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Terrorisme au Burkina Faso : A Titao, de la résilience en attendant la résistance

Accueil > Actualités > DOSSIERS > Attaques terroristes • LEFASO.NET • mardi 31 décembre 2019 à 22h16min
Terrorisme au Burkina Faso : A Titao, de la résilience en attendant la résistance

Après Kongoussi dans la province du Bam, les populations du Loroum ont sonné la mobilisation populaire pour résister au terrorisme. Elles n’en peuvent plus de fuir, d’être à la merci des groupes armés. Le 23 décembre 2019, la place de la nation de Titao chef-lieu de province avait les allures d’un conseil de guerre.

Impossible de se priver de ce plaisir matinal et défilant à travers les vitres du véhicule. Une vaste étendue de vert luxuriant en cette période sèche, de surcroit dans cette région du Nord aux portes du Sahel. Des jardins de pomme de terre, de tomate, d’oignons et autres variétés à perte de vue. Nous traversons Tougou, village situé à 22 km de Titao, en provenance de Ouahigouya. Malgré la fraicheur, des hommes et des femmes sont matinalement armés d’arrosoirs et se faufilent entre les planches.

On en croirait à une vie paisible sous ces cieux. Sauf que l’actualité à Tougou tout comme dans d’autres villages de la province est plutôt angoissante. L’insécurité rampante, avec son lot de tueries et de milliers de déplacés internes hantent les esprits. De Yorsala à Ouindigui en passant par Banh, Toulfè, Sollé ou Rounga, la vie n’est plus ce qu’elle était. Elle est terne. Ces bourgades de la province du Loroum se sont vidées de leurs habitants, suite aux injonctions et exactions répétées des groupes armés. Toute la province du Loroum est en Etat d’urgence.

Titao, ville hôte de 21 000 déplacés internes

A l’entrée du Chef-lieu de la province, deux tricycles nous dépassent dans le sens inverse. A bord de chaque engin, femmes et enfants et des lots importants de bagages. Selon les chiffres du Conseil provincial de secours d’urgence et de réhabilitation(COPROSUR) du Loroum, ce sont plus de 21 000 personnes, à la date du 10 octobre 2019, qui ont fui les villages pour trouver refuge dans le chef-lieu de province.

« Le wazou armé n’est pas sincère »

Par le truchement d’un guide, nous sommes conduit au secteur n°1 de la ville, quartier Tansalga, en zone non lotie. Là, nous retrouvons Halidou Zallé, 46 ans, trois femmes et 21 enfants. Cet habitant de Yorsala a dû fuir avec toute sa famille. Le regard lointain et hagard, il reparle des jours qui ont précédé l’exode. « C’est dans la période de juillet-aout qu’ils ont débarqué dans le village avec des armes. Ils ont voulu rassembler les gens pour faire le wazou (sermon en islam, Ndlr.), mais on a compris que c’était pour autre chose. Le wazou d’une personne armée n’est pas un vrai wazou, ce n’est pas sincère. On a donc refusé et là, ils ont donné un ultimatum de 72h à tout le village pour déguerpir ».

Egalement ressortissant de Yorsala, Oumarou Belem fait office de répondant des déplacés internes établis dans le chef-lieu. Les dents rougies par le tabac et la cola qu’il mâche vigoureusement, le déplacé conte le plan séquentiel mis en place par les hommes armés. « Aux premières heures, ils (les groupes armés, Ndrl.) disaient faire la guerre avec les gens qui travaillent avec le blanc, c’est-à-dire les enseignants, et autres fonctionnaires. Par la suite, ils ont commencé des prêches, les enseignants ont fui. Ensuite, ils ont dit que ce qu’ils ne veulent pas, ce sont les conseillers municipaux, les koglwéogo ».

Quand l’étau s’est resserré sur les habitants et qu’ils ont voulu partir, suite aux injonctions, ils se rendront compte qu’ils ne sont pas au bout de leurs peines. Ils ont été dépouillés sur la route de l’exode.

Yorsala abrite cette désormais célèbre forêt qui servait de base arrière aux terroristes. Le 15 novembre 2019, après avoir subi une embuscade, le groupement de forces pour la sécurisation du Nord a investi les lieux. 24 terroristes ont été « neutralisés » et plusieurs femmes « utilisées comme esclaves sexuelles » libérées, selon un communiqué de l’Etat-major général des armées.

