Nous sommes le  
LeFaso.net, l'actualité Burkinabé sur le net
Proverbe du Jour : «Un homme d’esprit fait toujours quelque profit du mаl qu’οn dit dе lui.» A. Tournier

IUTS sur les indemnités et les primes : « Un sacrifice nécessaire pour la nation »

Accueil > Actualités > Opinions • LEFASO.NET • lundi 6 janvier 2020 à 19h27min
IUTS sur les indemnités et les primes : « Un sacrifice nécessaire pour la nation »

L’auteur de la tribune ci-après se prononce sur l’Impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS). Pour lui, « la guerre de l’IUTS n’a vraiment pas lieu d’être.

En ce début d’année, comme il est de coutume partout à travers le monde, les Burkinabè continuent pour certains de se formuler des vœux pour 2020. Dans une très grande majorité, conjoncture sécuritaire oblige, ils souhaitent que leur chère patrie, le Burkina Faso retrouve la paix. Une paix synonyme d’une victoire contre cet ennemi commun, sans nom et presque sans visage.

Une victoire elle-même largement tributaire d’une union sacrée, sincère, consciente et consciencieuse de chacun et de tous, autour d’un seul et même impératif : la cohésion et une solidarité nationales agissantes. La raison pour nous d’aborder à travers les lignes qui suivent un sujet qui fait polémique et qui menace d’embraser à nouveau le front social.

Une gangrène dont se nourrit l’ennemi

L’IUTS, puisque c’est de ça qu’il s’agit, c’est l’Impôt unique sur les traitements et salaires. Généralement, lorsque l’on parle d’impôt, de taxe et autres terminologies liées à la fiscalité, c’est tout de suite la mer à boire ! Une espèce d’épée de Damoclès.

Pour les organisations de défense des droits et des intérêts des salariés, toute imposition apparaît tout de suite généralement ni plus ni moins comme une
mesure malheureuse gouvernementale, au-dessus de la tête et des revenus des « pauvres travailleurs et/ou des citoyens lambdas contribuables ». Aux termes de la loi de finances 2020, il se trouve qu’il est prévu l’application effective de l’IUTS sur les indemnités et les primes servies aux travailleurs des secteurs public et parapublic au Burkina Faso.

En vérité, la disposition existe dans les textes depuis 2017. Bien avant cette année 2020, l’article 105 du Code général des impôts (CGI) disposait ainsi que : « L’impôt unique sur les traitements et salaires (IUTS), perçu au profit du budget de l’État, est applicable à l’ensemble des traitements publics et privés, indemnités, émoluments et salaires de toute nature perçus, y compris les avantages en nature à l’exception des avantages en nature supportés par l’État, les collectivités territoriales et les établissements publics n’ayant pas un caractère industriel ou commercial.

Sont également imposables à l’impôt unique sur les traitements et salaires :

● les primes et gratifications de toute nature servies aux travailleurs du secteur public et privé ;
● les rémunérations des gérants de société en nom collectif, de sociétés en commandite simple, de SARL et de sociétés civiles ;
● les rémunérations de l’administrateur unique de la société anonyme. »

Une disposition inscrite donc en des termes on ne peut plus clairs et non équivoques, qui s’applique du reste d’ores et déjà aux travailleurs du privé !

A tendre l’oreille du côté des centrales syndicales, on a cependant le sentiment et le présage d’un conflit social en gestation. Un bras- de- fer de plus entre syndicats et gouvernement, dans un contexte national qui n’a vraiment que faire de ces guerres des tranchées, ni de tous ces signes annonciateurs d’une apocalypse qui épargnera tout sauf les vestiges de notre nation.

Il ne s’agit pas ici de jouer les alarmistes ni de se poser en donneurs de leçons. Ce que nous recherchons et n’arrivons pas clairement à discerner dans cette affaire, c’est en vérité la cause réelle de la discorde et du conflit. Si comme sus-indiqué il existe, depuis 2017, une base légale qui élargit l’IUTS aux indemnités et aux primes des travailleurs du public (comme ceux déjà recouvrés du privé), les discussions menées à cet effet depuis 3 ans entre gouvernement et organisations syndicales devraient avoir normalement suffi et permis aux parties d’aboutir à ce que l’on a coutume d’appeler en la matière un compromis intelligent.

