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Covid-19 : Un mois après, le Burkina toujours debout

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Coronavirus • LEFASO.NET • vendredi 10 avril 2020 à 23h25min
Covid-19 : Un mois après, le Burkina toujours debout

Il y a un mois, le 9 avril mars 2020, le Burkina Faso enregistrait ses premiers cas testés positifs au Covid-19. Aujourd’hui, le pays est le plus touché de la sous-région (443 cas à la date du 8 avril), mais aussi celui qui compte le plus grand nombre de cas de guérisons (146 guéris). Pour d’une part, éviter la propagation du virus le plus médiatisé de la planète et d’autres parts, soulager les populations et entreprises, le gouvernement burkinabè a pris une série de mesures. Des mesures importantes jugées tardives et qui ne prendraient pas en compte tous les Burkinabè. Retour sur les grands faits qui ont émaillé ces 30 jours de lutte contre la maladie à coronavirus 2019.

Le Covid-19, c’est l’histoire d’une bestiole invisible qui met à genou l’humanité en rappelant aux hommes qu’ils ont beau être puissants, futés ou intelligents, la nature aura toujours le dernier mot. Le Covid-19, c’est aussi l’histoire d’un virus qui oblige Pierre, repu après un festin, et Paul, malingre et affamé, à se laver les mains. Toujours au savon. Ce virus qui semblait si loin du continent noir, des semaines après son apparition en Chine, a vite fait de surprendre les Africains (L’Egypte en mi-février), qui pour la plupart, n’effectuaient que de simples contrôle de température au niveau des aéroports. Rien de plus. Erreur.

Quatre guérisons onze jours après

Dès l’annonce des premiers cas confirmés au Covid-19, il faudra attendre 5 jours pour que le gouvernement burkinabè annonce la fermeture de tous les établissements d’enseignements du 16 au 31 mars 2020. Une décision tardive quand on sait que les syndicats des travailleurs y compris ceux de l’éducation avaient déjà annoncé, depuis le 26 février 2020, une grève pour la période du 16 au 20 mars et que les congés du 2e trimestre débutaient le 21 mars.

Aussi, notons que cette décision du gouvernement est intervenue 24h après que la toile eut été inondée par une rumeur de contamination d’une élève, également choriste dans l’église du Pasteur Mamadou Karambiri (Ndlr : le pasteur et son épouse furent les premiers cas détectés au Burkina). ²

Qu’à cela ne tienne, à la date du 16 mars, 5 nouveaux cas confirmés faisaient passer le nombre de personnes testées positives à 20 au Burkina Faso. Le premier décès (une députée à l’Assemblée nationale) a été enregistré à la date du 18 mars. Du côté des communautés religieuses, des mesures sont prises pour lutter contre la maladie : suspension des messes quotidiennes, dominicales et suspension des prières ordinaires et du vendredi dans les mosquées.

Alors que l’équipe médicale annonçait, le 20 mars, les premières guérisons parmi lesquelles le couple pastoral Karambiri, la veille, deux ministres, celui de l’éducation et son collègue de l’administration territoriale, annonçaient avoir été testés positifs au Covid-19. Ils ouvraient ainsi la voie à d’autres ministres : Alpha Barry des affaires étrangères, Oumarou Idani des mines et carrières, Harouna Kaboré du Commerce et Vincent Dabilougou des Transports.

Pr Martial Ouédraogo, coordonnateur national de la réponse à l’épidémie de Coronavirus

La quarantaine… pas encore de confinement

Très attendu, ce n’est que le 20 mars, toujours, que le président du Faso s’est adressé aux Burkinabè en prenant des mesures jugées insuffisantes : fermeture des frontières terrestres et aériennes, instauration d’un couvre-feu à compter du 21 mars, suspension des opérations d’enrôlement biométrique et des opérations spéciales de délivrance de cartes nationales d’identité burkinabè, etc.