Une résilience progressive

Avec ses 15 enfants dont 8 scolarisés, Oumarou Belem n’est pas le père de famille le plus heureux. Depuis deux ans maintenant, les deux écoles primaires et le Collège d’enseignement général (CEG) de Yorsala n’étaient plus fonctionnels. A Titao aussi, seulement quatre de ses enfants ont pu continuer leur cursus scolaire. « Je n’ai pas les moyens d’envoyer les autres », répond-t-il vaguement, l’air agacé.

Abdoul Karim Ganamé lui, 52 ans, ressortissant de Toulfè parle avec amertume des efforts de toute une vie perdus dans la fuite. Le bétail, les récoles dans les greniers. « C’est de nos champs que nous sommes venus ici le 7 septembre », se remémore-t-il douloureusement.

Risnata Zongo n’a qu’un seul rêve, regagner son Ouindigui natal

Dans une maison à pièce unique excentrée de la ville, une fumée monte dans le ciel dégagé. Enveloppée dans un pagne, une jeune dame active le feu et inspecte de temps en temps sa marmite au feu, soutenue par trois pierres en latérite. C’est Risnata Zongo ressortissante de Ouindigui qui est à la cuisine. Au menu, du riz au haricot pour une dizaine de bouches à nourrir. « Il y a des jours que je ne cuisine pas, et très souvent quand je le fais, c’est une seule fois dans la journée », avoue-t-elle, d’une voix calme.

La nouvelle vie de Risnata Zongo et de tous ses compagnons d’infortune est un apprentissage au quotidien. « Nous achetons le bois, l’eau, même les feuilles de baobab. Avant, il suffisait de nous rendre en brousse pour nous en procurer. Ici, on achète tout. La maison est à louer alors qu’on n’a rien », maugrée la jeune femme.

Les populations de la ville d’accueil n’ont pas été insensibles aux difficultés des milliers de personnes qui ont afflué dans leur commune. En bons samaritains, certains ont offert gites et couverts aux âmes en détresse. « Vraiment, la population de Titao nous a beaucoup aidés. Certains ont même donné des maisons gratuitement à des déplacés qu’ils ne connaissent pas », reconnait Oumarou Belem.

Une solidarité endogène saluée quelques semaines plus tôt par le ministre de la femme, de la solidarité nationale, de la famille et de l’action humanitaire. Hélène Marie Laurence Ilboudo était en visite à Titao le 10 octobre 2019. Elle avait promis une meilleure prise en charge humanitaire. La réalité est que les lignes n’ont véritablement pas bougé, alors que le nombre des déplacés internes s’accroit.

Conseil de guerre

Sur la place de la nation de Titao, l’harmattan souffle par à-coup soulevant un léger nuage de poussière. Débout à côté d’une des deux tentes dressées, un jeune homme tient un mât en bois sur lequel est accroché le drapeau national qui flotte au gré du vent. Derrière le porteur du drapeau, sous la tente, sont assisses une centaine de personnes dont la particularité est de tenir des armes à feu. Sous l’autre tente, des autorités administratives, coutumières et religieuses. Tout autour de l’aire de la cérémonie, une foule compacte se forme au fur et à mesure.

Grande mobilisation des Koglwéogo

Sous la coordination des Organisations de la société civile du Lorum, les populations ont décidé d’engager un mouvement populaire pour se défendre contre les exactions des terroristes dans la province. Au pupitre, hommes et femmes se succèdent pour témoigner des souffrances vécues du fait des groupes armés. « Si nous nous levons comme un seul homme, la bataille sera facile. Si chacun apporte sa pierre, la victoire est déjà gagnée », entonne Daouda Niampa responsable des groupes d’autodéfense Koglwéogo, sous les applaudissements nourris.

La première autorité de la province, la haut-commissaire du Loroum, s’est réjouie de la prise de conscience du rôle de la population dans la lutte contre le terrorisme. « La population du Loroum est à féliciter, nous avons pris connaissance de ce qu’elle faisait déjà sur le terrain », confie Angeline Aïssata Traoré tout en insistant sur la nécessité de travailler de concert avec les forces de défense et de sécurité. Selon la haut-commissaire, cette mobilisation donne suite à l’appel du chef de l’Etat. C’est donc une cérémonie de légitimation des initiatives existantes.

