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Diaspora : « Je voudrais entendre que le Burkina a mis en place des usines de 80 milliards », Saidou Ouédraogo dit Kadiogo, homme d’affaires Burkinabè vivant au Togo

Accueil > Diasporas • LEFASO.NET | Par LEFASO.NET • jeudi 21 novembre 2019 à 18h52min
Diaspora : « Je voudrais entendre que le Burkina a mis en place des usines de 80 milliards », Saidou Ouédraogo dit Kadiogo, homme d’affaires Burkinabè vivant au Togo

La diaspora burkinabè n’est pas indifférente à ce que traverse le Burkina Faso ces dernières années. De l’autre côté des frontières, elle l’exprime de diverses manières. C’est le cas de Saidou Ouédraogo dit Kadiogo, président-directeur général de l’entreprise GOSKAIF installée à Lomé au Togo, spécialisée dans l’import-export. Au micro de Lefaso.net, il exprime son attachement à son pays d’origine, sa solidarité à ses compatriotes victimes des attaques terroristes et son espoir pour un Burkina Faso nouveau. Interview.

Lefaso.net : Quand l’on parle de l’entreprise GOSKAIF SARL-U, spécialisée dans l’alimentation générale et l’import-export, on voit le Burkinabè Saidou Ouédraogo. Comment en êtes-vous arrivé là ?

Saidou Ouédraogo : Quand je suis arrivé à Lomé, j’étais un démarcheur de véhicules. Par la suite, je suis entré dans le chargement au port autonome de Lomé comme intermédiaire. A l’époque, on nous appelait « les chargeurs ». En cette période, sur chaque camion chargé, tu pouvais gagner entre 1 000 à 25 000 francs CFA. Ainsi, j’ai travaillé avec les Libanais et ceux-ci m’ont conseillé. Ils me disaient : « Comme tu trouves les camions pour nous facilement, vaut mieux pour toi de travailler sur le plan commercial. Essaye de convaincre les gens, achète les marchandises et sur chaque marchandise, tu auras une commission ».

Dieu merci, j’ai été avec eux. Ensuite avec les Indiens. Je suis resté avec eux pendant deux ou trois ans, puis j’ai travaillé avec d’autres entreprises qui m’ont fait confiance. Durement, j’ai travaillé, jusqu’à créer ma propre entreprise.

Quel est le lien actuel entre vous et votre localité d’origine ?

J’aime mon village. Réellement, quand j’arrive à Ouagadougou, je fais deux à quatre jours, puis je rends visite à toute ma famille qui est à Ouagadougou. Par la suite, je pars au village à Kienfagué pour voir la grande famille. C’est là que je prends des bénédictions. Voyez-vous, je vais vous expliquer un cas exceptionnel : grand-père est décédé, le petit-frère de mon papa est décédé aussi, tout comme ma grand-mère ; paix à leurs âmes. Masi quand j’arrive au village, je fais effort d’aller saluer tout le monde, puis je m’incline devant leurs tombes et je demande leurs bénédictions. Je suis lié à ma famille, je sais qu’ils me voient, même si je ne les connais pas. Je leur demande toujours de m’aider à avoir une grande famille, que ma famille soit à l’aise. C’est la raison pour laquelle je suis allé à l’aventure. Quand je rentre chez moi, je demande aussi à Dieu la santé, l’argent pour que je puisse gérer ma famille, bien m’occuper d’elle et qu’elle soit fière de moi. Quand vous vous occupez de votre famille, elle est très contente et vous vous sentez Homme.

Généralement, les Burkinabè qui arrivent à Lomé s’en sortent-ils dans le domaine socioprofessionnel ?

Oui, on s’en sort. Heureusement, nos parents qui viennent ici se battent. Ce sont les réalités de la vie qui transforment les gens.

Vous qui avez réussi, qu’est-ce que vous avez envie de dire aux jeunes Burkinabè ?

D’avoir le courage. La réussite ne vient pas du ciel mais du combat. Par exemple, une personne ne peut pas se lever le matin et voir Karim, Hamidou qui lui donneront de l’argent. L’homme doit se battre et se dire qu’il gagnera. Il faut avoir la moralité et le respect des autres. Aujourd’hui, nos traditions disparaissent à cause de l’argent. Il faut arrêter de mentir.

Quand vous regardez le pays aujourd’hui, qu’est-ce que vous ressentez sur le plan des affaires ?

Vous savez, la communication manque au Burkina Faso, l’aide sociale y manque également. Dans un pays où il y a certains qui sont bourgeois et d’autres modestes, certains disent qu’ils sont Burkinabè mais ce n’est pas cela qui compte. Quand ton prochain réussit, il ne faut pas être jaloux, mais plutôt être content. Lorsqu’on est patriote, on ne peut pas oublier son pays. Lorsqu’on va dans un pays étranger, il faut rester soudés quoi qu’il arrive. Ce qui doit être fait au Burkina Faso, c’est de créer des machines, avoir de la créativité, créer des entreprises. Il faut fonder des industries pour réduire le chômage.

Comment vivez-vous la situation actuelle du pays ?

Je ne suis pas politicien, mais c’est regrettable et triste. Les Burkinabè doivent s’unir et s’aider. On dit que Blaise, Diendéré, Bassolé ont tué les autres, mais il faut savoir comment sortir de cette blessure. A tout problème, les grands remèdes. Blaise a travaillé dans ce pays avant de s’en aller. Il faut arrêter d’être dans le passé et trouver des solutions aux fléaux.

L’actuel président et Blaise sont amis et ils doivent trouver des solutions ensemble pour que le pays avance. Les querelles qui existent entre les gens sont inutiles. Ce sont des intérêts personnels et cela ne fait pas avancer le pays. Il faut la paix au pays. Il faut se pardonner, car nos péchés sont pardonnés par Dieu. Il faut oublier le passé et penser à l’avenir. Avant, le Burkinabè était respecté partout ; mais actuellement, ils sont vus d’un mauvais œil. Je voudrais entendre que le Burkina a mis en place des usines de 80 milliards, pour aider les jeunes et que le Burkina se développe. La pauvreté est la plus mauvaise maladie du monde.

En tant qu’opérateur économique, que pensez-vous de l’intégration ?

Il faut comprendre qu’en Afrique, on rencontre trop de difficultés, car l’intégration n’est pas valable, parce qu’il n’y a pas de droit d’échange réel. L’intégration, c’est des mots. Je propose qu’ils organisent mieux l’intégration, il faut s’organiser et accepter l’ouverture des frontières.

Les élections sont pour bientôt. Comptez-vous voter ?

Oui, je suis prêt pour les élections. Je vais voter et demander à mes compatriotes d’en faire autant.

Qu’est-ce que vous avez envie de dire à vos compatriotes ?

Je leur demande de tout faire pour que les élections se déroulent paisiblement. La base de la politique même, c’est le mensonge. En convainquant les gens, il y a plus de mensonges que de vérités. Qu’ils votent dans la paix et pensent à l’avenir du pays. D’abord, je salue notre président et son gouvernement. Il faut qu’il change ses tactiques, il est le décideur. Que Blaise revienne au pays et qu’on oublie tout ce qui s’est passé afin qu’ils fassent avancer le pays ensemble. Toujours le pardon ; nous faisons les bagarres avec nos femmes, mais nous nous pardonnons.

Interview réalisée à Lomé par Edouard Samboé
et Laure Yaméogo
Lefaso.net

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