Au lieu de quoi, nous sommes soumis à une incompréhension permanente entre partenaires normalement obligés de s’accorder sur la gestion de la chose publique et sociale. Dialogue de sourds, source de conflits qui font le lit de la désunion, creusent et accentuent les failles par lesquelles l’ennemi s’infiltre, nourri et entretenu par cette gangrène.

Au-delà des considérations moralisantes

Bref, revenons-en à notre IUTS. Non content donc d’être légal, inscrit dans le Code général des impôts depuis 2017, il est passé au fil des ans et des services rendus à la nation, pour apparaître à plus d’un titre comme un impôt légitime. Si tant est, le Burkina Faso et les Burkinabè devraient plutôt s’enorgueillir quelque part d’avoir inventé une pareille trouvaille.

Ceux et celles-là qui, se basant sur l’histoire, présentent volontiers cet impôt comme ayant été une contribution volontaire, consentie historiquement en 1974 par les fonctionnaires voltaïques de l’époque pour permettre à l’Etat de se redresser, peuvent de fait difficilement justifier aujourd’hui, dans le contexte particulier qui est actuellement celui du Burkina Faso, une quelconque réticence, voire un refus délibéré des salariés du public de consentir aux sacrifices nécessaires évidents dont a besoin le pays, pour faire face à la situation de guerre qui nous est imposée contre le terrorisme. Il y aurait là comme une sorte de paradoxe, qui échapperait complètement et totalement au bon sens, ainsi qu’à notre compréhension du patriotisme.

Or, nonobstant cette conjonction de temps et de cause, le législateur comme le gouvernement ne semblent pas y être allés aveuglement. Tant dans la conception, que du point de vue de l’application effective des nouvelles dispositions concernant l’IUTS. Bien au contraire.

Tout d’abord, certains garde-fous ont été prévus par les textes, qui prévoient non seulement de ne pas ponctionner systématiquement toutes les primes et gratifications, mais également par les plafonnements de ne pas léser proportionnellement les revenus les plus faibles.

Un ensemble de dispositions d’exonération totale ou partielle et de plafonnement à travers un relèvement des seuils prévus par les textes de 2017, qui constituent des preuves manifestes et évidentes d’une volonté de garantir un minimum de justice sociale et d’équité dans la mise en œuvre de cette disposition de l’IUTS sur les primes et indemnités versées aux travailleurs du public et du privé.

Depuis l’instauration de la nouvelle disposition, patrons et salariés du secteur privé payent régulièrement l’IUTS étendu à l’ensemble de leurs émoluments concernés. Toute chose ayant permis à cet impôt de se hisser ces dernières années au troisième rang de rentabilité en termes de recettes mobilisées en faveur du budget de l’Etat ; respectivement derrière la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et les Bénéfices industriels, commerciaux et agricoles (BIC).

Beaucoup de revendications salariales étant alors en discussion autour de la table de négociations avec les syndicats, il est facile de comprendre que le différé d’application observé par le gouvernement avait pour objet de régler les questions par ordre de priorité et dans l’intérêt des travailleurs.

Un répit qui ne peut et ne devrait normalement en aucun cas être perçu comme une renonciation à l’application de la loi et une exonération de facto des travailleurs du public de cet impôt d’Etat, dont la non perception entraîne un manque-à-gagner hautement préjudiciable au budget national et à la mise en œuvre de l’action gouvernementale.

Victime de sa propre mansuétude

En mal d’arguments supportables pour défendre et justifier la non application revendiquée de cette mesure aux salariés du public, les syndicats réclament purement et simplement désormais la suppression des prélèvements opérés jusque-là chez les travailleurs du privé. Ceci revient à tenter malicieusement de convaincre le borgne de se crever son œil voyant !

Plus sérieusement, il est plus que jamais temps que chacun prenne la bonne mesure des défis de souveraineté et de développement qui se posent à notre pays. Que de plus en plus les citoyens Burkinabè (et parmi eux les privilégiés incontestables parmi la masse que représentent les salariés) apprennent à raisonner équitablement en droits et en devoirs vis-à-vis de la nation.

