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Musique : Manu Dibango est mort

Accueil > Actualités > Société • • mardi 24 mars 2020 à 22h14min
Musique : Manu Dibango est mort

L’artiste musicien Camerounais Emmanuel N’djoké Dibango dit Manou Dibango est mort ce mardi, 24 mars 2020 des suites d’une infection au Covid-19 a annoncé sa famille. Le Saxophoniste avait 86 ans.

Ainsi, la rumeur a eu raison de lui. Son faux décès avait été annoncé il y a quelques jours. Mais, depuis ce mardi 24 mars 2020, c’est une réalité. Le covid-19 a eu raison de lui. Mais qui est cet homme dont les férus du jazz pleurent. ? Ce que l’on sait, il est né à Douala au Cameroun de parents protestants.

C’est dans la chorale du temple, dont sa mère est occasionnellement professeur, qu’il est initié au chant, tandis que le gramophone parental lui fait découvrir surtout la musique française, américaine et cubaine.

Sa scolarité commence par l’école du village et se poursuit à « l’école des blancs », où il obtient son certificat d’études. Son père l’envoie poursuivre ses études en France. En 1949, il débarque à Marseille. C’est dans la famille d’accueil de cette commune de Sarthe qu’il passe son adolescence et découvre la culture française.

Au début des années 1950, il y découvre le jazz, joue de la mandoline et y apprend le piano. Lors d’un séjour dans un centre de colonie réservé aux enfants camerounais résidents en France, il découvre le saxophone emprunté à son ami Moyébé Ndédi et y rencontre Francis Bebey. Ce dernier lui apprend les bases du jazz et ils forment un petit groupe jouant de cette musique. Mais, c’est à Reims, où il prépare le baccalauréat, qu’il s’initie au saxophone et commence à se produire dans les « boîtes » et les bals de campagne.

Différents contrats le mènent à la fin de l’année 1956 en Belgique, où il joue dans des orchestres dans des clubs privés, des cabarets à Bruxelles. Il est notamment chef d’orchestre dans la boîte bruxelloise les Anges Noirs, que les politiciens et intellectuels congolais, en pleine négociation pour l’indépendance de leur pays, fréquentent. C’est là qu’il rencontre Grand Kalle, qui l’engage dans son orchestre. Ils enregistrent plusieurs disques, qui remportent le succès en Afrique

En 1967, Manu Dibango trône à la tête de son premier big band. Il crée et développe son style musical, novateur et urbain et découvre le rhythm and blues. En 1972, la face B d’un 45 tour, Soul Makossa fait la conquête des États-Unis et lui vaut d’y faire une tournée. Ses accents africains passionnent les musiciens noirs d’Amérique.

En 1992, Yves Bigot (Fnac Music) lui propose d’enregistrer Wakafrika, un album de reprises des plus grands tubes africains avec la crème des artistes africains et des musiciens internationaux. L’album, dont George Acogny assure la réalisation et Philippe Poustis la production exécutive, paraîtra dans le monde entier. Projet ambitieux de réunification musicale de l’Afrique, Manu revisite le patrimoine de la chanson en invitant les ténors Youssou N’dour sur Soul Makossa, King Sunny Adé sur Hi-Life, Salif Keïta, sur Emma, Angélique Kidjo et Papa Wemba, sur Ami Oh !, sans oublier Peter Gabriel, Sinéad O’Connor, Dominic Miller (guitariste de Sting) et Manu Katché (entre autres). Le single Biko (avec Alex Brown, Peter Gabriel, Ladysmith Black Mambazo, Geoffrey Oryema et Sinéad O’Connor) sera remixé à Atlanta par Brendan O’Brien.

En 2007, Manu Dibango est le parrain officiel de la vingtième édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco). Le 3 février 2009, Manu Dibango décide d’attaquer les maisons de disques de Michael Jackson et de Rihanna pour avoir utilisé sans autorisation le thème de Soul Makossa. Le tribunal a donné sa décision le 17 février 2009 en déboutant sur la forme le chanteur camerounais. Finalement la procédure se solde par un arrangement financier à l’amiable. Manu Dibango meurt ce 24 mars 2020, à Paris, après avoir été contaminé au Covid-19. Il avait deux fils.

Dimitri OUEDRAOGO
Lefaso.net
Source : wikipedia

Vos commentaires

  • Le 25 mars à 22:31, par zeus En réponse à : Musique : Manu Dibango est mort

    C’est avec une grande tristesse que j’ai appris la disparition de ce grand monsieur de la musique. J’ai eu l’immense chance de le croiser au magasin Virgin sur les champs Élysées à Paris à l’automne 1998. Sur le champ, j’ai acheté son CD Soul Makossa de1969 réédité en 1994 et très généreusement, il me l’avait dédicacé avec gentillesse. Je suis actuellement entrain d’écouter ce disque en pensant à ce moment de bonheur que fut sa rencontre. J’ai une pensée pour ses proches, pour l’Afrique et pour le monde. Quel dommage qu’il soit parti dans une période comme celle-ci où on ne peut pas lui rendre un hommage public digne de sa grandeur. Puisse-t-il reposer en paix là-haut. Merci toton Manu !

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  • Le 26 mars à 12:00, par Dibi En réponse à : Musique : Manu Dibango est mort

    Encore un grand nègre des champs et non un domestique qui nous quitte. Ma tristesse est immense ; mais son âme militante nous reste et nous inspirera ; je veux dire les gens de ma génération et non la jeunesse actuelle déculturée, éloignée de nos musiques originelles premières et du jazz, mais bien décérébrée et noyée par le bruitage néocolonial ambiant.
    Pour ma génération, c’est Manu Dibango, Fela, H. Massekela, M. Makéba, Bembeya Jazz national, King Sunny Ade, Abdel Gadir Salim, Omar Sosa, A Farka Touré, Toumani Diabaté, Mamadou Diabaté, Aster Aweke, Linton Kwessi Johnson, et bien d’autres ... qui ont porté haut la musique africaine ; toute chose qui n’a rien à voir avec le tintamare débilitant actuel que diffusent les médias dans toutes les capitales néocoloniales du continent.
    De ce point de vue, c’est un monde qui s’effondre, quand des politiques pleurent un délinquant offert en exemple à notre jeunesse ; suivez mon regard !
    Nous, nous pleuront M. Dibango, un artite, un Nègre debout !
    Na an lara, an sara !
    La patrie ou la mort !

    Répondre à ce message

  • Le 29 mars à 15:56, par Ka En réponse à : Musique : Manu Dibango est mort

    Que Dieu reçois ton âme l’artiste. Le monde a tremblé sur ton MAKOUSSA. Tu resteras toujours dans nos souvenirs.

    Répondre à ce message

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