Le 24 mars, soit 15 jours après la détection des premiers cas, le Burkina passait la barre des 100 cas, et 72h après la barre des 200 cas. Alors que la psychose gagnait du terrain et que le gel hydro alcoolique était en rupture à Ouaga, l’armée entre en scène et fabrique une grande quantité de gel à prix social. Le 26 mars, les autorités déclaraient l’état d’alerte sanitaire et la mise en quarantaine de toutes les villes actuellement touchées par le coronavirus pour une durée de deux semaines, à compter du vendredi 27 mars 2020 : Ouagadougou, Bobo-Dioulasso, Boromo, Dédougou, Houndé, Banfora, Manga et Zorgho…

Contrôle de température dans l’Est du Burkina

Un plan de riposte révisé

Jeudi 2 avril, le président du Faso s’adressait pour la deuxième fois au peuple burkinabè cette fois-ci avec des mesures d’accompagnement aussi bien pour les entreprises, les couches vulnérables notamment celles des marchés et yaars fermés. Des mesures jugées à tort ou à raison d’être une fois de plus insuffisantes et de ne pas prendre en compte tous les Burkinabè. Les populations rurales, les déplacés internes, par exemple.

Pour la mise en œuvre de ces mesures, le gouvernement a révisé son plan de préparation et de riposte, vivement critiqué sur les réseaux sociaux, évalué à 177 900 426 041 francs CFA. 58 milliards sont affectés à la prise en charge des cas et 50 autres milliards à la prévention et au contrôle des infections. Plus d’un milliard de francs CFA sont attribués à la recherche. Idem pour la communication pour le changement de comportement.

Le président du Faso, Roch Kaboré, a annoncé une série de mesures pour atténuer les effets du Covid-19

Bagarre autour de l’apivirine

Du côté de la recherche scientifique, deux essais cliniques ont été annoncés. Le premier sur la chloroquine associée à l’Azithromycine et le second, un phytomédicament venu du Bénin appelé APIVIRINE. A ce niveau, l’on a noté une cacophonie entre les déclarations du ministre en charge de la recherche scientifique et celles du Pr Martial Ouédraogo, coordonnateur national de la réponse à l’épidémie de Coronavirus. Le premier, face à la presse avait annoncé que des patients guéris avaient eu recours à l’Apivirine, alors que le second avait déclaré que l’équipe de prise en charge n’était pas au courant de l’existence de patients formellement traités par l’Apivirine au Burkina Faso. Qui dit vrai ?

Pour sûr, les populations n’ont pas attendu l’avis d’un tiers pour prendre d’assaut les pharmacies à la recherche du produit. Il faudra attendre le vendredi 3 avril 2020, pour que l’Agence nationale de régulation pharmaceutique (ANRP) du Burkina Faso invite les populations à se préserver de la consommation de l’Apivirine « qui constitue potentiellement une menace sur leur santé ». Pour l’Agence, l’Apivirine n’a « jamais été évalué pour aucune des indications thérapeutiques revendiquées ».

Pr Stanislas Ouaro, ministre de l’éducation guérit du Covid-19

Eviter au pays d’être sous assistance respiratoire

En attendant de trouver un remède, les Burkinabè conscients que la lutte contre la maladie à coronavirus 2019 est l’affaire de tous, n’ont pas hésité à mettre la main à la poche. L’homme d’affaires Mahamadi Bonkoungou a ouvert le bal en prêtant une clinique de 30 lits d’hospitalisation, deux salles de réanimation de cinq lits et 50 millions de francs F CFA.

S’en est suivi le don de Coris Bank International constitué de lot de matériels et d’équipements médicaux d’une valeur de 50 000 000 F CFA, ainsi qu’un chèque de 150 000 000 F CFA. Depuis lors les dons fusent de partout : partis politiques, entreprises, organisations internationales, etc. Le milliardaire chinois Jack Ma a même envoyé du matériel composé de 100 000 masques, 1 000 combinaisons, 1000 masques de protection faciale et 20 000 réactifs de dépistage.

A ce jour, les dons ont dépassé le cap du milliard. Espérons que l’élan de solidarité va se poursuivre et que la campagne de collecte de fonds, lancée par l’Assemblée nationale et des OSC, du 9 avril au 14 mai 2020, permettra d’éviter au pays d’être sous assistance respiratoire. Il faut que cela porte des fruits. Des fruits comestibles après lavage des mains à l’eau et au savon. Il le faut, pour que le Burkina demeure debout.

Synthèse de HFB
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