Nous ne pouvons et ne devons plus continuer à penser et à rêver notre développement, en le basant uniquement sur la fameuse aide publique internationale. Les prêts et dons que nos gouvernants vont mendier à l’étranger ne sauraient durablement et efficacement constituer les piliers principaux et essentiels sur lesquels nous adossons nos plans et nos projets d’investissement ; tandis que plus de la moitié des ressources intérieures mobilisées reste consacrée et absorbée par les seules charges de fonctionnement de l’Etat.

C’est une vérité difficile à entendre, qu’il va falloir cependant que les travailleurs du public intègrent dans leur logique revendicative, au risque inéluctable de finir par tuer la poule aux œufs d’or ; beaucoup plus vite et plus tôt qu’il n’y paraît.

En un mot comme en mille, c’est en réalité une vraie fausse querelle que l’Unité d’action syndicale (UAS) s’apprêterait à mener contre le gouvernement. La guerre de l’IUTS n’a vraiment pas lieu d’être. Elle s’apparente à une lutte d’intérêts égoïstes de la part des travailleurs du public, au moment où la nation est appelée à se mobiliser pour vaincre un ennemi qui met sa survie en péril. Ce combat des privilèges serait plus que malsain et malvenu, dans un contexte où des dizaines de nos soldats meurent au front et des centaines de milliers de nos compatriotes déplacés placent leurs espoirs et leurs attentes de secours dans les mains de l’Etat et du gouvernement.

Plus qu’un plaidoyer, c’est un appel à la raison. Mis à l’index comme étant les enfants gâtés de la république, les fonctionnaires et agents publics de l’Etat n’ont absolument rien à gagner dans une action de défiance inutile, contreproductive au plan communautaire et finalement suicidaire en termes d’image.

Nul ne comprend que, après avoir été gracieusement absouts de l’IUTS sur les indemnités et primes trois ans durant pour cause de revenus insuffisants (seuils d’imposition), les fonctionnaires du public, qui ont entretemps vu leurs revenus augmenter et croître conséquemment à mesure de concessions gouvernementales, rechignent aujourd’hui à payer l’impôt sur lesdits revenus.

Pour l’heure, gardons-nous de toute autre analyse ou interprétation. Espérons, in fine, que raison et bon sens prévaudront. Pour éviter à notre pays de plonger dans une autre crise sociale non justifiée dont (sauf agenda caché) le Burkina Faso n’a absolument pas besoin. Le cas échéant, c’est à une fermeté de circonstance que l’écrasante majorité de citoyens anonymes sont en droit d’attendre de l’Etat.

Sa turpitude étant clairement engagée dans cette affaire, le gouvernement est en devoir, vis-à-vis de l’opinion nationale comme des partenaires au développement, de s’assurer et faire en sorte que ses propres salariés s’acquittent de l’IUTS sur leurs indemnités et primes, au même titre que les salariés du privé le font depuis 2017. C’est une question de justice sociale et de civisme tour court.

Sidzabda Damien OUEDRAOGO

Vos commentaires

  • Le 6 janvier à 20:43, par Yirmegna En réponse à : IUTS sur les indemnités et les primes : « Un sacrifice nécessaire pour la nation »

    Belle analyse ! Je crois que penser que le développement de ce pays se fera avec “la boîte de Garibou” de nos presidents qui se succéderont est vraiment condamner les générations à venir. Nous devons nous sacrifier pour les générations à venir et pour les masses populaires qui n’ont aucune rémunération que la pluie accordée par Providence divine. Personnellement prélever mon salaire pour que plus d’école et de forages ou autres infrastructures soient construits, j’en trouve aucun inconvénient. Les syndicats devraient plus veiller à l’utilisation efficiente de ces ressources et si tel n’est pas le cas rappeler le gouvernement au lieu de revendications égoïstes.

