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Christiane Zoungrana : « Le tissage, c’est une histoire d’amour »

Accueil > Actualités > Culture • LEFASO.NET • mercredi 18 mars 2020 à 15h00min
Christiane Zoungrana : « Le tissage, c’est une histoire d’amour »

« Le handicap n’est pas une fatalité », a-t-on coutume de dire. Cet adage a été bien compris par Christiane Zoungrana qui a embrassé le métier de tisseuse au sein de l’Association Zoodo pour la promotion de la femme (AZPF), section de Ouagadougou. Une activité qui lui procure une grande satisfaction et lui assure une autonomie financière.

Victime de la poliomyélite, Christiane Zoungrana est handicapée moteur. Derrière cette personne à l’allure vulnérable, se cache une femme battante. Elle fait partie de cette génération qui refuse la compassion et la pitié des autres, parce qu’elle se considère comme une personne à part entière. Cette mère célibataire s’investie avec passion dans la conception du Faso Danfani, au sein de l’Association Zoodo pour la promotion de la femme (AZPF), section de Ouagadougou. Et ce, depuis 2014.

Hébergée depuis un certain temps par la fondatrice, elle arrive à l’association sise au quartier Pissy tous les jours à 8h. Elle a la passion du tissage depuis toujours. Il faut dire que dame Zoungrana s’en est donné la peine.

Dès son plus jeune âge, elle est formée au tissage dans un centre chrétien. Mais elle va arrêter sa formation pour être au chevet de son père malade. C’est ainsi qu’elle quitte Ouagadougou pour Ponsmtinga, un village de la commune rurale de Komsilga. Malheureusement, la maladie a eu raison de son géniteur ; lui qui était le pilier de la famille. Elle refuse alors d’être un poids financier pour sa mère qui se retrouve seule à élever ses jeunes frères et elle. Parlant de sa vie, elle explique avoir rencontré beaucoup de difficultés mais qui ne l’ont jamais découragée.

« J’ai mené de petites activités génératrices de revenus au village pour aider ma mère, avant de faire la connaissance de l’AZPF », a-t-elle confié. A la fois comique et ouverte, elle met de bonne humeur les autres femmes qui tissent. Elles proposent des pièces modernes entièrement réalisées à la main, au métier à tisser. Leur production est vendue à la boutique située à l’extérieur du local de l’association. Elle est ouverte du lundi au samedi. Le salaire mensuel de dame Zoungrana lui permet de joindre les deux bouts. En plus d’avoir payé une moto flambant neuve, elle assure la scolarité de sa jeune fille, dit-elle les yeux brillants, heureuse de son autonomisation financière.

Malgré son handicap, cette tisseuse a un grand rêve : avoir son propre magasin de vente de matériel de tissage. C’est un rêve qui reste hors de portée pour l’instant, mais elle compte mettre toutes les chances de son côté pour le réaliser.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

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