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Clôture du mur de l’INERA à Kamboinsin : Un comité local exige l’arrêt des travaux

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET • vendredi 20 mars 2020 à 13h00min
Clôture du mur de l’INERA à Kamboinsin : Un comité local exige l’arrêt des travaux

La coordination des Comités de défense et d’approfondissement des acquis de l’insurrection populaire (CDAIP) de l’arrondissement de Sig-Noghin avait prévu un sit-in, ce jeudi 19 mars 2020 sur le site de l’INERA en construction à Kamboinsin, pour « barrer la route à la construction de ce mur ». Finalement, c’est un comité d’une dizaine de membres qui a siégé sur les lieux, au vu du contexte actuel de propagation du coronavirus.

Le cri de cœur de la coordination, c’est l’arrêt des travaux de construction de la clôture de l’institution, qui s’étend sur une longueur de six kilomètres environ, à l’intérieur du quartier Sakoula de Kamboinsin. Selon les manifestants, ce mur créera des inondations pendant la saison pluvieuse, et les conséquences seront sévères pour les populations de la localité.

Pour Adama Rabo, chargé à l’organisation de la coordination, le quartier de Sakoula est inaccessible dans les mois d’août et septembre. La construction de cette clôture viendra exacerber le problème des inondations que connaît le quartier pendant les saisons pluvieuses. « Nous voulons l’arrêt immédiat des travaux et l’entrée en pourparlers avec la population », a-t-il exigé. Selon lui, deux correspondances ont été introduites à l’INERA, qui a préféré observer un silence radio. Même chose avec la mairie de l’arrondissement N°9, dont relève Sakoula.

Adama Rabo, représentant de la coordination des CDAIP de Sig-noghin.

Pour lui, l’INERA veut construire cette clôture sans aviser les populations, qui vont être des victimes collatérales. C’est ainsi que la coordination des CDAIP de Sig-Noghin est intervenue suite à l’appel de la population. Désormais, elle fait sienne cette préoccupation. Selon Gomzemsé Ouédraogo, un habitant de Sakoula, les négociations ont commencé depuis le 27 janvier 2020. « Mais une entente ne saurait être trouvée si l’autre partie refuse de s’engager dans les discussions », regrette-t-il.

En guise de réponse, la direction générale de l’Institut de l’environnement et recherches agricoles (INERA) affirme avoir engagé des pourparlers depuis de début de la procédure de construction. Les activités de recherche étaient perturbées par les riverains. « Souvent, des gens viennent récolter nos essais avant nous, ce qui nous pose un problème. D’autres venaient, même nuitamment, balayer le sable et le gravillon dans les parcelles d’essai, parfois même au pied des semences », déplore le directeur général de l’INERA, le docteur Korodjouma Ouattara. La solution, selon lui, a été de solliciter la clôture du site. Chose que le gouvernement a agréé, en leur trouvant une ligne budgétaire pour les travaux.

Dr Korodjouma Ouattara, DG de l’INERA

Il ajoute que c’est à la réception de cette information que l’institut de recherche a engagé les concertations avec les riverains, pour leur faire comprendre qu’ils souhaiteraient clôturer sa station. De concert avec les autorités communales et coutumières, les discussions ont été engagées. La population n’a pas trouvé d’inconvénient à ce que l’institut clôture son site, mais a posé une inquiétude par rapport aux eaux de ruissellement, qui pourraient retourner dans les habitations, se rappelle le directeur général. Les architectes, l’entreprise et la hiérarchie ont été informés et les dispositions nécessaires ont été prises dans la construction de la clôture.

La deuxième inquiétude a été la voie d’accès aux services sociaux de base que sont le Centre de santé et l’école. Les acteurs ont donc décidé de laisser seize mètres du côté nord du site et six du côté sud. Avec les autorités coutumières et communales, les populations ont marqué leur accord et une autorisation a même été signée par l’autorité coutumière de la zone, affirme Dr Korodjouma Ouattara. Les activités ont démarré et c’est en cours d’exécution que la coordination des CDAIP de Sig-Noghin a surgi pour exiger l’arrêt des travaux, regrette-t-il.

Gomzemsé Ouédraogo

« Il s’agit d’un site qui nous appartient depuis la création de l’institut en 1944, que nous avons décidé de clôturer », rappelle Dr Ouattara. Il ajoute que le site n’a déguerpi personne ; au contraire, des compromis ont été trouvés lors des concertations. C’est pour des raisons de sécurité des activités de recherche, de pertinence et de fiabilité des résultats de ces recherches que la clôture du site a été initiée. Pour lui, les Comités de défense et d’approfondissement des acquis de l’insurrection populaire (CDAIP) n’ont pas de légitimité pour révoquer les conclusions déjà faites. Il en appelle à la compréhension des riverains. L’institut appartient au Burkina, selon lui, et œuvre pour le bien-être des populations. Ce ne sont pas des étrangers qui sont venus pour annexer une partie du pays, explique-t-il.

Etienne Lankoandé
Lefaso.net

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