    Répondre à ce message

  • Le 7 janvier à 04:08, par Wattimbo le burkindi En réponse à : IUTS sur les indemnités et les primes : « Un sacrifice nécessaire pour la nation »

    Bien dit on a l’impression que ce bassolma veux détruire notre pays ,et dans ce ka l’État va retirer son financement aux structures syndicale ,sinon il est trop petit pour parler de ca a notre place et lui même il ne travail pas mais a la fin il touche son salaire chose inégale

    Répondre à ce message

  • Le 7 janvier à 04:51, par un jour un plan En réponse à : IUTS sur les indemnités et les primes : « Un sacrifice nécessaire pour la nation »

    La vraie justice sociale consiste à recouvrir les gros somme que doivent à l’Etat des individus et société ;
    La vraie justice sociale c’est de montrer une gouvernance vertueuse dans la gestion de la chose publique
    La vraie justice sociale c’est de ne pas demandé au laissés pour compte de se serrer la ceinture par patriotisme pendant que les autorités se la dessert en augmentant les budgets de fonctionnements et autres
    La vraie justice sociale c’est de respecter sa parole donné
    La vraie justice sociale intégrité dans la gestion des affaires et nos autorités actuelles sont très loin de cette justice.

    Répondre à ce message

  • Le 7 janvier à 07:28, par DAO En réponse à : IUTS sur les indemnités et les primes : « Un sacrifice nécessaire pour la nation »

    MOURIR PAR MA PATRIE ?

    Une fois intégré à la Fonction publique
    J’ai été mis en Service national pour le développement (Service national populaire)
    Pour une période d’une année.

    Dès cet instant et pendant toute la durée
    J’ai perçu une indemnité compensatrice forfaitaire nette de 14 600 francs CFA
    Mensuellement
    Soit annuellement 175 200 francs CFA
    Au lieu d’un salaire et traitement net de
    107 500 francs mensuellement
    Soit annuellement 1 290 000 francs CFA
    Soit la somme totale de 1 114 800 francs CFA saisie par l’État
    Chez moi seul
    En début de carrière

    Ils avaient déjà saisi le 12e mois de ma bourse d’étudiant
    Je ne rappelle plus si c’était pour les grandes sécheresses de l’époque
    Ou pour laquelle des guerres Mali - Burkina (Haute Volta)
    Puis la moitié de mon indemnité de logement
    Puis la d’évaluation du francs CFA...
    Méchamment ils ont suspendu mes indemnités
    Lors de mes quatre années de stage de formation professionnelle
    Suite à des concours professionnels
    Pour servir ma patrie
    On vient me dire
    Que je ne suis pas patriote
    Je peux mourir pour ma patrie
    Mais je ne peux mourir par ma patrie...

    Répondre à ce message

  • Le 7 janvier à 07:34, par SIDBALA En réponse à : IUTS sur les indemnités et les primes : « Un sacrifice nécessaire pour la nation »

    Pour dire à SIDZABDA que sa vérité n’est pas universelle et n’engage que lui seul . Il peut vendre sa maison même pour aller donner au gouvernement. Revenant au prélèvement de l’IUTS il faut que le gouvernement sache qu’il y a de l’argent dans les mines et dans les charbons bons ainsi que que dans les bunkers du 11 Décembre. Le prélèvement d’impôts sur les citoyens en aucun cas ne peut être une source de financement de l’état. Les sources de financement sont internes c’est à dire qu’il faut éviter la multiplications des institutions budgétivores, les les doubles institutions les hauts représentants. Le médiateur, le HCRUN ainsi que d’autres d’autres institutions budgétivores. On ne force pas quelqu’un pour faire le sacrifice et ne se décrète pas aussi.

    Répondre à ce message

  • Le 7 janvier à 09:13, par Vérité En réponse à : IUTS sur les indemnités et les primes : « Un sacrifice nécessaire pour la nation »

    L’analyse est claire. Le problème pas dans les prélèvements mais dans la gestion de la chose public. Il y’a des pays où les taux sont plus élevés. Mais si cet argent est bien géré, No problème, mais si c’est pour payer V8, venir nous mettre la poussière on est pas d’accord. Qu’ils donnent le bon exemple.

