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Crise humanitaire au Burkina : 486 360 déplacés internes à la date du 2 octobre 2019

Accueil > Actualités > Politique • LEFASO.NET • jeudi 17 octobre 2019 à 23h15min
Crise  humanitaire au Burkina : 486 360 déplacés internes à la date du 2 octobre 2019

« La situation humanitaire est loin de s’améliorer », ‘’pleure’’ le ministre de la Femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et de l’Action humanitaire, Hélène Marie Laurence Ilboudo, dressant, ce jeudi, 17 octobre 2019 à Ouagadougou, le bilan de la situation humanitaire née surtout de la dégradation de la situation sécuritaire dans certaines contrées du pays. Selon le ministre, si la tendance se poursuit, le nombre de déplacés internes (estimé à la date du 2 octobre à 486 360) pourrait atteindre 650 000 personnes d’ici à décembre 2019.

« Le Burkina Faso fait face à une crise humanitaire sans précédent », situe le ministre Ilboudo, révélant que l’insécurité affecte à ce jour plus de 800 000 personnes. A la date du 2 octobre 2019, informe Hélène Marie Laurence Ilboudo, le nombre de déplacés internes était estimé à 486 360 personnes réparties dans toutes les treize régions du pays.

La région du Centre-nord enregistre le plus gros contingent avec 270 476 personnes, soit un taux de 55, 61% de l’ensemble des déplacés. S’en suivent les régions du Sahel avec 160 741 personnes (soit 33, 05%), du Nord avec 31 998 personnes (6, 58%), de l’Est avec 10 293 déplacés (soit 2, 12%) et la Boucle du Mouhoun pour 8 577 personnes (1, 77%).

Les données indiquent également que 91% des populations déplacées internes vivent dans des communautés internes, 1% sur des sites installés depuis mars 2019, 8% qui étaient dans les écoles sont en cours de transfert. « A ce jour, nous avons un gap de 35 000 abris », révèle le ministre Hélène Marie Laurence Ilboudo.

« Aussi, des catastrophes naturelles telles que les inondations et les vents violents ont été enregistrés dans quelques localités du pays faisant environ 13 000 sinistrés », apprend-elle.

L’assistance apportée indique que, et entre autres, 318 322 personnes déplacées internes ont bénéficié d’une assistance en vivres, quatre camps sont officiellement aménagés (dans la région du Centre-nord), deux autres camps en cours d’aménagement à Titao (chef-lieu de la province du Lorum, région du nord) et à Pissila (dans le Centre-nord). Toujours au titre de l’assistance, 38 000 ménages ont reçu des tentes familiales, tarpaulins et de cash transfert pour les abris ; la dotation de 58 265 ménages en matériel de survie (nattes, vêtements, lampes solaires, sceaux, bassines, bouilloires, etc.) et des kits d’hygiène.

Selon le ministre de la Femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et de l’Action humanitaire, Hélène Marie Laurence Ilboudo, l’intervention du gouvernement est, à ce jour, évaluée à 2,5 milliards de F CFA.

« Il est important de savoir aussi que, les partenaires ont financé directement sur le terrain. Mais, nous allons capitaliser cela pour donner un montant exact ; parce que, comme le financement ne passe pas par le gouvernement, ce sont les ONG (Organisations non-gouvernementales) elles-mêmes qui évaluent et nous, on voit l’impact sur le terrain avant d’accepter. C’est donc validé en Conseil des ministres », a-t-elle expliqué.

Cependant, souligne le ministre, « la situation humanitaire au Burkina Faso est loin de s’améliorer ». A l’en croire, si la tendance se poursuit, le chiffre pourrait atteindre 650.000 personnes déplacées internes d’ici à décembre 2019.

Moment indiqué pour saluer la solidarité (notamment des populations endogènes) qui s’est manifestée dans les zones d’accueil autour de ces personnes en détresse. Aussi a-t-elle exhorté la mobilisation nationale pour faire face aux défis.

