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Chronique de la métamorphose du Burkina Faso de Blaise Compaoré (1)

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Burkina Faso : chronique des années Compaoré • De la Révolution à la libéralisation économique et à la démocratisation politique en passant par la "rectification ". • vendredi 9 septembre 2005 à 08h28min

Je suis entré à l’institut africaniste de la Sorbonne en 1967. J’ai débuté mes premières pérégrinations en terre africaine en 1970. Ouaganda, Kenya, Tanzanie (et, bien évidemment, Zanzibar). J’ai depuis longtemps dépassé le cap des deux cents missions professionnelles en Afrique ; depuis, je ne compte plus.

J’ai vécu les espérances déçues (le "socialisme" tanzanien, le capitalisme d’Etat ivoirien), les révolutions perdues, égarées, dévoyées (Algérie, Congo, Mozambique, Zimbabwe, etc) ; j’ai vu les dictatures s’effrondrer pour donner naissance à d’autres dictatures (Zaïre), les transitions constitutionnelles se déchirer (Cameroun) ou dégénérer (Côte d’Ivoire), les guérillas cesser de guerroyer (Angola) ; j’ai connu les "industries industrialisantes", les" émirats pétroliers", le "Plan de Lagos", les "révolutions vertes", les
"filières agricoles", les "zones franches", les nationalisations et les privatisations, les projets Fac et Fed, les "grands équilibres" du FMI et de la Banque mondiale.

De tout ce fatras qui compose la part essentielle de ma vie, il ne reste pas grand chose. D’Alger à Dar Es Salam, de Nouakchott à Djibouti, de Douala au Caire, j’aurais accumulé, en près de quarante ans de vie ("professionnelle" ?), bien peu de raisons d’espérer si, çà et là, il n’y avait des raisons de ne pas désespérer. Une de ces raisons porte un nom : Burkina Faso. D’autant plus que ce pays me conforte dans l’idée que l’Afrique est, plus qu’aucun autre, le continent du long terme et que c’est sur la longueur que l’on peut juger de l’action menée par ceux qui ont en charge la conduite d’un pays.

On peut réduire l’histoire du Burkina Faso à un jour : 15 octobre 1987 et à une phrase : "Thomas Sankara, leader de la Révolution burkinabè, est assassiné alors qu’il tentait de résister à la prise du pouvoir par son ami Blaise Compaoré". On se trompe.

On peut réduire l’histoire du Burkina Faso à une décennie : 1988-1998 et à une phrase : "Après avoir liquidé tous ses anciens partenaires, Sankara, Lingani, Zongo, et mis les journalistes au pas - affaire Zongo - Blaise Compaoré instaure un pouvoir personnel". On se trompe une fois encore.

L’histoire du Burkina Faso de Blaise Compaoré se juge sur la longueur (ce qui signifie que le jugement ne peut être encore que partiel), de 1987 à 2005. Et nul ne peut contester que, de 1987 à 2005, c’est à une véritable métamorphose de ce pays que nous avons assisté.

Métamorphose physique et métamorphose politique. Mais c’est justement l’adaptation de la politique aux réalités de notre Histoire contemporaine qui a permis cette métamorphose physique. Je ne connai pas un seul pays, en Afrique, qui ait été capable de mener à bien cette métamorphose. Je le dis d’autant plus sereinement que je n’ai pas partagé tous les choix du Burkina Faso de Blaise Compaoré. Mais je dois constater qu’il vaut mieux être un Burkinabè de 2005 qu’un Burkinabè de 1987 et qu’un Voltaïque de 1983 ; je constate aussi qu’il vaut mieux être un Burkinabè de 2005 qu’un Ivoirien du même millésime. Et qu’il y a plus de satisfactions a être un Burkinabè de 2005 après avoir été un Voltaïque de 1983 que d’être un Centrafricain, un Malien, un Nigérien, un Tchadien (pour prendre des pays également enclavés), un Camerounais, un Gabonais, un Ivoirien (pour prendre des pays qui ont bénéficié de ressources naturelles significatives) sur la même période, celle des vingt dernières années.

Bien sûr, on peut trouver mille et une raisons de critiquer le "régime" instauré par Compaoré. On peut détester les Mossi (il l’est), les communistes (il l’a été), les révolutionnaires (il l’a été), les militaires (il l’a été), les chefs d’Etat (il l’est), les copains de Kadhafi et des autres chefs d’Etat africains (il l’est à l’exception, sans doute, pour des raisons "conjoncturelles", de Laurent Gbagbo), ceux qui jouent la carte de l’Union africaine, de la Francophonie, des sommets France-Afrique (il a joué tous ces jeux-là et plus encore à Ouagadougou), etc.