    Répondre à ce message

  • Le 7 janvier à 10:19, par Dimathème En réponse à : IUTS sur les indemnités et les primes : « Un sacrifice nécessaire pour la nation »

    Très belle analyse Damien. Si les autres pays se développent c’est parce que chacun en se ce qui le concerne paie ses taxes et impôts. Je ne dis pas que tout le monde paie les taxes et impôts dans les pays dits développés mais tous sont unanimes sur une chose, sans taxe l’état n’est plus.
    Regardez par exemple les avantages dans ce nouveau système :
    * indemnité de logement :
    ancien taux est de 20% du salaire de base sans excéder 50 000 F.
    Nouveau Taux est de 20% du salaire de base sans excéder 75 000F
    * indemnité de fonction
    ancien taux est 5% du salaire de base sans excéder 30 000F
    nouveau taux est 5% du salaire de base sans excéder 50 000F
    * indemnité de transport
    ancien taux est de 5% du salaire de base sans excéder 20 000F
    nouveau taux 5% du salaire de base sans excéder 30 000 F
    C’est dire qu’il y a une bonne partie qui ne sentiront même pas l’impôt et que dire de ceux qui n’ont pas l’indemnité de transport ?
    Sachons raison garder et nous savons tous que la grande masse n’a pas 75 000 f comme indemnité de logement et 50 000 f comme indemnité de fonction.

    Répondre à ce message

  • Le 7 janvier à 10:34, par SANGOULE LWK En réponse à : IUTS sur les indemnités et les primes : « Un sacrifice nécessaire pour la nation »

    Il y a ces temps-ci, beaucoup de débats sur l’effort de guerre et le patriotisme. A mon humble avis, beaucoup le sont plus par passion que par raison. Les questions d’impôts sont très économiques et il est souhaitable que nos économistes s’invitent dans le débat. Quand le profane croit que la multiplication d’impôts procure des ressources à l’Etat et que l’économiste affirme que trop d’impôts tuent l’impôt, il y a matière à réfléchir. Quel que soit la mesure prise dans une société, il y aura toujours des pros et des contres. Si on veut vraiment développer notre nation et relever les défit du moment, moi j’invite chacun à la science de l’Agriculture. Lorsqu’un paysan veut du mil, il y a une attitude et une démarche. Du point de vue attitude, le paysan ne sème pas du haricot pour espérer récolter du mil, ni de l’arachide pour espérer récolter du sésame. Il est souvent analphabète mais pas bête ! En ce qui concerne la démarche, le paysan sait que pour avoir du mil, il doit trouver un bon sol, il doit le préparer, l’ensemencer, l’entretenir etc. C’est dire qu’il faut aborder les choses dans une vue d’ensemble et de façon intelligente. C’est aussi en cela que j’approuve ceux qui parlent des sujets comme la gouvernance vertueuse, la lutte contre la corruption, le recouvrement des avoirs de l’Etat, la diminution du train de vie de l’Etat, la normalisation des salaires des ministres, la rationalisation des caisses noires etc. dont certains pourraient apporter au Trésor plus que l’IUTS et ramener peut-être la proportion des salaires des travailleurs du public à 30 ou 35% du budget national. Pour ce qui est de l’IUTS, ne dites pas, il faut prélever ou il ne faut pas prélever ; il faut une analyse systémique de la situation, sinon on prendra des mesures qu’on croit bonnes mais qui à la longue, vont embourber tout le pays. Rappelons-nous des conséquences des Programmes d’ajustement structurels (PAS) et de tous ceux qui soutenaient de telles mesures ! Du reste, faisons attention aux énormités langagières. Il n’est pas juste de traiter un fonctionnaire qui a cédé 14% de son salaire annuel pendant le SNP ou le SND, qui paie environ 20 000 Fcfa d’IUTS sur son salaire mensuel depuis 30 ans, qui paie la TVA sur tous ses prêts bancaires, qui soutient une famille et des parents au village, de ne pas être suffisamment patriote !!! Je pense que ce que les gens demandent, ce n’est pas tant les prélèvements pour soutenir l’effort de guerre, c’est plutôt que nous avons enfin l’occasion d’évaluer de façon rigoureuse nos capacités (ressources humaines, financières etc.) pour en faire une gestion efficiente et efficace. Seules la justice et la vérité libèrent une nation.