Selon le ministre, les défis restent immenses face aux déplacements massifs des populations et se présentent en termes du renforcement de la cohésion sociale, la sécurisation des localités pour réduire (voire mettre fin) aux déplacements des populations, la mobilisation des ressources reste insuffisante (car par rapport à la réponse d’urgence élaborée, évaluée à187 millions de dollars, à ce jour 32% ont été mobilisés), la coordination des actions (plusieurs acteurs étant en mouvement auprès des déplacés) pour plus d’impact et pour orienter les besoins selon les besoins du terrain, la protection des personnes vulnérables (femmes, enfants et personnes vivant avec un handicap), l’accès aux soins de santé, la nutrition pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq enfants, mobilisation des ressources pour les familles qui veulent retourner chez elles, etc.

Le ministre de la communication, le porte-parole du gouvernement, Rémis Fulgance Dandjinou, lui, s’est prononcé sur des questions d’actualité et a partagé quelques informations. A ce titre, il a informé de la commémoration de l’an V de l’insurrection populaire et l’an IV de la résistance au coup d’Etat de septembre 2015. « Cette commémoration vise à rendre hommage aux martyrs, à magnifier le combat du peuple burkinabè pour la liberté, la démocratie et à transmettre cet exemple de courage et de maturité politique aux générations futures », a dit M. Dandjinou, précisant que ces instants se tiendront sobrement autour d’offices religieux, d’opérations de salubrité publique et de dépôt de gerbes de fleur.

Il a également réagi à la grève des syndicats de la santé, en lien surtout avec les personnes déplacées internes. A ce sujet, le ministre trouve la lutte syndicale tout à fait légitime, mais estime qu’il faut aussi penser au droit à la vie. « Quelle que soit l’importance de la lutte au niveau des syndicats aujourd’hui, il y a quand même une question essentielle à ne pas occulter : c’est le droit à la vie. Doit-on, dans notre lutte, entraîné des pertes en vies humaines ? », s’est en substance interrogé Remis Fulgance Dandjinou avant d’appeler le syndicat à prendre en compte la situation actuelle du pays.

O.L et Mariam Sagnon (stagiaire)
Lefaso.net

Vos commentaires

  • Le 18 octobre 2019 à 08:01, par Kipré Yunus En réponse à : Crise humanitaire au Burkina : 486 360 déplacés internes à la date du 2 octobre 2019

    Quel message le gouvernement veut faire passer quand il communique sur des statistiques vieilles de plus de deux semaines (situation du 2 octobre 2019) sur le nombre de déplacés ? Est ce qu’on a encore besoin de l’appui des partenaires ou d’expertises particulières pour compter le jour au jour le nombre de déplacés afin d’apporter la riposte humanitaire appropriée ? Quel sujet préoccupe les ministères directement concernés jusqu’au point de ne pas disposer des ressources humaines et financières pour établir quotidiennement la situation sur le nombre de déplacés ?
    En communiquant à la date du 17 octobre 2019 sur des statistiques des déplacés du 2 octobre 2019, cela signifie tout simplement que la souffrance de ces populations ne fait pas partir des préoccupations majeures actuelle ce gouvernement ! c’est aussi très simple comme conclusion ! pas besoin d’être intelligent pour aboutir à une telle conclusion !!!!
    Ailleurs, les responsables des départements ministères directement impliqués auraient déjà démissionné pour marquer leur déficit de capacité !!!

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  • Le 18 octobre 2019 à 09:49, par Yovis En réponse à : Crise humanitaire au Burkina : 486 360 déplacés internes à la date du 2 octobre 2019

    Et si la possession et le contrôle des ressources environnementales étaient la première cause des violences dont le but est de chasser des populations de leurs espaces ?

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  • Le 18 octobre 2019 à 10:22, par un citoyen indigné En réponse à : Crise humanitaire au Burkina : 486 360 déplacés internes à la date du 2 octobre 2019

    Qu’avez-vous fait, vous autorités politiques face à cette situation ? Rien ? Ces statistiques lancées à la figure du monde, c’est encore pour escroquer la communauté internationale ? Qu’attendez-vous pour vous convaincre que nous sommes en guerre et que cela demande des sacrifices financiers, à commencer par vous , les autorités politiques ? Je ne reconnais plus mon pays, du moins ses autorités politiques. Ailleurs, 1 blessé dans un attentat, le président se déplace. Au Burkina, au Bam, un exode de plus 30 000 personnes, fuyant des attaques terroristes, même pas un déplacement du ministre de la solidarité nationale. On se demande à quoi sert ce ministère et son locataire ?