On peut détester, mais il faut bien reconnaître que le bilan s’impose : du chaos où se trouvait la Haute-Volta en 1983 et le Burkina Faso en 1987, il est sorti, aujourd’hui, un pays qui donne bien plus de raisons d’espérer que de raisons de désespérer. Soyons net. Ce n’est pas le bilan d’un homme seul. C’est le bilan d’un peuple et de ses "élites" ; d’un peuple qui n’a jamais reculé devant ses responsabilités historiques : guerres, révolutions, conflits sociaux ; des "élites" qui, appartenant à des civilisations anciennes, ont souvent eu l’ambition de constuire leur pays en toute indépendance.

Le Burkina Faso n’a pas connu une histoire facile ; mais ce pays n’a pas à rougir de son histoire. Bien au contraire : il peut s’en montrer fier.

J’aime trop les Révolutions et les Révolutionnaires pour m’être totalement passionné pour ce qu’a été le "sankarisme". J’ai laissé cela, alors, à mes jeunes étudiants burkinabè de la Sorbonne ne cessant, cependant, de mettre le doigt sur les limites puis les dérives d’une action politique qui sombrait dans la "révolution culturelle" avant de devenir n’importe quoi.

Il faut être réaliste et, contrairement à ce qu’affirmaient les gauchistes en 1968, ne pas "demander l’impossible". Compaoré a accédé au pouvoir à la suite des événements du 15 octobre 1987. Je suis revenu à Ouaga quelques mois plus tard, en mars 1988. Le pays était exangue et misérable (comme il l’avait toujours été d’ailleurs). La "révolution sankariste" avait écrasé le pays sous une chape de plomb. Le pays était muet, muré dans la peur. Les hôtels avaient été désertés, les activités de service avaient disparu. Les quelques "taxis" Renault 4L, hissés au rang de vestiges révolutionnaires, faisaient le "plein" avec un litre d’essence. De vrais cocktails Molotov (heureusement, sans la mèche). Pas un resto, pas une "boîte", pas un sourire ; des slogans, des mots d’ordre, des militaires partout, la suspicion, le soupçon, jamais le bon papier, jamais le bon tampon. "La Révolution ou la mort, nous vaincrons". Il y a des jours où on se disait qu’il valait mieux la mort. Le "pays des hommes intègres" n’était pas loin d’être invivable pour ceux qui n’étaient pas obligés d’y vivre (il faut ajouter à cela la chaleur et la poussière).

A la suite de la liquidation de Sankara et de son régime, le Conseil national de la révolution (CNR) avait laissé la place au Front populaire institué le 17 octobre 1987. Après de longs mois de tergiversations et de réglements de comptes politiques, un programme d’action sera publié le 11 mars 1989 qui se fixera pour ligne directrice la "Rectification de la Révolution". En deux mots : décrispation politique et ouverture économique. Premières mesures visibles : réhabilitation des syndicats ; restauration de la chefferie traditionnelle ; revalorisation des salaires et des prix agricoles.

La "révolution" n’est pas éradiquée pour autant. Le Discours d’orientation politique (Dop) du 2 octobre 1983 reste le fondement de l’action du Front populaire et les Comités révolutionnaires (CR) ont remplacé les CDR de triste mémoire. On évoque un capitalisme d’Etat, première étape vers l’instauration d’une démocratie populaire.

Ma première rencontre en tête-à-tête avec Compaoré remonte au 18 juin 1989. Au lendemain de la première session ordinaire du Front populaire. Silhouette presque trop fluette, tenue civile traditionnelle (avec, cependant, au poignet, une montre militaire "camouflée"), regard franc, voix calme, posée ; un bureau de cadre : photos de famille dans la bibliothèque (qui accueille les oeuvres complètes de Lénine), vaste carte du monde, une clim poussée à fond alors que sa salle d’attente avec ses rideaux à fleurs, ses canapés d’un autre âge et ses fauteuils en skaï quelque peu avachis, et ses néons au plafond évoque les HLM de la banlieue parisienne des années cinquante. Dehors, les militaires veillent : bottes de saut, couteau de survie, tenue camouflée, kalachnikov, petits mortiers.