    Répondre à ce message

  • Le 7 janvier à 10:40, par GPANGA-PANGA Gagannt-Gagnant En réponse à : IUTS sur les indemnités et les primes : « Un sacrifice nécessaire pour la nation »

    Les fonctionnaires sont les privilégiés de l’Etat. Ils reçoivent tout ce que les autres(les paysans, le secteur informel, les contractuels, les autres du privé, etc), en réalité tout ce que la population du pays et même les étrangers qui vivent avec nous, se saignent à travers les impôts collectés par l’Etat. Nous (autres que les fonctionnaires) payons ce IUTS en question depuis 2017. Et nous consentons cela, il ne s’agit pas d’un sacrifice ou d’une mesure d’austérité du gouvernement. C’est la logique du partage, la vie communautaire et du développement partout dans le monde contemporain ou antique et même en famille. La nature nous enseigne : chez le monde animal, chez le monde végétal, la nature physique même. Le SEIGNEUR CREATEUR TOUT PUISSANT, en a fait de même en partageant ce qu’Il avait de très précieux avec sa création. Bref, nous, du pays du Burkina Faso, et qui nous appelons burkinabè, cessons de nous exposer négativement face aux autres parties du monde, au risque qu’on nous méprise, qu’on ne porte aucun intérêt à nous. Les autres parties de la populations ont dépassé certaines choses que les fonctionnaires (les privilégiés, ceux qui mangent et se plaignent régulièrement) ce que les autres s’efforcent de partager. Le Problème de la gestion des biens publics, la réduction du train de vie de l’Etat, la corruption béante et volontairement non contrôlée par l’Etat, sont une autre affaire. Avançons ! DIEU BÉNISSE LE BURKINA FASO

    Répondre à ce message

  • Le 7 janvier à 14:15, par DIALLO hassoum En réponse à : IUTS sur les indemnités et les primes : « Un sacrifice nécessaire pour la nation »

    Très belle analyse.
    Personnellement je pense que nul Burkinabé n’est contre son pays et surtout pas les syndicats. Quand on brandi à tout bout de champ la question sécuritaire pour ponctionner les maigres salariés, mais soyons honnêtes envers nous même et arrêter l’hypocrisie pour évoluer et espérer nous développer. Tout les Burkinabé savent aujourd’hui ce que l’on perd dans les recettes minières, au niveau des institutions inutiles et budgetivores. Pourquoi vouloir à tout prix s’en prendre aux salaires ? Revoyer votre analyse, cher journaliste, garder votre dignité, ne raisonnez pas seulement dans le but d’avoir des grâce où encore la Clémence de nos dirigeants, penser à l’avenir et surtout à ces familles qui sont tributaires du maigre salaire que touche le fonctionnaire Burkinabé.

    Répondre à ce message

  • Le 7 janvier à 15:33, par Cris En réponse à : IUTS sur les indemnités et les primes : « Un sacrifice nécessaire pour la nation »

    Petit rectificatif, l’IUTS a toujours été applicable à toutes les rémunérations salariales y compris les indemnités du privé comme du public depuis l’Ordonnance 70-43 du 17/9/70). Cependant, il n’était pas effectivement appliqué aux indemnités du public parce qu’elles seraient inférieures aux limites d’imposition ; ces indemnités n’étaient pas prises en compte donc dans le paramétrage de calcul de l’impôt au niveau du public. Toute chose qui a changé depuis fort longtemps.
    Le changement introduit par la loi de finance 2017 porte essentiellement sur l’imposition des "primes et gratifications" du public parce qu’elles étaient déjà imposées au niveau du privé.
    Puis en 2018, ce sont ajoutés les salaires des gérants et administrateurs uniques de sociétés.
    Au-delà de toute spéculation, pour une justice fiscale il faudrait soit, exonérer les indemnités, primes et gratification de tous les travailleurs (publics, parapublics et privés) soit, imposer ces rémunérations ainsi que les avantages en nature supportés par l’État et ses démembrements dans les mains de chacun.

    Répondre à ce message

  • Le 7 janvier à 15:35, par pual04 En réponse à : IUTS sur les indemnités et les primes : « Un sacrifice nécessaire pour la nation »

    Je pense que le journaliste va nous revenir avec l’historique de cette guéguerre , pour moi le problème de l’IUTS a été posé par le syndicat qui voulait un traitement équitable pour tous les travailleurs du Burkina . En ce sens que les travaileurs du privé et para-public payaient cet impot et pas ceux du public et pendant des années .Alors , lors d’une rencontre syndicat- gouvernement le syndicat a démandé que les travailleurs du privé et du para-public soit traité comme ceux du public à savoir ne plus appliquer l’iuts sur leurs primes et autres indemnités. A la surprise générale , le gouvernement a décidé autrement et sans consultation

    Répondre à ce message

  • Le 7 janvier à 15:43, par Albert Yameogo En réponse à : IUTS sur les indemnités et les primes : « Un sacrifice nécessaire pour la nation »

    A vous comprendre vous imitez le mauvais exemple de ceux qui sont au pouvoir
    Ce faisant vous ne servez pas la cause du peuple
    Je vous aurais mieux compris si le debrayage exigeait toute la lumière concernant charbon fin et autre cas de détournement largement dénoncés
    Revoyez s’il vous plait les objectifs de vos luttes.
    Vous travaillez sournoisement contre le peuple du Burkina.

