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Présidentielle 2005 : Nayab le revenant

Le Mouvement pour la tolérance et le progrès (MTP) a tenu le mercredi 31 août 2005 une conférence de presse. C’était dans la salle de conférences de la Maison des jeunes de Tanghin-Dassouri. La principale décision annoncée aux hommes de médias a porté sur la candidature du président du MTP à la prochaine élection présidentielle.

Après plusieurs années de silence radio, le Nayab refait surface, et d’une façon singulière : en ce mercredi du 31 août, c’est juché sur un cheval et suivi par une poignée de militants de son parti, que M. Nayabtigoungou Congo Kaboré est arrivé à la Maison des jeunes de Tanghin-Dassouri, après être descendu de son véhicule, au siège du parti, à quelque 500 mètres du lieu de la rencontre.

Sur ce cheval, il n’oubliera pas de brandir le poing. Quelques éléments de sa suite en faisaient de même, mais timidement, dans le silence. C’était tout de même loin des vieilles ambiances révolutionnaires. A l’intérieur de la salle, des auditeurs, avec une présence respectable de femmes l’attendaient. Beaucoup doivent certainement être venus de son Doundoulma natal, à quelques encablures de ce chef-lieu de département.

A la cérémonie d’ouverture, une autre surprise attendait les spectateurs : avant de faire son discours liminaire, le président du MTP se retirera pour enfiler une tenue en cotonnade rayée de noir et un bonnet de chef traditionnel. Peut-être la répétition d’une future intronisation tant espérée ?

Dans son discours liminaire, le président de ce parti (qui ne date pas d’aujourd’hui, car né 45 jours avant la mort de Thomas Sankara) donnera les grandes lignes de la session extraordinaire du conseil politique national qui s’est tenu le 20 août 2005, la décision majeure ayant été la candidature de l’homme du « Moog Teeb Panpaasgo » à l’élection présidentielle.

Il fera ensuite un bilan des activités de sa formation qui, selon lui, s’est résumé à l’animation sur le terrain politique. Comme beaucoup de responsables de partis politiques dans leurs déclarations liminaires, il évoquera les problèmes sociaux que connaît notre pays : insuffisance alimentaire, insécurité, cherté des produits de consommation, chômage, etc. Mais le Nayab n’a pas beaucoup changé, surtout dans l’art de la rhétorique.

Utilisant tour à tour le français et la langue mooré, il abandonnera très souvent la langue de bois pour dire tout haut ce qu’il pense. Pour lui, il est présidentiable comme tout citoyen qui peut l’être s’il le veut. « Il faut seulement oser. Même vous les journalistes, vous pouvez devenir présidents », ajoutera-t-il. Quant à sa longue absence de la scène politique nationale, le Nayab expliquera qu’elle est stratégique et s’explique par la nécessité de reculer afin de mieux sauter.

L’intervention d’un journaliste, qui rappellera au passage qu’un parti politique, en l’occurrence le MTP, qui, en 18 ans d’existence, n’a même pas un conseiller municipal encore moins un député, devrait plutôt chercher à évoluer par étape, lui fera afficher un sourire : « Qui envie ces conseillers ou députés qui, en réalité, n’ont aucune assise ? La popularité d’un individu au sein des masses paysannes ne se mesure pas à ces titres ».

Sur sa participation au gouvernement de large rassemblement après la mort de Norbert Zongo, celui qui avait été ministre de l’Action sociale et ensuite de l’Intégration régionale a sa logique. « Qu’est-ce que vous voulez ! Un conseil de sages d’un pays décide que la paix passe par l’installation de ce genre de gouvernement. En bon patriote, faut-il refuser d’en faire partie ? ».

D’ailleurs, il fera remarquer qu’avant ce poste, au début de la Rectification, il aurait refusé un ministère hiérarchiquement plus important, qui était celui des Affaires étrangères. Enfin, sur la crise en Côte d’Ivoire, il se rangera du côté de l’autorité, expliquant que quand un pays a des problèmes à l’extérieur, il est toujours mieux de taire les rancœurs internes pour y faire face. En somme, c’est un Nayab apparemment assagi, même s’il a le verbe toujours haut, qui a rencontré ses militants et la presse à Dassouri.

Les auditeurs, qui s’attendaient à ce qu’il décoche des flèches acérées contre le pouvoir ou son ancien camarade de la Révolution, à savoir l’enfant terrible de Ziniaré, en sont restés certainement sur leur faim. « On ne peut pas peindre tout en noir sur une personne. Même Hitler avait des qualités. Pendant mon passage au gouvernement, Blaise est resté constant. Souvent ce n’est pas le chef qui est mauvais, c’est son entourage ».

Issa K. Barry & Tiegna Mahamadi (Stagiaire)

Observateur Paalga

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