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Guinée : Le forcing du professeur Condé

Accueil > Actualités > International • LEFASO.NET • mercredi 25 mars 2020 à 19h00min
Guinée : Le forcing du professeur Condé

Saccages de bureaux de votes et affrontements entre manifestants et forces de sécurité. Tels sont les faits ayant marqué le double scrutin tenu au forceps par Alpha Condé. Ce double scrutin, dont les résultats ne sont pas encore connus, a contribué à accentuer les divisions et les tensions entre le pouvoir et l’opposition. Le pays compte assez de morts sur fond de polémique entre les deux camps. Pour le gouvernement, le bilan est de 6 morts. Mais le Front national de défense de la Constitution parle de 14 morts. Ainsi, ce double scrutin qui devrait réunir le peuple guinéen à créer au contraire la division entre les enfants d’une même mère. Tout cela parce que le professeur Condé veut simplement assouvir son désir de régner à vie sur la Guinée.

Au lendemain du double scrutin législatif et référendaire du 22 mars 2020, très contesté et boycotté par l’opposition et la société civile, le pays semble plus que jamais scindé en deux à cause de l’entêtement du professeur Condé pour assouvir son désir à la tête de la Guinée. La date du 22 mars qui devrait marquer l’histoire de la Guinée a été au contraire une date où le sang des Guinéens a coulé à cause de la volonté d’un président qui refuse de partir.

Ce double scrutin qui devrait permettre au peuple guinéen de décider de l’avenir de la Nation a été marqué par des violences occasionnant ainsi des pertes en vie humaine. Cette date 22 mars 2020 a été un rendez-vous noir pour la Guinée. Et les Guinéens pleurent aujourd’hui leurs morts depuis que la sagesse a quitté le président Condé.

Avec ce passage en force, peut-on accorder encore une crédibilité à des élections qui se sont tenues dans la violence et à huis-clos, sans observateur étranger, après le retrait, tour à tour, de l’OIF (Organisation internationale de la Francophonie), de la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), de l’Union africaine et sans l’Union européenne ?

La réponse est négative parce que la transparence du scrutin est largement, ici, mise en cause. Et avec, cette élection Alpha Condé a, à présent, tout le loisir de fabriquer des résultats dans ses officines, à la hauteur de ses ambitions pour confisquer le pouvoir. Peut-être était-ce même le but recherché. Quoi qu’il en soit, il n’y a pas de quoi être fier de ce double scrutin ! Surtout dans ces consultations populaires où le retrait successif des institutions internationales sonne comme un désaveu.

Maintenant qu’il a ouvert les portes de son troisième mandat, peut-on s’attendre à voir Alpha Condé y renoncer et emboiter le pas de certains présidents ? Difficile d’y répondre par la positive, car le déroulement des évènements porte à croire que le plus dur a été fait. Et la seule tenue de ce référendum est, en elle-même, déjà une victoire, peu importent les conditions. Une victoire d’étape qui devrait lui permettre à présent de poursuivre.

Malgré que les dés soient déjà jetés, que deviendra la Guinée dans les jours à venir. L’opposition a déjà annoncé la couleur et l’on ne sera pas étonné de la voir continuer dans les rues. Pour bon nombre d’observateurs, l’opposition va changer de fusil d’épaule et adopter d’autres formes de lutte pour se donner de meilleures chances de faire barrage aux velléités monarchiques du président Condé. Car, même si elle semble avoir perdu la bataille contre la tenue du référendum, elle est loin d’avoir perdu la guerre contre le troisième mandat de Condé. On attend de voir dans les jours à venir.

OI
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Vos commentaires

  • Le 25 mars à 22:32, par Nabiiga En réponse à : Guinée : Le forcing du professeur Condé

    ...pourtant, âgé, dont supposé assagi ; il devait le savoir. Un homme averti en vaut deux, l’adage le dit très bien et son au cours de son parcours sur terre, grâce à son âge il aurait entendu cet adage plus d’un millier de fois. Pourquoi alors s’obstine-t-il pour déchirer d’avantage son pays déjà déchiré depuis des années. Si pendant ses deux mandats il n’a pas pu réaliser tout ce qu’il voulait réaliser s’il arrivait au pouvoir, ce n’est certes pas au cours d’un troisième mandat qu’il finira par les réaliser. Voilà ce qui est curieux et incompréhensible. D’une manière, Blaise Compaoré n’a pas été gentil avec le Professeur. Qu’il appelle tout doucement pour lui donner un petit conseil sur le danger qu’il encourt en s’obstinant car lui, Blaise, en sait quelque chose. N’gaw

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  • Le 26 mars à 00:22, par Yako En réponse à : Guinée : Le forcing du professeur Condé

    Comparaison n’est pas raison.En effet, le départ forcé de Blaise n’a apporté que du malheur aux Burkinabé.A quoi sert l’alternance lorsqu’elle vous enfonce.Le cas Burkinabé n’est pas un exemple à copier voyez dans quel état se trouve notre pays ? Les Guinéens dans la sagesse ont intérêt à jouer l’expression référendaire pour trancher dans la paix.Heureusement que l’opposition Guinéenne est bien éduquée pour incendier l’assemblée nationale.

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  • Le 26 mars à 10:18, par Amors En réponse à : Guinée : Le forcing du professeur Condé

    Dans de nombreux pays, la constitution limite la fonction présidentielle à deux mandats. On peut penser qu’une telle disposition a été réfléchie avant d’être prise. D’autres pays ne limitent pas le nombre de mandats. Cela ne prouve pas qu’ils sont moins démocratiques. Dans chaque pays il y a des partisans de l’une ou de l’autre disposition et il est possible qu’un nouveau président élu ne soit pas d’accord avec la solution applicable dans son pays. Il me semblerait normal que dans ce cas, il organise un référendum dès le début de son premier mandat ce qui permettrait un débat serein. La question serait tranchée pour plusieurs années. Ce qui est inadmissible c’est que, dans un pays qui prévoit une limitation des mandats, la question soit posée à la fin du dernier mandat. Dans ce cas-là, il s’agit simplement d’une volonté personnelle du chef de l’État qui veut garder le pouvoir pour lui et non pas pour les idées qu’il défend. Et quelle que soit l’issue, ça se termine toujours par des morts !

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  • Le 26 mars à 13:01, par Africa En réponse à : Guinée : Le forcing du professeur Condé

    Alpha Condé veut modifier la constitution en marchant sur la dépouille de centaines de guinéens qui n’en veulent pas, sous le regard indifférent des uns et le silence complice des autres. Alpha Condé semble bénéficier de l’appui tacite de tout ce beau monde.
    Il revient au grand peuple guinéen de résister et de refuser le fait accompli. Au coup d’état constitutionnel de Comdé, il faut lui opposer le coup d’état populaire avec l’appui des forces armées nationales lorsqu’il sera au terme de son deuxième mandat. Pas un jour de plus.

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