A suivre

Jean-Pierre Béjot
La Dépêche Diplomatique

Vos commentaires

  • Le 9 septembre 2005 à 11:12, par Idris En réponse à : > Chronique de la métamorphose du Burkina Faso de Blaise Compaoré (1)

    Voilà encore un autre griot des temps modernes. Les mercenaires en cravate comme le dit Alpha Konaré. Le Togo des Eyadéma a son Debbach, le mercenaire constitutionnaliste, le Burkina avait son Jean Guion. Maintenant, c’est... (j’ai déjà oublié son nom, tant mieux comme ça). Là au moins il y a alternance. Ils se succèdent pour flatter l’égo de nos timoniers. Et la méthode la plus efficace, c’est de dénigrer le précédent président, tout en oubliant le rôle et la place de celui qui est flatté dans le régime vilipendé. Notre "expert de l’Afrique", "le passionné du sankarisme" demande de ne pas reduire le Burkina au 15 octobre 1987 encore moins au 13 décembre 1998. Bien dit. Mais, il ne s’applique pas son propre principe parce qu’il tend à réduire le Burkina à Blaise Compaoré ou à son régime. Il affirme péremptoirement que le Burkinabè de 2005 vit mieux que celui de 1983 ou de 1987. Comme les Burkinabè ne constituent pas la même classe, homogène, il va de soi que les Burkinabè que lui il connait ont fait un bond vertigineux. Le Blaise de 2005 n’est évidemment pas celui de 1987 encore moins de 1983. En 1983 et 1987, il n’avait pas un palais. Il n’avait pas non plus des millions à distribuer (corrompre si vous voulez) à des "opposants" et aux commerçants de Rood-woko.
    Quant à Sankara, il faudrait que Blaise dise à tous ses griots de le laisser tranquille car, plus ils s’ingénieront à le dénigrer plus les honnêtes gens se rendront compte de la supercherie. Ce n’est pas une bonne stratégie de communication. Même un étudiant de la première année de Communication et journalisme de l’université de Ouaga en ferait mieux. Je ne suis pas contre le fait de mettre en relief les bonnes réalisations du président Compaoré. Cela peut se faire sans qu’on y entre dans le mensonge et le dénigrement des autres. Compaoré, Sankara, Lingani, Zongo et tous les autres acteurs historiques du Burkina moderne appartiennent au Burkina. Les Burkinabè les ont vu à l’oeuvre. Ils les connaissent donc mieux que celui qui a passé son temps à voyagé à travers l’Afrique. Le dernier mot leur revient donc de les "juger".

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    • Le 10 septembre 2005 à 14:09 En réponse à : > Chronique de la métamorphose du Burkina Faso de Blaise Compaoré (1)

      tu as tout dit mon ami. plus rien a ajouter. nous, nous savons les realites. on n’a pas besoin de griots pour nous en faconner. la redaction du site devrait analyser ses articles avant de les poster. c du delire total cet article.

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      • Le 6 octobre 2005 à 11:57, par Lefaso.net En réponse à : > Chronique de la métamorphose du Burkina Faso de Blaise Compaoré (1)

        C’est bien de critiquer ce que les autres ont écrit. C’est mieux de se donner la peine pour écrire l’histoire du Burkina.
        Au lieu de laisser les autres le faire à notre place et de venir nous plaindre ensuite.

        C’est pas les réactions compulsives sur des forums Internet qui font l’histoire. On a été à l’école comme ces "mercénaires"-là ; pourquoi attendanos-nous qu’ils écrivent sur nos pays pour nous plaindre ?

        Tenga

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        • Le 16 octobre 2006 à 21:58 En réponse à : > Chronique de la métamorphose du Burkina Faso de Blaise Compaoré (1)

          certes je n’ai pas été témoin de l’histoire de la révolution burkinabé, mais je crois bien bien, après des lectures d’une documentations à diverses sources , j’ai retenu une chose : "c’est que la révolution de 1983 à 1987" a donnée une personnalité au peuple burkinabé. L’esprit d’équipe est de cette période, mais il s’est éteint, ce qui est déplorable.
          Monsieur, je suis burkinabé fier de l’être parceque Sankara y a existé. Le Burkina d’aujourd’hui que vous glorifier tant est un "Iceberg" je tient à vous le dire. Entré sous cette eau qui cache le danger qu’ il couvre et vous saurez à quoi ressemble le "Burkina de blaise". Sinon l’histoire vous donnera tort et les générations futur diront un jour "qu’il était un piètre témoin de l’histoire".
          quand dans un pays les dirigeants crient que rien ne va, qu’on est sans ressource pour attirer les investisseurs, et qu’en retour ces dirigeant mènent un train de vie qui ne reflète pas ce qu’ils ont avancé comme argument pour bénéficier de l’aide, c’est qu’il y’a problème
          quand dans un pays, des dirigeants gardent chez eux des milllions et réfusent de les placer en banque (stimulant du développement comme ils aiment le dire), c’est qu’il y’a problème.
          quand dans un pays, on sème des orphelins à longueur de journée, c’est qu’il problème
          quand dans un pays, on refuse de s’attaquer au cause d’un danger et on s’en prend au danger en "personne", c’est qu’il ne disparaîtra pas..................................C’est le Burkina faso de 2005
          Quand au cause d’un système on s’en prend aux élements du système dans un autre système, c’est qu’il y’a problème
          .....................................................,C’est le Burkina du "système Blaise", un "système vampire"
          Garvey

