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Lutte contre le mariage précoce et l’excision des filles : La population de Leguema s’engage aux côtés de l’association Maïa

Accueil > Actualités > Société • LEFASO.NET | Par LEFASO.NET • jeudi 17 octobre 2019 à 22h57min
Lutte contre le mariage précoce et l’excision des filles : La population de Leguema s’engage aux côtés de l’association Maïa

L’association Maïa a célébré en différé, le dimanche 13 octobre 2019 à Leguema, la Journée internationale de la jeune fille sous le thème « Les jeunes filles, une force libre et inarrêtable ». A l’occasion, la population de Leguema s’est engagée à lutter désormais contre les mariages précoces et l’excision des filles.

Dans le cadre de son programme « Son choix », l’association Maïa a célébré en différé la « Journée internationale de la fille » à Léguéma, dans la commune de Bobo-Dioulasso, sous le thème « Les jeunes filles, une force libre et inarrêtable ». Cette journée est célébrée chaque 11 octobre.

Le phénomène du mariage des enfants au Burkina, et dans certains pays d’Afrique, reste un problème crucial malgré de nombreux efforts entamés. C’est en ce sens que l’association Maïa, en partenariat avec l’ONG néerlandaise Kinderpostzegels, a entrepris, depuis 2016, un programme de lutte contre les mariages d’enfants dénommé « Son choix ».

La célébration à Léguéma s’intègre donc dans le cadre de la 4e année du Programme « Son choix » qui consiste à construire des communautés où chaque enfant, et particulièrement la fille, a ses droits respectés et a le contrôle de si oui ou non, quand et avec qui se marier ; où, en résumé, « son choix » est respecté.
Au cours de la cérémonie, un théâtre de sensibilisation sur la lutte contre les mariages d’enfants et l’excision des filles a été présenté à la population.

Séance tenante, les différents leaders de Léguéma, après un plaidoyer de Maïa à leur endroit pour l’abandon de la pratique, se sont publiquement engagés à ne plus pratiquer le mariage d’enfants dans leur village et à sensibiliser leurs communautés à scolariser les filles, à les protéger et à les aider à s’épanouir.

Une délégation de jeunes filles a remis au secrétaire général de la province du Houet, Karim Ouédraogo, représentant le haut-commissaire, un message pour le respect de leurs droits.

L’association Maïa a été créée en 1994 par Aminata Diallo, professeur en Philosophie, par ailleurs coordinatrice de ladite association. Elle a adressé ses remerciements et sa reconnaissance aux autorités administratives, coutumières et religieuses pour leur implication dans toutes les activités précédemment menées à Léguéma.

Selon Aminata Diallo, l’association est partie du constat selon lequel la jeune fille rencontre beaucoup d’obstacles dans sa vie personnelle. C’est en ce sens que depuis sa création, elle s’est intéressée à la cause de la jeune fille, notamment les grossesses précoces et non-désirées. Cette année, l’association a mis en place des actions de prévention des grossesses précoces et non-désirées, le VIH Sida. Aussi, des activités portant sur les moyens de contraception, la question du genre, les violences… ont été menées.

Aminata Diallo Professeur Coordinatrice de l’association Maïa

Avant le Programme « Son choix », l’association avait mené d’autres activités à Léguema telles que la construction d’un hangar, d’un poulailler scolaire, le parrainage d’enfants et tout cela dans le cadre des droits des jeunes filles. Aminata Diallo a également salué l’engagement des leaders et de la population. Elle a rassuré que l’association prête à les accompagner à tenir leur engagement. « Nous verrons ensemble comment combiner nos efforts afin que cette lutte aboutisse. Nous avons mis en place une procédure pour expliquer à la population que nous avons tout à perdre en mariant très tôt les filles », a expliqué la coordinatrice de l’association Maïa.

Karim Ouédraogo, secrétaire général de la province du Houet, représentant le haut-commissaire, a également salué cet engagement fort de la communauté de Léguéma dans cette lutte contre le mariage des enfants et l’excision des filles, en ce sens qu’en tant qu’autorités administratives, elles mènent tous les jours ce combat.

Karim Ouédraogo Secrétaire Général de la province du Houet Karim Ouédraogo

Donc arriver à avoir ces communautés qui s’engagent à désormais lutter contre ces fléaux constitue une fierté. Par conséquent, il promet de rendre compte à qui de droit. Néanmoins, il a invité les populations à approcher les techniciens pour mieux connaître ce qui est mauvais dans leurs pratiques traditionnelles, à laisser les filles poursuivre leurs études et à s’aligner pour mener ensemble ce combat.

C’est dans une ambiance festive et enrichissante que les filles, accompagnées de leurs parents, de leurs frères, des leaders, de l’association Maïa et des autorités de la province du Houet, ont commémoré la Journée internationale de la fille en différé, ce dimanche 13 octobre 2019.

Haoua Touré
Lefaso.net

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