembre. Et puis finalement le rendez-vous n’a pas été tenu. Que s’est-il passé entre temps ? Seul Blaise Compaoré le sait. On aura remarqué que certains ministres s’adressant à la presse ont cru devoir remercier le président de les avoir maintenu à leur poste.
Le ministre Adama Fofana a parlé de " stabilité gouvernementale remarquable ". S’il a jugé bon le signaler, ce n’est pas simplement pour faire clause de style. Mais enfin !

Maintenant que les choses semblent assez claires, on peut dire que le président a décidé d’aller avec tout son monde à la pêche des voix. Mathieu Ouédraogo qui avait commencé la campagne bien avant l’heure, en faisant inclure dans les armoiries de l’Etat, l’effigie de Blaise Compaoré, sera en définitive le seul absent. Même l’hypothèse avancée un moment de décharger les ministres coordonnateurs régionaux de la campagne présidentielle n’a pas en définitive prévalu.

C’est aux commandes de leur ministère qu’ils iront en campagne pour leur champion. Dans ces conditions, l’hypothèse du grand chambardement prévu après la réélection de Blaise Compaoré devrait au moins épargner ces treize directeurs qui seront les artisans de la victoire. C’est pourquoi comme nous l’écrivions dans L’Evénement n° 72 du 25 juillet dernier " Terminus, Yonli descend ! ", si le cadre complet de la gouvernance de l’après élection n’est pas posé avant le scrutin, il est fort probable qu’il ne puisse pas l’être après.

Un grand toilettage mettrait du beau monde dans la rue, puisqu’on ne peut plus les caser à l’Assemblée nationale parce que le délai pour ce faire est forclos. Alors comment remercier ces artisans de la victoire ? Il faut qu’il y pense, le grand sachem. Ce que certaines confidences laissent percevoir, c’est que l’ouverture du gouvernement par exemple aux nouveaux alliés ne serait pas prévue avant la fin des municipales. Pas donc avant mars 2006. Comme Blaise Compaoré n’aime pas les grands changements autour de lui, la présente équipe devrait l’accompagner jusqu’en ce moment là.

D’ici là aussi, les clans auront eu le temps de se neutraliser. En effet, une fois la victoire acquise, on pourrait assister à une guerre à mort entre les clans. Et cela ne sera pas sans conséquence sur l’ensemble des choix qui s’opéreront.

Il est évident que pour l’entourage du président, cette élection marque le compte à rebours pour la sortie de scène de Blaise Compaoré. Ils vont donc être très attentifs à toutes les décisions qui se prendront et par conséquent travailleront à se neutraliser. D’où le risque que le président ne puisse pas faire grand-chose. Les institutions de l’Etat qui n’ont pas acquis une autonomie de fonctionnement en pâtiront inévitablement.

NAB


Jean Pierre est de retour !

Le personnage n’est pas un inconnu. Il a même marqué le pouvoir du Front populaire, en ces tous débuts, avant d’en devenir la victime après le " complot " des Lingani. Son retour inattendu devrait donner des insomnies à Bassolet. Si Jean Pierre Palm a été le maître de Djibril Bassolet, qu’il a même contribué à façonner, il l’appelait affectueusement " ne ka petini " ou " mon petit ", leurs relations seraient devenues exécrables vers la fin. Le rappel de Jean Pierre Palm, le flic du Front populaire, peut signifier le début de la fin de Bassolet. Les résultats de la lutte contre l’insécurité sont décevants et rien ne dit que ça va s’améliorer dans les jours à venir. En plus, le personnel n’a plus vraiment en estime leur patron. Jean Pierre Palm serait dans cette hypothèse en transition au Sport pour mieux atterrir à la Sécurité.

NAB

L’Evénement

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