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Communication et géopolitique : « Tout le monde parle de l’Afrique sauf les Africains eux-mêmes », déplore Pr Charles Moumouni de l’Université Laval de Québec

Accueil > Actualités > Multimédia • LEFASO.NET | Par LEFASO.NET • mardi 26 novembre 2019 à 23h25min
Communication et géopolitique : « Tout le monde parle de l’Afrique sauf les Africains eux-mêmes », déplore Pr Charles Moumouni de l’Université Laval de Québec

La 11e édition des Universités africaines de la communication (UACO) s’est ouverte le lundi 25 novembre 2019. Durant trois jours, les chercheurs et les professionnels des médias africains vont échanger sur la communication et la géopolitique africaine.

« Communication et géopolitique : construire une autre image de l’Afrique », c’est le thème qui fait l’objet des échanges entre chercheurs et professionnels des médias africains pour la quête d’une nouvelle image de l’Afrique.

Les clichés sur l’Afrique qui sont diffusés par les médias, notamment occidentaux, ne sont qu’une partie du continent. Et cela ne date pas d’aujourd’hui. Pourtant, dans ce même continent, il y a d’autres images pour dépeindre la réalité que vivent les Africains. Selon la directrice de recherche et professeur à l’Université libre de Bruxelles (Belgique), Pr Marie-Soleil Frère, il faut répondre à l’information par l’information pour réhabiliter la vérité.

Même son de cloche du côté du Pr Charles Moumouni, enseignant-chercheur à l’Université Laval de Québec (Canada). Pour lui, les journalistes africains ont un rôle important à jouer parce qu’ils doivent savoir que le travail qu’ils font sur l’Afrique n’est pas seulement pour valoriser les réalités africaines, c’est aussi pour représenter l’Afrique au monde. « Ce n’est pas heureux de constater que ces journalistes ne constituent pas des sources de nouvelles dans le monde. L’Afrique n’a pas beaucoup de représentants à l’étranger, pas de correspondants à l’étranger. Par contre, tous les correspondants sont en Afrique », constate-t-il.

Pr Charles Moumouni

Plus loin, il a déploré un autre fait : « Tout le monde parle de l’Afrique sauf les Africains eux-mêmes ». C’est pourquoi, il estime que les journalistes ont donc cette responsabilité de parler de l’Afrique aux Africains et pour le monde. « Le monde ne connaît pas l’Afrique comme les journalistes africains le connaissent. C’est aussi leur responsabilité de trouver les moyens pour diffuser leurs reportages. Aujourd’hui, les journalistes ont tout ce qu’il faut pour diffuser les nouvelles », a-t-il indiqué.

« L’Afrique doit se donner une voix »

Pour construire une autre image de l’Afrique, il faut mettre les journalistes à contribution, proposent les chercheurs et professionnels de médias. Les moyens, c’est l’autre équation. « L’Afrique doit se donner les moyens de diffusion crédibles. On peut penser que Africa24 est un moyen panafricain, une chaîne panafricaine, mais la discussion est ouverte pour savoir si elle est suffisante pour présenter l’Afrique dans le monde », a-t-il émis.

Pourtant, le Pr Charles Moumouni estime que le continent dispose des moyens qu’il lui faut. Mais à ces moyens, il faudra ajouter tout simplement la volonté. « Je pense que l’Afrique doit se donner une voix. La voix de l’Afrique doit être une chaîne multimédia qui doit se diffuser dans toutes les langues (arabe, anglais, espagnol et même en mandarin). Il n’y a pas de représentation médiatique de l’Afrique auprès de ces pays. L’occasion est donnée aux UACO de mener la réflexion sur ces éléments de stratégie », recommande-t-il.

Cryspin Masneang Laoundiki
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 27 novembre 2019 à 05:37, par Hum En réponse à : Communication et géopolitique : « Tout le monde parle de l’Afrique sauf les Africains eux-mêmes », déplore Pr Charles Moumouni de l’Université Laval de Québec

    Pr Charles Moumouni de l’Université Laval de Québec, Il est faux et archi faux de dire que « Tout le monde parle de l’Afrique sauf les Africains eux-mêmes », Nous deplorons qu’avec votre rang d’intellectuel Africain vous n’ayez pas pris le soint de faire une petite recherche a ce sujet, ne cerait-ce que sur les réseaux sociaux, lors de la rencontre avec Poutine la reaction de nos leaders, etc. Mais comme vous meme vous etes africain et que vous en parlez ; alors on ne peux pas dire que « Tout le monde parle de l’Afrique sauf les Africains eux-mêmes » puisque vous en parlez. C’est une evidence et une question de logique.

    Répondre à ce message

  • Le 27 novembre 2019 à 09:38, par Bahdon Abdillahi Mohamed En réponse à : Communication et géopolitique : « Tout le monde parle de l’Afrique sauf les Africains eux-mêmes », déplore Pr Charles Moumouni de l’Université Laval de Québec

    L’information, c’est l’autre nerf de la guerre entre les pays, les peuples... Oui, il y a très peu de journalistes d’Afrique noire dans le monde. J’ai l’impression que le professeur Charles Moumouni met une très responsabilité sur les épaules des journalistes. La communication est un processus où interviennent plusieurs acteurs.es et institutions. C’est redondant dire que l’information, c’est le quatrième pouvoir, qui manipule par les mots, les interprétations des faits, les analyses toujours subjectives. C’est un pouvoir faible. En Occident, la presse papier, audio y radio est soutenue financièrement par l’Etat, mais aussi par un marché spéculatif.
    En Afrique noire, ce pouvoir n’est qu’à ses débuts ; il fait face à d’autres pouvoirs forts comme le pouvoir exécutif et le pouvoir militaire. Je crois qu’on d’abord créer un climat sociopolitique favorable au pluralisme des idées dans nos pays. Les gouvernements africains doivent se doter d’une politique de communication et de diffusion de l’information au niveau national et régional. Et pour cela, les journaux, radio, télés privées doivent être soutenues financièrement par l’Etat et des groupes privés.
    L’information est importante en termes de géopolitique, parce qu’elle permet une projection des pays dans le monde. C’est à la fois un produit local et une image projetée dans le monde. Mais si une des pièces maitresse d’un tel projet n’est pas totalement libre, une telle politique ne pourrait être effective. L’information sur les activités du Chef de l’Etat, de son entourage familier, de son gouvernement et des petits faits est insignifiante pour une politique de communication et de l’information du continent africain. Des journalistes qui ne sont pas libres, poursuivis, emprisonnées, tués, ne peuvent être à la hauteur pour construire une autre image du continent noir.
    Le professeur Charles Moumouni met le doigt sur d’autres points intéressants d’une part les langues étrangères, mais pourquoi ne pas développer localement des langues nationales comme le swahili, le somali, le houssa, parlées dans plusieurs pays et d’autre part la question des correspondants.es à l’étranger. Sur le plan financier, il est difficile d’avoir des correspondants.es pour tous les journaux, radio, télé. Ce serait le rôle de la diaspora installée dans le monde de prendre sa part. On ne note déjà des Sénégalais.es, installées en France, en Italie, en Espagne... qui participent à la production de l’information. Les grands journaux peuvent mutualiser les ressources pour partager des correspondants multilangues. Sur l’information produite par la presse étrangère, on doit renverser la tendance pourque la parole soit donnée aux citoyens,es, chercheurs.es, activites de la société civile africaine, et non pas une version biaisée produite par un expatrié, qui vient de débarquer dans un pays.

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