Hommes et femmes ont pris part à ce conseil de guerre à ciel ouvert

Dans son adresse à la nation au lendemain de l’attaque d’un convoi de la société minière SEMAFO sur Ougarou-Boungou dans la région de l’Est le 6 novembre 2019, le président Roch Kaboré avait en effet « ordonné » le recrutement de volontaires pour la défense dans les zones sous menace. « Seule une mobilisation générale des fils et filles de la Nation, sans considération de région, d’ethnie, d’opinion politique et de confession religieuse, est à même de vaincre ces meurtriers, sans foi ni loi (…) », avait lancé le chef suprême des armées.


Lire aussi : Burkina Faso : 9 personnes tuées dans une attaque à Sollé


Pour Ilassa Ouédraogo, président du conseil provincial des organisations de la société civile (OSC) du Loroum, la cérémonie de mobilisation populaire se veut une « opportunité d’encourager ceux qui de façon bénévole et volontaire sont déjà sur le terrain pour travailler à la sécurisation des différents villages, de la province du Loroum ». Dans cette lutte, a-t-il poursuivi, chaque citoyen peut s’engager d’une certaine manière. En donnant des informations, des renseignements aux forces de défense et de sécurité par exemple. C’est également une occasion « pour interpeller, rappeler la nécessité de toujours travailler dans les règles pour qu’il n’y ait pas trop de dérapages. », a poursuivi Ilassa Ouédraogo.

Les autorités ont promis un meilleur encadrement de l’initiative

La fuite ne saurait être une solution, se sont accordés les différents intervenants. Surtout que même Titao considéré comme le petit ilot de paix vers où convergent les populations des villages n’est pas à l’abri. En témoigne l’attaque subie par le commissariat de police de Titao dans la nuit du 09 au 10 novembre 2019, en plein couvre-feu.

« Si au niveau du chef-lieu de la province, les gens fuient et ne reviennent pas, je ne sais pas quel message on laisse en fin de compte. Finalement, ça risque de nous rejoindre là où on va aller et de là-bas, ainsi de suite. A moins qu’on négocie avec un autre pays pour y trouver refuge et cela n’est pas envisageable », nous expliquera plus tard le président du conseil provincial des OSC du Loroum.

Yoro , la terreur des terroristes

Les échos de l’homme nous étaient parvenus. « La terreur des terroristes », « l’homme invulnérable aux balles », « le paysan qui déterre les mines posées par les terroristes ». Certains de ses combats réels ou imaginaires sont contés. Tout un mythe s’est créé autour d’un homme dans la lutte contre le terrorisme dans la région du Nord et du Sahel. Appelé communément Yoro (Ndlr. nous taisons son nom à l’état civil pour des raisons de sécurité, son visage sera également flouté) du nom de ce village malien où il avait installé ses pénates, il était l’attraction à la cérémonie.

’’Si la quiétude revient dans nos contrées, nous remettrons toutes les armes’’ Yoro

Quand nous arrivons à l’extirper de la foule pour une interview, une centaine de curieux s’amassent derrière nous, filmant l’entretien. Il faut dire que les apparitions publiques de l’homme sont très rares. Comme nous, cette multitude de curieux avaient aussi entendu parler de l’homme sans le voir physiquement.

Une arme de guerre qu’il porte en bandoulière le distingue des autres Koglwéogo, une barbe de plusieurs semaines, une dizaine d’anneaux qu’il porte aux doigts. Yoro, 37 ans est Jardinier à l’origine. Il nous explique qu’il a dû descendre dans l’arène de la lutte antiterroriste, pour une question de dignité.

« Dans les villages, on voyait des vieux et des vieilles se faire fouetter par les mauvaises personnes (Ndlr. par ce terme, il désigne les terroristes) avec des courroies pour les contraindre à aller écouter les prêches dans les mosquées. Cela a duré deux mois. Je me rappelle bien (…) Depuis notre naissance, nous n’avons jamais vu une vieille être frappée. Si une vieille est frappée et nous, nous avons peur de réagir, ce n’est pas normal. Pourtant ceux qui le faisaient étaient pratiquement nos petits frères. C’est à cause des armes, sinon à mains nues, on se connait… », nous explique-t-il. Le poing gauche serré, et comme s’il s’adressait à la foule, il demande à chacun d’accepter mourir pour que vive le Burkina Faso. « La fuite n’est pas la solution. Un homme qui fuit laissant derrière lui sa maison, partout où il va, son intégrité n’est plus intacte. Nous préférons la mort à la honte ».

