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« Rien de nouveau sous le soleil » : Le terrorisme multiple vu par Nathanaël Tapsoba

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Par LEFASO.NET • lundi 18 novembre 2019 à 16h20min
« Rien de nouveau sous le soleil » : Le terrorisme multiple vu par Nathanaël Tapsoba

Des catastrophes naturelles ou humaines, le monde en a toujours connu. Ces dernières années et de façon bruyante, en plus des effets du changement climatique, les pays du Sahel font face à un défi sécuritaire sans précédent. Dans son ouvrage présenté à la presse ce 16 novembre 2019 à Ouagadougou et intitulé « Rien de nouveau sous le soleil », Nathanaël Tapsoba donne des pistes pour faire face aux situations d’urgence.

Faire face au terrorisme et au changement climatique dans région sahélo-saharienne, c’est le message que porte le manuel « Rien de nouveau sous le soleil ». Son auteur, Nathanaël Tapsoba, décline plusieurs types de terrorisme ; certains sont moins médiatisés, mais font des ravages. Entre autres, il note le :

-  Narcoterroriste : Ces organisations ou personnes qui utilisent le trafic de drogue, de ressources naturelles, le trafic financier et d’autres formes de contrebandes pour établir une puissance, un royaume, un empire, un Etat, etc., avec des formes de violences multiformes comme les enlèvements ou les prises d’otages, les assassinats, les extorsions de fonds, les détournements, ou l’utilisation de bombes à des fins religieuses, idéologiques ou politiques.

-  Bioterrorisme : la production, l’utilisation et la propagation de bactéries, champignons, germes, virus, gaz ou toute autre substance chimique ou micro-organisme dans l’intention de nuire aux peuples ou à leurs biens. Il a un effet immédiat et intentionnel de maladie subite ou lente, provoquant la mort des plantes, des animaux, et bien entendu des êtres humains.

Le bioterrorisme est par exemple ignoré au Burkina Faso, mais de l’avis de l’auteur, le phénomène est bien présent et mérite une attention. La chenille légionnaire est l’illustration parfaite d’un phénomène importé et qui sème la désolation dans les champs des producteurs qui se tournent vers les pesticides qu’ils ne contrôlent pas.

« En Afrique, et particulièrement dans la zone sahélo-saharienne, le bioterrorisme constitue un problème de santé publique très grave, avec l’absence de documents ou de structures spécialisées, de matériels et produits pour contrecarrer le problème quand il survient », soutient l’auteur.

Nathanaël Tapsoba écrit que c’est en Amérique du Nord que la chenille légionnaire est apparue suite à des modifications de gênes de certaines cultures, notamment le maïs (maïs transgénique tant vanté et commercialisé ou donné sous forme d’aide au développement à travers le monde, car pouvant résister à toutes attaques de bestioles ou de larves).

-  Agroterrorisme : l’introduction ou l’utilisation délibérée d’éléments chimiques ou d’agents biologiques dans les cultures, les sols, les animaux, les chaînes alimentaires, etc. en vue d’infecter, de contaminer et de donner la mort sur tout être humain ou animal. l’agriculture est devenue une des cibles privilégiées des terroristes.

Selon l’auteur, des personnes et spécialistes travaillent à une propagation des infections de types microbiens ou de nanoparticules avec une constante mutation de certains virus. Il suggère donc de rester en alerte, de faire prendre conscience de la menace par la mise en place d’un mécanisme de surveillance et de protection des ressources de l’Afrique, tant convoitées par les grandes puissances.

Dans tous les cas, « le terrorisme est un business pour les puissances occidentales et/ou coloniales pour vendre du matériel obsolète et mieux exploiter les ressources naturelles dans la bande sahélo-saharienne », tranche l’auteur.

Un guide pour la résilience

« Rien de nouveau sous le soleil » est avant tout un manuel. Même si Nathanaël Tapsoba, « pour des raisons de sécurité », n’a pas voulu répondre à certaines questions relatives au terrorisme notamment au Burkina Faso, il a en revanche dénoncé « certains accords signés par les Etats africains, par méconnaissance ou par ignorance » et qui ont des conséquences graves.