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  • Le 9 septembre 2005 à 16:43, par CALLAGANE En réponse à : > Chronique de la métamorphose du Burkina Faso de Blaise Compaoré (1)

    CE N EST PAS UNE BONNE FAçON DE FAIRE DE LA PUB AU BURKINA FASO EN INSULTANT LES AUTRES PAYS AFRICAINS COMME DJIBOUTI PAR EXEMPLE.
    ARRETEZ VOTRE FAVORITISME.
    ON PEUT FACILEMENT TUER LE BURKINA EN ENVOYANT 1000 ARTICLES GRAVES, VOUS SAVEZ.
    ALORS LA PROCHAINE FOIS , EPARGNEZ DJIBOUTI MONSIEUR, C EST UN PAYS ACCUEILLANT,
    SYMPA, COOL, LE DUBAI DE L AFRIQUE.VOUS VERREZ.
    L AFRIQUE VA ALLER LOIN.
    TOUTE L AFRIQUE, D AILLEURS SANS FAIRE D EXCEPTION.
    CE CONTINENT BAT TOUS LES RECORDS EN AYANT UN TAUX DE CROISSANCE DE 5.3%.
    VIVE DJIBOUTI, VIVE L AFRIQUE.

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  • Le 11 septembre 2005 à 14:46 En réponse à : > Chronique de la métamorphose du Burkina Faso de Blaise Compaoré (1)

    Jean-Pierre Béjot, je crois que tu connais pas le Burkina Faso ni l’Afrique.Tu connais l’Afrique qu’à travers leurs dirigeants. On ne finit jamais d’apprendre dit-on. Viens réapprendre à connaître le vrai Faso Monsieur le griot qui veut déformer l’histoire. Arrête de nous divertir. Charles

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  • Le 17 septembre 2005 à 17:13, par Lefaso.net En réponse à : > Chronique de la métamorphose du Burkina Faso de Blaise Compaoré (1)

    A la lecture de cette série d’articles, je suis séduit par la justesse des analyses de M. Béjot. Les journalistes burkinabè font rarement des écrits de ce genre qui permettent de repartir plusieurs années en arrière pour comprendre ce qui se passe aujourd’’hui.

    Comme d’habitude au Burkina, on est très prompt à condmaner toute analyse qui n’accable pas systématiquement le pouvoir en place. Les réactions hypodermiques tiennent lieu d’analyse. On a dit chronique, ce qui veut dire une série d’articles ; et au lieu d’attendre la suite, on a commencé à injurier.

    A la longue, on voit bien que l’auteur, c’est maleheureux de le dire, connaît le Burkina bien mieux que la plupart des internautes qui se disent connaisseurs et qui ont été prompts à le juger dès le premier écrit.

    Thomas

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    • Le 23 septembre 2005 à 11:24 En réponse à : > Chronique de la métamorphose du Burkina Faso de Blaise Compaoré (1)

      Je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi.. Comme le dirai l’autre les "mercenaires en cravate" s’enfoutent de la masse populaire. ce qui les intéressent ce sont ce que le pouvoir en place peut les faire gagner.
      je ne dis pas que M. Béjot fait partie de ceux là mais je ne crois pas qu’ils connaissent mieux le Burkina mieux que la plupart des internautes.
      Nous (du moins ceux qui vivent ou qui ont longtemps vécu au pays) on vit les réalités
      profondes du pays.

      je pense que M. Béjot cherche son "gombo" comme tout le monde car la chronique est à sens unique en faveur du pouvoir : pas de critique véritable

      merci les griots venus d’ailleurs mais vous n’arriverez pas à modifier l’histoire du "pays des hommes intègres" juste avec votre plume.

