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Cloud computing : Cinq jours pour sensibiliser aux enjeux du Cloud et démystifier son utilisation au Burkina

Accueil > Actualités > Multimédia • LEFASO.NET • dimanche 16 février 2020 à 23h45min
Cloud computing : Cinq jours pour sensibiliser aux enjeux du Cloud et démystifier son utilisation au Burkina

Nous avons rencontré le Pr Jean Marie Dipama, chargé de mission pour la mise en place de l’Université virtuelle du Burkina Faso (UV-BF) et Dié Sanou, directeur général de l’Agence nationale de promotion des technologies de l’information et de la communication (ANPTIC), dans le cadre de l’organisation, du 18 au 22 février 2020, des activités sur le Cloud computing. Ces activités, qui comportent une formation et un hackathon, se tiendront au sein de l’Université virtuelle sis à l’IFOAD (Ouaga 2000) et auront pour thème « Fondamentaux du cloud et prise en main de Openstack ». Ces entretiens ont été l’occasion pour nous d’en savoir plus sur les deux structures et sur l’activité qu’elles organisent ensemble.

Université virtuelle du Burkina Faso (UV-BF)

L’université virtuelle du Burkina Faso (UV-BF) est l’un des grands projets qui ambitionnent de faire une révolution dans l’enseignement supérieur au Burkina Faso grâce à la formation à distance. Pouvez-vous nous présenter l’UV-BF et nous parler de l’idée de sa création ?

Pr Jean Marie Dipama : L’Université virtuelle du Burkina Faso est un projet qui est en gestation depuis 2017, et qui a eu son arrêté de création en décembre 2018. Elle a son siège à Ouagadougou qui est en construction et qui aura autour de lui 16 espaces numériques ouverts dont trois à Ouagadougou, au regard de la concentration de la communauté universitaire : deux à Bobo-Dioulasso et un dans chacun des autres chefs-lieux de région du pays.

L’idée de création de cette université répond au besoin d’améliorer la qualité de l’offre de formation supérieure à distance dans notre pays, grâce aux nouvelles technologies de l’information et de la communication. Ainsi, grâce aux formations à distance que nous offrons, nous améliorons la qualité de l’enseignement supérieur proposée jusque-là par nos universités classiques qui sont confrontées à des problèmes structurels liés à la faiblesse des capacités d’accueil avec le nombre croissant des étudiants.

Pr DIPAMA Jean Marie

Quelles sont les missions de l’Université virtuelle ?

L’Université virtuelle du Burkina Faso a trois missions essentielles. La première mission est une mission technologique : il s’agit de mettre à la disposition de toute la communauté scientifique une plateforme technologique sécurisée afin de pouvoir héberger des ressources pédagogiques et scientifiques. La deuxième mission est de développer des offres de formation innovantes afin de faire la différence avec le classique déjà sur le marché actuel. La troisième mission est une mission de recherche dans des domaines innovants comme l’intelligence artificielle et la robotique.

Quelles sont les ambitions et les visions de l’Université virtuelle ?

L’ambition nourrie par l’Université virtuelle est d’être une plateforme qui fédère l’ensemble des universités au Burkina Faso, qu’elles soient publiques ou privées ; et cela, afin que tout étudiant, quelle que soit sa situation géographique, ait accès à la plateforme technologique et donc l’ensemble des ressources pédagogiques et scientifiques.

Elle a pour vision d’être à l’horizon 2025 une institution d’enseignement supérieur compétitive et performante dans le domaine de l’enseignement à distance au Burkina Faso.

Quelles sont les différentes formations offertes par l’Université virtuelle ?

L’Université virtuelle offre trois programmes de formation. Les sciences fondamentales où nous avons les fondamentaux des sciences exactes telles que la physique (tout ce qui a trait à l’énergie), la chimie (formation innovante en chimie verte qui est prévue), les mathématiques…

Les sciences numériques où nous mettons l’accent sur la formation d’une masse critique de compétences dans les domaines du numérique, car aujourd’hui, on parle de l’économie numérique, ce qui signifie que le numérique est reconnu comme l’un des fondements du développement actuel et future.

Nous avons enfin le programme des sciences transversales où nous mettrons l’accent sur des filières telles que la télémédecine, la géomatique, l’agriculture numérique...

L’université virtuelle organise, pour bientôt, en collaboration avec l’ANPTIC, une série d’activités sur le Cloud computing. A quel besoin répond cette collaboration ?

Disons que le gouvernement du Burkina Faso, avec le soutien de partenaires, a mis en place une infrastructure de mutualisation des ressources informatiques qui est le G-Cloud et dont l’Agence nationale de promotion des technologies de l’information et de la communication (ANPTIC) a en charge la gestion. Pour l’activité en question, nous l’organisons avec l’ANPTIC mais en plus de l’ANPTIC, nous avons également associé le département d’informatique de l’UFR/SEA de l’Université Joseph-Ki-Zerbo où nous avons des compétences prouvées dans les domaines de l’informatique.

Ce sont donc ces trois promoteurs qui se sont unis pour réaliser cette activité qui se veut une activité de promotion du G-cloud à travers des aspects importants que sont la formation sur la technologie Cloud et un concours d’innovation sur la technologie cloud (hackathon). L’ambition est que cette formation sur le Cloud permette de valoriser cette importante infrastructure à travers une meilleure appropriation par les utilisateurs de premier niveau, afin que le grand public puisse savoir quels sont les enjeux liés à virtualisation des services informatiques et de tous les autres services connexes.