Le public attentif aux messages livrés

Eviter les amalgames et les dérives

Une arme de guerre tenue par un civil, la scène est surréaliste. En temps normal. Mais Yoro l’arbore, aux yeux des policiers qui sécurisent la cérémonie. Comment s’en est-il procuré ? « C’est à l’issue de combat avec les terroristes que nous récupérons certaines armes », nous répond-t-il sans sourciller, avant d’ajouter immédiatement. « Si tout va bien et que la quiétude revient dans le pays, nous remettrons toutes les armes saisies aux forces de l’ordre » rassure notre interlocuteur, non sans avoir rempilé qu’il lui arrive d’être sollicité par les Forces de défense et de sécurité pour certaines opérations. « Le travail des armes ne nous revient pas, c’est parce que rien n’est plus comme avant dans nos villages que nous tenons des armes », précise-t-il, le sourire en coin.

Le sujet crée tout de même un léger malaise quand nous l’abordons avec le haut-commissaire de la province du Loroum Angeline Aïssata Traoré. C’est « un Monsieur très intelligent qui comprend son action, nous allons continuer les échanges pour arriver à maitriser ce phénomène, c’est notre rôle et il faut qu’on y aille de manière sérieuse et ordonnée. J’ai compris qu’il a compris ce qu’est l’organisation d’un Etat, l’engagement communautaire aux côtés de l’Etat », se contente-t-elle.

Yoro tient en effet un discours plutôt politiquement correct. D’abord, il insiste sur la nécessité de travailler avec les forces de défense et de sécurité. « Appuyons-nous sur les lois du pays pour travailler. Il faut faire confiance à nos militaires, on n’a pas été à l’école, mais nous pouvons travailler ensemble ». Lors de la cérémonie quand il tenait le crachoir, il invitait ses pairs à éviter toute stigmatisation. « Ce n’est une guerre contre une ethnie. La guerre vise les ennemis et non une ethnie », avait-il déclaré avant de mieux nous l’expliquer quelques temps après.

« On se croise tout le temps. Il y a des peuls, certes, mais franchement, il y en a qui ne parlent même pas peul. On a nos frères mossis dedans » nous dit-il. Plus précis et se fondant sur son expérience de traqueur de terroristes, celui qui dit avoir passé 21 ans à la Mecque lâche, « Si certains peuls pouvaient changer d’ethnie, ils le feraient, parce qu’ils subissent les conséquences de ce qu’un petit groupe fait. Pourtant ils ne sont mêlés aucunement aux activités des mauvaises personnes ». Un message qui vaut son pesant d’or dans ce contexte, où les bourreaux ont réussi à semer des germes de stigmatisation dans les cœurs de leurs victimes qui ont survécu.


A lire aussi : Loroum : un commissaire de police tué dans une embuscade


Des dérives, il n’en manque pas. D’ailleurs Yoro a mis en garde ses camarades qui, sous le couvert du titre Koglwéogo commettent des exactions et des pillages. Il n’a pas caché que certains d’entre eux prennent des produits illicites, volent des animaux, commettent des bavures. « Nous vous répétons, nous voulons la construction de notre patrie, rien d’autre et chacun répondra de ses actes », a-t-il martelé.

Appelé aussi Ladji Soumaïla, on lui attribue des pouvoirs surnaturels. Il serait "wacké", capable de se rendre invisible, invulnérable aux munitions. L’homme, lui préfère parler de bénédictions. « Les bénédictions des parents viennent avant le wack. Il n’y a pas plus grand wack que le respect de ses parents biologiques, et des personnes âgées. C’est leurs bénédictions qui m’accompagnent », se contente-il avec un sourire non dissimilé. A la fin de la cérémonie, une foule suit Yoro. Renseignement pris, il choisira des jeunes à ‘’préparer’’.

Avant que le soleil n’entame sa chute à l’ouest, l’aire de la cérémonie s’est dépeuplée. Les policiers qui nous ont escortés à l’aller nous pressent de hâter le pas. Il faut regagner Ouahigouya avant l’heure du couvre-feu. 19h30. Titao s’éloigne derrière nous, dans l’espoir que la mobilisation populaire ramènera la quiétude dans tous les quatre coins de la province.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net

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