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Province de la Gnagna : 250 villages s’engagent à abandonner le mariage d’enfants et la pratique de l’excision

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Par LEFASO.NET • lundi 9 décembre 2019 à 12h25min
Province de la Gnagna : 250 villages s’engagent à abandonner le mariage d’enfants et la pratique de l’excision

L’ONG Mwangaza Action a réuni des communautés de 250 villages de la province de la Gnagna, le jeudi 5 décembre 2019 à Bogandé, chef-lieu de la province. C’était dans le cadre du projet « Consensus communautaire pour mettre fin au mariage d’enfants, à l’excision et pour la protection effective des enfants dans la région de l’Est ». Ces 250 communautés ont, à l’occasion, pris l’engagement de faire du mariage d’enfants et de l’excision des pratiques à jamais révolues dans leurs localités.

Lorsque vous voulez montrer à une personne qu’une pratique n’est pas bonne, montrez-lui plutôt les méfaits de cette pratique. C’est convaincue de cette assertion que l’ONG Mwangaza Action a développé son projet « Consensus communautaire pour mettre fin au mariage d’enfants, à l’excision et pour la protection effective des enfants dans la région de l’Est » au profit de la province de la Gnagna, avec l’appui technique et financier de l’UNICEF.

Le 26 mars 2019, Mwangaza Action réunissait des communautés de 150 villages de la province de la Gnagna, à Bogandé, dans le cadre de ce projet, dont le premier volet arrivait à son terme, après douze mois de mise en œuvre. Ces 150 communautés, qui ont bénéficié du projet pendant les douze mois, ont fait une déclaration publique d’abandon des pratiques de l’excision et du mariage d’enfants, qui sont des violations flagrantes des droits de la femme.

Le 5 décembre 2019, ce sont les communautés des 250 autres villages de la province qui ont été réunies à Bogandé, pour aussi faire leur déclaration publique d’abandon du mariage d’enfants et de l’excision. Ces communautés ont bénéficié du second volet du projet, en cours depuis juillet 2019, pour douze autres mois. Ils étaient plus du millier, venus des 250 villages, pour prendre part à la cérémonie de déclaration publique. Ils ont été regroupés en quatre grands groupes dont les hommes, les femmes, les enfants et la communauté musulmane. « Le mariage d’enfants, l’excision et les violences faites aux enfants sont des violations des droits de l’enfant et de la femme. Désormais, nous les refusons dans nos communautés ». Tel a été l’engagement fort pris par ces communautés à travers leur déclaration.

Remise symbolique des extraits de naissances

Avec ces 250 villages supplémentaires, c’est toute la province qui vient d’être couverte par le projet, a déclaré la chargée de programme de Mwangaza Action, Brigitte Yaméogo. Elle ajoute que le projet vise à renforcer les capacités d’autoprotection des enfants et des jeunes, et à faciliter l’émergence des communautés engagées en faveur de l’abandon du mariage d’enfants, de l’excision et des violences à l’égard des enfants. Le mariage d’enfants, l’excision et les autres violences à l’égard des enfants a toujours cours dans beaucoup de communautés de la province. En venir à bout est une œuvre de longue haleine, selon Brigitte Yaméogo, qui nécessite un changement de mentalités et une prise de conscience.

Pour l’imam de la ville de Bogandé, beaucoup de personnes se cachent derrière le Coran pour justifier le mariage d’enfants. Ironie parce que, précise-t-il, aucun texte du Coran n’autorise le mariage d’enfants. Il faut alors s’en départir.

Brigitte Yameogo, chargée de programme de Mwangaza action

Pour la représentante des femmes, lorsque vous dites à une personne qu’une pratique n’est pas bonne, montrez-lui plutôt les méfaits de cette pratique et elle va y adhérer volontiers. Les séances de sensibilisation animées avec les animateurs de Mwangaza Action, dans le cadre du projet, ont consisté en des exercices qui ont été fort enrichissants, ajoute-t-elle.

La représentante des femmes

Au cours de la cérémonie, des registres ont été symboliquement remis à quelques communautés pour la consignation des mariages célébrés en leur sein. Brigitte Yaméogo rassure qu’il en a été de même pour l’ensemble des communautés bénéficiaires du projet. Il a aussi été remis symboliquement des extraits de naissances à des enfants.

Remise des registres pour la consignation des mariages célébrés

Le projet, qui a démarré en juillet 2019, s’étend jusqu’en avril 2020, selon la chargée de programme. Dans le cadre du projet, environ 30 000 enfants ont été mis en club, 10 000 filles recensées pour être protégées de l’excision, 28 séances de plaidoyers ont été tenues grâce au concours d’une équipe de 28 animateurs et quatre superviseurs.

L’Imam de la ville de Bogandé.

Brigitte Yaméogo a présenté Mwangaza Action comme une organisation de la société civile, de droit burkinabè, leader dans le domaine de la participation communautaire et de la mobilisation sociale. Elle mène des activités sur la santé nutritionnelle et de la reproduction, de promotion des droits humains particulièrement de la femme et de l’enfant, de l’hygiène et assainissement, etc.

Etienne Lankoandé
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 11 décembre 2019 à 09:00, par PIETRO VENEZIA En réponse à : Province de la Gnagna : 250 villages s’engagent à abandonner le mariage d’enfants et la pratique de l’excision

    Les mutilations génitales féminines/excision (MGF/E) également connues sous le nom de circoncision féminine sont définies comme une procédure impliquant l’ablation de tout ou partie des organes génitaux féminins externes pour des raisons non médicales. On estime que 200 millions de filles et de femmes de 30 pays, principalement en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie, ont connu cette pratique ; et environ 3 millions de jeunes filles risquent d’être coupées chaque année . Les MGF/E sont une question d’actualité dans le cadre des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies qui visent à éliminer toutes les pratiques néfastes à l’égard des femmes et des filles d’ici 2030. L’objectif de l’élimination des MGF/C repose sur l’idée que les MGF/E sont une violence sexiste qui viole les droits des femmes et des filles et représente un énorme problème de santé publique. Il y a des conséquences à court et à long terme sur la santé associées aux MGF/E. Le choc, les saignements et les douleurs graves font partie des conséquences à court terme. Alors qu’à long terme, l’individu peut avoir de la difficulté à uriner, manquer de libido sexuelle, avoir un risque accru de complications de l’accouchement et d’autres problèmes psychologiques. Donc abandonner le marriage des enfantes et abandonner l’excision c’est une choix de libertè et de civilisation.
    Docteur Pietro Venezia

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