    Répondre à ce message

  • Le 7 janvier à 16:32, par citoyen En réponse à : IUTS sur les indemnités et les primes : « Un sacrifice nécessaire pour la nation »

    Pour plus d’équité il faut soit annuler l’IUTS sur les indemnités ou à la limite il faut la supprimer car depuis for longtemps les travailleurs du privé et des sociétés d’Etats payent ça depuis belle lurette. Donc quoi de plus normal que l’on demande le même effort aux autres frères travailleurs qui émargent à la fonction publique si et seulement si nous sommes tous des Burkinabé jouissant des mêmes droits et devoirs.
    Donc, l’Etat est dans son droit régalien de vouloir traiter tous ces fils sur le même pied d’égalité.
    A César donc ce qui est à césar.
    A bon entendeur, salut !

    Répondre à ce message

  • Le 7 janvier à 20:27, par Dabiré En réponse à : IUTS sur les indemnités et les primes : « Un sacrifice nécessaire pour la nation »

    Ce monsieur a oublié ou ne sait pas que le monde syndical a demandé depuis 2015 que l’uits soit supprimée chez les travailleurs du Privé pour une justice équitable entre travailleurs du même pays. Au lieu d’acceder à cette requette on decide de appliquer sur les indemnités. Le manque à gagner avec les sociétés minières, les malversations financières revelées par l’ASCE/LC ne peuvent-elles pas couvrir les dépenses en reste ?

    Répondre à ce message

  • Le 8 janvier à 08:51, par Le Sage En réponse à : IUTS sur les indemnités et les primes : « Un sacrifice nécessaire pour la nation »

    Ce gouvernement n’a toujours pas changé sa manière de diriger. Diviser pour mieux régner. Qui sème le vent récolte la tempête !

    Répondre à ce message

  • Le 8 janvier à 17:50, par la Déesse En réponse à : IUTS sur les indemnités et les primes : « Un sacrifice nécessaire pour la nation »

    et si l’État reduisait tout simplement son train de vie comme sous la révolution ?

    Répondre à ce message

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

 Articles de la même rubrique
Cohésion sociale : « Si nous retournons à nos racines, à nous valeurs, nous pourrons déterrer ce joyau », pense Ayouba Porgo
Mise à disposition de policiers pour affectation dans les ambassades : Les multiples enjeux d’une décision
Lutte contre l’extrémisme violent au Burkina Faso : De la nécessité de prendre en compte le genre
Réduction de la durée de formation dans les ENEP : « Un gravissime retour en arrière », selon Adama de Poum Ouédraogo, formateur à l’ENEP de Ouahigouya
Terrorisme en Afrique : Le G5 Sahel entre défi sécuritaire et jeu d’intérêts
La nouvelle devise de « sages » du Burkina : la repentance ou la mort !
Lutte contre le terrorisme : L’appel des Burkinabè du Grand Ouest et du Centre de la France
Sommet de Pau : Ablassé Ouédraogo livre une « analyse froide » sur les conclusions
Quel rôle pour les intellectuels africains : Le cas du Gabon ?
Vision pour le Gabon d’aujourd’hui et de demain
Réconciliation nationale au Burkina : Quel est le prix à payer pour y parvenir ?
Lutte contre le terrorisme au Mali et au Burkina : Deux approches, un même ennemi
  Newsletter

Chaque matin, recevez gratuitement toute l'actualité du jour par mail. Inscrivez-vous à la newsletter



LeFaso.net
LeFaso.net © 2003-2020 LeFaso.net ne saurait être tenu responsable des contenus "articles" provenant des sites externes partenaires.
Droits de reproduction et de diffusion réservés