      Si vous voulez vraiment aidé ce pays, soyez plus objectifs dans vos analyses..

      wennà songd fan guili

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  • Le 4 octobre 2005 à 11:16, par diop En réponse à : > Chronique de la métamorphose du Burkina Faso de Blaise Compaoré (1)

    bonjour cher ami.
    je viens de lire votre redaction comparant le burkina de 1983 de 1987 et de 2005. je suis tres supris car moi je suis né a pres le 15 octobre 1987.
    mais ce que je veux dire est que vos commentaire et celui de ma mere est tres diferente.je dois vous dire que ma mere ma dit que au temps de 83 et de 87 sont diferente.car tous le monde se nourissais bien et que le burkinabe n’avais pas peur d’aller en guinee ou en cote d’ivoir.
    mais moi l’analyse que je peut faire est que le burkina de blaise est faite pour les riches, et pour les muet car on peut pas dire ce qu’on pense a force d’etre bruler ou d’etre tabasser comme david et zongo.

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    • Le 4 octobre 2005 à 11:35, par Lefaso.net En réponse à : > Chronique de la métamorphose du Burkina Faso de Blaise Compaoré (1)

      Mon frère,

      Si tu dis que le Burkina de Blaise est fait pour les riches, tu n’as peut-être pas tort. Ca, ce sont les conséquences du libéralisme avec ses dérives. Partout où on est passé d’un système dirigiste comme la révolution au liberalisme, c’est toujours un peu comme ça. Regarde un peu les pays de l’Europe de l’Est aujourd’hui. Mais c’est à nos dirigeants de trouver des solutions adaptées à notre pays et ne pas laisser la bourgeoisie insultante qui se développe avec parfois des enfants de ministres qui narguent leurs camarades dans les cours de recré.

      Par contre, si ta mère t’a dit qu’entre 1983 et 1987 on était plus libre qu’aujourd’hui, elle devait être avec les CDR qui faisaient leur loi et condamnaient au silence tous ceux qui n’étaient pas d’accord avec eux.

      Est-ce que ta mère t’a dit aussi que c’est entre 1983 et 1987 que pour la première fois dans notre pays on a fusillé des gens (Didier Tiendrébéogo et compagnie) pour des raisons politiques ?

      Thom

      Répondre à ce message

  • Le 7 août 2006 à 17:48 En réponse à : > Chronique de la métamorphose du Burkina Faso de Blaise Compaoré (1)

    A mon humble avis, l’étude menée et l’écrit ci-dessus méritent une attention particulière. Tout d’abord, la démarche est fort bien appréciable : chronologie des évènements, démonstration des faits avancés, auto-critique, exemples à l’appui, ...

    Je suis burkinabè et je n’ai pas connu la période 83/87 (très jeune et vivant à l’extérieur) ; mais, ce récit m’amène, un temps soit peu, à revoir les idées reçues ça et là. Il faut "prendre une distance" par rapport aux émotions, aux "bradages d’informations", aux "ont-dit des mamans et papas", aux "histoires à faire dormir", ... Chaque lecteur (surtout les plus jeunes, les moins de 40 ans) devrait étoffer sa "bibliothèque" et ses sources de lecture afin d’adopter des positions qui ne risquent pas de le noyer un jour à la vue de la triste et réelle réalité.

    Il est tout à vrai que Thomas Isidore SANKARA (Paix à l’âme de ce brave burkinabè et africain) fut un panafricaniste sans faille, un révolutionnaire digne de ce nom, un homme intègre à l’image de son père (tous mes hommage à cet homme décédé ce 04/08/2006), un défenseur des droits et des libertés africaines, un grand orateur et un communicateur de talent hors pair, un militaire aussi, ...etc mais est ce vrai que le Burkina Faso de la période 83/87 allait dans le droit chemin du développement ? Nos révolutionnaires n’avaient-ils pas oublié le but de leur action ? Je me pose des questions et je cherche à comprendre.

    Le Burkina de nos jours marche sur le sentier du développement ; il suffit de voir les critères de performance publiés par les instituions telles l’UEMOA, le FMI, la Banque Mondiale, ... Mais, ne peut-on pas mieux faire avec ce que nous avons ? Et qui peut le faire ? C’est une question de politique économique à mener par des hommes d’une certaine trempe. Et non des "affameurs du peuple", des "endormeurs de la conscience collective", des "budgétivores sans vergogne", ...

    C’est ça la vérité. Que proposons-nous, pour notre pays, pour le combat du 21ème siècle ? Avec quels hommes le BF peut-il relever le défit du millénaire actuel ?

    Je vous remercie pour votre lecture.

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