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  • Le 18 octobre 2019 à 10:30, par DI GIGA En réponse à : Crise humanitaire au Burkina : 486 360 déplacés internes à la date du 2 octobre 2019

    c’est une stratégie de l’occident,rester là à tourner et ne prenez pas le taureau par les cornes

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  • Le 18 octobre 2019 à 11:17, par Jeune Patriote En réponse à : Crise humanitaire au Burkina : 486 360 déplacés internes à la date du 2 octobre 2019

    Songez à confectionner gratuitement des CNIB pour ces déplacés, comme l’a suggéré l’UPC !

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  • Le 18 octobre 2019 à 11:29, par Citoyen Oprimé En réponse à : Crise humanitaire au Burkina : 486 360 déplacés internes à la date du 2 octobre 2019

    « Quand les populations se déplacent, ce n’est pas parce qu’elles sont tout le temps attaquées, mais c’est en prévention des attaques terroristes. C’est la psychose qui déplace les populations ».
    Alors question : qu’est-ce qui a créé la psychose chez les populations ?
    Ce sont bien les attaques terroristes que ce gouvernement moribond du MPP n’arrive pas à juguler.

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  • Le 18 octobre 2019 à 11:32, par Volta Noire En réponse à : Crise humanitaire au Burkina : 486 360 déplacés internes à la date du 2 octobre 2019

    Les propos tenus dans cette conférence de presse démontrent un aveu d’impuissance du gouvernement...
    Ils sont dépassés par les évènements...
    Alors, ils tatonnent et advienne que pourra...
    Dès lors, soit nous prenons notre responsabilité pour arrêter ce laxisme, soit nous demeurrons dans ce silence coupable dont les victimes ne seront nul d’autres que nous et nos familles car eux,ont déjà un plan pour les siennes...

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  • Le 18 octobre 2019 à 14:25, par Sphinx En réponse à : Crise humanitaire au Burkina : 486 360 déplacés internes à la date du 2 octobre 2019

    Et c’est dans cette crise humanitaire généralisée qu’on passe tout le temps à parler de recensement général de la population et de l’habitation (RGPH) à coût de milliards, des élections de 2020 ; beaucoup de milliards !!! etc. Qui va recenser qui et où ? qui va voter qui et où ? Mais comme il est temps que chacun protège son gombo... On en sait jamais...
    Je pense que les priorités ont changé au Burkina. Attaquons nous aux vrais problèmes que vivent les Burkinabé au lieu de se promener dans les conférences internationales avec encore les petits moyens qui nous restent !!!

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  • Le 18 octobre 2019 à 15:30, par sidbala En réponse à : Crise humanitaire au Burkina : 486 360 déplacés internes à la date du 2 octobre 2019

    Les vrais terroriste qui nous attaquent c’est Roch et son gouvernement. C’est une équipe d’hommes et de femmes sans idées de développement, si ce n’est des affairistes qui font tout pour bétonner le maximum de leurs arrières.

    Même s’il venait à rester un seul burkinabé, ils diront que le pays existe toujours. On dira qu’ils ont eu un mandat électif de 5ans et il faut attendre la fin, pendant ce temps pour causes de leurs insuffisance le pays va en lambeau.

    Ils se plaisent à tenir des propos belliqueux, tout en s’obstinent de s’assumer. Quel honte pour ce pays ?

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  • Le 18 octobre 2019 à 16:39, par Yako En réponse à : Crise humanitaire au Burkina : 486 360 déplacés internes à la date du 2 octobre 2019

    Humainement j’ai de la compassion pour le président RMCK.Hier c’étaient Mesters Simon/Ouoba au siège du mpp qui reconnaissaient à mezza voce l’impuissance de l’état face à la situation dramatique que vit le pays.Aujourdhui c’est au tour de l’exécutif de confirmer le même constat d’impuissance que doit faire le citoyen ordinaire ?
    Par ailleurs,est ce qu’il ya lieu de commémorer l’insurrection et la "résistance" au putsch si l’on sait que c’est à partir de l’insurrection que le pays a commencé sa descente aux enfers ?

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