Disparition d’identité, pillage des ressources naturelles par les grandes puissances. « Face à cette nouvelle donne, une meilleure compréhension de l’évolution du monde sur le plan climatique, mais aussi en termes d’approche de géopolitique, ainsi qu’un changement de comportement s’impose. Aussi, ce manuel s’inscrit dans le cadre de la lutte contre l’incivisme, l’extrémisme, le radicalisme religieux et le terrorisme pour toutes les couches et tranches de la société », écrit l’auteur.

L’ouvrage qui se veut technique, est un outil de préparation d’une situation d’urgence ou d’un fait inattendu, à savoir :

-La prévention : elle est la phase d’apprentissage, de changement de comportement des vieilles habitudes en de nouvelles plus adaptées au contexte actuel ; c’est également une phase de sensibilisation.

- L’allègement ou réduction de risque : consiste à réfléchir à comment réduire l’impact ou le risque d’un événement brusque et inattendu.

- La préparation : comment nous préparer à y faire face quand cela arrivera, en faisant des exercices de simulation et autres, pour corriger et être mentalement prêts, afin de tirer des enseignements de nos exercices de préparations.

- La réponse : comment intervenir et agir pendant l’inattendu événement.

- La récupération : c’est la phase physique, mentale, matérielle et économique pour nous rétablir dans la mesure du possible dans notre état d’avant l’événement inattendu.

Dans ce contexte où il faut apprendre permanemment à vivre avec la menace, Nathanaël Tapsoba donne des pistes. Apprendre à se défendre et à secourir quelqu’un. Prendre des cours de défense communément appelés self-défense, des cours de secourisme ; apprendre à connaître certains liquides et gaz toxiques et des conseils de base psychologiques ou sociologiques. Avoir toujours sur soi un kit de premier secours contenant entre autres du matériel vous permettant l’arrêt des hémorragies, des brûlures ; des masques à gaz. Ne jamais accepter de prendre des colis, des paquets, des bagages d’un inconnu. Dans la mesure du possible, éviter d’héberger des personnes inconnues ou perdues de vu il y a longtemps.

L’ouvrage « Rien de nouveau sous le soleil » coûte 35 000 FCFA.

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net


Qui est l’auteur ?

Nathanael S. Tapsoba est diplômé en catastrophe naturelle, technologique et humaine de l’Université métropolitaine de New York (Metroplitan College of New York). Il a aussi suivi plusieurs formations à l’Agence américaine des catastrophes d’urgence.

Engagé dans les actions citoyennes, il a été membre de la sécurité à New York de 2009 à 2016 et de la Croix-Rouge de New York de 2014 à 2015. Depuis quelques années, il a pour objectif d’aider les pays à prévenir et réduire les catastrophes résultant de certains phénomènes par la formation et la prise de conscience des réalités du moment. Il cherche également à mieux comprendre le problème du changement climatique et les catastrophes passées, présentes et futures, en participant activement à des initiatives de réformes du droit de la protection de l’écosystème, de l’environnement et des ressources naturelles.

Né dans la province du Sanguié, au Burkina Faso, Nathanael S. Tapsoba réside aux Etats-Unis depuis 2007.

Portfolio

Vos commentaires

  • Le 18 novembre à 20:23, par Pascal En réponse à : « Rien de nouveau sous le soleil » : Le terrorisme multiple vu par Nathanaël Tapsoba

    Félicitations le ricain et bon courage pour la suite...

    Répondre à ce message

  • Le 19 novembre à 01:50, par paul En réponse à : « Rien de nouveau sous le soleil » : Le terrorisme multiple vu par Nathanaël Tapsoba

    "...Nathanaël Tapsoba écrit que c’est en Amérique du Nord que la chenille légionnaire est apparue suite à des modifications de gênes de certaines cultures, notamment le maïs (maïs transgénique tant vanté et commercialisé ou donné sous forme d’aide au développement à travers le monde, car pouvant résister à toutes attaques de bestioles ou de larves)..."
    Quand la société civile burkinabè s’oppose aux OGM, elle a mille fois raison car on joue aux apprentis sorciers. On fait surtout le jeux des multinationales pour faire du business sur le dos du Peuple avec la complicité de quelques valets locaux cupides ! La chenille légionnaire serait la conséquence du maïs OGM en Amérique ! Les OGM sont une nouvelle forme de dépendance à l’opposé de la souveraineté alimentaire !

    Répondre à ce message

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