C’est pourquoi, nous sommes convaincus qu’une telle activité de formation est indispensable en ce sens qu’à l’issue de cette formation les utilisateurs de premier niveau auront non seulement une meilleure connaissance de l’infrastructure mais aussi, ils prendront conscience de l’ensemble des possibilités et potentiels de cette infrastructure. Ils pourront ainsi se l’approprier et déployer les différents services susceptibles d’y être déployés. Tel est l’intérêt de cette formation.

Quel est votre mot de fin ?

L’Université virtuelle est un projet ambitieux qui incombe à toute la communauté scientifique du Burkina Faso car, de nos jours, avec la digitalisation du savoir, il y a beaucoup de possibilités qui s’offrent aux talents du Burkina qui ne cherchent que des fenêtres afin de pouvoir s’exprimer. L’Université virtuelle vient donc leur offrir cette tribune d’expression.

C’est pourquoi nous vous remercions pour cette interview qui va aussi permettre à la population de connaître l’Université virtuelle, et souhaitons que cette formation puisse intéresser le large public afin qu’à sa suite nous puissions définir des modules de formation continue certifiante auxquels le grand public de la communauté technique aussi bien du public que du privé pourra postuler afin d’obtenir à terme une masse importante de compétences spécialistes du cloud au Burkina Faso.

M. SANOU Dié

Agence nationale de promotion des technologies de l’information et de la communication (ANPTIC)

L’Agence nationale de promotion des technologies de l’information et de la communication (ANPTIC), comme son nom l’indique, parle des TIC. Pouvez-vous nous présenter votre structure ?

Dié Sanou : L’ANPTIC a été créée en 2014 comme bras technique opérationnel de l’administration en vue d’assurer la mise en œuvre des grands projets et programmes de développement des TIC au Burkina Faso.

A ce titre, elle assure en ce moment la maîtrise d’ouvrage déléguée de quelques grands projets TIC de l’administration dont le Burkina Open Data Initiative (BODI), le e-Burkina, le projet de mise en place d’une infrastructure Cloud au profit de l’administration, des entreprises et des citoyens (G-Cloud), le Projet d’appui au développement des TIC au Burkina Faso (PADTIC) et le projet de renforcement et d’extension du Réseau informatique national de l’administration (RESINA).

Quelles sont les missions de l’ANPTIC ?

Les missions confiées à l’ANPTIC sont de deux ordres essentiellement ; à savoir, d’une part, l’opérationnalisation de la stratégie du gouvernement en matière d’administration électronique et, d’autre part, la promotion de l’utilisation des TIC dans les autres domaines de développement social, économique, scientifique et culturel.

Pouvez-vous nous présenter le G-cloud dont votre structure a en charge la gestion ?
Comme précédemment annoncé, le G-cloud est l’un des projets majeurs dont la maîtrise d’ouvrage déléguée est assurée par l’ANPTIC. Le projet G-cloud a été créé en 2015 et a pour but de renforcer la compétitivité numérique du Burkina en vue d’accélérer la croissance économique et le développement.

Les objectifs assignés au G-Cloud sont entre autres d’optimiser et réduire les coûts technologiques par la mutualisation inter-administrations et développer et mettre en place des solutions et plateformes e-services au profit de l’administration, des entreprises et du citoyen ;

Le projet est à sa phase de finalisation et les résultats déjà atteints sont : la mise en œuvre de huit nœuds cloud répartis entre quatre Datacenters (pour le stockage des données et l’hébergement des applications et services du public, du privé, des chercheurs, des étudiants…). Des services divers appartenant à diverses structures du public sont actuellement actifs sur le cloud. La réalisation d’une infrastructure réseau urbaine en fibre optique dans chacun des 13 chefs-lieux de région, et une infrastructure de transport réseau interurbaine en fibre optique entre Ouagadougou et Bobo-Dioulasso en passant par Ouahigouya et Dédougou.

Cette infrastructure en fibre optique permet d’offrir des connexions très haut débit à l’Administration, même déconcentrée, pour l’accès aux applications métiers et à Internet.

Vous organisez, en collaboration avec l’UV-BF, une série d’activités sur le Cloud computing. Pourquoi une telle initiative et qu’attendez-vous de cette collaboration ?

Il faut reconnaître que le Cloud est une technologie récente, et le Burkina Faso fait partie des premiers pays de la sous-région à l’implémenter et cela grâce à une volonté politique du gouvernement. L’infrastructure est disponible et est en phase d’exploitation. Cependant, nous avons estimé qu’il est nécessaire d’accompagner les acteurs clés plus précisément les responsables des services informatiques de l’administration et les étudiants à s’approprier des concepts de base du cloud afin de connaître la technologie et mieux gérer les ressources qu’ils viendraient à disposer sur la plateforme.

Il s’agira entre autres de sensibiliser les participants sur les enjeux du cloud et surtout de démystifier son utilisation, de promouvoir donc le G-Cloud auprès des directeurs des services informatiques et des futurs ingénieurs du marché burkinabè.

Quel est votre mot de fin ?

Le gouvernement a consenti un lourd investissement pour la mise en place du Cloud gouvernemental dans l’objectif de mutualiser les ressources de l’administration. Je voudrais donc dire aux responsables des systèmes d’information que le cloud est à leur disposition. Je les invite à s’en approprier en participant activement aux différentes activités entrant dans la promotion du Cloud computing en commençant par cette formation que nous organisons à l’UV-BF.

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